TUNISNEWS : Edition N° 3885 du 11.01.2011


في كل يوم، نساهم بجهدنا في تقديم إعلام أفضل وأرقى عن بلدنا، تونس
Un effort quotidien pour une information de qualité sur notre pays, la Tunisie
Everyday, we contribute to a better information about our country, Tunisia

TUNISNEWS

Assabilonline: Embrasement dans la capitale
Liberté et Equité: Poursuite et extension du mouvement de protestation
AFP: Tunisie: Ben Ali « souvent mal jugé » a « fait beaucoup de choses » (ministre français)
AFP: Tunisie: la France « déplore les violences », « appelle à l’apaisement » (gouvernement)
AFP: Tunisie: le bilan des violences s’alourdit
AFP: Tunisie: situation chaotique à Kasserine, plus de 50 morts (responsable syndical)
AFP: Tunisie: une manifestation d’artistes réprimée par la police à Tunis
AFP: Tunisie: suicide d’un diplômé sans emploi dans la région de Sidi Bouzid
AFP: Tunisie: des manifestations réprimées par la police à Tunis
AFP: La France et la Tunisie de Ben Ali: soutiens, silence ou « complaisance »
AFP: Tunisie: chaos à Kasserine, le bilan des violences s’alourdit
AFP: Tunisie: des journalistes empêchés de manifester observent un sit-in
AFP: Tunisie: déception d’opposants et d’ONG après le discours de Ben Ali
AFP: Tunisie: le gouvernement annonce un bilan de 21 morts, dégâts considérables
AFP: Tunsie: entre 21 et 50 morts, des affrontements en banlieue de Tunis
AFP: Tunisie: 200 personnes dénoncent à Paris le régime du président Ben Ali
Reuters: Q+A-Tunisia’s violent unrest: what will happen next?
Reuters: New clashes in Tunisia as job promise calms few
Reuters: Les promesses de Ben Ali n’apaisent pas la situation en Tunisie
Reuters: Tunisian govt says four more killed in clashes
Reuters: Les violences gagnent Tunis, selon des témoins
ASNA: Tunisia: incidenti a Jendouba, incendiate auto
ASNA: Tunisia: ancora violenze, cresce il bilancio dei morti
ASNA: Tunisia: esplode collera anche a funerali morti in scontri
ASNA: Tunisia: monito Ue, rispetti diritti e libertà fondamentali
ASNA: Tunisia: chiuse scuole e atenei, Ben Ali promette lavoro
ASNA:Tunisia: opposizione, almeno dieci morti oggi a Kasserine
ASNA: Tunisia: radio kalima, sarebbero 50 i morti in scontri
ASNA: Tunisia: decine morti,appelli a ben ali a cessare fuoco scontri in strade anche su tv stato; radio kalima, sarebbero 50
ASNA: Tunisia: Fidh, almeno 35 morti in scontri finesettimana
ASNA: Tunisia: S. Craxi, rischio caos, è ora di cambiare
ASNA: Tunisia: avvocati, una quarantina morti a Kasserine
Déclaration commune des partis et mouvements tunisiens d’opposition
Amnesty International : Arbitrary arrests warning after Tunisian president brands protests ‘acts of terrorism’
Reporters sans frontières: TUNISIE – LA CENSURE CONTINUE: ARRESTATIONS DE JOURNALISTES et LOCAUX DU SNJT ET D’AL-MAOUQIF ENCERCLES
CSI: Tunisie : La CSI appelle ses affiliées à se mobiliser contre la répression des manifestations
Nouveau Parti Anticapitaliste: Répression en Tunisie : halte à la complicité du gouvernement français.
Pierre Laurent: Tunisie : Les déclarations scandaleuses de Bruno Lemaire déconsidèrent les autorités françaises (Pierre Laurent)
Question d’actualité de J P Lecoq (PCF) Tunisie
Liberation: Vincent Geisser – Tunisie: «Le compte à rebours de l’après Ben Ali a commencé»
Nouvelobs: Tunisie: à Kasserine, la situation est chaotique
Le Soir: YouTube supprime des vidéos des violences en Tunisie
Drôles de bandes de casseurs « cagoulés »
Libération: Tunisie: PS et Verts condamnent la répression, le gouvernement français embarrassé
Libération: La Tunisie se soulève, Ben Ali reste sourd
Libération: Ceaucescu des sables
Libération: Le régime dépassé par la cyberrésistance
Libération: Tunisie: la presse sous influence dénonce les «lubies» des manifestants
Le Monde: Le rap, porte-parole de la jeunesse tunisienne
Slim Bagga: Les frasques du palais
Imed Abidi: Proposition à nos chefs de fil de notre opposition – C’est maintenant ou jamais
Mizaanoun: Tunisie : La révolution est irréversible.
Taoufik Ben Brik: Jours ordinaires d’un internaute tunisien
Soni D. Nous sommes tous des terroriste

10 ème année, N° 3885 du 11.01.2011

Site: www.tunisnews.net

Email: redaction@tunisnews.net
Tu es abonné(e) á la liste de diffusion en langue française de Tunisnews. hasni@reveiltunisien.org
Pour vous désabonner suivez le lien:
Unsubscribe Link
Ou envoyez un mail vide à
french_unsubscribe@tunisnews.net

Embrasement dans la capitale

Assabilonline, Tunis
Des sources d’Assabilonline ont affirmé que la Commission Administrative de l’UGTT, réunie aujourd’hui mardi 11 janvier, avait décidé de façon extraordinaire de grèves régionales et sectorielles générales sur tout le territoire pour protester contre le tir à balles réelles sur les citoyens de Sidi Bouzid et Kasserine.
D’autre part, des témoins relatent que des soldats des unités de l’armée nationale ont dirigé leurs mitraillettes vers des dizaines de policiers, menaçant de les tuer s’ils ne renonçaient pas, tandis qu’un groupe de citoyens couraient vers les camions de l’armée pour se protéger de la traque des brigades anti émeutes.
Dans la cité Tadhamoun dans la capitale, le poste de police de la cité 105 a été incendié. Les manifestants ont encerclé le poste de la garde nationale avec les agents à l’intérieur. On dit que certains seraient touchés et que les forces de police encerclent la cité et les cités avoisinantes. L’odeur des gaz envahit la région et on entend des coups de feu. Un témoin dit que des jeunes des cités voisines y ont participé, notamment du quartier d’El Omrane supérieur et qu’ils sont venus à la cité Tadhamoun et la cité Intilaka. Dans cette dernière un car de police a été incendié et les forces de police font usage de gaz lacrymogènes.
Mis à jour le 11-1-2011
(Traduction ni revue ni corrigé par les auteurs de la version en arabe, LT)
Liberté pour tous les prisonniers politiques
Liberté et Equité
Organisation indépendante de droits humains
33 rue Mokhtar Atya, 1001, Tunis
Tel/fax : 71 340 860
Tunis, le 11 janvier 2011
Poursuite et extension du mouvement de protestation

Les protestations se poursuivent dans de nombreuses villes tunisiennes et s’étendent à de nouvelles villes et prennent des formes diverses. Les cités Tadhamoun, Tahrir et Ibn Khaldoun près de Tunis ont été le théâtre d’affrontements violents entre les jeunes en colère et les forces de police qui ont continué jusque tard dans la soirée. Les forces de police ont fait usage de bombes lacrymogènes et de balles réelles pour disperser les manifestants.
A Tunis aujourd’hui, dans l’avenue Bourguiba à proximité de l’ambassade de France, nombre d’avocats et de militants de droits de l’homme ont été agressés et le local du PDP, ainsi que celui du SJT ont été encerclés par un déploiement d’agents de la police politique.
La délégation de Ksar Gafsa a été le théâtre dans la nuit du lundi au mardi 11 janvier d’affrontements violents entre les citoyens et les forces de l’ordre qui ont utilisé des gaz lacrymogènes et ont effectué des descentes. De nombreuses personnes ont été arrêtées, qui ont été conduites au tribunal sans pouvoir bénéficier d’un avocat.
A Beja, les syndicalistes et les militants des droits humains de la région se sont rassemblé à 11 h ce matin au local de l’Union Régionale du Travail. Ils ont été encerclés par les forces de police, venues en nombre. Des citoyens ont forcé le blocus et ils sont sortis en manifestation pour dénoncer le meurtre de citoyens à balles réelles par les forces de police […]. Cette marche a été réprimée et on ignore à l’heure actuelle le nombre des victimes ou les dégâts à l’issue des affrontements.
De même, la ville de Ben Guerdane a été le théâtre aujourd’hui d’une manifestation populaire imposante […] la police politique a procédé à l’arrestation du militant syndical Ahmed Laamari et l’a conduit dans un lieu inconnu.
Les villes de Tajerouine et Le Kef ont vu lundi 10 janvier des affrontements violents entre les forces de police et les manifestants qui protestaient contre le massacre commis par les forces de police […] des éléments de la police politique ont arrêté plusieurs militants politiques du PDP, comme Nizar Belhassen, Rached Chouchène, Sahbi Khalfaoui, Bilel Trabelsi à Tunis, ainsi que Lassaad Bouazizi et Ali Bouazizi à Sidi Bouzid.
[…]
Pour le bureau exécutif de l’Organisation
Le président
Maître Mohammed Nouri
(traduction d’extraits ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)
LES EVENEMENTS DE TUNISIE SUR LE FIL DES AGENCES DE PRESSE INTERNATIONALES (par ordre chronologique)
AGENCE AFP (France)
AFP, le 11 janvier 2011 à 09h14 GMT
Tunisie: Ben Ali « souvent mal jugé » a « fait beaucoup de choses » (ministre français)

PARIS, 11 Jan 2011 (AFP) – Le ministre français de l’Agriculture Bruno Le Maire a estimé mardi, à propos de la situation en Tunisie, qu' »avant de juger un gouvernement étranger » mieux valait « bien connaître la situation », jugeant que le président Ben Ali, « souvent mal jugé », avait « fait beaucoup de choses ».
« Avant de juger un gouvernement étranger, mieux vaut bien connaître la situation sur le terrain et savoir exactement pour quelles raisons telle ou telle décision a été prises », a déclaré M. Le Maire interrogé sur Canal+ sur les affrontements meurtriers entre forces de l’ordre et manifestants en Tunisie.
Le nombre de morts dans les émeutes s’élève à au moins 35, après les violences du week-end dans des localités du centre-ouest du pays, a indiqué mardi à l’AFP la présidente de la Fédération internationale des ligues de droits de l’Homme (FIDH), Souhayr Belhassen.
« Je n’ai pas à qualifier le régime tunisien. Je suis français, je n’ai pas à juger de l’extérieur comme ça un gouvernement étranger », a ajouté Bruno Le Maire.
« Le président Ben Ali est quelqu’un qui est souvent mal jugé » mais « il a fait beaucoup de choses. On peut critiquer après certains aspects, être toujours vigilants sur les droits de l’homme mais c’est un pays qui a connu de vraies difficultés », a aussi affirmé M. Le Maire.
AFP, le 11 janvier 2011 à 10h11 GMT
Tunisie: la France « déplore les violences », « appelle à l’apaisement » (gouvernement)

PARIS, 11 Jan 2011 (AFP) – La France a de nouveau déploré mardi les « violences » en Tunisie et appelé à « l’apaisement », le porte-parole du gouvernement français François Baroin estimant que « seul le dialogue permettra de surmonter les problèmes économiques et sociaux » dans ce pays.
« La France évidemment déplore les violences qui ont eu lieu en Tunisie qui ont fait des victimes », a déclaré M. Baroin sur la radio privée Europe 1.
« Nous appelons évidemment à l’apaisement parce que seul le dialogue permettra de surmonter les problèmes économiques et sociaux », a-t-il ajouté.
« S’agissant des blogueurs tunisiens arrêtés, nous n’avons pas d’information précise à ce stade mais nous rappelons notre attachement à la liberté d’expression », a aussi déclaré le porte-parole.
M. Baroin a ainsi repris quasiment mot pour mot la position très prudente exprimée lundi par le ministère français des Affaires étrangères.
Pour les ressortissants français présents en Tunisie, les consignes sont « claires »: il faut « adopter la plus grande réserve et surtout éviter de se mêler à toute forme de rassemblement », a dit le porte-parole du gouvernement français.
La semaine dernière, la France dont la Tunisie est l’un des plus proches partenaires en Afrique du Nord, s’était bornée à appeler à l’apaisement, sans se prononcer sur la répression des manifestations et l’arrestation de blogueurs.
Quatorze personnes sont mortes pendant les affrontements survenus le week-end à Thala et Kasserine, dans le centre-ouest de la Tunisie, selon un bilan annoncé dimanche par le gouvernement.
Le nombre de morts dans les émeutes en Tunisie après les violences du week-end dans le centre s’élève à au moins 35, selon la Fédération internationale des ligues de droits de l’homme (FIDH).
AFP, le 11 janvier 2011 à 11h06 GMT
Tunisie: le bilan des violences s’alourdit

TUNIS, 11 Jan 2011 (AFP) – Le bilan des violences en Tunisie s’est alourdi à au moins 35 morts identifiés après un week-end de manifestations sanglant, selon des défenseurs des droits de l’homme, alors que le régime cherche à désamorcer près d’un mois de contestation en maniant la carotte et le bâton.
« Le chiffre de 35 morts s’appuie sur une liste nominative », a dit à l’AFP à Paris la présidente de la Fédération internationale des ligues de droits de l’homme (FIDH), Souhayr Belhassen.
« Mais le nombre total des victimes (nombre des morts, NDLR) est plus important. Ca tourne autour de la cinquantaine mais c’est une évaluation », a-t-elle ajouté après que la Tunisie, victime d’un fort chômage frappant notamment la jeunesse, eut connu son week-end le plus meurtrier depuis le début du mouvement à la mi-décembre.
Le bilan « a tragiquement augmenté » après les émeutes de samedi et dimanche dans trois villes du centre du pays: Regueb, Thala et Kasserine, et les blessés sont si nombreux qu' »on ne peut pas les compter », a dit Mme Belhassen, elle-même tunisienne.
Le gouvernement avait fait état dimanche de quatorze personnes mortes pendant les affrontements ce week-end à Thala et Kasserine.
Une autre ONG de défense des droits de l’homme, Amnesty International, avait déclaré lundi qu’au moins « 23 personnes avaient été tuées par les forces de sécurité » lors des affrontements du weekend.
Le précédent bilan de cette vague inédite de protestation sociale, avant le week-end, s’élevait à au moins 4 morts, dont deux suicides. Elle a débuté le 17 décembre après l’immolation par le feu d’un jeune marchand de rue de Sidi Bouzid, dans le centre-ouest, à 265 km de Tunis, qui protestait contre la saisie de sa marchandise par des agents de la force publique.
Alors que l’Europe et les Etats-Unis se sont déjà dit préoccupés, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon s’est à son tour, lundi, « inquiété de l’escalade des affrontements violents » entre forces de l’ordre et manifestants. Il a appelé à la retenue, au dialogue et au respect de la liberté d’expression.
Selon Souhayr Belhassen de la FIDH, l’agitation s’est également étendue à des villes côtières, au coeur de la Tunisie touristique.
Alors que les étudiants ont commencé à manifesté, notamment à Tunis, le président Zine El Abidine Ben Ali est intervenu lundi à la télévision pour qualifier les violences de « terroristes » tout en promettant des centaines de milliers d’emplois nouveaux.
Au pouvoir depuis 23 ans, il a dénoncé des « actes terroristes impardonnables perpétrés par des voyous cagoulés ».
« A ceux qui veulent porter atteinte aux intérêts du pays, ou manipuler notre jeunesse, nous disons que la loi sera appliquée », a-t-il averti. Les écoles et universités ont été fermées à partir de mardi jusqu’à nouvel ordre dans tout le pays.
Le président tunisien a attribué les troubles à des « Ã©léments hostiles à la solde de l’étranger » et « certaines parties qui veulent porter atteinte aux intérêts du pays, ou manipuler notre jeunesse », a-t-il dit.
Parallèlement, pour juguler le chômage et désamorcer la crise, il s’est engagé à créer plus d’emplois notamment pour les jeunes diplômés d’ici 2012.
« Nous avons décidé de multiplier les capacités d’emploi et la création de sources de revenus (…) dans tous les secteurs durant les années 2011 et 2012 », a-t-il dit, annonçant 300.000 emplois en plus de 50.000 autres promis par le patronat.
A Washington, le département d’Etat a reconnu que l’ambassadeur des Etats-Unis à Tunis avait été convoqué par le gouvernement tunisien lundi, après des commentaires de Washington sur la crise sociale.
Principal partenaire et bailleur de fonds de la Tunisie, l’Union européenne a haussé le ton conditionnant lundi les négociations sur des relations renforcées au respect des droits de l’homme.
La France a de nouveau déploré mardi les « violences » et appelé à « l’apaisement ».
AFP, le 11 janvier 2011 à 11h59 GMT
Tunisie: situation chaotique à Kasserine, plus de 50 morts (responsable syndical)

TUNIS, 11 Jan 2011 (AFP) – La situation est chaotique à Kasserine, chef-lieu du centre-ouest de la Tunisie, région où des émeutes ont fait plus de 50 tués ces trois derniers jours, a indiqué mardi à l’AFP un responsable syndical.
« C’est le chaos à Kasserine après une nuit de violences, de tirs de snipers, pillages et vols de commerces et de domiciles par des effectifs de police en civil qui se sont ensuite retirés », a indiqué Sadok Mahmoudi, membre de l’union régionale de l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT, centrale syndicale). Cette version des faits a été corroborée par d’autres témoins interrogés par l’AFP.
« Le nombre de tués a dépassé les cinquante, a-t-il indiqué, citant un bilan recueilli auprès du personnel médical de l’hôpital régional de Kasserine où ont été transportés les corps.
Un fonctionnaire local ayant requis l’anonymat a aussi décrit « une situation de chaos » dans cette ville à 290 km au sud de Tunis, confirmant des tirs de snipers postés sur le toits et des forces de police tirant sur des cortèges funèbres.
Le personnel médical de l’hôpital de Kasserine a débrayé durant une heure pour protester contre le nombre élevé de victimes et la gravité des blessures, a ajouté ce fonctionnaire, décrivant des « cadavres éventrés, à la cervelle éclatée ».
Un homme de 75 ans et son épouse ont été tués dans le quartier Ezzouhour alors qu’ils allaient enterrer leur enfant mardi, selon ce témoignage.
AFP, le 11 janvier 2011 à 12h07 GMT
Tunisie: une manifestation d’artistes réprimée par la police à Tunis

TUNIS, 11 Jan 2011 (AFP) – La police a dispersé mardi un début de manifestation « pacifique » dans le centre de Tunis où un groupe d’artistes en colère a tenté de se rassembler devant le théâtre municipal, ont constaté des journalistes de l’AFP.
« Le rassemblement devait se tenir à midi pour dénoncer la violence et l’usage excessif des armes dans le centre du pays », a indiqué Fadhel Jaibi, homme de théâtre.
« Nous voulions exprimer pacifiquement notre colère et notre indignation », a-t-il dit, alors que la police le bousculait devant les passants sur l’avenue centrale Habib Bourguiba.
Parmi les protestataires, les comédiennes Raja Amari et Sana Daoud ont été frappées par des policiers en uniforme et en civil, présents en grand nombre.
« Honte à vous! », a crié Sana Daoud, en direction des policiers, alors que l’autre actrice était jetée à terre.
« Ils nous étouffent, c’est notre droit de manifester », a lancé en colère Jalila Baccar, comédienne et réalisatrice.
La tension était perceptible dans Tunis alors que des appels à manifester massivement sont relayés sur le réseau social Facebook. Plusieurs images de violences et de morts dans l’hôpital de Kasserine y ont été partagés par les jeunes Tunisiens.
Selon un responsable syndical, la situation est chaotique à Kasserine, chef-lieu du centre-ouest du pays, une région où des émeutes ont fait plus de 50 tués ces trois derniers jours.
AFP, le 11 janvier 2011 à 12h19 GMT
Tunisie: suicide d’un diplômé sans emploi dans la région de Sidi Bouzid

TUNIS, 11 Jan 2011 (AFP) – Un jeune Tunisien s’est suicidé par électrocution dans un village de la région de Sidi Bouzid, dans le centre-ouest tunisien, en proie à une révolte contre chômage, ont indiqué mardi un témoin et un proche de sa famille.
Il s’agit du cinquième suicide depuis le 17 décembre, date à laquelle Mohamed Bouaziz, 26 ans, un vendeur ambulant sans permis s’est immolé par le feu pour protester contre la saisie de sa marchandise, déclenchant des émeutes sans précédent en Tunisie.
Allaa Hidouri, 23 ans, diplômé de l’université et sans emploi, a grimpé sur un pylône électrique pour se donner la mort lundi soir en s’accrochant aux câbles à haute tension, a indiqué à l’AFP Mohamed Fadhel, un enseignant syndicaliste.
Ce jeune homme, originaire du village d’El Omrane, près de Sidi Bouzid, avait été blessé par balle à la jambe dans les affrontements qui ont fait un tué et plusieurs blessés le 24 décembre à Menzel Bouazaine, a indiqué un journaliste proche de sa famille.
Ce nouveau suicide a eu lieu après des violences ce week-end dans le centre du pays ayant fait 14 tués par balles selon le gouvernement et plus de 50, selon des sources syndicales.
AFP, le 11 janvier 2011 à 13h14 GMT
Tunisie: des manifestations réprimées par la police à Tunis

