Comment transformer en 4 actes, un projet de décret loi révolutionnaire en aspirine … en attendant …


1er acte :

Orchestrer une campagne média dès le lendemain matin de la proposition de projet de décret loi, ayant pour argumentaire :

 Le principe de l’exclusion est antidémocratique

 Il touche des responsables tel que Ahmed Charfi (s’il était vivant, allah yerhmou) et Saadeddine Ezzemerli.

 Si on l’applique, 1 ou 2 millions de citoyens Tunisiens seraient privés de participer aux élections.

Pour mieux faire passer cette couleuvre, on associe à la campagne les partis politiques, qui par souci d’opportunisme et de petit calcul politique, ont fait l’erreur de vouloir récupérer des membres du RCD.

2e acte :

Organiser une manifestation contre l’exclusion par les membres du RCD, la surmédiatiser, et faire planer sur l’opinion publique la menace d’un « bain de sang », au cas où le projet de décret loi serait entériné par le gouvernement.

3e acte :

Tenir un conseil des ministres sans laisser filtrer aucune information prise, et s’en tenir à la formule : la décision sera annoncée par le 1er ministre dans les prochains jours lors d’un point de presse.

4e acte :

Arrive le point de presse du 1er ministre, qui après avoir souligné l’indépendance (sic.) de la Haute Commission de Réalisation des Objectifs de la Révolution, fait part de son « accord de principe » pour le projet de décret loi, avec les réajustements suivants :

 diminuer la période d’exclusion de 23 ans à 10 ans seulement.

 limiter l’exclusion aux seuls membres du Cabinet du président déchu, et à certains responsables dont l’implication dans la corruption a été avérée. Ces responsables feront l’objet d’une liste à établir par le président « provisoire ».

Contre argumentaire :

 le principe d’exclusion ne peut être jugé arbitraire pour les responsables d’un Parti, qui ont tout fait pour maintenir la chape de plomb de la Dictature et les tentacules de sa pieuvre mafieuse pendant 23 ans, érigeant la corruption en système d’Etat et écrasant toute velléité de protestation ou de résistance du peuple.

 le cas de Saededdine Ezzemerli fait partie des exceptions qui doivent confirmer la règle, ou des dommages collatéraux de toute révolution qui se respecte.

 Si on limite l’exclusion aux membres du « diwan essiyassi », des « comités de coordination » et du gouvernement, cela ne toucherait qu’un millier, et non 1 à 2 millions de personnes comme annoncé par les médias et repris par le premier ministre.

Epilogue :

Le réajustement décidé et annoncé par le 1er ministre n’a qu’un seul but, transformer un projet de décret loi révolutionnaire en aspirine pour le peuple, en attendant … de le transformer en ticket électoral VIP pour notre prochain Dictateur, un certain Kamel Morjane.

Foued Frini