Communiqués depuis l’arrestation de Mohamed Abbou


(L’ensemble des communiqués est publié sur le site du CPR->http://cprtunisie.net/rubrique.php3?id_rubrique=32]. Le lecteur devra se référer aux dates de signature des communiqués et non aux dates de publication.

Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou
Le régime tunisien s’affole et s’en prend aux avocats
mardi 3 mai 2005.

Le désastre judiciaire, mais aussi médiatique occasionné par le procès Abbou en présence d’observateurs internationaux atterrés par le déroulement des évènements, a mis le régime tunisien dans tous ses états.

Les appareils de l’Etat viennent d’être mis en alerte et mobilisés pour venir au secours d’un régime aux abois.

Les journaux de caniveaux se sont lancés au lendemain du procès dans une vraie opération de lynchage organisé contre des avocats qu’ils qualifient de « bandes d’individus égarés ».

Les avocats du RCD, parti au pouvoir, viennent de publier un communiqué dans lequel ils se démarquent « d’une poignée d’avocats qui déshonorent la profession » et à travers lequel ils assurent le président Ben Ali de leur soutien !!

Quant au Conseil Supérieur de la Magistrature, il s’est réuni aujourd’hui en session extraordinaire au siège du ministère de la Justice et des droits de l’Homme, tout en exprimant « sa haute considération au président Ben Ali, président du Conseil Supérieur de la magistrature… », a tenu des propos fermes à l’encontre des avocats appelant les magistrats à prendre « toutes les mesures qui s’imposent » en vue de maintenir l’ordre.

La réponse n’a pas tardé : Faouzi Ben Mrad, avocat au Barreau de Tunis et très en vue jeudi dernier (parmi les 9 avocats qui ont brillamment pris la parole lors du procès Abbou) vient d’être arrêté et condamné à quatre mois de prison ferme par le tribunal de Grombalia pour outrage à magistrat.

La télévision publique n’est pas en reste. Tout en célébrant à sa manière »la journée internationale de la liberté de la presse », elle a fait de larges échos de cette campagne sans précédent contre les avocats solidaires avec leur collègue Mohamed Abbou kidnappé puis condamné à trois ans et demi de prison ferme.

D’autre part, un nombre impressionnant de policiers assiègent depuis hier soir la Maison de l’avocat où continue à se dérouler le Sit-in des avocats commencé sans interruption depuis le 5 avril dernier. Ces derniers s’attendent à une incursion d’une minute à l’autre de policiers déchaînés et grossièrement menaçants.

Le Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou s’inquiète pour la sécurité des avocats. Il met en garde le régime contre cette escalade dangereuse. Il réclame la libération immédiate et conditionnelle de Mohamed Abbou et de Faouzi Ben Mrad.

Paris, le 03 mai 2005
Imed Daîmi, Vincent Geisser, Chokri Hamrouni
Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou

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Comité international Pour la Libération de Mohamed Abbou
Mohamed Abbou : encore une leçon de dignité
samedi 14 mai 2005.

Le Comité international Pour la Libération de Mohamed Abbou informe l’opinion publique nationale et internationale que Maître Abbou a décidé de mettre fin à sa grève de la faim.

Il a annoncé cette décision à sa femme qui est allée lui rendre visite hier à la prison du Kef. L’avocat kidnappé et illégalement emprisonné depuis le premier mars dernier, a pris cette décision après que ses avocats lui aient recommandé de le faire. Mohamed Abbou a par ailleurs confirmé à son épouse et son avocate Leila Ben Mahmoud que la revendication principale de sa grève de la faim était d’améliorer la situation de ses co-détenus et de leur permettre l’accès au soin.

Admiré à l’extérieur de la prison, Mohamed Abbou l’est aussi à l’intérieur. Ses co-détenus et ses geôliers lui vouent respect et admiration.

Toutefois, les autorités carcérales continuent de le priver de ses correspondances. Toutes les lettres, qu’il doit recevoir de sa femme ou qu’il lui envoie, ne parviennent jamais à leur destination.

Il est inadmissible que le régime tunisien continue ses basses besognes à l’encontre de Mohamed Abbou en le privant lui et sa famille des seuls droits qui lui restent : maintenir des liens avec sa famille.

