Le cas Abbou


Source Amnesty International

Le
cas de Maître Mohamed Abbou est le plus révélateur,
en ce sens qu’il résume les principales violations des droits
de l’homme que connaît la Tunisie aujourd’hui.
 

Mohamed Abbou a été
jugé et condamné en appel à 3 ans et demi de prison
pour deux affaires :

  • l’une pour avoir
    diffusé sur internet un texte intitulé : "Abou
    Ghraïb d’Irak, Abou Ghraïb de Tunisie
    ". Les chefs
    d’inculpation étaient : " diffusion d’écriture
    de nature à troubler l’ordre publique et diffamation à
    l’égard des autorités judiciaires
    ".

    Pour Amnesty, il s’agit d’une atteinte flagrante à la liberté
    d’opinion.

    Maître Abbou a été condamné à 18
    mois de prison.

  • l’autre remontait
    à plus de deux ans, et concernait une plainte pour coups et
    blessures déposée par une avocate.
    Grâce à des documents médicaux falsifiés
    et sans avoir voulu entendre les témoins de l’incident , établissant
    le caractère mensonger de la plainte ni le prévenu lui-même,
    Mohamed Abbou a été condamné à 2 ans de
    prison.

Amnesty considère
qu’il s’agit uniquement, pour le pouvoir, de réduire au silence
les défenseurs des droits humains en punissant pour l’exemple une
des figures emblématiques
qui s’est toujours constitué
dans des affaires se rapportant aux délits d’opinion et aux droits
humains.
De plus Mohamed Abbou fait partie de plusieurs associations de droits
de l’homme comme l’Association des Jeunes Avocats, l’Association
Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques
(non reconnue
par le pouvoir) et le Conseil National pour les Libertés
(non reconnue par le pouvoir).

 

DERNIERE
MINUTE, ELEMENT NOUVEAU :

Nous venons d’apprendre
que le groupe de travail sur les détentions arbitraires des Nations
Unies (WGAD) a conclu, le 28 novembre dernier, à une détention
arbitraire en violation de l’article 19 de la Déclaration
Universelle des Droits de l’Homme et l’article 19 du Pacte International
relatif aux droits civils et politiques en ce qui concerne le cas de Maître
Mohamed Abbou. Le WGAD demande au gouvernement tunisien de se mettre en
conformité avec les normes internationales.

Les défenseurs
des droits humains sont harcelés par les autorités et courent
même le risque de se retrouver inculpés pour des infractions
pénales. Le cas de Maître Mohamed Abbou est le plus révélateur,
en ce sens qu’il résume les principales violations des droits
humains que connaît la Tunisie aujourd’hui.

Alors que le Président
ben Ali a permis la libération de 80 prisonniers politiques dont
les internautes de Zarzis les 25 et 26 février dernier, Maître
Mohamed Abbou est toujours détenu à la prison du Kef. Il
est en butte à des tracasseries et des agressions perpétrées
par des agents pénitentiaires et des prisonniers de droit commun
dont il partage la cellule.

 

AGIR
Ecrivez aux autorités tunisiennes et demandez
la libération immédiate et inconditionnelle de Maître
Abbou,
en recopiant ou téléchargeant
les modèles de lettres ci-dessous :

 

Monsieur
Zine el Abidine Ben Ali
Président de la République

Palais présidentiel
Tunis
Fax : 00 216 71 744 72

Avec copie à
:
Monsieur Béchir Tekkari

Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme
Ministère de la Justice et des droits de l’Homme
31, boulevard Bab Benat
1006 Tunis – La Kasbah

Fax : 00 216 71 568 10

 

  Monsieur
le Président,

J’ai appris
par Amnesty International que Maître Mohamed Abbou, avocat au barreau
de Tunis et défenseur des droits humains avait été
condamné en avril 2005 à 3 ans et demi de prison pour deux
affaires.

Une première
affaire concernait un article diffusé sur internet sur l’usage
de la torture en Tunisie et qui a valu à son auteur 18 mois de
prison. Il s’agit là d’une atteinte flagrante à
la liberté d’opinion.

Cette procédure
ne suffisant pas à déconsidérer Maître Abbou
aux yeux de l’opinion publique, le Tribunal a ressorti une affaire
de plainte pour coups et blessures déposée en 2003 par une
avocate. Grâce à des documents falsifiés et sans que
le Tribunal n’ait accepté d’entendre le prévenu
ni les témoins, Maître Abbou a été condamné
à 2 ans de prison.

De plus, je viens
d’apprendre que le Groupe de Travail sur les Détentions Arbitraires
des Nations Unies (WGAD) avait conclu le 28 novembre dernier que la détention
de Maître Abbou était arbitraire et en violation de la Déclaration
Universelle des Droits de l’Homme et de l’article 19 du Pacte
International relatif aux Droits Civils et Politiques.

C’est pourquoi,
je vous demande la libération immédiate et inconditionnelle
de Maître Abbou.

Dans l’espoir
d’un accueil favorable à cette lettre, je vous prie d’agréer,
Monsieur le Président, l’expression de ma haute considération.

Nom,
prénom
Adresse, pays

Date, signature

 

 

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