TUNIS, 11 Jan 2011 (AFP) – La police a réprimé mardi des débuts de manifestations d’artistes et d’opposants dans le centre de Tunis contre la répression des troubles sociaux, ont constaté des journalistes de l’AFP.
« Le rassemblement (des artistes) devait se tenir à midi pour dénoncer la violence et l’usage excessif des armes dans le centre du pays », a indiqué Fadhel Jaibi, homme de théâtre.
« Nous voulions exprimer pacifiquement notre colère et notre indignation », a-t-il dit, alors que la police le bousculait sur l’avenue centrale Habib Bourguiba.
Parmi les protestataires, les comédiennes Raja Amari et Sana Daoud ont été frappées par des policiers en uniforme et en civil, présents en grand nombre.
« Honte à vous! », a crié Sana Daoud, en direction des policiers, alors que l’autre actrice était jetée à terre.
« Ils nous étouffent, c’est notre droit de manifester », a lancé Jalila Baccar, comédienne et réalisatrice.
Le président de la Ligue des droits de l’Homme (LTDH) a dénoncé « un comportement insensé, criminel » indiquant que l’un des dirigeants de la ligue, Abdelatif Biri, a été « sauvagement agressé » dans le centre de Tunis.
Une autre manifestation prévue à l’appel de l’opposition a été également étouffée par les forces de l’ordre dans le centre de la capitale, a indiqué à l’AFP l’avocate Radia Nasaroui.
« Nous voulons dire au régime d’arrêter de tuer les gens », a déclaré cette opposante faisant état de brutalités contre des avocats venus manifester, selon elle, autour de la statue Ibn Khaldou, devant cathérale de Tunis.
La tension était perceptible dans Tunis alors que des appels à manifester massivement sont relayés sur le réseau social Facebook. Plusieurs images de violences et de morts dans l’hôpital de Kasserine, dans le centre, y ont été partagés par les jeunes Tunisiens.
Selon un responsable syndical, plus de 50 personnes ont été tuées ces trois derniers jours dans cette ville, chef-lieu de la région d’où est parti le mouvement à la mi-décembre.
La presse privée a aussi fait état mardi des manifestations dans plusieurs villes du centre, du sud ouest mais également dans le nord à Bizerte (60 km de Tunis.
AFP, le 11 janvier 2011 à 13h46 GMT
La France et la Tunisie de Ben Ali: soutiens, silence ou « complaisance

Par Hervé ROUACH
PARIS, 11 Jan 2011 (AFP) – Liens personnels forts ou réalisme face à un régime réputé stable face aux islamistes, le président tunisien Zine el Abidine Ben Ali continue de bénéficier de soutiens dans la classe politique française, ou au moins d’une neutralité qui, selon certains, confine à la « complaisance ».
Malgré l’aggravation du bilan des émeutes sociales qui ébranlent la Tunisie, le gouvernement français maintenait mardi sa ligne de modération, parfois assortie d’une appréciation positive sur les 23 ans de pouvoir du président tunisien.
« Le président Ben Ali est quelqu’un qui est souvent mal jugé » car « il a fait beaucoup de choses » pour son pays, a ainsi affirmé le ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire sur la chaîne Canal plus.
Parmi les points fort du bilan, les responsables politiques français, toutes tendances confondues, rangent souvent le développement économique de la Tunisie et sa lutte contre l’islamisme.
« Ce sont des données importantes », confirme à l’AFP Axel Poniatowski, député du parti présidentiel UMP et président de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale.
« La situation est préoccupante et il faut être très mesurés dans nos propos », a-t-il précisé, mettant en garde contre la tentation de se poser en « donneurs de leçons ».
« La proximité, l’Histoire, le passé, le fait qu’il y ait en France une diaspora (tunisienne) importante et bienvenue, tout cela doit contribuer au fait que la France ne doit pas exacerber la situation », a-t-il poursuivi.
Comme pour l’Algérie ou le Maroc, la France, ancienne puissance coloniale, est traditionnellement très prudente dans ses prises de position sur la Tunisie. Elle s’est limitée lundi et mardi à « déplorer les violences » qui ont fait, selon les ONG, plus de 35 morts depuis ce weekend dans le centre du pays.
En général, la classe politique française donne crédit au président Ben Ali d’avoir poursuivi des politiques de son prédécesseur Habib Bourguiba favorables à l’émancipation des femmes, à l’éducation et à la francophonie, tandis que les organisations de droits de l’Homme critiquent le caractère policier du régime, les restrictions de libertés et la mainmise d’une famille sur le pays.
Même si la plupart des ténors de l’opposition de gauche se gardent bien de sortir du rang, plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer cette bienveillance française.
« Je crois que le silence, ou tout du moins la complaisance vis-à-vis du régime de Ben Ali est un problème », a déclaré mardi sur la radio Europe 1 Cécile Duflot, secrétaire générale des Verts/Génération Ecologie (opposition).
Pour la Ligue des droits de l’Homme (LDH), « le silence complice des autorités politiques françaises actuelles n’est en rien représentatif de l’indignation qui s’étend dans la société française ».
Fait significatif, ce « silence » a été rompu par le président du groupe d’amitié France-Tunisie au Sénat, le socialiste Jean-Pierre Sueur, qui a dénoncé dans un communiqué « la répression violente » contre les manifestants.
« Il y a un moment où l’amitié doit se traduire par un langage de vérité », a-t-il expliqué à l’AFP, estimant en particulier que la lutte contre une éventuelle menace islamiste ne peut justifier des violations des libertés. « Ce n’est pas un argument pertinent », dit-il.
Pour certains responsables politiques, des liens personnels existent aussi, fruits du passé colonial de la France en Tunisie, indépendante depuis 1956.
Ainsi, le maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë, né à Tunis et propriétaire d’une maison dans la ville de Bizerte (nord), a-t-il fait savoir qu’il était « soucieux » de la situation en Tunisie.
Avant lui, l’ancien ministre de droite et président de l’Assemblée nationale Philippe Séguin, décédé il y a un an, entretenait une relation très forte avec la Tunisie, son pays natal.

AFP, le 11 janvier 2011 à 14h19 GMT
Tunisie: chaos à Kasserine, le bilan des violences s’alourdit

TUNIS, 11 Jan 2011 (AFP) – Le bilan des troubles sociaux qui ébranlent la Tunisie depuis près d’un mois s’est alourdi à une cinquantaine de morts dans le centre du pays en trois jours, selon un responsable syndical qui a évoqué une situation de « chaos » mardi à Kasserine, principale ville du centre.
Le ministère de l’Intérieur a fait état de quatre morts et de huit policiers blessés lundi à Kasserine. Le précédent bilan officiel donnait dimanche quatorze morts à Thala et Kasserine.
« C’est le chaos à Kasserine après une nuit de violences, de tirs de snipers, pillages et vols de commerces et de domiciles par des effectifs de police en civil qui se sont ensuite retirés », a affirmé Sadok Mahmoudi, membre de la branche régionale de l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT).
Cette version des faits a été corroborée par d’autres témoins interrogés par l’AFP, paraissant indiquer que l’intervention télévisée lundi du président Zine El Abidine Ben Ali n’avait pas réussi à désamorcer les plus graves protestations sociales en 23 ans de régime.
« Le nombre de tués a dépassé les cinquante, a dit le syndicaliste, citant un bilan recueilli auprès du personnel médical de l’hôpital régional de Kasserine où ont été transportés et comptabilisés les corps depuis différents lieux de la région.
Un fonctionnaire local ayant requis l’anonymat a fait état de tirs de snipers postés sur les toits et de tirs des forces de police sur des cortèges funèbres dans cette ville à 290 km au sud de la capitale, Tunis.
Le personnel médical de l’hôpital de Kasserine a débrayé durant une heure en signe de protestation, a ajouté ce fonctionnaire, décrivant des « cadavres éventrés, à la cervelle éclatée ».
A Paris, la présidente de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH), la Tunisienne Souhayr Belhassen, avait auparavant déclaré qu’au moins 35 personnes identifiées avaient été tuées ce week-end dans trois villes du centre: Regueb, Thala et Kasserine.
Pour le gouvernement tunisien, Kasserine a été « le théâtre d’actes de violence et de destructions perpétrés par des groupes qui ont attaqué deux postes de police, à coup de bouteilles incendiaires, de bâtons et de barres de fer ».
« Après diverses sommations et des tirs en l’air, la police a fait usage des armes dans un acte de légitime défense, lorsque les assaillants ont multiplié les attaques, jetant des pneumatiques en feu pour forcer les locaux de la police dont les équipements ont été incendiés », a indiqué mardi le ministère de l’Intérieur.
Cet incident a « occasionné la mort de quatre assaillants et pas moins de huit blessés plus ou moins graves parmi les agents de l’ordre, dont certains souffrent de brûlures », selon le communiqué officiel.
Amnesty International a déclaré qu’au moins 23 personnes avaient été tuées ce week-end par les forces de sécurité qui ont ouvert le feu « dans un déferlement de violence inouïe contre des gens venus protester contre leurs conditions de vie, le chômage et la corruption ».
Le mouvement a débuté le 17 décembre après l’immolation par le feu d’un jeune marchand de rue de Sidi Bouzid, dans le centre-ouest, à 265 km de Tunis, qui protestait contre la saisie de sa marchandise par la police.
Lundi, un autre jeune homme, Allaa Hidouri, 23 ans, diplômé de l’université et sans emploi, s’est suicidé par électrocution dans cette même région de Sidi Bouzid, selon un témoin et un proche, portant à cinq le nombre des suicides depuis la mi-décembre.
Les écoles et universités ont été fermées à partir de mardi jusqu’à nouvel ordre dans tout le pays.
Selon Souhayr Belhassen de la FIDH, l’agitation s’est étendue à des villes côtières, au coeur de la Tunisie touristique.
A Tunis, la police a dispersé mardi un début de manifestation d’artistes, ont constaté des journalistes. La tension était perceptible dans la capitale alors que des appels à manifester massivement sont relayés sur le réseau social Facebook.
L’Europe et les Etats-Unis se sont déjà dit préoccupés. Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon s’est « inquiété de l’escalade des affrontements violents ».
Le président Ben Ali est intervenu lundi à la télévision pour qualifier les violences d « actes terroristes impardonnables perpétrés par des voyous cagoulés » tout en promettant des centaines de milliers d’emplois nouveaux.
AFP, le 11 janvier 2011 à 15h35 GMT
Tunisie: des journalistes empêchés de manifester observent un sit-in

TUNIS, 11 Jan 2011 (AFP) – La police a empêché mardi une manifestation de journalistes contre la répression des troubles sociaux et les « entraves » à l’exercice de leur travail, a indiqué l’un d’entre eux.
« Nous sommes une centaine dans les locaux du syndicat national des journalistes (SNJT) encerclés par la police, qui bloque les accès », a déclaré Neji Bghouri, ancien président de ce syndicat.
« Nous voulions manifester pour dire cesser de tuer les gens, dénoncer les obstacles faits au travail des journalistes empêchés de rendre compte librement des troubles que connait le pays », a-t-il affirmé.
« Nous réclamons la liberté de la presse, la liberté de mouvement pour les journalistes », a-t-il ajouté.
Selon lui, des représentants de divers médias de la presse écrite et audiovisuelle observaient encore dans l’après-midi un sit-in dans les locaux du syndicat en présence de son président Jamel Karmaoui.
Les membres de ce syndicat avaient envisagé la veille « une grève générale » dans le secteur, a poursuivi M. Bghouri.
Récemment un groupe de six journalistes s’étaient introduits au ministère de l’Intérieur pour protester contre des « entraves au libre exercice » de leur métier, une action démentie par une source officielle.
Des opposants et des artistes avaient également été empêchés de manifester mardi à Tunis, au lendemain des émeutes sanglantes dans le centre tunisien en proie à la violence depuis quatre semaines.
nm-Bsh/jch

AFP 154648 GMT Jan 11

Tunisie: déception d’opposants et d’ONG après le discours de Ben Ali

AFP / 11 janvier 2011 19h23
TUNIS – Des partis d’opposition et un groupe d’ONG ont exprimé leur déception mardi après le discours du président Zine El Abidine Ben Ali, jugé « en deçà des attentes », un parti radical appelant même à la démission du gouvernement après des émeutes sanglantes sans précédent en Tunisie.
« Le discours du président est décevant et ne répond guère à la crise politique, sociale et économique que connaît le pays », a affirmé la « Coalition pour la Citoyenneté et l’Egalité », un ensemble laïc, comptant deux formations légales.
« Le gouvernement aurait dû admettre son échec, le discours du président a été décevant compte tenu de la situation dramatique qui exige l’apaisement, un cessez-le-feu et des explications réelles sur ce qui se passe », a déclaré à l’AFP, Ahmed Brahim, chef d’Ettajdid (Renouveau) membre de cette coalition.
« La population attendait un message de rupture avec le passé et des mesures concrètes, une option politique démocratique, or, le président a dénoncé un complot », a-t-il ajouté.
Selon lui, le gouvernement « aurait du admettre son échec à formuler une réponse politique nécessaire pour désamorcer la crise ».
Dans une déclaration, sa coalition a appelé de nouveau le président à faire cesser « immédiatement » l’usage des armes, à libérer les personnes arrêtées et à ouvrir une enquête ».
Plus radical, le Parti démocratique progressiste (PDP, principale force d’opposition) a aussi conclu à un « Ã©chec du régime » face à la crise, appelé à la démission du gouvernement et à la constitution d’un « gouvernement de salut national ».
Face « Ã  une crise profondément politique, le pays attendait un discours politique qui a fait défaut », a dit à l’AFP, sa secrétaire générale Maya Jribi.
« Après une journée sanglante (nldr: à Kasserine), le président devait avoir pour priorité de pacifier le pays, mais son discours était menaçant parlant de manipulation par des parties hostiles » au pays.
« Aux jeunes qui se suicident, sortent par milliers à visages découverts pour dénoncer la corruption, les inégalités, l’accaparation des richesses par une caste proche du pouvoir, on répond par la terreur, mais la peur est tombée » a-t-elle estimé.
Le PDP a « réitère son appel à la démission du gouvernement, qui a échoué et dans sa politique socio-économique et face à la crise », a-t-elle insisté.
« Nous appelons à la constitution d’un gouvernement de salut national, qui aura pour mission de ramener le calme et d’organiser des élections libres », a poursuivi Mme Jribi parlant à l’AFP depuis les locaux de son parti assiégé par la police.
Dix ONG, dont la Ligue de défense des droits de l’Homme, ont critiqué le discours du président Ben Ali et dénoncé un « mépris de plus le dignité et des revendications populaires ».
Pour ces associations représentant aussi des créateurs, des femmes, des universitaires et des étudiants, les « Ã©meutes et le nombre élevé de tués constituent la preuve de l’échec du gouvernement à traiter les véritables causes de la crise », à savoir, selon elle « la corruption, le népotisme et l’absence de libertés politiques ».
Enfin, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT, centrale unique), qui s’était ralliée aux revendications sociales a émis mardi une déclaration en douze points, demandant notamment l’arrêt des tirs sur des civils innocents ».
Elle s’élève contre « la tentative visant à faire porter la responsabilité des douloureux évènements aux structures syndicales ».
Le président Ben Ali s’était engagé lundi à créer 300.000 emplois d’ici 2012 pour juguler le chômage.
Il avait fustigé des « actes terroristes impardonnables perpétrés par des voyous cagoulés » et accusé des « Ã©léments hostiles à la solde de l’étranger » au sujet des émeutes parties à la mi-décembre du centre-ouest du pays.
Des opposants alliés au gouvernement ont en revanche salué les mesures annoncées par le président, Mohamed Bouchiha, chef du Parti de l’unité populaire notant des « Ã©léments nouveaux aux plans politique et économique ».
« Le discours répond à l’exigence de la phase actuelle et apporte des mesures concrètes au dossier de l’emploi et du développement régional », a déclaré de son côté Mondher Thabet, chef du du Parti social libéral.

Tunisie: le gouvernement annonce un bilan de 21 morts, dégâts considérables

AFP / 11 janvier 2011 22h06
TUNIS РLes ̩meutes de ces derniers jours en Tunisie ont fait 21 morts, a annonc̩ mardi soir le ministre tunisien de la Communication Samir Laabidi.
« Nos chiffres disent 21 décès », a dit lors d’un point de presse, M. Laabidi, démentant les bilans supérieurs à ce nombre.
« Ceux qui ont parlé de 40 ou 50 morts doivent produire une liste nominative », a-t-il lancé, faisant état de dégâts matériels « considérables » sans fournir d’évaluation chiffrée.
Le dernier bilan officiel s’établissait mardi à 18 morts.
« Nous regrettons ces décès et compatissons avec les familles », a déclaré M. Laabidi, qui vient d’être désigné porte-parole du gouvernement.
« Toutes les manifestations pacifiques sont tolérées, logiques et compréhensibles, nous les avons écoutées et nous y avons répondu », a-t-il ajouté, rejetant « toute violence de nature à menacer la sécurité et la stabilité » du pays.
« Ce sont des lignes rouges que nous ne laisserons pas franchir, a-t-il lancé.
Selon lui, « la police n’a jamais tiré sur des manifestants, les morts sont tombés lors des attaques et actes de vandalisme perpétrés contre des bâtiments publics, des postes de police, des banques ou des écoles par des bandes aux visages cachés ».
« Ces groupes sont manipulés par des extrémistes parmi les islamistes et la gauche », a-t-il accusé, affirmant que des enquêtes sont ouvertes et que le gouvernement produirait des preuves sur des financements reçus par ces groupes.
Le ministre a en outre souligné que le gouvernement a « entendu la voix des jeunes » assurant que les mesures annoncées par le président Zine El Abidine Ben Ali ont répondu aux aspirations des voix qui se sont élevés parmi la population et les jeunes ».
Il a annoncé enfin la création d’un numéro vert au sein de son département pour faciliter le travail de la presse, alors que des journalistes l’interpellation durant la conférence sur des « pressions » et « des entraves » du gouvernement à leur travail.