Le Comité international pour la Libération de Mohamed Abbou dénonce ses pratiques d’un autre temps, il condamne par ailleurs fermement la répression policière de la délégation qui a voulu rendre une visite de sympathie et de solidarité à la famille de l’autre avocat illégalement emprisonné : Faouzi Ben Mrad.

Le Comité Intenational pour la Libération de Mohamed Abbou réclame la libération immédiate et inconditionnelle des deux avocats et la fin du harcèlement de Maître Sonia Ben Amor, et au-delà, l’arrêt de la campagne de dénigrement qui vise à discréditer les avocats libres.

Paris, le 13 mai 2004

Imad Daïmi, Vincent Geisser, Chokri Hamrouni

Comité international Pour la Libération de Mohamed Abbou


Affaire Abbou : La mobilisation continue.
mardi 29 mars 2005.

L’arrestation de Mohamed Abbou est révélatrice de l’énorme mépris que voue le régime tunisien à la parole libre mais aussi et paradoxalement aux lois en vigueur du pays dont il est pourtant auteur et garant.

Mais tout à l’opposé, une société civile persécutée, divisée et censurée arrive à se ressouder et oublier ses divergences pour parler d’une seule voix et dire Non à l’arbitraire.

L’arrestation de Me Abbou et la mobilisation qui s’en est suivie est en même temps un affront au régime et un espoir pour une opposition qui a su retrouver ses valeurs. Cet élan de solidarité méritoire, ne doit pas faiblir.

Les signataires du présent appel, l’ont promis : œuvrer pour la libération de Mohamed Abbou et de tous les prisonniers d’opinion. Les autres considérations dépassent les priorités que le Comité s’est modestement fixées. Nous refusons que Mohamed Abbou et sa famille, dont nous connaissons parfaitement la situation tragique, puissent servir de caution à une cause aussi légitime qu’elle soit. Le courage de ces grands militants de la liberté est un exemple. Il ne doit pas se transformer en rente.

« Les emmurés de la honte » attendent de nous détermination et persévérance. Par leur bravoure, ils ont lavé un peu de nos carences. Nous savons que nous leur devons beaucoup.

Il est indispensable de continuer ce combat dur et éprouvant dans l’obstination et la dignité.

Paris, le 29 mars 2005 Chokri Hamrouni, Comité International pour la libération de Mohamed Abbou


Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou
A Procès en appel scandale en appel
vendredi 10 juin 2005.

« Incroyable ! », « ahurissant ! », « grotesque ! », « invraisemblable ! », « du jamais vu ! », « quand est-ce que on va revenir sur terre ? »…Les avocats et tous les observateurs présents au procès en appel de Mohamed Abbou ne reviennent pas ! Leur désarroi est total !

Dans un climat de terreur, de grand banditisme d’Etat où la police politique s’est emparée du palais de justice, s’est déroulée, en pire et en plus tragique, la deuxième phase du plus grand scandale judiciaire de la Tunisie de Ben Ali.

Les avocats venus ce matin avec des roses où on peut lire la transcription suivante « Liberté pour Abbou » (offertes surtout aux citoyens), ne s’attendaient pas à ce scénario inédit d’un état de siège et d’une hostilité sans commune mesure à leur égard.

En première instance, ils avaient été empêchés de plaider. En appel, c’est encore pire ! On leur a interdit tout crûment l’accès au palais de justice.

Les représentants de la société civile tunisienne, les journalistes indépendants (à l’exception de ceux de l’AFP et de Reuters), les observateurs tunisiens ont été refoulés et empêchés d’assister au procès. Seuls les avocats étrangers, les diplomates et les observateurs internationaux ont pu pénétrer à la salle d’audience pour être évacués (sans aucune autre explication) à l’annonce du verdict.

Dans ce climat tendu et délétère, les avocats et à leur tête le bâtonnier ont décidé de se retirer et de ne pas plaider dans un procès où les conditions minimales d’équité et d’indépendance ne sont pas garanties.

Evacués après avoir été autorisés à entrer, les avocats solidaires de leur collègue ont été finalement empêchés d’assister à l’annonce du jugement comme par ailleurs Samia Abbou , l’épouse de l’avocat victime de cette machination policière et judiciaire.

Résultats d’une journée devenue presque banale d’une dictature au sommet de son arbitraire :

 Des cœurs brisés. Ceux de l’épouse, des enfants, de la famille et de tous les amis de Mohamed Abbou.

 Des avocats humiliés et une profession dépossédée de ses attributs et de son honneur.

