Cachez ce sein que je ne saurais voir …


l'origine du monde censurée

Tunisnews (N° 3648 du 19.05.2010 )a commis une faute, s’excuse auprès de ses lecteurs et censure ce qui déplaît. L’objet du délit, le crime de lèse-majesté ? L’interview de Taoufik Ben Brik parue sur reveiltunisien.org, SuxYdelik et Takriz où le journaliste s’exprime sans fard, sans cache-sexe devrait-on dire.

Hypocrisie.

Hypocrisie car cette interview a été envoyée deux fois à Tunisnews. Une première fois avec deux autres articles dans le même mail où un seul de ses articles a été retenu. Puis, pensant à un oubli de la part de Tunisnews, j’ai renvoyé une seconde fois l’interview qui a été publiée.

La chose qui me choque profondément ce n’est pas que Tunisnews s’accorde avec quelques uns pour jeter un « voile pudique » et censure l’expression de personnes qui n’y ont pas accès en Tunisie. Ce qui me perturbe ce sont les raisons invoquées pour la faire disparaître de ses archives. « Les propos crus, les grossièretés, ta mère » etc … Tunisnews ferait montre de pudibonderie afin de ne pas perturber la morale de quelques puritains ?

Je n’y crois pas un instant, les mêmes acceptant de publier des textes qui justifient les peines de prison pour délit d’opinion où on peut lire que celui qui insulte le dictateur a forcément sa place en prison. Et personne pour critiquer une telle insulte beaucoup plus grossière que n’importe quel terme de vocabulaire.

Je n’y crois pas d’avantage car ces excuses s’accompagnent de critiques de lecteurs d’une rare violence et illustrée de tout le pipotron habituel de formules toutes faites. Alors quoi ?

Restez polis mes petits enfants ! Critiquez mais restez dans les limites imposées par les obscurantistes tunisiens ! Préférez la vulgarité d’une dictature à la grossièreté des insoumis. Surtout ne changez rien à nos habitudes centenaires sinon cela va perturber nos petits repères et on sera obligé de cramer le premier porte-plume venu sur le bûcher .

On a le droit de penser du mal de Ben Brik, de ses écrits, de ses propos ou de ses comportements. Je m’offusque moi des gens qui planqués derrière leur morale hypocrite (la femme, la mère, l’honneur) renvoient la femme dans les placards à balais de la maison entre deux accouchements. Est-ce que ceux là ont finalement envie que cela change en Tunisie ? Quelle vision étriquée de la liberté d’expression, de la liberté de la femme et de la critique ont-ils ?

Alors je me demande finalement si c’est bien Ben Brik uniquement qui est visé par cette censure moralisatrice. N’est-ce pas au contraire ceux qui bousculent les vieilles habitudes, l’expression fade et sans conviction des modèles pré-fabriqués et importés, ceux qui cantonnent la femme dans un rôle de mère et d’épouse?

Remplacer la dictature de Ben Ali par l’intolérance des Cassandre à poils longs et à poils ras ?

Non merci.