AFP – 11/01/2011 à 22:40

Tunsie: entre 21 et 50 morts, des affrontements en banlieue de Tunis

Des affrontements ont éclaté mardi soir pour la première fois dans une banlieue de Tunis alors que les troubles sociaux qui secouent la Tunisie depuis près d’un mois ont fait entre 21 morts, selon les autorités, et plus de 50 tués, selon un syndicaliste.
« Nos chiffres disent 21 décès », a déclaré mardi lors d’un point de presse, le ministre tunisien de la Communication Samir Laabidi. « Ceux qui ont parlé de 40 ou 50 morts doivent produire une liste nominative », a-t-il lancé, faisant état de dégâts matériels « considérables » sans fournir d’évaluation chiffrée.
Le précédent bilan officiel, communiqué mardi à la mi-journée, faisait état de 18 morts.
La présidente de la Fédération internationale des ligues de droits de l’homme (FIDH), Souhayr Belhassen, avait assuré qu’au moins 35 personnes avaient trouvé la mort dans les émeutes. « Le chiffre de 35 morts s’appuie sur une liste nominative », avait-elle déclaré.
Un peu plus tôt dans la journée, Sadok Mahmoudi, membre de la branche régionale de l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT), avait évoqué une situation de « chaos » à Kasserine, principale ville du centre, et un bilan de plus de 50 morts les trois derniers jours.
« Le nombre de tués a dépassé les cinquante, a dit le syndicaliste, citant un bilan recueilli auprès du personnel médical de l’hôpital régional de Kasserine où ont été transportés et comptabilisés les corps depuis différents lieux de la région.
« C’est le chaos à Kasserine après une nuit de violences, de tirs de snipers, pillages et vols de commerces et de domiciles par des effectifs de police en civil qui se sont ensuite retirés », a affirmé ce syndicaliste.
Cette version des faits a été corroborée par d’autres témoins interrogés par l’AFP, paraissant indiquer que l’intervention télévisée lundi du président Zine El Abidine Ben Ali n’avait pas réussi à désamorcer les plus graves protestations sociales en 23 ans de régime.
Un fonctionnaire local ayant requis l’anonymat a fait état de tirs de snipers postés sur les toits et de tirs des forces de police sur des cortèges funèbres dans cette ville à 290 km au sud de la capitale, Tunis.
Le personnel médical de l’hôpital de Kasserine a débrayé durant une heure en signe de protestation, a ajouté ce fonctionnaire, décrivant des « cadavres éventrés, à la cervelle éclatée ».
Mais pour le gouvernement tunisien, Kasserine a été « le théâtre d’actes de violence et de destructions perpétrés par des groupes qui ont attaqué deux postes de police, à coup de bouteilles incendiaires, de bâtons et de barres de fer ».Dans le même temps, les violences ont pour la première fois depuis le début de la révolte sociale gagné la banlieue de la capitale.
Des affrontements ont opposé dans la cité Ettadhamoun, à 15 km du centre de Tunis, des manifestants et des forces de l’ordre, ont indiqué à l’AFP des habitants.
« Nous n’avons pas peur », ont crié des groupes de jeunes manifestants qui ont brûlé un autobus et saccagé des commerces et une banque, a déclaré à l’AFP un témoin.
Une femme a indiqué en outre que les manifestants à visage découverts ont barré la route qui conduit à Bizerte (nord) à hauteur de la cité populaire. La police a tiré des gaz lacrymogènes et des tirs de balles en caoutchouc ont été entendus par cette femme.
Ces heurts, qui ont commencé après 18H00 locales et se sont poursuivis pendant deux heures, seraient les plus graves dans la banlieue de Tunis, où des manifestations ont été étouffées mardi.
Le mouvement de révolte sociale a débuté le 17 décembre après l’immolation par le feu d’un jeune marchand de rue de Sidi Bouzid, dans le centre-ouest, à 265 km de Tunis, qui protestait contre la saisie de sa marchandise par la police.
Washington a de nouveau fait part mardi de sa préoccupation à propos d’informations selon lesquelles les forces de sécurité tunisiennes feraient un « usage excessif de la force » et Londres a appelé Tunis à résoudre la situation « pacifiquement ».
Et des partis d’opposition ont exprimé leur déception mardi après le discours du président tunisien, jugé « en deçà des attentes », un parti radical appelant même à la démission du gouvernement.
AFP 11/01/2011 23:52

PARIS – Tunisie: 200 personnes dénoncent à Paris le régime du président Ben Ali

Plus de 200 personnes se sont rassemblées mardi soir devant l’ambassade de Tunisie à Paris pour afficher leur « solidarité » avec le mouvement social en Tunisie et dénoncer le régime du président Zine el Abidine Ben Ali.
« Le mouvement a commencé de façon spontanée contre le chômage, mais au fond, il s’agit d’un ras-le-bol général contre la liberté bafouée, contre la corruption qui touche le sommet de l’Etat », a expliqué Tarik, un Tunisien de 29 ans vivant à Paris.
« Il faut que le bain de sang cesse. Le pouvoir ferme les universités, arrête des blogueurs, il est fébrile, la peur est en train de changer de camp », a-t-il poursuivi.
Les manifestants étaient réunis à l’appel d’un collectif de soutien regroupant diverses associations comme le Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT) et plusieurs partis de gauche.
Ils scandaient des slogans en français « Ben Ali assassin, Sarkozy complice », et en arabe « Intifada, Ben Ali, tu dois partir », dans une ambiance bon enfant, et ils étaient maintenus à une distance de près de 200 mètres de l’ambassade, dans le centre de Paris, par un cordon de policiers français.
« C’est la première fois que je viens à une manifestation », a témoigné Raouf, 24 ans, ingénieur. « Ce qui se passe en Tunisie est intolérable, on veut faire passer le message, appeler l’Union européenne à faire pression sur le gouvernement tunisien ».
Les manifestants ont aussi chanté l’hymne national tunisien, en particulier le couplet soulignant, en arabe, « le peuple aura le dernier mot ».
La Tunisie est en proie depuis le 17 décembre à une révolte sociale sans précédent, partie du centre-ouest du pays, qui a fait, selon des organisations non gouvernementales, plus de 35 morts, et jusqu’à une cinquantaine de morts, selon un responsable syndical.
AGENCE REUTERS (Grande Bretagne)
Reuters, le 10 janvier 2011 à 18h08 GMT
Q+A-Tunisia’s violent unrest: what will happen next?

By Christian Lowe

Jan 10 (Reuters) – Fourteen civilians were killed in Tunisia at the weekend in clashes with police after the worst wave of unrest the north African country has seen in decades.
Here are some questions and answers on what the possible implications are, and what lies behind the violence.
WHAT WILL HAPPEN NEXT?
There are several possible scenarios:

— The unrest tapers off in the face of heightened security and government warnings that rioters will be jailed.

— The violent unrest carries on and spreads to the capital. In this case, the authorities will have a tough choice. If they keep using force to quell the riots they risk international condemnation, with the economic consequences that could go with it. If they do not, the protests could spiral out of control, challenging the government’s grip on power.

— A political accommodation is found. A minister said on Sunday the government was ready for a dialogue about the protesters’ grievances. It is not clear though how far the authorities are prepared to go. Will there just be a change in policy? Or will there be a more wholesale change?
WHY IS THE UNREST HAPPENING?
It all started last month in the town of Sidi-Bouzid, about 200 km (125 miles) southwest of Tunis. A young man called Mohamed Bouazizi set himself on fire in a protest at police, who had stopped him trading from an unlicensed street stall. He later died in hospital.
People in the town took to the streets, and the unrest then spread to other towns. The government says the rioting is driven by extremists bent on violence, but the unrest appears to have tapped in to a number of grievances.

— One is high youth unemployment. Tunisia’s economy has grown strongly in the past decade, but the downturn in the euro zone, by far its biggest trading partner, has slowed growth. The country has thousands of young people who have graduated from higher education but cannot find work. The problem is especially acute in the interior of the country, away from more prosperous coastal areas. A September 2010 International Monetary Fund report said unemployment stood at 13.3 percent and had begun to rise. « The country’s key challenge is to boost job-generating growth and lower unemployment, » the report said.

— Anger about public investment. The Tunisian government says it has poured millions of dollars into deprived areas. Many people say more should be done. The government’s room for manoeuvre is limited because unlike neighbours Libya and Algeria, it does not have a pot of cash from energy exports. The government forecasts a budget deficit of 2.5 percent of gross domestic product this year, and it is running a public debt of 39 percent of GDP. It says it will this year go to international debt markets for the first time in two years to borrow about $2.7 billion.

— Civil liberties. Tunisian officials say the country is committed to democracy and respects human rights. In its 2009 human rights report, the U.S. State Department said the Tunisian government was intolerant of criticism and that there were significant limitations on citizens’ rights to change their government through the ballot box.
IS THE GOVERNMENT’S HOLD ON POWER UNDER THREAT?
Zine al-Abidine Ben Ali, the 74-year-old president, dominates the political landscape. He has been in power since November 1987 and was re-elected to a fifth term two years ago with 89.6 percent of the vote. Many Tunisians credit him with making the country an island of stability and prosperity in an otherwise volatile region. The opposition is weak and divided.
Members of Ben Ali’s family also have a high profile. The activities of his wife, Leila, are given lavish coverage in state media. The president’s son-in-law, Sakher Materi, is one of Tunisia’s most prominent businessmen, a member of parliament and owner of the biggest-circulation newspaper. In an interview with Reuters last year, he denied speculation he was being groomed to take on a senior role in government.
Very few Tunisians will criticise Ben Ali in public but some do lambast the president and his entourage, especially on online social media, one of the few places where critical views can be found.
Tunisia’s military and security forces are unswervingly loyal to Ben Ali in public, but diplomats and analysts say they are a powerful interest group in their own right.
One Western diplomat described Tunisia as a pressure cooker. If the protests and international criticism keep building, it is difficult to predict what would happen to Ben Ali’s rule.
WHAT COULD BE THE ECONOMIC FALLOUT?
The unrest, and the government’s handling of it, could have implications for the Tunisian economy:

— Tunisia is in the process of negotiating with the European Union to extend an existing arrangement for free trade in industrial goods so that it also covers services, agricultural products and processed food. All of these are major Tunisian exports. A negative EU reaction to the violence could make those negotiations more complicated. Tunisia is also a recipient of hundreds of millions of euros in loans from the European Investment Bank, the EU’s financing arm.
The EU has already signalled its concern. A European Commission spokeswoman said on Monday: « We deplore the violence and the loss of life. »

— The unrest could alarm investors, both inside and outside Tunisia. The main index on the lightly traded Tunis stock exchange fell 2.65 percent on Monday. Tunisia plans to float shares in state-run Tunisie Telecom on the Tunis and Paris bourses. That listing, the first by a Tunisian firm on a European exchange, will be a test of whether investor confidence has been dented.
Reuters, le 11 janvier 2011 à 11h33 GMT
New clashes in Tunisia as job promise calms few

* New clashes reported in Gafsa and El-Kef
* Calm in Tunis after decision to shut schools
* Journalists plan protest in Tunis
By Tarek Amara
TUNIS, Jan 11 (Reuters) – Tunisia’s anti-riot police fired tear gas in clashes overnight in two western towns, witnesses said on Tuesday, despite a pledge by the president to create 300,000 jobs before the end of 2012.
The Tunisian government on Monday ordered the indefinite closure of all schools and universities in an attempt to stamp out clashes with police which it said killed 14 civilians at the weekend. Amnesty International put the death toll at 23.
On Tuesday, few Tunisians trickled to a job centre in the capital Tunis after President Zine al-Abidine Ben Ali promised to cut graduate unemployment, a major reason behind the worst civilian disobedience in his 23-year rule.
Ben Ali’s promise failed however to appease some poorer areas. Witnesses, who asked not to be named, said police fired tear gas to disperse protesters in El-Kef and Gafsa after Ben Ali’s speech.
There were no immediate reports of casualties. Officials could not immediately comment on the accounts by witnesses.
Prior to the weekend clashes, at least five other people killed, including two who were shot dead by the police and two others who took their own lives to protest against the lack of job opportunities.
Ben Ali is bracing for greater scrutiny and pressures by the international community after the clashes.
United Nations Secretary-General Ban Ki-moon expressed concern about the escalation of violence and called for restraint. The European Union, Tunisia’s biggest trade partner, said it deplored the loss of life.
Washington has already expressed concern about the Tunisian government’s handling of the protests. The Tunisian Foreign Ministry said on Monday it had summoned the U.S. ambassador to Tunis to express its « astonishment » at Washington’s stance.
INTERNATIONAL CONCERN
Ben Ali, addressing on Tuesday the nation of 10 million for the second time since the start of riots, said the weekend clashes were a « terrorist act » orchestrated by foreign parties.
Facing the worst unrest for decades, the government deployed the military onto the streets in the worst-hit areas late on Sunday and that appeared to have had an effect, with fewer clashes and no new deaths reported since the weekend.
In Tunis, which saw a rare protest by students on Monday, life seemed to be following a normal course, with shops open despite the decision to close schools.
Police presence appeared however to have been beefed up in tne capital, where Tunisian journalists plan to hold a protest later on Tuesday.
Assabah newspaper on Tuesday reported that Ben Ali had asked the Chairman of the Bar, Abderrazek Kilani, to « help ease the tension ». Thousands of Tunisian lawyers went on strike last week to protest against alleged police beatings.
In front of the Lafayette job centre, a handful of young Tunisians stood in line to see if they could take advantage of Ben Ali’s job creation pledge.
« The president’s speech gave us new hope … I have a master’s degree in economy and I have been jobless for four years. I hope I will get lucky and land a job soon, » said Hamdi, who is from the provincial town of Sidi Bouzid.
It was from Sidi Bouzid that the first spark of the protest came from after graduate Mohamed Bouazizi, 26, set himself on fire in front of a government building after police seized his unlicensed fruit and vegetable stall. Bouazizi died earlier this month of his burns.
Imen, waiting for her turn at the same job centre, struck a note of caution about Ben Ali’s promises: « I hope the promises will become a reality ».
Princesse El-Materi Holding, a company owned by Ben Ali’s billionaire son-in-law Sakher Materi, also promised to employ 200 jobless graduates, Assabah added.
Reuters, le 11 janvier 2011 à 12h22 GMT
Les promesses de Ben Ali n’apaisent pas la situation en Tunisie

par Tarek Amara
TUNIS, 11 janvier (Reuters) – La Tunisie a connu de nouvelles émeutes dans la nuit de lundi à mardi dans certaines villes parmi les plus pauvres du pays, rapportent des témoins, malgré l’allocution télévisée du président Zine el Abidine Ben Ali.
Le président Ben Ali a promis lundi soir de favoriser la création de 300.000 emplois en deux ans pour calmer l’agitation de la jeunesse, qui dénonce le chômage de masse.
Les violences, qualifiées par le président d' »acte terroriste (…) dirigé par des éléments étrangers », ont fait 14 morts durant le week-end selon un bilan officiel, 23 selon Amnesty International et 35 selon la Tunisienne Souhayr Belhassen, présidente de la Fédération internationale des Droits de l’homme (FIDH) citée sur France Inter.
Pour endiguer la contestation étudiante, le gouvernement a ordonné la fermeture de toutes les écoles et universités du pays à partir de mardi et jusqu’à nouvel ordre.
Le gouvernement tunisien est confronté à une mobilisation persistante qui se double d’une pression diplomatique nouvelle depuis l’annonce du lourd bilan humain du week-end. Dans les villes défavorisées d’El Kef, dans le nord-ouest, et de Gafsa, plus au sud, le discours de Ben Ali a été suivi de manifestations, dispersées à coups de gaz lacrymogènes par la police anti-émeutes selon plusieurs témoins.
De violentes manifestations se sont également produites lundi dans la ville côtière de Bizerte, pour la première fois depuis le début de l’agitation sociale fin décembre.
Le déploiement de l’armée a semblé porté ses fruits à Thala, Kassérine, Seliana, Regueb et Meknassi, où aucune émeute nouvelle n’a été rapportée.
PRESSION DIPLOMATIQUE
La vie a également paru reprendre son cours normal à Tunis, où, fait rare, des étudiants ont manifesté lundi.La présence policière a cependant été renforcée dans la capitale en prévision d’une manifestation de journalistes, qui fait suite à une grève des avocats très suivie la semaine dernière.
Après le discours télévisé de Ben Ali lundi soir, le deuxième depuis le début de la crise, les Tunisiens ont commencé à se présenter au goutte-à-goutte dans les agences d’emploi.
« Le discours du président nous a donnés un nouvel espoir », dit Hamdi, qui fait la queue devant une agence de Sidi Bouzid, la ville où les manifestations ont commencé.
« J’ai un master d’économie et je suis au chômage depuis quatre ans. J’espère avoir de la chance et trouver un travail bientôt », ajoute-t-il.
Le président Ben Ali a annoncé une création globale de 300.000 emplois d’ici la fin 2012, dont 50.000 dans le secteur privé en échange de réduction d’impôts et de cotisations sociales pour les employeurs pendant dix ans.
Le gouvernement a également contesté lundi les accusations de restriction des libertés publiques, qui ne viennent plus des seules ONG.
Le secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-moon, a dit son inquiétude devant l’escalade de la violence et appelé à la retenue.
L’Union européenne a également appelé lundi « au respect des libertés fondamentales », tandis que Paris, partenaire historique de Tunis, déplorait pour la première fois les violences et le bilan humain des affrontements du week-end.

Reuters, le 11 janvier 2011 à 13h22 GMT
Tunisian govt says four more killed in clashes

* Govt says four civilians killed on Monday
* New clashes reported in Gafsa and El-Kef
* Human rights group put death toll higher than govt
* Calm in Tunis after decision to shut schools
* Journalists plan protest in Tunis
By Tarek Amara
TUNIS, Jan 11 (Reuters) – Tunisian authorities on Tuesday reported four more people killed in the worst civil unrest for decades, bringing the official total since last week to 18, but human rights groups put the death count higher.
The interior ministry said four civilians were killed in clashes on Monday in the town of Gassrine, a focus of recent protests.
« The town of Gassrine experienced violence, arson and groups attacking police stations … armed with Molotov cocktails and iron bars, » the ministry said in a statement.
« The police were obliged to defend themselves. They fired warning shots in the air but the throwing of Molotov cocktails intensified and this caused four deaths among the attackers and eight cases of injuries and burns among the police. »
Witnesses reported separately that anti-riot police fired tear gas as new protests broke out overnight in two western towns, despite a pledge by the president to create 300,000 jobs before the end of 2012.
The Tunisian government on Monday ordered the indefinite closure of all schools and universities in an attempt to stamp out clashes with police which it said killed 14 civilians at the weekend.
Amnesty International gave a figure of 23, while Souhayr Belhassan, who chairs the Paris-based International Federation for Human Rights (FIDH), told France Inter Radio it had a list of 35 people confirmed dead in the unrest. The figures were issued before the news of the deaths in Gassrine.
Protesters say they are demanding jobs, but President Zine al-Abidine Ben Ali, facing the worst unrest of his 23-year rule, said on Monday the rioting was a « terrorist act », orchestrated by foreign parties who were trying to damage Tunisia.
A few hopeful Tunisians trickled into a job centre in the capital on Tuesday, encouraged by the president’s promise to cut graduate unemployment.
But the pledge failed to appease some poorer areas. Witnesses, who asked not to be named, said police fired tear gas to disperse protesters in the towns of El-Kef and Gafsa after Ben Ali’s televised speech.
There were no immediate reports of casualties. Officials could not immediately comment on the accounts by witnesses.
Prior to the weekend clashes, at least four other people were killed, including two who were shot dead by the police and two others who took their own lives to protest against the lack of job opportunities in the Arab country of 10 million.
Ben Ali is bracing for greater scrutiny and pressure from the international community after the clashes. United Nations Secretary-General Ban Ki-moon expressed concern about the escalation of violence and called for restraint. The European Union, Tunisia’s biggest trade partner, said it deplored the loss of life.
Washington has already expressed concern about the Tunisian government’s handling of the protests. The Tunisian Foreign Ministry said on Monday it had summoned the U.S. ambassador to Tunis to express its « astonishment » at Washington’s stance.
In Tunis, which saw a rare protest by students on Monday, life seemed to be following a normal course, with shops open despite the decision to close schools.
The police presence appeared to have been beefed up in the capital, where Tunisian journalists plan to hold a protest later on Tuesday.
Assabah newspaper on Tuesday reported that Ben Ali had asked the chairman of the lawyers’ association, Abderrazek Kilani, to « help ease the tension ». Thousands of Tunisian lawyers went on strike last week to protest against alleged police beatings.
In front of the Lafayette job centre in the capital, a handful of young Tunisians stood in line to see if they could take advantage of Ben Ali’s job creation pledge.
« The president’s speech gave us new hope … I have a master’s degree in economy and I have been jobless for four years. I hope I will get lucky and land a job soon, » said Hamdi, from the provincial town of Sidi Bouzid.
It was in Sidi Bouzid that the initial protest broke out, when graduate Mohamed Bouazizi, 26, set himself on fire in front of a government building after police seized his unlicensed fruit and vegetable stall. Bouazizi died earlier this month of his burns.
Imen, waiting for her turn at the same job centre, struck a note of caution about Ben Ali’s promises: « I hope the promises will become a reality ».
Princesse El-Materi Holding, a company owned by Ben Ali’s billionaire son-in-law Sakher Materi, also promised to employ 200 jobless graduates, Assabah added.