 Une juge (Faïza Snoussi) ajoutée à la liste noire des juges corrompus et aux ordres.

 Une justice anecdotique qui ressemble à un champ de ruine.

 Une image de la Tunisie irréversiblement écorchée.

 Un régime résolu préparé à la répression de la rue (les avocats n’ont pas manqué de constater les nouvelles techniques utilisées par les forces de l’ordre pour placer les cordons et repousser les avocats).

 Mais en même temps notre détermination à continuer le combat jusqu’à la libération inconditionnelle de Mohamed Abbou.

Paris, le 10 juin 2005

Imad Daïmi, Vincent Geisser, Chokri Hamrouni

Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou

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Comité international pour la Libération de Mohamed Abbou
Affaire Abbou : jusqu’au bout
mardi 26 avril 2005.

A quelques heures seulement du procès, la mobilisation nationale et internationale en faveur de Mohamed Abbou est à son comble.

Les avocats organisés dans le cadre du Comité de Défense de Mohamed Abbou continuent de surprendre par leur courage, leur dignité et leur grande capacité d’organisation.

Accueillant les visiteurs toujours aussi nombreux, répondant aux questions des journalistes, prenant en charge les observateurs qui commencent à affluer, organisant les plaidoiries, répartissant les tâches de traduction et d’accompagnement…Les avocats impressionnent !

Le Comité international pour la libération de Mohamed Abbou tient à remercier le parti socialiste français pour sa position ferme et sans ambiguïté (communiqué du 27 avril) appelant à la libération immédiate de Mohamed Abbou. Il salue également la réaction de la députée européenne Hélène Flautre alertée par le sort de Mohamed Abbou et décidée à œuvrer pour sa libération.

Le Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou tient encore une fois à assurer le vaillant avocat de son soutien et de sa sympathie, ainsi que sa famille et tous ses amis et collègues dignes dans l’épreuve. Il remercie tous ceux qui se sont mobilisés aux côtés de Mohamed.

Il espère un dénouement heureux à cette affaire et promet de continuer le combat jusqu’à sa libération.

Paris, le 26 avril 2005, Imad Daïmi, vincent Geisser, Chokri Hamrouni Comité international pour la Libération de Mohamed Abbou

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Affaire Abbou : le bras de fer continue
lundi 18 avril 2005.

A dix jours d’un procès qui s’annonce rude et dont les enjeux dépassent le seul cadre juridique, l’action des avocats organisés en sit-in depuis 14 jours ne connaît pas de répit, ces derniers ont promis de maintenir la pression jusqu’à la libération de leur confrère.

Par ailleurs, tous les amis de Mohamed à l’intérieur et à l’étranger poursuivent leur mobilisation jusqu’à ce qu’il soit mis fin à cette injustice abjecte qui n’avait pas lieu d’être si le régime tunisien n’avait pas fait montre d’un mépris aussi grotesque pour les lois qu’il a lui même promulguées.

D’un autre côté, le régime tunisien continue sa fuite en avant en interdisant encore une fois aux avocats la visite de leurs confrères à la prison du Kef et ce, en dépit d’une autorisation préalable qu’ils se sont procurés à Tunis. Aujourd’hui, ce sont MM Samir Dilou et Néjib Hosni qui ont fait les frais de cette nième mesure illégale et arbitraire.

A l’étranger, les mêmes consignes d’intransigeance et de fermeture ont été données aux services consulaires et diplomatiques. Ces derniers ont refusé de recevoir le dossier Mohamed Abbou préparé et distribué par des représentants du Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou (une cinquantaine de pages en langue étrangère sur ce qui a été dit au sujet de cette triste affaire)

Le Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou tout en dénonçant la fuite en avant d’un régime bousculé tout d’abord par le franc parlé de maître Abbou et ensuite par le mouvement de solidarité qu’ont suscité son kidnapping et son arrestation depuis cinquante jours maintenant, appelle tous ceux qui ont vu en cette avocat un symbole du combat pour la liberté et la démocratie à ne pas fléchir et à continuer à réclamer sa libération immédiate et inconditionnelle.

Paris, le 18 avril 2005
Imad Daïmi, Vincent Geisser, Chokri Hamrouni
Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou


Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou
Affaire Abbou : Le procès de la honte
jeudi 28 avril 2005.

