En Tunisie, la violence n’est pas apaisée


Des manifestants en colère, rassemblés devant le commissariat de police de Sidi Bouzid et les carcasses des voitures brûlées, après l’annonce de la mort de deux détenus dans leur cellule, le 5 février 2011.

Kahouli / AFP
Par RFI

En Tunisie, la vie a repris son cours ces derniers jours et le couvre-feu allégé, mais les tensions et les incidents persistent. Vendredi 4 février 2011, au soir, deux détenus ont trouvé la mort à Sidi Bouzid, brûlés dans leur cellule dans le commissariat. Cela a provoqué à nouveau la colère des habitants de la ville d’où était partie la contestation sociale le 17 décembre dernier. Et samedi après-midi, c’est dans la ville de Kef que quatre personnes ont trouvé la mort suite à de violents affrontements avec la police.

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Les manifestants, rassemblés samedi 5 février 2011, devant la préfecture de la ville de Kef demandaient le limogeage du chef de la police accusé d’abus de pouvoir. Le commissaire concerné, Khaled Ghazouani était présent. Selon des témoins il aurait giflé une manifestante et c’est là que tout aurait dérapé. La foule a alors tenté de rentrer dans le poste de police et les forces de l’ordre ont répliqué. Deux manifestants sont morts sur le champ et deux autres ont succombé à leurs blessures dans la soirée. Les forces de l’ordre affirment avoir tiré parce qu’elles n’avaient plus de grenades lacrymogènes pour disperser les manifestants qui jetaient des pierres et des cocktails molotov, malgré les tirs de sommation. Le chef du commissariat de Kef a cependant été arrêté et conduit au siège du ministère pour interrogatoire.

Nouvelles violences à Sidi Bouzid

La veille, à Sidi Bouzid, ce sont deux détenus qui ont trouvé la mort, brûlés dans leur cellule où ils étaient gardés à vue. Leur décès pourrait être l’oeuvre de partisans de l’ancien régime du président Ben Ali selon le ministre de l’Intérieur qui appelle toute personne disposant d’informations à témoigner. Quatre agents de sécurité ont déjà été arrêtés. Mais à Sidi Bouzid, les avocats ont fait circuler une liste d’une dizaine de personnes potentiellement impliquées dans le crime.