Reuters – Publié le 11/01/2011 à 21:27

Les violences gagnent Tunis, selon des témoins

par Tarek Amara
TUNIS (Reuters) – De nouveaux heurts ont éclaté mardi soir entre des habitants du faubourg ouvrier d’Ettadamen, dans la banlieue de Tunis, et les forces de l’ordre, ont rapporté plusieurs témoins.
Selon ces derniers, joints au téléphone par Reuters, des groupes de manifestants ont saccagé des magasins et mis le feu à une banque. Les policiers se sont lancés à leur poursuite à l’aide de matraques.
C’est la première fois que des violences graves sont signalées dans la capitale tunisienne depuis le début des émeutes à la mi-décembre qui ont fait officiellement 23 morts parmi les civils.
Quelques heures auparavant, le gouvernement avait multiplié par trois le bilan des victimes par rapport à son bilan précédent, tout en qualifiant de « totalement faux » les chiffres plus élevés émanant d’organisations de défense des droits de l’homme.
Jusqu’à mardi soir, on ne signalait aucune nouvelle violence majeure, l’armée ayant été déployée dans les villes les plus turbulentes et les universités et les établissements scolaires fermés jusqu’à nouvel ordre. Dans une agglomération au moins, la police avait ordonné à la population de ne pas se rassembler dans les rues.
Les participants aux émeutes affirment vouloir protester contre la cherté de la vie et la pénurie d’emplois en Tunisie.
Les autorités en revanche dénoncent l’instrumentalisation de ces manifestations par une minorité d’extrémistes violents. D’après le pouvoir, les victimes ont été tuées par des policiers exerçant leur droit de légitime défense.
RÉFORMES ECONOMIQUES ET SOCIALES
Lors d’une conférence de presse, le ministre des Communications, Samir Labidi, a chiffré à 21 le nombre de personnes tuées lors des heurts de ces derniers jours, soit trois fois plus que le précédent bilan officiel.
Deux personnes supplémentaires ont trouvé la mort au début du mouvement d’agitation et deux autres se sont données la mort.
Le mouvement a éclaté le 18 décembre à Sidi Bouzid, une petite ville du centre-ouest du pays, après la tentative d’immolation par le feu d’un jeune chômeur protestant contre la confiscation par les autorités de son étal de fruits et légumes.
« Je vous confirme que le nombre de morts durant le week-end est de 21. Tous les autres chiffres donnés par la télévision et les agences qui parlent de 40 à 50 (morts) sont totalement faux », a déclaré le ministre aux journalistes.
Il a également déclaré que des mouvements religieux extrémistes et des mouvements extrémistes issus de la gauche ont infiltré ces manifestations de protestation et incité à la violence.
Evoquant les griefs de certains des manifestants, Samir Labidi a dit: « Notre réponse aux revendications de la jeunesse consiste en des réformes économiques et sociales et en une plus grande ouverture vers la liberté ».
Lundi, le président Zine el Abidine ben Ali, au pouvoir depuis 23 ans, était intervenu à la télévision nationale pour déclarer que les troubles constituaient « un acte terroriste ». Il avait aussi promis de créer 300.000 emplois d’ici la fin 2012.
Jean-Loup Fiévet pour le service français
AGENCE ANSA (Italie)

ANSA, le 10 janvier 2011 à 11h06 GMT
Tunisia: incidenti a Jendouba, incendiate auto

TUNISI (ansa) Incidenti sono avvenuti la scorsa notte a Jendouba (governatorato di Le Ke), secondo quanto hanno riferito ad Ansamed abitanti del luogo. Dopo le ore 23 gruppi di persone, secondo i testimoni, avrebbero appiccato il fuoco ad autovetture della polizia ed assalito, incendiandola, una farmacia. La polizia non avrebbe fatto uso delle armi e non vi sarebbero feriti.
ANSA, le 10 janvier 2011 à 11h49 GMT
Tunisia: ancora violenze, cresce il bilancio dei morti

ROMA (ansa) Tensione altissima e ancora violenze in Tunisia collegate alle proteste per la disoccupazione: mentre il bilancio delle vittime resta incerto (le cifre ufficiali parlano di 14 morti, ma secondo alcune testimonianze sono 28, e per altre fonti addirittura 50) i cadaveri di cinque giovani sono stati scoperti questa mattina nella città tunisina di Talah. Lo ha riferito l’avvocatessa Munia Bu Ali a radio Kalima, secondo cui i cinque sarebbero stati uccisi da esponenti della sicurezza tunisina.
Per tentare di calmare la situazione, il presidente tunisino Zine El Abidine Ben Ali, indirizzerà oggi un messaggio alla Nazione. Andrà in onda sulla rete televisiva e radiofonica nazionali, alle ore 14:00. Mentre manifestazioni di protesta sono in programma oggi in Tunisia, secondo fonti del Partito Democratico Progressista (Pdp), a Sfax e a Regueb.
Tre dei cadaveri sono ancora, secondo l’avvocatessa, all’interno di una caserma e la polizia si rifiuta di consegnarli ai parenti. Altri due cadaveri, che la polizia sta cercando di identificare, sempre secondo quanto ha riferito Munia Bu Ali, sono stati trovati su una montagna vicina alla città. Mentre un settantenne si è suicidato questa mattina nella città di Sfax per motivi legati al suo stato sociale ed economico. Ali Belsadiq, questo è il nome del settantenne, viveva solo ed era privo di mezzi di sostentamento.
Intanto, incidenti sono avvenuti la scorsa notte a Jendouba (governatorato di Le Ke), secondo quanto hanno riferito abitanti del luogo. Dopo le ore 23 gruppi di persone, secondo i testimoni, avrebbero appiccato il fuoco ad autovetture della polizia ed assalito, incendiandola, una farmacia. La polizia non avrebbe fatto uso delle armi e non vi sarebbero feriti.
La tensione è particolarmente alta al centro del Paese, in particolare nei centri di Thala, Kasserine e Regueb, dove secondo le informazioni ufficiali ci sarebbero stati i morti, in seguito a quella che è stata definita « autodifesa » delle forze di polizia « attaccate » dai dimostranti.

ANSA, le 10 janvier 2011 à 16h46 GMT
Tunisia: esplode collera anche a funerali morti in scontri

REGUEB (ats/ansa) Proiettili di gomma, lacrimogeni e ancora collera e proteste oggi durante i funerali dei morti durante gli scontri degli scorsi giorni nel centro-ovest della Tunisia.
A Regueb, nei pressi di Sidi Bouzid (265 km a sud di Tunisi), oltre 3000 manifestanti si sono recati in corteo fino all’abitazione di Manal Boualagui, una giovane donna morta domenica dopo essere stata raggiunta da un proiettile, prima che intervenisse la polizia per disperdere la folla sparando proiettili di gomma.
Secondo testimoni anche a Thala la polizia ha sparato proiettili di gomma per disperdere la folla accorsa per protestare contro « arresti di massa » e perquisizioni in abitazioni delle vittime.

ANSA, le 10 janvier 2011 à 17h28 GMT
Tunisia: monito Ue, rispetti diritti e libertà fondamentali =

BRUXELLES (ansa) C’è « preoccupazione », « deplorazione », « invito a rilasciare i bloggers, giornalisti, avvocati e tutti quanti hanno manifestato pacificamente », ma anche un monito a non voler deteriorare la nascente cooperazione con la Ue nel testo della nota ufficiale che la Commissione europea ha diffuso nel pomeriggio sui fatti di Tunisia a firma congiunta dell’Alta rappresentante per la politica estera Catherine Ashton e del Commissario per l’allargamento Stefan Fule.
Nel testo, oltre alla « preoccupazione » per gli eventi e alla « deplorazione per la violenza e per la morte di civili », viene espressa la richiesta « di un uso moderato della forza e per il rispetto delle libertà fondamentali ». Inoltre è scritto che la Ue « chiede alle autorità tunisine di investigare sui recenti eventi e di fornire informazioni su di essi ».
« A tutte le parti – prosegue la nota di Ashton e Fule – chiediamo di impegnarsi in un dialogo con lo scopo di trovare soluzioni ai problemi sollevati dai dimostranti ».
« La Ue – conclude il testo – ha un forte dialogo ed una vasta cooperazione con la Tunisia ed è impegnata nel processo di rafforzare relazioni bilaterali su una vasta gamma di materie.
Questo processo di rafforzamento delle relazioni richiederà un accresciuto impegno di entrambe le parti in tutti i campi ed in particolare nelle aree dei diritti umani e delle libertà
fondamentali. Speriamo che i nostri partner tunisini vogliano rispettare le ambizioni e le aspettative poste nella nostra relazione ».

ANSA, le 10 janvier 2011 à 20h50 GMT
Tunisia: chiuse scuole e atenei, Ben Ali promette lavoro

dell’inviata Luciana Borsatti
TUNISI (ansa) E’ ancora incandescente la situazione in Tunisia e non si placa la protesta che vede gli studenti sempre più protagonisti, tanto che oggi il governo ha annunciato la chiusura di scuole e università proprio in seguito ai disordini scoppiati in alcuni istituti. Ma oggi è stato anche il giorno dell’intervento del presidente Zine al-Abidine Ben Ali, che ha accusato le persone coinvolte di aver commesso « atti di terrorismo » e ha denunciato « ingerenze estere » che cavalcano il malcontento per la disoccupazione.
Le « ingerenze » vengono da quei paesi che sono « invidiosi » del successo della Tunisia, ha detto Ben Ali in un discorso televisivo, il primo intervento pubblico dall’inasprirsi della situazione.
« L’occupazione è la nostra principale priorità, e le sovvenzioni statali ad alcuni prodotti pesano molto sul bilancio dello stato » ha spiegato il leader tunisino cha ha però promesso la creazione di « 300.000 posti di lavoro entro il 2012 ». Queste le parole nel tentativo di evitare un’ulteriore degenerazione.

Poi i fatti, con la decisione di chiudere scuole e università in tutto il Paese: « In seguito ai disordini verificatisi in alcune scuole e università, è stato deciso di sospendere i corsi fino a nuovo ordine, a partire da martedì « , hanno annunciato i ministeri dell’Istruzione e dell’Università.
Il provvedimento è stato preso dopo che una manifestazione di liceali oggi nel centro di Tunisi è stata dispersa da agenti antisommossa, secondo persone sul posto. Mentre altre testimonianze hanno riferito che a Kairouan (nel centro del Paese) manifestazioni partite dall’Università di Rakkada sono degenerate in scontri tra studenti e forze dell’ordine. L’intervento delle forze dell’ordine e i morti – il bilancio é ancora incerto con fonti che ne segnalano fino a 50, Amnesty International che denuncia « 23 persone uccise
dalle forze di sicurezza » tunisine durante lo scorso weekend, mentre il governo mantiene a 14 la cifra ufficiale – non hanno dunque fermato nemmeno oggi i manifestanti.
Fin dalla mattina i ragazzi delle scuole superiori hanno manifestato a Cartagine, località particolarmente significativa visto che è la sede del palazzo presidenziale. E’ però il centro del Paese ad essere ancora ad altissimo rischio: qui il già grave livello di malcontento unito alla collera per i morti potrebbe generare altra violenza.
Anche oggi la polizia ha sparato proiettili di gomma e lacrimogeni durante i funerali delle vittime degli scontri de giorni scorsi nel centro-ovest della Tunisia. A Regueb, nei pressi di Sidi Bouzid (265 km a sud di Tunisi), la polizia ha disperso gli oltre 3.000 manifestanti che si erano recati in corteo fino all’abitazione di una giovane donna morta ieri. Duro il monito dell’Ue che ha condannato « con fermezza » gli episodi di violenza e ha chiesto a Tunisi il rilascio immediato dei dissidenti detenuti, secondo una dichiarazione dall’Alto Rappresentante per la politica estera e la sicurezza dell’Unione.
In una nota ufficiale Bruxelles non ha mancato inoltre di ricordare la nascente cooperazione con il Paese nordafricano, rivolgendo a Tunisi un appello a non farla deteriorare.

ANSA, le 10 janvier 2011 à 20h55
Tunisia: opposizione, almeno dieci morti oggi a Kasserine

SIDI BOUZID (ansa) Ci potrebbero essere stati altri morti, oggi negli scontri avvenuti a Kasserine, città tunisina a qualche decina di chilometri di Sidi Bouzid. Ne ha parlato oggi all’ANSA il leader del Partito Democratico Progressista (all’opposizione), Maya Jribi.
« Abbiamo la conferma dei nomi di dieci vittime – ha specificato – ma molte fonti dicono che le vittime sono state 13 ». A Kasserine oggi è morto un ferito degli scontri del fine settimana.

ANSA, le 10 janvier 2011 à 23h57 GMT
Tunisia: radio kalima, sarebbero 50 i morti in scontri

(ANSA) – ROMA, 10 GEN – Secondo quanto appreso da radio Kalima, i morti sarebbero almeno 16 nella città di Thala, 22 a Kasserine, 2 a Meknassi, 1 a Feriana e 8 a Reguab. Numerosi i feriti.
Sul suo sito Internet la radio riferisce inoltre testimonianze sul posto che parlano di un « massacro civile » e cita fonti secondocui la polizia avrebbero aperto il fuoco anche contro il corteo funebre di un manifestante ucciso impedendo la cerimonia di inumazione e costringendo i presenti ad abbandonare il feretro sulla strada per il cimitero.

ANSA, le 11 janvier 2011 à 00h14 GMT
Tunisia: decine morti,appelli a ben ali a cessare fuoco scontri in strade anche su tv stato; radio kalima, sarebbero 50

(dell’inviata Luciana Borsatti).
(ANSA) – TUNISI, 10 GEN – Le notizie che dalle regioni centrali del Paese giungono fino a Tunisi sono drammatiche, con scontri nelle strade che hanno causato tra sabato e domenica 14 morti secondo fonti governative, 28 secondo altre testimonianze, fino a 50 stando al sito online della radio tunisina Kalima. Ma la capitale sembra registrarle con ostentata indifferenza. La domenica scorre tranquilla nel centro, con i negozi chiusi, il vuoto lasciato dalla partita che si gioca allo stadio e tanti agenti in borghese a tenere d’occhio la situazione. Eppure, informa appunto lo stesso governo in un comunicato diffuso nel pomeriggio, 14 persone sono morte nelle ultime 24 ore nelle località del nord-ovest, Thala e Kasserine. E anche la tv di stato ha trasmesso per la prima volta un’edizione straordinaria con un servizio sugli scontri nell’interno del Paese.
Ma un leader dell’opposizione Ahmed Nejib Chebbi, capo del Pdp (Partito democratico progressista) e candidato alle ultime presidenziali, aveva già lanciato l’allarme parlando di almeno 20 morti nelle due località, rivolgendo un appello al presidente Zine Abidine Ben Ali affinchè dia alla polizia l’ordine di non sparare più. Deve « far cessare il fuoco », ha detto, per risparmiare la vita di persone innocenti e rispettare il loro diritto a manifestare. Appelli analoghi giungono anche dall’Udu (Unione democxratica unionista), un altro partito d’opposizione che ha otto seggi in
Parlamento, dal Movimento Ettajdid (un seggio in Parlamento) e dalla Lega per la difesa dei diritti umani (Ltdh). Quest’ultima ha chiesto di « rimandare l’esercito nelle caserme ».
Ancora più grave il bilancio che trae nel pomeriggio il giornalista e blogger Zied el-Heni, una lunga storia anche per lui all’opposizione se è vero che il suo blog è stato censurato, dice, ben 180 volte. I morti nelle ultime 24 ore sono almeno 28, precisa, 17 a Kasserine, 3 a Rgeb e 8 a Thala, « due dei quali oggi mentre partecipavano ai funerali di altre vittime ». Fra i morti di Rgeb, aggiunge, anche una bambina che stava tentando di soccorrere un ferito. Quanto a coloro che hanno perso la vita dandosi fuoco, sono quattro finora, e fra questi anche un diciassettenne di una scuola ad Ariana, sulla costa orientale. Aveva partecipato ad una manifestazione con gli studenti del suo liceo e sarebbe stato punito. « Ãˆ morto venerdì – dice il blogger – due giorni dopo essersi immolato ». Mentre in serata secondo il sito di radio Kalima i morti sarebbero fino a 50.
E la gente continua a manifestare – aggiunge el-Heni – o almeno tenta di farlo. « Ma la gente va in strada non soltanto per protestare contro la disoccupazione e chiedere misure di sviluppo – aggiunge – Ora lo fa anche contro la corruzione ». Ormai la rabbia della gente ha superato il livello di guardia, dice ancora el-Heni, « anche se non è ancora arrivata al punto di non ritorno ». Insomma, il governo può fare ancora qualcosa per fermare l’ondata di proteste che da settimane continua in Tunisia: può por fine alla « confisca dei diritti civili », spiega, e può « cercare un dialogo con tutti i soggetti del Paese e con la vera opposizione », non limitandosi ad un « monologo con partiti che non rappresentano nessuno », ma confrontandosi con chi ha idee diverse. A partire dal Pdp – spiega – e dai sindacati che ieri hanno portato a Tunisi la protesta. Di un potere che, anche quando sta all’opposizione, non è più in grado di trovare ascolto tra la gente parla anche Moktar Tlili, giornalista e membro del PSl (Partito social liberale), che divide in due anche geograficamente il Paese. « Ci sono due Tunisie, dice, quella più ricca della conta e « tutto un altro mondo, la Tunisia interna: qui mancano le infrastrutture, l’agricoltura è ridotta a zero dal clima arido e domina la disoccupazione ». Ma qui arrivano anche i canali satellitari del Golfo, aggiunge, impregnati di immagini di guerra e di politica mediorientale. « Per la prima volta vediamo la gente che si dà fuoco, un fenomeno estraneo al nostro Paese, che viene dalla televisione ». Insomma, conclude, il gesto di chi si immola cospargendosi di benzina non è troppo lontano da quello di chi si fa esplodere negli attacchi suicidi in altre parti del mondo arabo.

ANSA, le 11 janvier 2011 à 07h30 GMT
Tunisia: Fidh, almeno 35 morti in scontri finesettimana
TUNISI (ansa) Sono almeno 35 i morti negli scontri del finesettimana in Tunisia, secondo la Federazione internazionale dei diritti umani (Fidh), che raggruppa 164 organizzazioni di difesa dei diritti umani di oltre 100 paesi.

ANSA, le 11 janvier 2011 à 08h33 GMT
Tunisia: S. Craxi, rischio caos, è ora di cambiare

ROMA (ansa) Il leader tunisino Ben Alì ha fatto molto per il suo Paese ma ora deve essere in grado di « intercettare il cambiamento » e dare voce anche all’opposizione altrimenti « il rischio a cui si va incontro è molto pesante ». È il giudizio del sottosegretario agli Esteri italiano Stefania Craxi che in Tunisia vive ancora, precisamente ad Hammamet, dove è sepolto il padre Bettino.
Secondo la Craxi, intervistata da « QN », la reazione delle forze dell’ordine alle manifestazioni dei giorni scorsi è stata « scomposta » e comunque si è arrivati ad una « faglia di rottura ». Il ragionamento del sottosegretario è analogo anche per Egitto e Algeria: questi Paesi « sono stati traghettati in questi anni da leadership forti, che hanno svolto un’opera meritoria, hanno favorito la crescita economica e combattuto assieme all’Occidente il terrorismo, ma sostanzialmente sono stati e sono tuttora dei regimi ». Ora però è tempo i leader aprano al « cambiamento » e all’opposizione, altrimenti si va incontro ad un rischio di caos ancora più elevato.

ANSA, le 11 janvier 2011 à 12h43 GMT
Tunisia: avvocati, una quarantina morti a Kasserine

KASSERINE (ansa) Sono una quarantina complessivamente i morti di questi ultimi cinque giorni di scontri a Kasserine, in Tunisia, e circa 65 i feriti. Solo ieri i morti sono stati 14. Lo ha detto un gruppo di avvocati parlando con i giornalisti oggi di fronte al Palazzo di Giustizia della stessa località, e mostrando una lista di 20 nomi di morti identificati.
Déclaration commune des partis et mouvements tunisiens d’opposition

Nous signataires de la déclaration ci-dessous :
Devant l’escalade dangereuse de la répression à THALA ,KASSERINE ET REGUEB,
Devant les tirs de la police hier et aujourd’hui, ce qui a causé la mort de plus de 20 martyrs au bout de quelques heures en plus du nombre élevé de blessés ;

1) Présentent nos condoléances aux familles des victimes et à la population de THALA,KASSERINE, REGUEB et à tout le peuple tunisien pour les martyrs tombés pour le droit au travail; à la liberté et à la dignité.
2)
2) Condamnent avec force ce carnage dont la responsabilité incombe entièrement au pouvoir ainsi que la répression et l’assassinat provoqués lors des protestations populaires qui ont démarré le 17 décembre 2010.

3) Demandent :
§ l’arrêt immédiat des tirs sur les citoyens isolés et le retour des forces de police et de l’armée à leurs casernes et la poursuite des responsables qui ont donné l’ordre ainsi que ceux qui ont exécuté ces crimes et aussi ceux qui les ont exécutés dans d’autres régions du pays.
§ la libération de tous les détenus arrêtés à la suite des manifestations populaires ainsi que les détenus du bassin minier et de tous les détenus politiques.
§ assurer les libertés et le respect du droit du peuple tunisien à la liberté d’expression, à la liberté d’information, à la liberté de manifester, à la liberté de s’organiser et à la liberté de choisir ceux qui le gouvernent et ceux qui le représentent.
TUNIS LE 9 JANVIER 2011

SIGNATAIRES :

PARTI DÉMOCRATE PROGRESSISTE / PARTI OUVRIER COMMUNISTE / CONGRES POUR LA RÉPUBLIQUE / PARTI ENNAHDHA / PARTI TUNISIE VERTE / MOUVEMENT UNIONISTES NASSERIENS / MOUVEMENT BAATH / COMITÉ NATIONAL DE SOUTIEN AUX FAMILLES DE SIDI BOUZID POUR LE DEVELOPPEMENT ET LA DÉMOCRATIE / ASSOCIATION LIBERTÉ ET ÉGALITÉS / ASSOCIATION TUNISIENNE CONTRE LA TORTURE / COMITÉ DE SOUTIEN A LA POPULATION DE SIDI BOUZID / ASSOCIATION TUNISIENNE DE DÉFENSE DES PRISONNIERS POLITIQUES / UNION DES JEUNES COMMUNISTES TUNISIENS / UNION DES JEUNES ÉCRIVAINS LIBRES .

Amnesty International
Arbitrary arrests warning after Tunisian president brands protests ‘acts of terrorism’

11 January 2011

Amnesty International today warned against further arbitrary arrests in Tunisia, after President Ben Ali called the ongoing nationwide protests « acts of terrorism » during a speech on national television.

Scores have been killed in protests over living conditions, unemployment and corruption which sometimes turned violent.

During his speech yesterday President Ben Ali blamed the violence on « hooded gangs » and the protests on « a minority of detractors who feel offended, anxious and outraged to see Tunisia achieve success, growth and progress ».

According to reports received by Amnesty International, police violently dispersed a demonstration in Tunis today organized by opposition members calling for accountability of the killings of at least 23 demonstrators over the weekend. Demonstrators included prominent lawyers and artists.

Amnesty International has also received reports of arrests across the country. The exact number of people held and their place of detention remain unclear. Some are believed to be in the premises of the Ministry of Interior.

« President Ben Ali’s remarks appear to be an attempt to identify scapegoats for the many deaths and injuries that have occurred during the protests, and as such they could result in many arbitrary arrests, » said Hassiba Hadj Sahraoui, Amnesty International’s Deputy Director for the Middle East and North Africa Programme.

