La contestation gagne du terrain au Yémen


Au Yémen, la contestation a gagné hier le nord du pays, où des dizaines de milliers de chiites ont participé à Sanaa à une manifestation demandant la chute du régime du président Ali Abdallah Saleh.

Dans la capitale, Sanaa, des milliers de personnes ont entamé un sit-in pour exiger le départ du président Saleh, qui a affirmé de son côté qu’il ne partirait « que par les urnes ». Les manifestants ont été rejoints par une douzaine de députés de l’opposition.

Ce sit-in intervient au lendemain de la décision de l’opposition parlementaire de se joindre au mouvement de contestation, mené jusqu’à présent principalement par des étudiants.

À Aden, un manifestant a été tué par les forces de sécurité hier matin, ce qui porte à douze le nombre de morts dans cette métropole du sud en moins d’une semaine.

Pour leur part, les ulémas (dignitaires religieux) du Yémen ont prohibé le recours à la force contre les manifestants, dans un communiqué publié après une réunion extraordinaire.

La contestation prenait aussi de l’ampleur à Manama, capitale du petit royaume de Bahreïn, stratégique pour la V e Flotte américaine qui y a son QG.

Les protestataires, appartenant surtout à la majorité chiite, ont passé une nouvelle nuit sur la place de la Perle, dans le centre-ville, reconquise après le retrait samedi de l’armée et de la police.

Cependant, des milliers de partisans de la famille royale sunnite ont eux aussi manifesté, se rassemblant hier soir devant la mosquée Al-Fateh de la capitale, agitant des portraits du roi et des drapeaux rouge et blanc de Bahreïn.

Un manifestant chiite a succombé à ses blessures, ce qui porte à sept le nombre des morts de la répression à Bahreïn, où l’opposition préparait une démonstration de force avec une grande marche aujourd’hui à Manama.

En raison de cette agitation, le Grand prix de Bahreïn de Formule 1, prévu le 13 mars, a été annulé, selon un communiqué officiel publié hier.

le 22/02/2011 à 00:00