Lettre ouverte à la ministre des affaires étrangères


Source Parti Pirate

Parti Pirate Tunisien

Madame la Ministre des affaires étrangères et européennes,

Nous avons contacté vos services le 6 janvier 2011 à propos de la situation en Tunisie, dont nous suivions l’évolution depuis plusieurs semaines déjà, par l’intermédiaire de correspondants sur place dont certains ont fondé le Parti Pirate Tunisien.

Grace à ces contacts au plus proche de l’action nous avons eu accès, de façon sécurisée et fiable, à un grand nombre d’informations que nous souhaitions mettre à votre disposition afin de vous permettre de prendre des décisions éclairées dans la gestion de cette crise dramatique.

Au lieu de profiter de cette opportunité vous vous êtes exprimée sur le sujet à l’Assemblée Nationale le 12 janvier – soit six jours après que nous vous ayons signifié qu’un ressortissant franco-tunisien était probablement détenu dans les geoles de la police tunisienne – dans des termes que nous citons ci-après.

« On ne doit pas s’ériger en donneur de leçons. »

« Nous proposons que le savoir-faire, reconnu dans le monde entier, de nos forces de sécurité, permette de régler des situations sécuritaires de ce type. »

De sources sûres nous savons que huit personnes ont été détenues et torturées en dépit du respect de la Constitution tunisienne et des traités internationaux signés par la Tunisie.

De sources sûres nous savons que les morts, au sein de la population, se comptent par dizaines alors que leur seul crime a été de manifester leur désaccord avec le pouvoir en place.

La Tunisie surveille la France. Son peuple, qui est aujourd’hui dans la rue, ne peut compter sur les médias de son pays. Afin d’accéder à l’information, il utilise des techniques pour contourner la censure gouvernementale, et parvient à lire la presse francophone.

En proposant, en tant que ministre de la République, un renfort à la police tunisienne alors que celle-ci tire à balles réelles sur les manifestants, visant le torse ou la tête dans le but évident de tuer et ce sans tir de sommation, vous donnez l’image indécente d’une France qui soutient ces actes.

En ne les condamnant pas fortement, vous donnez l’image honteuse d’une France qui cautionne ce qui se passe dans les rues de la Tunisie !

Madame, au nom des principes démocratiques qui sont à la base de ce pays et par respect pour le peuple Tunisien, nous vous demandons de présenter des excuses publiques à celui-ci et de prendre une position ferme quant à monsieur Zine el-Abidine Ben Ali afin de permettre son retour en Tunisie pour qu’il y soit jugé.

N’oubliez pas que la Tunisie saura se rappeler de qui sont ses alliés.

le 17 janvier 2011