« If it is true that those arrested are responsible for acts of violence, then they must be charged with recognizably criminal offences. The Tunisian authorities must either press charges against those detained and try them in fair proceedings or release them. »

Tunisia has a long record of using arbitrary arrests and detentions, with suspects held incommunicado and subjected to torture and other ill-treatment, and enforced disappearance.

Scores have reportedly been detained in the protests with authorities carrying out mass arrests and night raids.

Protests have persisted in Tunisia since mid-December following the death of Mohamed Bouazizi, a 26-year-old unemployed university graduate, who committed suicide in the town of Sidi Bouzid when police confiscated his fruit and vegetable cart, taking away his only source of income.

His desperate act sparked protests among Tunisians, including trade unionists, students, human rights activists and lawyers, who took to the streets demanding jobs, better living conditions and the end of corruption.

TUNISIE – LA CENSURE CONTINUE: ARRESTATIONS
DE JOURNALISTES et LOCAUX DU SNJT ET D’AL-MAOUQIF ENCERCLES
Alors que la police est en train d’encercler les locaux du Syndicat des Journalistes tunisiens et du journal Al-Maouqif à Tunis, Reporters sans frontières a appris l’arrestation, le 11 janvier 2011, à 13 heures, du journaliste de Radio Kalima, Nissar Ben Hassen, à son domicile de La Chebba (65 km au nord de la ville de Sfax), par des agents des unités spéciales de la présidence. Il venait de publier une vidéo sur les évènements de Chebba (http://www.facebook.com/sihem.bensedrine# !/video/video.php?v=1759035945488&comments) et travaillait au montage d’une autre vidéo sur les violences survenues à Mahdia. Il a été emmené vers un lieu inconnu.
En outre, Moez Jemai, correspondant de Radio Kalima à Gabès (400 km au sud de Tunis), a été arrêté par quatre policiers en civil, le 6 janvier dernier, vers 14 heures. Aspergé de gaz paralysant, il a été poussé de force dans un véhicule banalisé et transféré au ministère de l’Intérieur à Tunis. Lors d’interrogatoires portant sur sa couverture des évènements de Sidi Bouzid, il a été victime de mauvais traitements. Il a été relâché le samedi 8 janvier dans la soirée, à Tunis.
L’étudiant Wissem Essghaier, membre actif de la section Jeunes du Parti démocrate progressiste et collaborateur pour le journal du parti Al-Maouqif, a été arrêté le 7 janvier 2011, dans l’après-midi, à proximité du siège du parti, alors qu’il attendait un journaliste étranger.
Selon d’autres les informations recueillies par l’organisation, deux des Net-citoyens arrêtés la semaine dernière, Hamadi Kaloutcha et Slah Eddine Kchouk ont été libérés respectivement les 8 et 9 janvier. Le rappeur El General a également été libéré. Toutefois, l’organisation est toujours sans nouvelles de Slim Amamou et Azyz Ammami. Il se pourrait qu’ils soient déférés dans les prochains jours devant le Procureur de la République. Ils n’ont pas pu voir d’avocat depuis leur interpellation le 6 janvier dernier.
Reporters sans frontières rappelle que le correspondant du site d’information Albadil.org, Ammar Amroussia, arrêté le 29 décembre 2010, est toujours incarcéré à la prison de Gafsa (400 km au sud de la capitale). Il est poursuivi en vertu des articles 42, 44 et 49 du code de la presse, des articles 121, 131, 132, 220 bis, 315 et 316 du code pénal et de l’article 26 de la loi n°4 du 24 janvier 1969 relative à l’« organisation de réunions publiques, convois, expositions, manifestations et rassemblements ». Il risque près de vingt ans de prison. Ammar Amroussia dénonçait notamment la corruption dans le pays et appelait à combattre « la dictature ». Il assurait la couverture des évènements récents à Sidi Bouzid pour le quotidien Al-Badil, interdit dans le pays, et avait participé à de nombreuses manifestations de solidarité à Gafsa

CONFEDERATION SYNDICALE INTERNATIONALE (CSI)
CSI En ligne
001/010111
Tunisie : La CSI appelle ses affiliées à se mobiliser contre la répression des manifestations
Bruxelles, le 11 janvier 2011 (CSI En Ligne) : La Confédération syndicale internationale a lancé un appel à ses organisations affiliées dans le monde entier pour qu’elles se mobilisent contre la répression violente exercée par les forces de l’ordre tunisiennes contre les manifestants. De source syndicale, plus de cinquante personnes auraient trouvé la mort dans les affrontements entre les forces de l’ordre et les manifestants, qui ont également fait de très nombreux blessés.

Pour rappel, c’est le suicide d’un jeune vendeur ambulant à Sidi Bouzid suite à la confiscation de sa marchandise par les autorités qui, le 17 décembre dernier, a déclenché ce mouvement de révolte. En quatre semaines, ce mouvement a dépassé la région du centre socio-économiquement défavorisée pour s’étendre à la capitale Tunis et à d’autres villes du pays.

Lundi 10 janvier, le président Zine El Abidine s’est engagé à créer 300.000 emplois en 2011 et 2012 pour juguler le chômage et a assimilé les mouvements de révolte à « des actes terroristes ». La CSI appelle à la concrétisation de ces promesses d’emplois bienvenues, ainsi qu’à l’arrêt immédiat de la répression violente et à l’ouverture d’un véritable dialogue avec la population tunisienne, en faveur d’un développement plus équitable.
La CSI se joint à son affiliée tunisienne, l’UGTT, et exprime sa solidarité avec la population dans sa revendication d’un modèle de développement lui garantissant l’égalité des chances, le droit à un travail décent et des opportunités d’embauche qui procurent un revenu stable à même de subvenir a ses besoins.

« Initier un vrai dialogue est une nécessité urgenteen Tunisie » a déclaré Sharan Burrow, secrétaire générale de la CSI. « Les manifestant sont des jeunes désespérés qui cherchent seulement un moyen de s’en sortir. Il en va de la responsabilité des autorités tunisiennes de mettre tout en œuvre pour y parvenir. En outre, nous rappelons que les personnes détenues doivent être relâchées sans délai. Le gouvernement doit s’acquitter des obligations qui lui incombent en vertu du droit international en ce qui concerne le respect des droits syndicaux et des libertés fondamentales, notamment la liberté d’expression.»
La CSI représente 176 millions de travailleurs et de travailleuses dans 151 pays et territoires et elle compte 301 organisations affiliées nationales. http://www.ituc-csi.org et http://www.youtube.com/ITUCCSI
Pour plus d’information, veuillez prendre contact avec le département de la presse de la CSI à l’un des numéros suivants : +32 2 224 0204 ou +32 476 621 018
Nouveau Parti Anticapitaliste
Communiqué
Répression en Tunisie : halte à la complicité du gouvernement français.

mardi 11 janvier 2011
Après les manifestations du week-end, ce sont des dizaines de morts qui sont à déplorer en Tunisie. Le mouvement de révolte s’étend et touche de grandes villes du pays, comme Sousse.
Les forces de répression font preuve d’une violence et d’une brutalité inouïe à tel point qu’elles n’hésitent pas à tirer sur la foule des manifestants, voire sur les cortèges funéraires.
Le régime du dictateur Ben Ali est dénoncé maintenant comme le responsable du chômage, de la misère, de la confiscation des libertés les plus élémentaires, de la corruption qui permet l’enrichissement d’une petite clique au pouvoir à commencer par sa famille et celle de sa femme.
Président en exercice depuis 27 ans, Ben Ali s’en est pris violemment aux manifestants dans son dernier discours, n’hésitant pas à les traiter de « terroristes » ce qui laisse augurer de la poursuite d’une répression féroce.
Dans ces conditions, le quasi silence, la passivité du gouvernement français est intolérable. Pire, Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture, vient de déclarer, ce matin, que Ben Ali était « mal jugé et qu’il avait fait beaucoup de choses ».
Alors que les manifestations continuent avec leur lot de morts, de blessés, d’arrestations, que les libertés sont baillonnées, cette déclaration d’un ministre responsable national de l’UMP, appelé à travailler au projet de Sarkozy pour la présidentielle de 2012, est un aveu de complicité avec le dictateur tunisien.
Le gouvernement français fait passer ses petits arrangements entre amis avant les exigences légitimes du peuple tunisien qui n’en peut plus de ce vieux dictateur.
Le NPA, engagé dans le mouvement de solidarité avec le peuple tunisien, sera présent au rassemblement le 11 janvier, à 18h, à l’ambassade de Tunisie.
Olivier Besancenot, porte-parole du NPA, prendra la aprole au meeting unitaire prévu le 13 janvier, à 18h, à la Bourse du Travail de Paris.
Le 11 janvier 2011.

COMMUNIQUE DE PRESSE
Tunisie : Les déclarations scandaleuses de Bruno Lemaire déconsidèrent les autorités françaises (Pierre Laurent)
Bruno Lemaire, Ministre du gouvernement Fillon, vient de déconsidérer les autorités françaises en prenant explicitement la défense du Président tunisien Ben Ali, grand ordonnateur de la répression criminelle qui s’abat sur le peuple de Tunisie.

Devant l’ampleur tragique de cette répression, il est honteux qu’un Ministre de la République française puisse ainsi cautionner une telle violence d’Etat. Des dizaines de personnes, plus de 50 dans le centre du
pays et notamment à Kasserine selon des sources syndicales, et singulièrement des jeunes, ont été tués par ce régime féroce, corrompu et sans principe. Toutes les professions du pays sont en révolte. Des
ouvriers aux comédiens et artistes en passant par des avocats … ont été frappés par la police.
Les déclarations scandaleuses de Bruno Lemaire traduisent cette forme de complicité et de soutien permanent que les autorités françaises accordent depuis si longtemps au régime voyou de Ben Ali.

Je demande des autorités françaises une condamnation très ferme de la répression en Tunisie. La France doit exiger le respect des libertés, la libération des personnes emprisonnées. Tous les moyens politiques,
économiques et financiers doivent être utilisés pour sanctionner et isoler le régime de Ben Ali, en s’appuyant sur les forces démocratiques sociales et politiques du pays. Avec ses partenaires européens, la France doit décider immédiatement la suspension de l’accord d’association UE/Tunisie.

Le PCF est totalement solidaire du peuple de Tunisie et des forces de l’opposition démocratique de ce pays qui agissent avec courage pour un vrai changement et pour en finir avec le dictateur de Tunis et son clan.

Pierre Laurent, Secrétaire national du PCF,
Paris, le 11 janvier 2011.
11 Janvier 2011
Question d’actualité
Monsieur le Président,
Monsieur le Ministre des Affaires étrangères,
Mes chers collègues,
Permettez-moi d’exprimer solennellement la solidarité du peuple français au peuple tunisien et à sa jeunesse en particulier, qui se trouve au cœur d’une révolte légitime face au régime dictatorial incarnés par le président Ben Ali et un clan familial dont le caractère mafieux n’est plus à démontrer. Son caractère brutal non plus.
La répression policière des manifestations de ce week-end a fait plus d’une vingtaine de morts, auxquels s’ajoute une série de suicides sans précédents. Ces gestes d’extrême désespoir ne sauraient nous laisser insensibles.
De la même manière qu’en Algérie, cette crise sociale est également d’ordre politique. Les manifestants appellent à la justice sociale et à la liberté d’expression.
Au chômage de masse s’ajoute l’absence de toute perspective politique. Le régime repose sur le principe de la répression systématique de toute opposition critique. La liberté de la presse demeure inexistante. L’opposition est bâillonnée et maltraitée au nom du sacro-saint objectif de stabilité.
Un raisonnement partagé de manière cynique par les capitales occidentales, qui estiment que la démocratie présente trop de risque pour certains peuples, et que la dictature est « le moins mauvais des régimes » pour des pays comme la Tunisie ou l’Egypte. Dans une prise de position déjà remarquée à l’époque, et ce lors d’une visite à M. Ben Ali, qu’il qualifie comme un ami, Nicolas Sarkozy avait jugé qu’en Tunisie « l’espace des libertés progresse ».
Aujourd’hui encore, alors que notre pays est si prompt à s’exprimer sur la situation démocratique en Côte d’Ivoire, ce même cynisme conduit Nicolas Sarkozy à garder un silence assourdissant sur la tragédie qui se joue à quelques kilomètres de nos côtes. C’est ce genre de complicité tacite et d’incohérence politique qui fait perdre toute crédibilité internationale à la France.
Monsieur le Ministre, comment justifiez-vous cette incohérence de notre pays, lorsque d’un côté la France appelle au respect de la démocratie en Côté d’Ivoire, et que de l’autre, elle soutient de manière indéfectible la dictature de M. Ben Ali ?
Tunisie: «Le compte à rebours de l’après Ben Ali a commencé»
Y’a-t-il une alternative au régime en place? Que penser de la position de la France? Vincent Geisser, chercheur à l’Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman (IREMAN), a répondu à vos questions sur les émeutes en Tunisie.
Heidi. Je suis franco-algérienne et je suis scandalisée par le silence de la France face aux événements qui secouent la Tunisie et les dizaines de morts au nom de la liberté d’expression. La France est complice de ces présidents à vie, qu’en pensez-vous?
Vincent Geisser*. Je crois qu’effectivement la politique française à l’égard de la Tunisie a toujours consister à soutenir les régimes en place. C’est un des principes fondamentaux qui orientent le Quai d’Orsay dans sa politique tunisienne, mais aussi, d’une façon générale dans sa politique à l’égard de tout Etat. De ce point de vue-là, les Etats-Unis ont une démarche plus pragmatique. Ils ménagent la chèvre et le chou, en soutenant Ben Ali, tout en développant des contacts étroits avec l’opposition et les organisations des droits de l’homme.

Tintin au Congo. Le discours de Sarkozy à la Concorde: «Je ne vous trahirai pas, je ne vous mentirai pas, je ne vous décevrai pas (…). Je veux que partout dans le monde, les opprimés sachent qu’il y a un pays généreux, c’est la France…»
La politique française est fondée sur le principe suivant: soutenir Ben Ali, c’est empêcher que la Tunisie et le Maghreb basculent dans l’islamisme radical. Or, c’est une analyse en partie fausse, car on peut penser qu’actuellement le régime tunisien contribue davantage à fabriquer de futurs terroristes qu’à lutter efficacement contre les prêcheurs de haine. En empêchant tout espace d’expression, le régime du général Ben Ali favorise à moyen terme une radicalisation des protestations qui pourrait emprunter des registres identitaires. C’est une hypothèse parmi d’autres.

Chal. Pensez-vous que le Maroc est exposé à ce même type de soulèvement?
Le Maroc connaît une situation sociale et économique sûrement plus désastreuse que celle de la Tunisie. Le nombre de diplômés chômeurs est tout aussi important. Toutefois, la différence majeure est qu’il existe une certaine liberté d’expression au Maroc, qui permet à la jeunesse de s’exprimer. Le poids l’autoritarisme n’est pas aussi fort qu’en Tunisie, même s’il convient de pas idéaliser la situation marocaine qui pourrait connaître des troubles sociaux dans les prochains mois.

Droit-naturel. Est-ce un printemps de Prague? Un Mai 68? Autre chose?
La comparaison avec l’année 68 ne me paraît pas très pertinente, car au départ les revendications de la jeunesse tunisienne touchent essentiellement les registres sociaux et professionnels. Toutefois, ces mouvements sont également porteurs d’un message politique de ras-le-bol, et d’une volonté de changement par rapport au régime autoritaire actuel. Pour de nombreux jeunes Tunisiens, issus des milieux modestes comme des milieux huppés, le régime de Ben Ali apparaît archaïque et totalement déconnecté de leurs aspirations.

Toto. Pourquoi les annonces gouvernementales algériennes semblent avoir calmé la population, contrairement aux annonces tunisiennes?
Je pense qu’en Tunisie, le syndrome de la cocotte minute est plus fort qu’en Algérie. Jusqu’à présent, le régime a surtout recouru à une gestion policière du conflit social. La décision de tirer sur la foule des manifestants n’a fait qu’aggraver la situation, et le divorce entre la jeunesse tunisienne et le régime du général Ben Ali. Quels que soient les développements futurs, il est clair que la population tunisienne en général, et la jeunesse en particulier, ne pardonnera pas à Ben Ali d’avoir tirer à balles réelles sur la foule des manifestants. De ce point de vue, il existe une certaine forme de consensus en Tunisie pour reconnaître la gestion déplorable du conflit par les autorités. Y compris parmi les membres du parti de Ben Ali dont certains localement ont rejoint les manifestations.

Mado. Créer 300.000 emplois en Tunisie revient à créer 1.800.000 emplois en France. Qui peut penser une seule seconde que c’est réalisable. Si Ben Ali est chassé, y a t il une alternative ?
Il s’agit simplement d’un effet d’annonce politique, et non véritablement d’un programme de création d’emplois. Quant aux alternatives politiques, je ne suis pas devin pour prédire si le régime de Ben Ali durera ou pas. Disons simplement que nous sommes entrés dans un nouveau cycle politique, et que le compte à rebours de l’après Ben Ali a commencé.

Bobdemars. Les événements qui se déroulent en Tunisie me semblent légitimes du fait que le régime actuel est devenu scélosé et mafieux, pensez-vous que l’armée et la police vont lâcher ce pouvoir toxique?
Il faut distinguer la position de l’armée de celle de la police. En Tunisie, contrairement aux autres pays arabes, l’armée ne joue qu’un rôle marginal. En revanche, la police est liée aux différents clans du régime. Elle ne constitue plus un corps homogène, et il n’est pas impossible que certains secteurs liés au ministère de l’Intérieur jouent la carte du changement, et favorisent à moyen terme une alternance politique.

Kouskous. Quels sont les choix qui resteront au président Ben Ali si la situation ne se calme pas?
Je crains, malheureusement, que le président Ben Ali renforce encore la gestion sécuritaire du conflit. Il faut se rappeler qu’avant de devenir président de la République, Ben Ali était un technicien de la sécurité et du renseignement. C’est une sorte de Poutine maghrébin, et qui s’est toujours montré réticent aux solutions pacifiques. Si la crise s’aggrave, si les mouvements sociaux se multiplient, il est fort à parier que la répression s’intensifie simultanément, jusqu’à aboutir au chaos.

Votre pseudo. Que pensez-vous du silence de la France, l’Europe est-elle complice?
Le silence de la France, même s’il peut paraître choquant, s’inscrit dans la logique diplomatique du président Sarkozy: soutenir les régimes, et non les «peuples». Toutefois, faut-il rappeler que la Tunisie est indépendante, et que la France n’est pas responsable de la politique répressive actuelle. On peut simplement regretter que la présidence française ne traite pas le cas tunisien, comme le cas ivoirien, c’est-à-dire en faisant prévaloir les principes du droit sur la raison d’Etat ou plus précisément sur la raison d’un dictateur.

Droit-naturel. Pourquoi le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD)est-il toujours membre de l’international socialiste?
Il existe une politique au sein de l’internationale socialiste, et cela fait longtemps que de nombreux socialistes européens souhaitent exclure définitivement le RCD. Toutefois, vu le rôle mineur de l’internationale socialiste, le fait que le RCD soit membre ou pas, est une question morale, mais qui a peu de chance d’influer sur l’avenir du régime. Le seul moment où le RCD fut véritablement inquiété a été sous le Premier ministre Jospin qui a été finalement le seul à émettre des critiques très fortes à l’égard du régime autoritaire de Ben Ali. Mais il existe aussi de nombreux socialistes, en France et en Europe, qui pensent encore que Ben Ali est le meilleur rempart contre l’islamisme radical.

Hedi. Après des années de soumissions, le réveil de l’UGTT n’est il pas l’un des signaux les plus forts?
En effet, bien que syndicat unique, l’UGTT, a toujours joué un rôle capital dans les mouvements sociaux. Si sa direction nationale a souvent été proche du pouvoir, ses unions régionales, et ses cadres locaux, ont souvent soutenu et accompagné les protestations. Cela a créé un effet de feed back obligeant la direction de l’UGTT à rejoindre les mouvements sociaux. C’est le scénario qui semble se produire actuellement, et il n’est pas impossible que l’UGTT joue un rôle de premier plan dans les semaines à venir.

FreeTunisia. Les Etats-Unis peuvent-ils avoir une vision différente de celle de l’EU en ce qui concerne la prochaine étape en Tunisie?
Oui, les Etats-Unis ont une vision différente de celle de l’Europe. Non pas qu’ils soient forcément animés de considérations morales, mais la Maison Blanche a parfaitement conscience aujourd’hui que le régime de Ben Ali est fini. Les Américains cherchent le deuxième, ou le troisième homme, susceptible de lui succéder. Les Etats-Unis ne seraient pas forcément opposé à une «révolution orange» à la tunisienne. C’est précisément à partir de ce scénario que le Département d’Etat travaille.

