Ben Ali: dégage!


Manifestants à Tunis (photo publiée sur le site http://info.france2.fr/monde/tunis-nouvelles-manifestations-hostiles-a-ben-ali-66696834.html)
Après le discours lénifiant de Ben Ali du 13 janvier au soir, la Tunisie est en liesse. Heureuse, oui, mais pas de cette liesse que le régime a tenté, encore une fois, de faire passer pour générale, une population criant « vive Benali! » composée en fait vraisemblablement par des figurants ercédistes « loués » pour l’occasion, mais celle d’une population qui après 23 ans d’emprisonnement retrouve l’espoir.

Rien n’est fait, et le peuple tunisien semble aujourd’hui bien décidé à faire fructifier cet espoir retrouvé, refusant de croire aux promesses vagues et si légères d’un dictateur sans crédibilité, qui a prouvé à plusieurs reprises sa violence, sa rapacité ainsi que celle de sa famille, et son goût pour la manipulation et le mensonge.

La population véritable, celle qui prend enfin la parole partout, crie « Benali dégage! », et en plusieurs langues, des fois que le dictateur aurait des difficultés à comprendre.

Benali a réussi en quelques jours à promettre: 300000 postes de travail, la baisse des prix, la liberté d’accès à internet, et de quitter son poste en 2014 (éventuellement): certaines des ces mesures ne dépendant pas entièrement de sa volonté, on ne peut que douter de celle-ci. Il est resté beaucoup plus flou sur le pluralisme politique, sur la liberté d’expression, la liberté d’association, et a fort prudemment évité de toucher l’épineux problème des 100000 policiers actuellement en rôle, parmi lesquels se trouvent quelques fous furieux, capables d’exactions abominables.

Pas un mot non plus concernant les si nombreux prisonniers politiques qui pourrissent, et le mot est léger, dans les geôles tunisiennes parfois depuis des dizaines d’années.

Rappelons d’ailleurs qu’il n’y a encore aucune nouvelle à cette heure de Hamma Hammami, violemment kidnappé à son domicile aux derniers jours de la révolte, en compagnie de deux amis avocats.