Comme prévu, le procès tant attendu de Mohamed Abbou s’est ouvert aujourd’hui dans des conditions déplorables.

Assiégé par un nombre impressionnant de policiers, le palais de justice ressemblait aujourd’hui à une émeute. Avocats venus en nombre, journalistes, observateurs, diplomates ont dû attendre longtemps avant de pouvoir regagner le tribunal de première instance.

Plusieurs agressions ont eu lieu à l’entrée du palais de justice et les policiers ont interdit l’accès à l’enceinte du palais à plusieurs personnes, le plus souvent des membres de la société civile tunisienne.

Le procès qui se déroule encore jusqu’à la rédaction de ce document et qui ira vraisemblablement jusqu’à une heure tardive de la soirée, a été entaché par des irrégularités flagrantes.

Levant l’audience à deux reprises, une première fois lorsque les avocats avaient scandé l’hymne national à l’entrée de Mohamed Abbou, et une deuxième fois pour délibérer au sujet des plaidoiries des avocats ce qui n’avait pas manqué de susciter la colère et les huées des avocats scandalisés par ses manquements graves.

Mais le plus grave dans cette parodie de justice est la décision du juge Mahrez Hammami de juger deux affaires en même temps et par conséquent d’interdire à Mohamed Abbou et ses avocats de préparer leur défense.

Ce mépris de la loi s’est déroulé en présence d’un grand nombre d’observateurs nationaux et internationaux.

Il faut noter comme le souligne la dépêche de l’AFP que « pour la première fois la présence d’une mission commune d’observation des pays de l’Union européenne (UE, France, Belgique, Allemagne, Grande Bretagne, Pays-Bas). Sont également présents des diplomates des Etats-unis et du Canada, notamment, des représentants de l’organisation de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch (HRW), de la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH), des Barreaux de Paris et francophone de Bruxelles, de la Commission internationale des Juristes, Avocats sans frontières (Pays-Bas), de la Commission internationale des Juristes, de l’Observatoire des droits de l’Homme, de la Commission arabe des Droits de l’Homme.

Le Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou qui suit heure par heure le déroulement du procès, met en garde le régime contre toute tentative de manipulation et de camouflage voulant transformer le procès en une simple affaire de droit commun, et par conséquent, maintenir Abbou en prison et délégitimer le mouvement de solidarité sans précédent avec lui. Il promet de maintenir la mobilisation jusqu’à sa libération.

Paris, le 28 avril 2004
Imad Daïmi, Vincent Geisser, Chokri Hamrouni
Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou


CILMA
Affaire Abbou : le régime accentue la répression
mardi 14 mars 2006.

Maître Mohamed Abbou s’apprête à passer sa 400ème nuit en prison.

Kidnappé dans la rue puis incarcéré injustement depuis le premier mars 2005, cet avocat de la liberté, comme le surnomment ses pairs, doit purger une peine de prison ferme de trois ans et demi pour avoir osé écrire sur les dérives du régime tunisien et en particulier le président en exercice Ben Ali.

Une année d’acharnement policier, judiciaire et médiatique n’a pas suffi à assouvir l’appétit de vengeance d’une dictature qui a fait de la chasse aux opposants son domaine de prédilection !

Après avoir violemment empêché, il y a quelques jours la tenue d’un rassemblement de protestation devant la prison du Kef, le régime tunisien s’est retourné encore une fois contre Mohamed Abbou en dressant contre lui des agents pénitentiaires et des prisonniers de droit commun (ou ceux qui en reste après la libération de centaines d’entre eux !) et ce afin de rendre infernal son séjour carcéral.

Menaces, insultes, humiliations de tout genre, agressions sont devenus donc le quotidien de Maître Abbou qui vient d’alerter ses avocats au sujet de ce stratagème abjecte.

En guise de protestation contre son incarcération et les conditions de sa détention, sa femme Samia Abbou refuse de se contenter d’une visite aussi courte (trois minutes) qu’éprouvante. Elle a décidé de manifester sa colère et son indignation devant la prison où « est tenu en otage son mari », bravant ainsi les barbouzes déchaînés du régime dépêchés tous les jeudis au Kef (jour et lieu de la visite hebdomadaire).

Devant cet acharnement qui ne finit pas, Mohamed Abbou a décidé d’entamer une nouvelle grève de la faim. Sa famille, ses avocats et ses amis craignent que cette nouvelle abstention ne porte un préjudice irrémédiable à sa santé.