Hedi. Quelles sont les membres de l’opposition qui ressortent le plus? Chebbi? Marzouki?
D’une manière générale, l’opposition indépendante est relativement coupée des mouvements sociaux. Toutefois, il est vrai qu’un certain nombre de figures, par leur prise de positions critiques, retrouvent une certaine aura auprès de la populatoin tunisienne. Nejib Chebbi, et Moncef Marzouki sont en effet les plus connus et respectés. On peut citer également d’autres figures, comme la journaliste Sihem Bensedrine, et l’avocate Nadhia Nassraoui qui jouissent d’une vraie popularité dans le pays. Toutefois, il convient de ne pas surestimer le rôle de l’opposition dans ces mouvements sociaux qui sont d’abord des mouvements de diplômés, peu insérer dans les organisations politiques et syndicales.
*Dictateurs en sursis, une voie démocratique pour le monde arabe, entretien avec Vincent Geisser, les éditions de l’Atelier.
Source : « Liberation » Le 11-01-2011
Lien : http://www.liberation.fr/monde/1201396-tunisie-le-soulevement-d-une-population
Tunisie: à Kasserine, la situation est chaotique

Les émeutes ont fait, selon les associations, plus de 50 tués ces trois derniers jours rien que dans cette ville du centre-ouest. Le gouvernement annonce, lui, quatre morts par balle.
La situation était chaotique à Kasserine, chef lieu du centre-ouest de la Tunisie où des émeutes ont fait plus de 50 tués ces trois derniers jours, a indiqué mardi 11 janvier à l’AFP un responsable syndical. Ces affrontements ont eu lieu dans les cités Ennour et Ezzouhour. »C’est le chaos à Kasserine après une nuit de violences, de tirs de snipers, pillages et vols de commerces et de domiciles par des effectifs de police en civil qui se sont ensuite retirés », a indiqué Sadok Mahmoudi, membre de l’union régionale de l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT, centrale syndicale). Cette version des faits a été corroborée par d’autres témoins interrogés par l’AFP. Le président de la Ligue tunisienne des droits de l’homme, Me Mokhter Trifi, a de son côté confirmé à l’AFP cette version de faits survenus la nuit dernière à Kasserine. « Une opération de commandos téléguidée a été organisée la nuit dernière pour piller et faire accréditer la thèse du complot avancée par le régime », a déclaré Me Mokhter Trifi à l’AFP. « Des bandes cagoulées ont semé le chaos sous les yeux des forces régulières qui se sont ensuite retirées à l’extérieur de la ville », a-t-il ajouté.Selon lui, ces actes « visent à faire accréditer la version des autorités qui ont « attribué les émeutes du week-end à des pilleurs parmi la population ».

« Cadavres éventrés, cervelle éclatée »
Mokhter Trifi a fait état d’un « grand nombre » de tués, affirmant que « la confusion qui règne actuellement ne permet pas de donner un bilan chiffré.
« Le nombre de tués a dépassé les cinquante, a indiqué Sadok Mahmoudi, citant un bilan recueilli auprès du personnel médical de l’hôpital régional de Kasserine où ont été transportés les corps. Un fonctionnaire local ayant requis l’anonymat a aussi décrit « une situation de chaos » dans cette ville à 290 km au sud de Tunis, confirmant des tirs de snipers postés sur le toits et des forces de police tirant sur des cortèges funèbres.
Le personnel médical de l’hôpital de Kasserine a débrayé durant une heure pour protester contre le nombre élevé de victimes et la gravité des blessures, a ajouté ce fonctionnaire, décrivant des « cadavres éventrés, à la cervelle éclatée ».
Un homme de 75 ans et son épouse ont été tués dans le quartier Ezzouhour alors qu’ils allaient enterrer leur enfant lundi (bien lundi), selon ce témoignage.

Un bilan largement provisoire
Ces déclaration confirment ainsi le bilan indiqué par la présidente de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) Souhayr Belhassen, qui indiquait un bilan de 35 morts sur la base d’une liste nominative. « Le chiffre de 35 morts s’appuie sur une liste nominative », avait-elle en effet déclaré plutôt dans la journée. « Mais le nombre total des victimes est plus important. Ca tourne autour de la cinquantaine, mais c’est une évaluation », avait-elle dit. Le bilan humain de cette révolte sociale, enclenchée le 17 décembre après l’immolation par le feu d’un jeune Tunisien de 26 ans, a « tragiquement augmenté » après les manifestations pendant le week-end dans les localités de Regeb, Thala et Kasserine, avait-elle ajouté.

Moins de tués selon le gouvernement
Le gouvernement tunisien a lui annoncé dans la même journée quatre tués par balles parmi des « assaillants » et huit blessés dans les rangs de la police dans les affrontements de Kasserine. « La ville de Kasserine a été le théâtre d’actes de violence et de destructions perpétrés par des groupes qui ont attaqué deux postes de police, à coup de bouteilles incendiaires, de bâtons et de barres de fer », selon le ministère tunisien de l’Intérieur. « Après diverses sommations et des tirs en l’air, la police a fait usage des armes dans un acte de légitime défense, lorsque les assaillants ont multiplié les attaques, jetant des pneumatiques en feu pour forcer les locaux de la police dont les équipements ont été incendiés », a ajouté le ministère. Cet incident a « occasionné la mort de quatre assaillants et pas moins de huit blessés plus ou moins graves parmi les agents de l’ordre, dont certains souffrent de brûlures », selon le communiqué officiel transmis à l’AFP. Ce nouveau bilan officiel porte à 18 le nombre total de tués par balles dans les affrontements ayant lieu depuis samedi dans le centre-ouest, selon le gouvernement.

(Nouvelobs.com avec AFP)
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20110111.OBS6020/tunisie-a-kasserine-la-situation-est-chaotique.html

YouTube supprime des vidéos des violences en Tunisie
Rédaction en ligne
mardi 11 janvier 2011, 16:56

Youtube a retiré des vidéos amateurs qui montrent, dans un hôpital, les blessés et les morts lors des affrontements en Tunisie. Les critiques fusent sur le web et dénoncent la censure.
Après le suicide par immolation d’un jeune Tunisien de 26 ans, le 17 décembre dernier, une révolte sociale s’est emparée de la Tunisie. Elle a augmenté le week-end dernier par le biais de manifestations dans les localités de Regeb, Thala et Kasserine. Le bilan humain s’est alourdi portant à ce jour le nombre officiel de victimes à 35 morts.
Afin de témoigner des violences subies dans ce pays, une vidéo amateur a été postée sur YouTube. Tournée dans un hôpital à El Ghasin, elle montre des blessés mais aussi des morts. Quelques minutes après l’envoi sur YouTube, ce document a été purement et simplement supprimé. Le site ReadWriteWeb qui rapporte cette info estime peu probable le fait que la vidéo ait été retirée automatiquement : « On imagine mal un algorithme faire la différence entre l’extrait d’un film d’action bien sanglant et cette vidéo, qui nous est parvenue via Facebook, l’un des derniers espaces pas totalement censurés du web social auquel ont accès les Tunisiens », raconte Fabrice Epelboin sur son blog.
YouTube se défend, soulignant que « cette vidéo a été supprimée, car son contenu ne respecte pas les conditions d’utilisation de YouTube ». Le règlement précise bien que « Youtube n’est pas un site destiné à choquer. Ne publiez pas de vidéos choquantes d’accidents, de cadavres ou autres choses de ce genre ».
Des séquences violentes sont néanmoins présentes sur YouTube, par exemple sur le séisme en Haïti. Ce qui étonne ici, c’est le zèle pratiqué dans l’application du règlement. Il n’aura fallu qu’une poignée de minutes pour voir ces vidéos disparaître. De quoi susciter l’étonnement et les critiques des internautes.
Isabelle Anneet (st.)
(Source: Lesoir.be le 11 janvier 2011)
Lien: http://www.lesoir.be/actualite/monde/2011-01-11/youtube-supprime-des-videos-des-violences-en-tunisie-813851.php

Drôles de bandes de casseurs « cagoulés »

10 janvier 2011

Kasserine РD̩claration de source syndicale et locale Р:
Des groupes composés de gangs du Parti de Ben Ali ont saccagé de nuit des locaux commerciaux dans le but de discréditer le mouvement protestataire et de le criminaliser. Ces gangs ont sillonné de nuit les rues de la ville [de Kasserine] pour détruire des propriétés privées en présence de témoins complices appartenant à la chaîne de TV publique Canal Tunis 7 cachés dans des ambulances pour filmer ces actes et les diffuser à l’attention de l’opinion publique et en les présentant comme des actes criminels commis par « une bande de cagoulés ». Il est à noter que des éléments du Rassemblement (RCD) a commencé à diffuser sur Facebook de fausses vidéos présentées hors contexte et qui peuvent remonter à des périodes reculées : comme un extrait d’une vidéo ancienne de la Qaida au Maghreb Islamique, ou une video de pillage d’un dépôt de vin à Kairouan lors d’un incendie qui l’a frappé il y a deux ans, etc…

القصرين -مصادر نقابية ومحلية – قامت مجموعات من لصوص التجمع باقتحام بعض المحلات التجارية ليلا في محاولة لتشويه العملية الاحتجاجية وتجريمها. وقدكانت العصابات تجوب المدينة ليلا لتخريب بعض الممتلكات الخاصة بحضور شهود الزور من قناة تونس7 متخفيين داخل سيارات الاسعاف لتصوير ما يحدث وتسويقه للرأي العام على أنه عمل اجرامي قامت به عصابات الملثمين .

ويجدر بالذكر أن اطرافا تجمعية شرعت في نشر فيديوات مفبركة ومقتطعة من سياقها وتعود لتواريخ قديمة على شبكة الفايسبوك (جزء من فيديو قديم لتنظيم القاعدة في بلاد المغرب الإسلامي ….فيديو لعمليات نهب لمخزن للخمور في القيروان حدثت منذ عامين اثر نشوب حريق به …إلخ

Tunisie: PS et Verts condamnent la répression, le gouvernement français embarrassé

Alors que les affrontements ont fait plusieurs dizaines de morts, Bruno Le Maire dit n’avoir «pas à qualifier le régime tunisien» et Frédéric Mitterrand juge «tout à fait exagéré» de parler de «dictature».

Par LIBERATION.FR
Les voilà qui se refusent à jouer les redresseurs de torts alors que les affrontements entre manifestants et policiers ont fait au moins 20 morts en Tunisie, selon l’opposition. «Avant de juger un gouvernement étranger, mieux vaut bien connaître la situation sur le terrain et savoir exactement pour quelles raisons telle ou telle décision a été prise», se justifie Bruno Le Maire, ce mardi sur Canal+. Décidément très prudent, le ministre de l’Agriculture estime n’avoir «pas à qualifier le régime tunisien» et va même jusqu’à tenter de réhabiliter Zine El Abidine Ben Ali, complètement dépassé par la crise qui traverse son pays. Un président «souvent mal jugé», qui a «fait beaucoup de choses».
Dimanche sur la même chaîne, c’était Frédéric Mitterrand qui, sur la même chaîne, trouvait «tout à fait exagéré» de décrire le régime de Ben Ali en «dictature univoque». «En Tunisie, la condition des femmes est tout à fait remarquable, vante-t-il. Il y a une opposition politique mais qui ne s’exprime pas comme elle pourrait s’exprimer en Europe.»
«Tirer sur la foule» est la «pire réponse qui soit»
Entre complaisance, silence gêné et appels pudiques à l’apaisement, les politiques français cherchent encore leurs marques face au président tunisien, qui a longtemps bénéficié d’une certaine bienveillance de Paris. Pourtant, le tournant extrêmement violent des derniers jours a conduit, notamment la gauche, à hausser le ton.
Ainsi, le porte-parole du PS, Benoît Hamon, a «solennellement» condamné la réponse au mouvement social, estimant que «tirer sur la foule» constituait la «pire qui soit». Président du groupe d’amitié France-Tunisie au Sénat, le socialiste Jean-Pierre Sueur a fait part de son «émotion» face à la multiplication des victimes. Si «les autorités tunisiennes ont dit « comprendre »Â» les «aspirations» de la jeunesse, il la juge «incompatible avec une répression violente et dont les conséquences sont tragiques».
Bertrand Delanoë, lui, préfère, selon son entourage, «manifester son soutien au peuple tunisien non pas par des déclarations mais par des contacts utiles avec les uns et les autres, et en tenant le même langage à tous». Le maire de Paris, qui est né en Tunisie et se rend souvent dans sa maison de Bizerte, dans le nord du pays, «se tient en contact régulier avec des acteurs très divers de la société tunisienne, acteurs politiques, syndicaux et associatifs» et a ainsi contacté, lundi, le président de la ligue tunisienne des droits de l’Homme, toujours selon ses proches.
«Silence coupable» de l’Europe et de la France
Du côté du Quai d’Orsay, on s’est contenté, lundi, de «déplorer les violences, qui ont fait des victimes,» et d’«appeler à l’apaisement». «Seul le dialogue» permettra de surmonter les problèmes économiques et sociaux, ajoute le porte-parole du ministère, Bernard Valero. Qui, dans sa déclaration, n’a repris que le bilan communiqué par les autorités tunisiennes – 14 morts à Thala et Kasserine, quand l’opposition parle d’au moins 20 morts -. Sur les détentions de blogueurs tunisiens, il dit n’avoir «pas d’information précise à ce stade».
Europe Ecologie-Les Verts, associé à un parti non autorisé, Tunisie Verte, a, pour sa part, dénoncé le «silence coupable» de l’Europe et de la France: «Les propos du porte-parole du quai d’Orsay appelant à l’apaisement sont déconnectés de la réalité de la dictature tunisienne», écrivent les deux formations dans un communiqué commun.


(Source: Liberation.fr le 11 janvier 2011)
11/01/2011 à 00h00
La Tunisie se soulève, Ben Ali reste sourd
Alors que les émeutes, qui ont fait plusieurs dizaines de morts, se diffusent dans tout le pays, le Président ferme écoles et universités et accentue la répression.

Par CHRISTOPHE AYAD
Des manifestants tunisiens lors de heurts avec les forces de sécurité, le 10 janvier 2011 à Regueb. (© AFP Str)
C’était un mouvement social, c’est devenu une Intifada. En un week-end, l’agitation qui secouait le centre de la Tunisie depuis le 17 décembre a basculé dans la pure répression d’un peuple réclamant dignité et liberté. Et non plus seulement des emplois, comme a fait mine de le croire le président Zine el-Abidine Ben Ali, qui est intervenu une nouvelle fois hier à la télévision pour dénoncer les «voyous cagoulés» perpétrant des «actes terroristes impardonnables». Il a stigmatisé des «éléments hostiles à la solde de l’étranger, qui ont vendu leur âme à l’extrémisme et au terrorisme». Le discours surréaliste d’un dictateur, livide et fatiguée, dépassé par les événements et refusant de prendre la mesure du problème, continuant de croire que quelques dinars et 300 000 emplois en deux ans pourront calmer l’exaspération de tout un peuple.
Incontrôlables. En fait, la seule véritable annonce d’importance, hier, a été la fermeture temporaire des universités et établissements scolaires, devenus des foyers de contestation incontrôlables. Désormais, Tunis, jusque-là peu touchée par les manifestations, est entrée dans la danse (lire page 4). Un étudiant aurait été blessé et huit arrêtés sur le campus Al-Manar, près de la capitale. Des marches auraient aussi été organisées sur le campus de la Manouba, dans les quartiers du Bardo, de l’Ariana, de Ben Arous. Tunis mais aussi Sfax, Sousse, Nabeul, c’est-à-dire les grandes villes côtières et touristiques, sont gagnées par la contestation. En plus de Kairouan, de Redeyef et du centre du pays, où tout a commencé.
Malgré le silence de la presse officielle et de la télévision d’Etat, l’information circule dans le pays, essentiellement par les réseaux sociaux (lire ci-contre), le téléphone et le bouche-à-oreille. C’est ainsi que les Tunisiens ont appris le bilan d’un week-end tragique ayant causé 20 à 50 morts selon les sources (14 officiellement), essentiellement dans le triangle Regueb-Kasserine-Thala, dans le centre du pays. Les troubles se sont poursuivis dans ces villes, dont certaines sont littéralement occupées par l’armée et la police, comme Kasserine, ou soumises à un couvre-feu, à l’instar de Meknassi.
L’armée, toutefois, ne participerait pas à la répression (lire page 4), laissant la police en première ligne. Cette dernière, qui invoque la «légitime défense», dit avoir tiré pour protéger les bâtiments officiels et les banques que les manifestants auraient eu l’intention d’attaquer à coups de cocktails Molotov. Comment expliquer alors que la police soit, ensuite, allée jusqu’à tirer sur des cortèges funéraires, obligeant les marcheurs à abandonner les corps sur place ? Une attitude qui n’a fait que redoubler la colère des manifestants qui, dans plusieurs villes, notamment à Jendouba, ont détruit les locaux du parti au pouvoir, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD).
Muette. Autre tabou largement brisé ce week-end : les manifestants s’en prennent désormais sans crainte à la personne du Président, déchirant et incendiant les affiches omniprésentes de Ben Ali, criant des slogans directement dirigés contre lui et sa famille, accusée de piller le pays. D’autres morts sont tombés hier. Combien ? Nul ne le sait exactement. Combien d’arrestations ? Pas plus. La police semblant débordée par le nombre, elle se contente d’appréhender, de tabasser au commissariat puis de relâcher les manifestants.
La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, jusqu’ici singulièrement muette sur le sujet, a appelé à la «libération immédiate» des manifestants emprisonnés. Elle a aussi appelé le pouvoir à la «retenue dans le recours à la force et au respect des libertés fondamentales». Paris s’est contenté du service minimum, «déplorant» les «violences» et appelant à l’apaisement et au «dialogue». Depuis le début de la crise, la France, principal sponsor de la Tunisie dans sa demande d’octroi d’un statut avancé dans son partenariat avec l’UE, ne pipe mot depuis le début de la crise. Le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, qui se rend régulièrement en vacances en Tunisie, a écarté le mot de «dictature» pour parler du régime Ben Ali, dimanche sur Canal +. Quant à Bertrand Delanoë, maire de Paris et grand ami de la Tunisie, il s’est déclaré «soucieux», alors que le PS a condamné «solennellement la répression».

— –
Ceaucescu des sables

Par LAURENT JOFFRIN Directeur de «Libération»

Voilà au moins une tartufferie dissipée. Il est de bon ton, dans certains cercles, de présenter le régime de Zine el-Abidine Ben Ali comme un moindre mal, d’excuser sa brutalité par la lutte contre l’islamisme, de minimiser la corruption qui règne dans les couches dirigeantes, de plaider que dès lors qu’on ne s’occupe pas de politique en Tunisie, la police ne s’occupe pas de vous. Eternelle fumée dont on entoure les dictateurs amis. Mais cette fois le masque tombe. Depuis le début des troubles qui affectent son pays, le président tunisien se comporte comme un Ceausescu des sables. Les Tunisiens manifestent ? On leur envoie la police et on tire dans le tas. Les jeunes se révoltent ? Ce sont des terroristes ou des irresponsables manipulés. Un gamin se suicide par le feu, comme Ian Palach naguère à Prague ? C’est l’œuvre de «malfaiteurs». Des opposants protestent ? Des observateurs s’alarment ? Ils ne cherchent qu’à déstabiliser le pays. On voudrait savoir ce qui se passe ? La presse officielle (la seule…) parle une épaisse langue de bois et les journalistes étrangers sont espionnés et menacés, quand ils ne sont pas agressés physiquement. Au légitime soulèvement d’une population frappée par la crise et lasse de cet enfermement policier, ce pouvoir répond par le mensonge, le mépris et la fusillade. On croit être en Tunisie, pays de haute culture et de raffinement. On découvre une Corée du Nord méditerranéenne. Il est donc temps d’appeler un chat un chat et Ben Ali un despote archaïque.

— –
(Source: Liberation.fr le 11 janvier 2011)
Monde 11/01/2011 à 00h00
Le régime dépassé par la cyberrésistance
Policiers hackers ou interdiction de sites comme YouTube, rien n’y fait… Le Web catalyse le ras-le-bol.

Par ARNAUD VAULERIN

C’est la voix d’une blogueuse qui n’a pas froid aux yeux. Elle s’appelle Lina Ben Mhenni et depuis quinze jours fournit de précieuses informations sur les émeutes meurtrières qui s’étendent en Tunisie. Hier après-midi, elle a mis en ligne les photos de cinq «martyrs» vraisemblablement tués à Regueb, une ville située à une trentaine de kilomètres de Sidi Bouzid, où ont démarré les manifestations contre le chômage à la mi-décembre.
Répercuté. Selon son blog, «A Tunisian girl», elle s’est rendue dans cette ville dimanche, et a tenté d’y retourner hier. Sur Twitter, elle témoignait de tirs entendus, de fumée noire au-dessus de la ville, en attendant d’être autorisée à y entrer à nouveau. Elle a également répercuté les arrestations des blogueurs et activistes Slim Amamou, Aziz Amami, Hamadi Kaloutcha, du leader étudiant Wissem Sghaier, etc. Ces posts ont été repris via Facebook où elle a ouvert une page. Comme en Iran l’an dernier, la résistance a investi les réseaux sociaux.
Dans cette guerre de mots et d’images à laquelle se livrent le pouvoir de Ben Ali et les cyberrésistants, le blog collectif indépendant nawaat.org reste largement en pointe. Le site, créé en 2004, a ouvert une page spéciale sur les événements de Sidi Bouzid mais donne beaucoup à voir sur ce qui se passe dans l’ensemble de la Tunisie. La révolution des smartphones fait que la moindre manifestation est vite mise en ligne sur ce blog citoyen. Hier, des mini-vidéos de révoltes à Bizerte, Fériana ou Kasserine étaient en tête de la homepage, à côté d’images d’une conférence d’avocats. «Nous avons en moyenne 80 000 visiteurs uniques par jour, c’est huit fois plus que d’habitude. C’est un mouvement d’ampleur qui touche tout le monde», constate Malek Khadhraoui, le coadministrateur du site animé par trois Tunisiens. «Grâce à Internet, la barrière de la peur a sauté, estime Selim Ben Hassen, président du mouvement citoyen Byrsa. La lutte pour la dignité du père de famille qui ne peut plus nourrir sa famille et celle du journaliste qui se fait sodomiser dans les locaux du ministère de l’Intérieur se sont rejointes.»
«Perfide». Le Web catalyse le ras-le-bol. Et dans ce bras de fer de la communication, le régime a perdu la première manche. En interdisant les sites d’informations et de partage de vidéos (YouTube, Dailymotion), il a bien malgré lui fait migrer les Tunisiens sur Facebook, où près de 2 millions d’habitants (sur 11 millions) auraient une page personnelle selon Checkfacebook. «Il va réfléchir à deux fois avant de bloquer Facebook en Tunisie, avance Malek Khadhraoui. En 2008, ils l’avaient fait pendant quatre-cinq jours avant de reculer, vu la colère des internautes.Ben Ali avait dû intervenir en personne pour rassurer tout le monde.» Le blogueur fait état d’une «censure bien plus perfide, au coup par coup».
Le régime intervient sur des profils identifiés comme gênants. Il pirate des comptes, change les mots de passe des boîtes mail, multiplie les filtres, bloque des sites et des serveurs. Les cyberflics se livreraient à du hacking, à de la veille et à du renseignement, avant de déverser la propagande contre les opposants et les dissidents, dénigrés comme des «gays, agents du Mossad, francs-maçons, séniles, dans des montages pornographiques ou orduriers», relate Selim Ben Hassen. D’autres investissent les sites d’informations pour déposer des dizaines de commentaires favorables au RCD, le parti de Ben Ali, et pour vanter le «miracle économique tunisien».
Selon nawaat.org, 600 policiers environ seraient chargés des basses œuvres sécuritaires sur le Web. Hébergés dans un bâtiment construit il y a deux ans à Carthage, ils travailleraient en étroite collaboration avec l’Agence tunisienne d’Internet qui leur ouvrirait les portes du Web tunisien. Sans limite.

— –
(Source: Liberation.fr le 11 janvier 2011)

Monde 11/01/2011 à 13h33
Tunisie: la presse sous influence dénonce les «lubies» des manifestants

Par ELODIE AUFFRAY
Au lendemain de son intervention télévisée et d’une nouvelle journée d’affrontements en Tunisie, le président Ben Ali peut compter sur le soutien d’une partie de la presse du pays. Ainsi l’édito du Temps, l’un des principaux quotidiens francophones de Tunis, qui se définit comme «indépendant», est sans ambiguïté. Intitulé «Lubies», il fait écho point par point au discours du président tunisien (reproduit par ailleurs en intégralité, via l’agence de presse tunisienne).
Raouf Khalsi y dénonce la violence, n’hésitant pas à convoquer Sartre («La violence n’est pas accoucheuse d’histoire»). Pour l’éditorialiste, «l’écrasante majorité des Tunisiens» refuse la violence parce qu’ils «savent qu'[elle] est instrumentalisée». Dans son viseur notamment, les élites du pays, «qui se disent libérales ou de gauche», «confondues dans ces brumes narcissiques où l’on en arrive à pavoiser quand nos enfants vont à leur propre mort». «Les Tunisiens sont trop attachés à leur acquis pour les suivre dans leurs lubies», écrit-il.
Raouf Khalsi raille aussi les leçons de démocratie livrées par les Etats-Unis. «La démocratie? C’est 300.000 postes d’emploi qui seront créés avant la fin 2012, temps fort du discours présidentiel d’hier», s’emballe-t-il.
Les «quatre jours de Kasserine»
Quant à savoir comment la Tunisie en est arrivée là, l’éditorialiste a son explication: «les enfants des ouvriers, les enfants de paysans, les enfants des pauvres réussissent à l’université. Et c’est ainsi qu’ils viennent grossir le rang des chômeurs aux côtés des enfants de la classe moyenne».Le Temps livre également une version des faits sur les «quatre jours de Kasserine», ville très touchée par les répressions de manifestations ce week-end:
«Dans la nuit du vendredi au samedi, après un calme apparent, de nouveaux troubles éclatèrent lorsqu’on apprit que le jeune Hosni Ben Mohamed Klii (36 ans, chômeur et non diplômé du supérieur) est mort au centre de Ben Arous des suites de ses blessures puisqu’il s’était immolé par le feu. Ainsi, ce furent des actes de vandalisme aux alentours du quartier où habitait le jeune malheureux.»
L’autre quotidien francophone important du pays, La Presse, est inaccessible ce jour.
«Toute crise est une preuve de vie et de vitalité»
Un petit peu plus audacieux, l’hebdomadaire tunisien francophone Réalités. Dans son éditorial daté du 6 janvier, Zyed Krichen, le rédacteur en chef, dénonce «les surenchères et l’appel à la reddition», «plutôt partie de la crise que de sa résolution». Mais estimant aussi que «toute crise est une preuve de vie et de vitalité», il y fustige le «retard» des pouvoirs publics, qui n’a livré «aucun débat public, aucun traitement politique de ces évènements et de leurs causes profondes». Ringards, également, les médias, à l’heure où la Tunisie dénombre «1, 4 million de comptes Facebook. C’est-à-dire autant de sources d’information et de diffusion». «L’antienne politique favorite de nos médias publics « ce dont on ne parle pas, n’existe pas » n’a pas seulement perdu sa légitimité mais aussi son efficacité».
Même écho dans l’édito de l’hebdomadaire Jeune Afrique, daté du 10 janvier. François Soudan y souligne que l’une des principales raisons à la crise actuelle au Maghreb est «l’absence de communication entre le pouvoir et le peuple», qui engendre chez ce dernier un «sentiment de hogra (mépris)». Ce «véritable mal maghrébin», les autorités semblent, selon l’éditorialiste, en «avoir pris la mesure en procédant au renouvellement accéléré de gouverneurs, préfets et autres agents locaux d’encadrement». «Reste à savoir, juge-t-il, si ces remèdes seront suffisants pour en résorber les métastases».
«Désaveu international»
Dans son édito du jour, c’est «le black-out international» qu’a choisi d’évoquer le quotidien algérien El-Watan. Pointant les prises de position «tardives» de la France et de l’Union européenne. Djaffar Tamani écrit toutefois que «le sentiment d’être entendu et compris hors des frontières apporte, pour les protestataires, de vraies raisons d’espérer». Etablissant le lien avec l’Algérie, l’éditorialiste souligne le manque d’alternative politique. «Les deux pays voisins ont ceci de commun que l’alternance au pouvoir a été méthodiquement bannie des mœurs politiques locales». Les politiques «parient sur l’essoufflement après s’être longtemps investis dans l’éradication de toute vie politique libre. Ce qui n’entrait pas dans leurs calculs, c’est sans doute le désaveu international», conclut Djaffar Tamani.
Enfin, sans surprise, et alors que s’organise une répression gouvernementale qui n’a rien de virtuel, c’est sur la Toile que se trouvent les discours les plus durs. C’est notamment le cas sur le blog DébaTunisie, animé par _z_ qui publie ce mardi un dessin sans équivoque:

(Source: Liberation.fr le 11 janvier 2011)

Source: blog Débatunisie

Le rap, porte-parole de la jeunesse tunisienne
LEMONDE.FR | 11.01.11 | 09h16

Depuis la Tunisie, Malek Khemiri rappelle d’un autre numéro, raccroche deux fois, car dans le taxiphone, des policiers le « regardent ». Puis il demande à être rappelé et parle, « stressé », prêt à « affronter » le fait d’être cité dans cet article. Il se sent surveillé. Malek Khemiri n’est pas un opposant politique ni un syndicaliste. Il est rappeur. Dans ce pays qui connaît depuis la mi-décembre une contestation sociale inédite, les rappeurs apparaissent comme une cible du régime.

Jeudi 6 janvier, Hamada Ben Amor, 22 ans, est arrêté, puis relâché trois jours après. Dans un clip diffusé sur Internet, il interpellait le chef de l’Etat, Zine El-Abidine Ben Ali : « Président, ton peuple est mort.

« Le rap est le porte-parole de la jeunesse tunisienne », explique Malek Khemiri. Un « rap conscient » qu’il transmet avec son groupe Armada Bizerta, à Bizerte, dans le nord de la Tunisie. Style musical populaire chez les jeunes et largement implanté dans le pays, le rap est par essence contestataire, selon le chanteur et étudiant de 23 ans. Diffusée sur les réseaux sociaux comme Facebook, cette musique se partage rapidement et parvient à contourner les canaux de la parole officielle.
« ON CRÈVE ICI ! »
Dans ses textes, en arabe, où se glissent quelques passages en français, Malek Khemiri veut dénoncer les « inégalités dans la distribution des richesses », mais aussi « la pauvreté, l’injustice (…), la corruption ». Lak3y, rappeur également, qui appartient (comme Armada Bizerta) au collectif SounD Of FreeDom, vient de lancer son studio de musique car, malgré un diplôme d’infographiste, il est au chômage depuis trois ans. « On travaille, on étudie mais on reste des chômeurs. Sans piston, on est au chômage. La situation morale est trop grave. » Dans un morceau intitulé ironiquement « La Tunisie va bien », il évoque en arabe « le peuple endormi », « au chômage », les « bus [qui] transportent cinquante personnes quand deux cents restent à la station »

Si ces rappeurs expriment leur peur du chômage et du déclassement, ils manifestent surtout leur besoin de liberté. « Je veux être libre dans mes mouvements, mes expressions. Je veux être libre sans avoir peur car si tu me donnes ma liberté, je retrouverai ma valeur et mon honneur », rappe Lak3y dans une chanson au titre évocateur, « Besoin d’expression ». Un besoin que Lak3y explique avec verve : « Je suis jeune, j’ai 24 ans, j’ai rien vécu de ma vie. Je veux voyager, mais je peux rien faire ici ! (…) On crève ici ! »
LA CULTURE DE LA PEUR

Au besoin d’expression, Malek, d’Armada Bizerta, oppose « la culture de la peur » qui est « incrustée chez les Tunisiens ». « On ne parle pas de politique dans les cafés », explique le jeune rappeur. Pas de politique dans les cafés, ni dans les chansons de son groupe. A l’instar du risque encouru s’il dénonçait clairement le régime, le rappeur insiste dans un morceau : « Je ne suis pas contre le système mais je suis contre l’oppression. »

Le rappeur a pourtant écrit une chanson pour réagir à l’immolation par le feu d’un jeune marchand de légumes le 17 décembre. Un épisode à l’origine du mouvement de contestation. Dans la chanson, intitulée « Music of the revolution », le groupe évoque en arabe « la mauvaise situation économique », « l’atmosphère électrique » et insuffle en anglais : « Mec, ne t’arrête pas, bats-toi pour tes droits. Ne t’arrête pas, et tu pourras voir la lumière. » Pour Malek, ce défi a en partie été relevé par la population : « Le peuple tunisien a avancé, on peut parler, on a su gagner une part de liberté perdue. »
Cette liberté conquise, criée par les rappeurs, reste pourtant sous surveillance. Lak3y, dont la page de fan sur Facebook et le profil Skyrock avaient été censurés il y a quelques mois, a reçu un nouvel avertissement récemment. « La police est venue me voir et ils m’ont dit : ‘Es-tu assez courageux pour faire ça ? Fais gaffe à toi.' » Face à ces tentatives de museler sa liberté d’expression, il détaille avec vigueur son plan d’action : « Il faut que je rappe, et rappe, et rappe encore. »
Flora Genoux

(Source: LeMonde.fr le 11 janvier 2011)
LES FRASQUES DU PALAIS

par SLIM BAGGA

ASSASSINAT?

C’est une information très plausible, mais à prendre avec beaucoup de circonspection. Le Général Rachid Ammar, qui vient d’être démis de ses fonctions de chef d’Etat-major de l’armée de terre, pour être remplacé par le directeur du renseignement militaire, Ahmed Chebir, aurait disparu. Des sources très crédibles parlent de son assassinat.
Cette liquidation, si elle est avérée, donne un éclairage nouveau aux assassinats en règle contre les jeunes manifestants en Tunisie.
Nous vous donnerons de plus amples informations très bientôt…

INDECENCE

On le sait capable de toutes les horreurs. Mais Zinochet vient de décrocher la palme de la goujaterie et de l’indécence. En recevant la mère du martyr Mohamed Bouazizi et sa soeur au Palais de Carthage, il commença par faire son cinéma en lui lançant: « Vous savez, je suis malade de ce qui est arrivé à votre fils… » Tu parles, supermenteur! Puis il poursuit: « JE suis au courant de tout dans ce pays. Je sais même que vous avez un autre fils en prison pour des petits trafics de stupéfiants. On va arranger ça, et je vais lui attribuer une allocation de chômage ». Manifestement, Mohamed Bouazizi n’en voulait pas de son allocation, puisqu’il ne survécut pas à son immolation par le feu.
Mais, c’est vous dire jusqu’où peut aller cet homme, que dis-je ce monstre à visage humain qu’est Ben Ali, même devant la douleur d’une mère.

830 000 Euros

C’est le montant exact de l’ardoise laissée par Leïla Ben Ali-Trabelsi Ben Pompagaddour auprès de la maison du Luxe Louis Vuitton.
Au moment où des jeunes Tunisiens s’immolent par le feu pour trouver un travail et même pour pouvoir vendre des fruits et légumes, diplômes en poche, une inculte issue des bas fonds de la société tunisienne dépense sans compter, en devises, pour faire la coquette entre Milan et Dubaï…
830 000 euros, pour ceux qui ignorent le langage des chiffres dans cette Tunisie désoeuvrée et surtout assassinée par balles, représentent 1,6 million de dinars. On est loin des 30 000 euros d’ardoise laissée chez Dior. Authentique!!!

LE FEU AU C…

Ils ont déserté le pays. Vacances forcées en attendant des jours meilleurs. Après avoir pesé de tout son poids (sur son amoureux d’époux) pour privilégier la solution finale, à savoir faire tirer sur les manifestants, Leila De Pompagaddour est repartie à Dubaï avec son fils Mohamed Zine.
Dubaï où ses filles Nesrine et Halima sont déjà installées, ainsi que Sakhr Ben Félon Moncef Materi, le coq de la basse cour. Un coq qui déserte le harem à destination de Montréal, laissant les clés du Harem à Imed Ben Leïla Trabelsi, toujours sur les genoux de sa mère qui l’a propulsé voyou numéro 1 de Tunisie et de Navarre.
Moez Trabelsi et Mourad du même nom hideux ont choisi l’Algérie pour refuge provisoire…en attendant le 9 avril.
Quant à Slim Chiboub, il serait en famille à Zurich, en Suisse, selon nos informations.

« EFFACER TOUT SYMBOLE DU 7 NOVEMBRE »

Le mot d’ordre s’est échangé, et nul n’y pourra rien. Les jeunes manifestants ont décidé dès ce jour de tagguer toutes les plaques de rues , d’avenues ou de places nommées 7 Novembre. Tout un symbole dont nul ne veut plus entendre parler tant on nous a rebattu les oreilles avec cette énorme imposture.
Après les posters staliniens géants à l’effigie de Ben Ali, brûlés hier sur les places et trainés par terre, nous rappelant Saddam Hussein, il y a si peu, c’est au tour des symboles que la population s’attaque.
C’est dire si ce Monsieur est aimé jusqu’à vouloir déjà le reconduire en 2014….

(A suivre…)

Slim BAGGA

Proposition à nos chefs de fil de notre opposition –
C’est maintenant ou jamais
Imed Abidi:

Que font nos opposants ? Ou sont-ils ? Vous étiez où Messieurs Gannouchi, Marzouki, Ben Jaafâr, Chebbi, Ben Sedrine, Hammami, Nasraoui …..Pour ne citer que ceux-là !
Vous avez appelé tout le long de ces vint trois années le peuple à se soulever, et il l’a fait avec courage et bravoure. Nos jeunes se sont trouvé complétement esseulés dans la rue où ils sont canardés par la police du général. Pendant ce temps vous vous contentez de pondre des communiqués de dénonciation comme vous l’avez toujours fait.
Je m’adresse à vous particulièrement Monsieur Marzouki car contrairement à ce que vous pensez je crois en vous. Vous avez demandé au peuple la désobéissance civile et ce dernier vous a offert plus à savoir le soulèvement populaire, alors qu’attendez-vous pour descendre à ses côtés pour le soutenir et surtout le diriger ?
Ici en Tunisie on ne demande pas des réformes sociales comme le martèlent la plupart d’entre vous ( les opposants à l’étranger)mais on demande la fin du clanisme et de la mafiocratie, on demande tout simplement le départ de Ben Ali.
Nos jeunes sont livrés à eux-mêmes et j’ai peur que si on ne les encadre pas leur flamme va finir par s’éteindre et Ben Ali criera alors victoire, et les Trabelsi reviendront à nouveau pour nous piller et nous …. !!
Le temps des protestations est hélas révolu, et il nous faut des propositions concrètes avant que ce mouvement s’estompe.
Je vous propose Monsieur Marzouki de prendre la tête de file de ce mouvement en adhérant à la demande de Monsieur Chebbi. Je propose à tous nos chefs de file de l’opposition et à tous nos exilés d’affréter un avion et de rentrer au pays pour contribuer de près à ce soulèvement et de ne plus se contenter de pondre des communiqués de dénonciation qui ne fond ni chaud ni froid. Ayez le courage de le faire sinon notre mouvement risquerait de se radicaliser, et notre peuple vous oubliera et vous jettera dans la corbeille de l’histoire

Tunisie : La révolution est irréversible.

Par Mizaanoun

À presque un mois de la colère populaire, avec ses martyrs qui se comptent par dizaines, sinon par centaines et les détenus qu’on ne saurait, à présent, calculer avec exactitude, il n’est plus question de parler de protestations ni de simple révolte ou rébellion de la population dans certaines régions ou villes du pays, mais il s’agit bel et bien de révolution générale. Une révolution qui a été avortée à deux reprises. Une fois en 1956 ce qui va permettre au premier dictateur de subjuguer le peuple durant plus de trente ans et une deuxième fois le 26 janvier 1978.

L’arrivée du policier au pouvoir.

En effet en 1978 les barons du Néo-Destour, qui n’est autre qu’une formation d’individus appuyée par la métropole coloniale française pour faire avorter l’élan révolutionnaire réel, étaient tous à bout de souffle et allaient être tous balayés dans la poubelle de l’histoire. À ce moment là le premier dictateur va faire appel aux services du super-policier Ben Ali qui n’était pas encore gradé général. Il le sera quelques jours après avoir écrasé le mouvement de la grève générale convoquée par le bureau central du syndicat des ouvriers tunisiens, l’UGTT dirigé par le leader Habib Achour. Ce jour du 26 janvier 1978 était réellement celui des grands jours du changement de l’histoire. On avait traversé le pays du sud jusqu’à la capitale en passant par Zaghouan. Les barrages des policiers armés étaient tout au long de la route et à tous les carrefours. Ils étaient dix, vingt, trente, cent ou mille, on ne sait plus exactement combien. Mais c’est sûr que tout le pays était quadrillé de la même terrifiante manière. Quand finalement on était arrivé à la capitale, dans les grandes artères, il n’y avait que des policiers et des soldats en uniformes armés jusqu’aux dents et autour d’eux des voitures militaires de toutes les dimensions y compris des chars. La foule devrait se rassembler quelque part dans la ville. On ne saurait le dire avec exactitude, si ce rassemblement se faisait du côté de la place Mohammed Ali proche du siège de l’UGTT ou du côté de l’Avenue Mohammed V.
Quand on était arrivé à l’aéroport, tous les visages étaient blêmes et personne ne savait exactement vers quelle destination il partait. Ou si les avions allaient ou non décoller. Certains vont pouvoir le faire. Dans celui où on était, une fois décollé et à une altitude relativement basse, du hublot on pouvait voir les spirales de fumées qui s’élevaient dans le ciel de la ville. Tout Tunis semblait être en flammes. En effet Ben Ali était passé à l’œuvre. On l’apprendra plus tard comme on apprendra que les victimes étaient par centaines. Le dossier du leader Habib Achour sera, à partir de ce jour-là définitivement fermé. Entre la prison et la résidence surveillée, il va décéder le 14 mars 1999. Le premier dictateur n’avait jamais voulu le voir à la direction de l’UGTT, car ça lui rappelait beaucoup Farhat Hached, le grand syndicaliste à l’échelle mondiale.
Celui que les colons vont assassiner le 5 décembre 1952. Antoine Méléro, l’un des assassins du groupe dit « la main rouge » a rapporté dans un livre et au cours d’une courte interview à la chaîne de télévision Aljazeera, le 18 décembre 2009, des menus détails sur l’opération tout en affirmant que le premier dictateur était parfaitement au courant des préparatifs du crime et n’avait jamais fait la moindre objection. On peut bien le croire car une fois installé au pouvoir par le premier ministre français de l’époque, Mendes France, il va s’atteler, afin de raffermir sa prise sur pays, à faire la chasse à tous les opposants dirigés par le leader Salah Ben Youssef. Ce dernier sera enfin lui-même lâchement assassiné le 12 août 1961 à Frankfort en Allemagne.

Le changement dans la continuité.

Donc la plus grande œuvre qui va rapprocher Ben Ali du premier dictateur en place était le massacre du 26 janvier 1978. Promu général, puis chef de la sécurité, ministre de l’intérieur il sera par la suite nommé premier ministre en 1987. C’était la dernière marche avant de sauter sur le pouvoir et s’installer, avec le concours évident des services secrets occidentaux et particulièrement italiens et français. Le 7 novembre 1987 à l’annonce de sa prise du pouvoir, tous les inconditionnels du premier dictateur, ceux qui pratiquement avaient déjà mis la main sur toutes les richesses du pays, vont applaudir des deux mains leur nouveau président, sans montrer la moindre peine devant sort que l’histoire a finalement réservé à leur premier demi-dieu, Bourguiba. Et ainsi leur idolâtrie s’est portée en bloc du premier sur le deuxième dictateur. Telle est la nature des opportunistes, des lâches et des arrivistes. L’un de leurs pseudo-intellectuels a eu le culot pour pousser l’absurde jusqu’à comparer la date de la déposition du premier dictateur 1987 avec la date de révolution française de 1789. La stupidité de cette classe est époustouflante. Quant à Masmoudi, l’un des barons les plus proches du premier dictateur a eu même l’audace de déclarer sur le même sujet que Bourguiba vient de sauver Bourguiba. Il disait bien vrai. Dans son article depuis la métropole coloniale, où il vit toujours, Bechir Ben Yahmed, un autre baron de nomenclature politique et intellectuelle de l’époque écrivait, dans son magazine, ce qu’on peut appeler son adhésion enthousiaste au « changement » qui venait d’avoir lieu : « Ben Ali est un bel homme… » Le ridicule est majuscule. Ce même hideux personnage, Ben Yahmed, écrivait aussi en 1991 que s’il avait à choisir entre Georges W. Bush et Saddam Hussein, il n’hésiterait pas un instant à choisir le deuxième. Ces lugubres individus ne connaissent jamais les limites de leur stupidité pourvu que leurs privilèges soient toujours sauvegardés.
Bref quand Ben Ali annonçait aux premiers jours de novembre 1987 les grandes lignes de sa politique qui sera totalement différente de celle de son prédécesseur et annonçait « les dimensions arabes, musulmanes, africaines de la Tunisie à venir, une Tunisie démocratique pour un peuple adulte, une Tunisie sans président à vie et ainsi de suite », beaucoup, malheureusement avaient succombé à ces promesses pompeuses et avaient oublié l’origine criminelle de l’individu.

Le peuple : une poignée de poussière.

Il va falloir plus de 23 ans pour qu’enfin on se rende compte que le 7 novembre 1987 n’était pas, comme le voulait ce pseudo-intellectuel un 1789 tunisien, mais une grande imposture arrivée à temps pour faire échouer une nouvelle fois la véritable révolution et ainsi prolonger la vie luxueuse des barons et multiplier leurs privilèges scandaleux tout en maintenant le peuple dans la misère de plus en plus totale et absolue. Encore aujourd’hui certains continuent à soutenir l’existence de « réalisations » du premier dictateur. Ils oublient qu’il n’a rien fait de plus qu’asseoir son pouvoir pour le faire durer le plus longtemps possible. Il n’est point besoin d’énumérer ces « réalisations » car sous les dictateurs de tout bord il n’y a jamais de réalisations quelconques qui profitent au peuple. Et tout ce qu’un dictateur réalise se limite à sauvegarder les intérêts des puissances qui lui prêtent soutien et multiplier les privilèges de ses inconditionnels et ses proches. Durant plus de trente ans quand le monde était encore bipolaire, le premier dictateur, au nom du peuple qui ne l’a jamais ni élu ni mandaté pour une telle action ou toute autre, s’est aligné sur l’Occident dans son ensemble et les États-Unis en particulier. Il a appuyé partout le colonialisme contre les peuples en lutte en Afrique, dans le Monde Arabe, en Amérique Latine et en Asie. Le plus ahurissant ce qu’il a eu le culot d’appuyer l’invasion du Vietnam par les américains, les sionistes en Palestine et de se déclarer un féroce ennemi de toute construction unitaire, régionale ou panarabe. En contre partie il recevait la bienveillance de cet Occident hypocrite et toujours colonial. Il lui est arrivé jusqu’à qualifier le peuple en Tunisie d’une poignée de poussière sans la moindre importance. Dans sa mégalomanie la Tunisie ne pouvait s’incarner qu’en sa figure. Tout ce qu’on considère des réalisations de l’ancien dictateur, qui ne le sont point, ont donné les retombées qu’on connait aujourd’hui sur tous les plans, le social, économique, politique et ainsi de suite. Que le docteur Marzouki ou toute autre personne ayant réussi dans leurs études pour devenir une référence ou un icone intellectuel ou politique en ces jours, sachent qu’elles ne doivent rien à ce premier dictateur et que tout succès est dû à leur propre mérite et un peu aussi à la chance. Ni plus ni moins, car ceux qui étaient aussi intelligents, plus brillants peut-être et beaucoup plus nombreux n’ont jamais réussi parce qu’ils n’ont pas eu la même chance. Tous ont sombré dans les années 60, 70 et 80, tout comme vont sombrer aussi des milliers d’intelligents et brillants durant les 23 dernières années sous la coupe du deuxième dictateur.

Les réalisations qui ont réduit les citoyens à l’esclavage.

Quant aux réalisations de ce deuxième dictateur, qui va bientôt disparaître, c’est sûr, elles ne sont reconnues que par ce qu’on appelle les « institutions internationales » les instruments de domination des puissances occidentales. Et en tant que tels ils n’ont aucune crédibilité ni scientifique ni morale quelconque. Des réalisations qui n’existent que dans l’imagination des barons et leurs rejetons, des scribes et des encenseurs du dictateur. Bien sûr que cette minorité a mis à profit ces six dernières décennies pour se remplir plein les poches au point de ne plus savoir quoi faire avec leurs immenses fortunes. Quand à Sidi Bouzeid, à Kasserine, à Tala, à Gafsa, à Redeyef, à Sfax, à Sousse, à Kairouan et dans tous les villes et villages du pays des millions de personnes survivent avec des revenus chétifs insignifiants et irréguliers, les membres de la nomenclature qui tournoient dans le giron du dictateur tout en accumulant des fortunes colossales ne se privent d’aucun luxe. Ils collectionnent les moyens de transport les plus opulents pour leurs déplacements dans l’espace du pays et disposent de jet privés pour leurs déplacements à l’étranger. Evidemment que sous le règne du deuxième dictateur les intérêts occidentaux se sont amplifiés sur le dos et la dignité de la population. Le premier dictateur a mis à profit la situation mondiale de l’époque pour s’aligner sur le capitalisme occidental contre le bloc socialiste et ainsi jouir de sa protection, alors que le deuxième dictateur tout en approfondissant dans la même ligne s’est acharné depuis 2001 sur les valeurs morales de la société pour démontrer son adhésion à la guerre menée par l’Occident contre ce qu’il appelle son nouvel ennemi, l’islamisme dans l’espoir que ce dernier continue à lui apporter son soutien. Tous les choix économiques du premier comme du deuxième dictateur répondent essentiellement aux intérêts de l’Occident et subsidiairement aux privilèges de cette classe d’opportunistes et de parasitaires, le tout en réduisant le peuple à l’esclavage pur et simple. Les esclaves du passé ont mis des siècles pour briser leurs chaînes. Mais les maîtres de ce monde et tous ces dictateurs ne semblent jamais à court d’idée. Ils ont inventé la délocalisation des manufactures et les secteurs les plus divers comme ce qu’ils appellent le tourisme, alors qu’en réalité il ne s’agit que d’un changement de tactique pour perpétuer la domination de l’Occident sur le reste des peuples de la planète. Bien entendu que les ficelles sont tenues par les fils du peuple élu qu’on connait et qui se trouvent aux leviers de tous les gouvernements occidentaux et leurs fameuses « institutions internationales ».
À chaque fois que le peuple se soulève le dictateur et les siens invoquent, comme excuse que la Tunisie se trouve être un pays sans richesses naturelles et par conséquent le gouvernement se trouve dans l’impossibilité d’offrir une vie décente à toute la population. Ils oublient que les fortunes colossales amassés par les barons du régime. On dirait qu’ils se sont expatriés durant des siècles et en revenant ils ont apporté avec eux tous les trésors de l’or et de l’argent des mayas ou des aztèques. En tout cas un tel argument est totalement faux. La Tunisie dispose de richesses immenses dans tous les domaines et se trouvent canalisées vers les puissances occidentales. Un tel argument n’a aucun sens quand on regarde partout où les dictateurs liés à l’Occident dans quel état se trouvent justement les peuples sous leur joug. L’Algérie est aussi riche, mais le peuple souffre les mêmes calamités. Idem est la situation en Arabie « Saoudite » et dans toutes les autres régions arabes, les riches en ressources naturelles et les moins riches. Partout les conditions de vie sont des authentiques conditions d’esclavage. Enfin de compte la raison de l’injustice n’a rien à voir avec les richesses naturelles. Elle est tout simplement la résultante de la dictature d’un seul homme ou d’une poignée d’individus.

Jours ordinaires d’un internaute tunisien
Mohamed a une arme: internet. Aujourd’hui, il craint la visite des «costumes noirs»…

Mohamed, alias Mandela.net, est de ceux qui se sont préparés depuis toujours au jour J, à l’insurrection de la rue. Il était de tous les combats insolites. Grèves de la faim des diplômés chômeurs, procès des étudiants sans logis, émeutes de lycéens, émeutes de jeunes contre une hausse présumée du prix du pain, la guerre des routiers, la révolte des vendeurs à la sauvette du Souk Moncef Bey, la grogne de mineurs de bassin minier de Gafsa, la révolte de petits trafiquants de Benguerdene. Il était toujours aux premières loges. Normal: il était parmi les 100 têtes d’affiches, ces enfoirés et têtes brûlées qui ont fait tourner en bourrique Ben Ali: «Il était de ceux qui n’ont pas laissé la Tunisie orpheline, au temps où la rue était en léthargie. Il était de ceux, pionniers, qui jouaient déjà sur le terrain de Ben Ali: corruption, despotisme et misère. Il n’a pas démérité…», avoue Oum Zied, la mère de tous les incorruptibles.
Accro aux proses subversives
Mais, de surcroît, Mohamed s’est mis à l’informatique, clef de l’internet, très tôt. Savait-il qu’avec cette arme, il ne sera pas recalé comme la plus part de l’ancienne garde, mais propulsé au devant des récents événements? Le soir, alors qu’il était en pyjama sur le bord du lit et qu’il attendait les informations de minuit en fumant encore une cigarette, Mohamed essaya de retrouver l’instant où ce beau mercredi 5 janvier 2011 lui avait échappé. Le matin avait été ensoleillé, frais d’une chaleur d’été se prolongeant en hiver, et pourtant la chaleur qui apparaîtrait vers 11 heures était déjà sensible, lumière et température rappelaient les journées endimanchées passées pendant lesquelles il tuait le temps dans un cybercafé. Son vice: se connecter sur des sites «tabous», malgré les conseils du gérant du café, un ami d’enfance, qui l’implore de ne plus s’aventurer sur des sites proscrits: Facebook, Twitter, YouTube, presse étrangère, organisations internationales des droits de l’homme, et autres sites anti-Ben Ali, comme Takriz, Tunisnews, Radio Kalima…
Mais comme un joueur, Mohamed ne s’arrêtera que lorsqu’il perdra sa dernière chemise. Le gérant du cybercafé l’a même prévenu que les autorités cherchent à repérer les personnes qui se connectent à un site bloqué. Mais Mohamed est «accro» de proses subversives. C’est plus fort que lui. «J’aurais dû m’arrêter à temps!», dit-il. En ce mercredi 5 janvier, jour d’enterrement du jeune chômeur diplômé qui s’est immolé à Sidi Bouzid, il y a vingt jours, tous les sites bloqués, par on ne sait quel sortilège, ont réapparu.
L’homme l’attend, le dévisage
Du coup, Mohamed ne peut plus s’arracher du petit écran de l’ordinateur… Jusqu’au moment où il sent qu’il attire trop l’attention: un homme grand, de carrure large, la dévisage avec impertinence. Dès qu’il sort du cybercafé, il sait que le type est là, à l’attendre, posté devant la porte de l’immeuble où il habite. Vers 13 heures, le téléphone sonne. Au bout du fil, personne. Mohamed pense à un avertissement, il se sent louche, suspect. Et se souvient soudain de ce passage d’un texte d’Amnesty International évoquant l’«intériorisation de la peur par la population».
C’est un sentiment presque palpable. Une sensation étrange entre le désir du vomissement et l’étourdissement. L’humiliation, c’est se sentir déshabillé des pieds jusqu’à la tête. Ses lectures interdites lui donnent des idées.
Il craint la visite des costumes noirs… Pour les autorités, qui ont posé la surveillance de leurs concitoyens en dogme, la Toile pose un redoutable problème. Comment, par exemple, tolérer que les innombrables sites de la résistance en exil soient visités en toute quiétude dans un pays où toute critique à l’égard du régime est considérée comme blasphème? Comment imaginer que des critiques qui circulent librement dans un pays «où on a atteint la perfection, où il n’y a pratiquement aucune opposition»? Car si on laissait au peuple tunisien accorder 99,99 % des suffrages à Ben Ali, ce ne serait plus un président, mais un dieu vivant…
«Aussi les zéros et quelques poussières qui ont dit non à Ben Ali doivent être renvoyés de son paradis», dit un internaute qui souhaite garder l’anonymat. Dans ce contexte, internet est perçu comme l’instrument du Malin. Officiellement, la Toile est sans frontières. «Internet pour tous», «Avec Internet, le mot impossible n’existe pas», «La Tunisie fête Internet» et tant d’autres slogans lancés par l’Agence tunisienne Internet (ATI) qui exerce la fonction de cyberpolice sur les principaux fournisseurs d’accès au réseau mondial.
La Tunisie, où internet est promu et filtré
Les deux fournisseurs privés, Planet.tn et Global.tn, sont dirigés par deux membres de la famille du président Ben Ali. Le régime s’enorgueillit d’être le premier pays africain à s’être connecté à Internet, de l’existence de mille publinets (des lieux d’accès à Internet mis en place par le gouvernement, NDLE) et du fait qu’en quinze ans le nombre d’internautes a crevé tous les plafonds (100 internautes en 1996 contre 3.6 millions en 2010). Des manifestations ont été organisées pour promouvoir l’utilisation d’internet auprès du grand public. Ateliers de sensibilisation et d’informations, concours ont eu lieu dans toutes les régions.
Démarchage agressif auprès des usages pour qu’ils connectent. «Pas de salut sans Internet. C’est le passeport de la modernité», slogan de l’ATI. Pourquoi, alors, la Tunisie est considérée comme l’un des cinq grands ennemis de l’Internet?
La réponse est venue de Human Rights Watch. L’organisation new-yorkaise étale au grand jour les prouesses de filtrage utilisées par le régime tunisien. La technique la plus fréquente demeure le verrouillage de certaines adresses Internet. Le courrier électronique fait, bien évidemment, l’objet de toutes les attentions des censeurs.
Le fournisseur d’accès ou les services spéciaux ont peu de mal à se brancher pour intercepter le message. Pis, les forums de discussion et les réseaux sociaux comme YouTube et Twitter qui permettent aux internautes de dialoguer entre eux sont vite repérés et ne sont plus accessibles. «Le régime tunisien s’est doté de programme, de logiciels et de machines qui scrutent en permanence le contenu des documents en interdisant l’accès dès qu’un mot clé jugé subversif apparaît», estime Eric Goldstein de Human Rights Watch. Dans son rapport de mission à Tunis, chaque année, Reporter Sans Frontières relève: «Il est arrivé que des internautes reçoivent la visite à leur domicile de policiers qui les interrogent sur les raisons de leur connexion, à telle ou telle adresse.» C’est dans ce climat de haute surveillance que Mohamed a péché. Il attend la peur au ventre, la descente des visiteurs de la nuit.
Taoufik Ben Brik

NOUS SOMMES TOUS DES TERRORISTES !!!

Par Sonia.D

Les tunisiens EXIGENT leurs droits à la dignité depuis toujours, pour le vil dictateur BEN ALI, ce sont des TERRORISTES.

Les tunisien exiegent d’être considérés comme des êtres humains, et non comme des esclaves, pour le dictateur barbare, BEN ALI, ce sont d’irresponsables TERRORISTES.

Les tunisiens refusent les forfaitures de la prébende et des thuriféraires, pour l’ignare dictateur, pour le tortionnaire flics maffieux qui règne à Carthage, ce sont des immatures et des TERRORISTES.

Les tunisiens veulent du travail, du respect et de la transparence, pour le vulgaire boucher BEN ALI, ce sont des TERRORISTES.

Les tunisiens veulent de la convivialité, du bonheur et de la solidarité, pour l’ignoble usurpateur Ben Ali, ce sont des TERRORISTES.

Les tunisiens veulent être citoyens à part entière, responsables de leurs choix et de leur vie, pour le général de pacotille Ben Ali, ce sont des TERRORISTES.

Les tunisiens EXIGENT la pratique de droit et de jure de toutes leurs libertés républicaines, pour le liberticide BEN ALI, ce sont des TERRORISTES.

Les tunisiens ne veulent plus de l’imposture, de l’opacité, de la dilapidation des biens publics, pour le maffieux Ben ALI, ce sont des TERRORISTES.

Les tunisiens refusent la faim, le chômage, l’endettement, la fuite des capitaux, pour le spéculateur Ben Ali,ce sont des TERRORISTES.

LES tunisiens REFUSENT radicalement la décadence, la dégénérescence, la décadence, la fuite des cerveaux, , pour le vampire sanguinaire BEN ALI, ce sont des TERRORISTES.

Les tunisiens exigent un état de droit, des élections libres, la fin du parti unique, la fin des scores trafiqués et les bourrages d’urnes, pour le falsificateur Ben Ali, ce sont des TERRORISTES.

Les tunisiens veulent l’égalité des chances, les compétences, le partage équitable des biens et être associés aux décisions qui concernenrt leur vie, pour le preneur d’otages BEN ALI, ce sont des TERRORISTES.

LES tunisiens EXIGENT la DÉMOCRATIE, l’honneur, le DROIT ET LA JUSTICE , POUR le hors-la-loi Ben Ali, ce sont des TERRORISTES
.

Les tunisiens veulent désigner en toute visibilité leurs représentants , leur gouvernants et le pouvoir politique de leur pays, pour l’illégitime félon BEN ALI, ce sont des TERRORISTES

Les tunisiens sont pour le modernisme, le débat des idées, la bonne gouvernance, l’alternative, pour l’archaïque passéiste et super menteur BEN ALI, ce sont des TERRORISTES.

Les tunisiens REFUSENT le népotisme, le clientélisme, la haine de soi et des autres, le mépris, la hogra, la dictature et la déchéance, pour le grand traître galonné BEN ALI, ce sont des TERRORISTES.

Les tunisiens REFUSENT la soumission aux lois et aux diktats des bandes armées, mauves du RCD, à leur terreur, leur médiocrité et leur folie, pour le débile shizophréne BEN ALI, ce sont des TERRORISTES.

Les tunisiens veulent et exigent d’être tout simplement des Hommes libres, conscients, responsables et patriotes, pour jouir de leurs droits et de leurs devoirs en toute humanité; à l’image de tous les autres peuples libres dont la seule qualité est de vivre en Démocratie, et en bonne intelligence, peuples libres et frères du monde qui se sont battus pour leur LIBERTÉ, qui ont renvoyé leurs tares et leurs dictateurs dans les oubliettes de l’histoire; c’est la seule issue pour la nation tunisienne pour survivre aux crimes de BEN ALI, et à plus de cinquante ans de dictature, restaurer notre constitution, nos institutions, établir un état de DROIT, et par la loi gommer une bonne fois pour toute, BEN ALI et sa guilde d’assassins et de criminels.

 Soyons réalistes, pragmatiques et honnêtes , c’est BEN ALI et ses complices, sa clique qui sont les seuls véritables TERRORISTES identifiés depuis toujours en TUNISIE.

Pour vous abonner à l’une des deux listes de diffusion de TUNISNEWS , il suffit d’envoyer un mail vide à :
Liste en langue Arabe: arabic.subscribe@tunisnews.net
Liste en langue Francaise (et autres langues Europeenees): french.subscribe@tunisnews.net