Le Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou, tient le régime tunisien, et en premier lieu le président Ben Ali, pour responsable de toute atteinte à l’intégrité physique de Mohamed. Il réclame encore une fois sa libération immédiate et inconditionnelle, il promet enfin d’intensifier la mobilisation jusqu’à ce qu’il soit mis fin à cette injustice.

Paris, le 12 mars 2006

Imad Daïmi, Vincent Geisser, Chokri Hamrouni

Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou

Contact : abboulibre@yahoo.fr


Affaire Abbou : une affaire d’Etat
mercredi 4 mai 2005.

En prononçant un verdict honteux qui a tout d’un scandale judiciaire, le pouvoir tunisien pensait pouvoir étouffer le dossier Abbou et démobiliser ses défenseurs. Peine perdue !

Le régime s’est enfoncé dans un processus régressif de négation du droit et l’affaire Abbou est devenue, d’une banale publication de texte sur Internet, une affaire d’Etat. Une gestion on ne peut plus calamiteuse qui en dit long sur la nervosité d’un régime qui commence à douter, qui a peur de la petite brèche, de la petite flamme… Qui a peur que les Tunisiens ne commencent à se rendre compte qu’il est vulnérable et faillible.

Les appareils de la dictature sont mis en état d’alerte. Et les communiqués, de soutien au « chef de l’Etat » et d’insulte aux avocats, occupent des espaces considérables dans la presse écrite et les médias !

Quel spectacle affligeant ! Un président pourtant confortablement « plébiscité » qui a besoin de consolation, qui a besoin qu’on lui répète à longueur de journée qu’il a raison et que les autres (les avocats) aillent au diable (en prison).

D’un autre côté, Cette escalade dangereuse dans la répression des voix discordantes n’a pas manqué de provoquer selon le langage militaire « des dommages collatéraux » ou selon les économistes des effets à « externalités négatives ». En effet, au moment où un certain nombre de Tunisiens commençaient à reprendre espoir en une « réconciliation » qu’ils appelaient de leurs vœux, eux qui ont pourtant gravement souffert de la dictature, le régime n’a pas voulu s’engager dans cette voie (en optant par exemple pour une issue heureuse au dossier Abbou). Au contraire, il a choisi ce moment pour frapper fort et tuer cet espoir dans l’œuf, et par conséquent renvoyer les Tunisiens à leur triste réalité : une dictature qui ne cède pas.

Quel gâchis !

Paris, le 04 mai 2005
Chokri Hamrouni
Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou


Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou
Affaire Abbou : Une journée d’une rare violence
vendredi 6 mai 2005.

Comme prévu, les avocats se sont donnés rendez-vous aujourd’hui dans le hall du palais de Justice, et ce pour répondre au mot d’ordre lancé par le Conseil de l’Ordre National des Avocats de Tunisie dans son dernier communiqué.

Le rassemblement était pacifique. Mais le régime tunisien ne l’entendait pas de cette oreille. Un nombre impressionnant de policiers déchaînés ont été dépêchés sur place. Ils ont envahi ce centre névralgique de la justice tunisienne et ont procédé à l’évacuation des lieux avec une rare violence.

Des avocats tabassés, des robes noires déchirées…Plusieurs avocates ont été traînées par terre, piétinées et tirées par les cheveux…Un spectacle déplorable…Un couvre feu qui ne dit pas son nom.

De nombreuses blessures ont été enregistrées dans le rang des avocats devenus en l’espace de quelques semaines les ennemis jurés d’un régime aux abois.

Le bras de fer continue donc, et les avocats ne sont pas prêts à céder.

Il est vrai que la gestion calamiteuse du régime a créé des affaires dans l’affaire (kidnapping de Me Abbou) : Agression et humiliation des avocats et du bâtonnier, falsification de documents, transfert illégal de prison, scandale judiciaire du 29 avril, incarcération et condamnation de Me Faouzi Ben Mrad, sit-in dérangeant le 5 avril commencé le 5 avril sans interruption, agression puis ouverture d’une instruction à l’encontre de Me Sonia Ben Amor, intervention grotesque (incitation à la chasse aux avocats) du Haut Conseil de la Magistrature, lynchage médiatique organisé…Une vraie déclaration de guerre contre les gardiens du Droit…Ces avocats modèles qui sont en train de faire vibrer les Tunisiennes et les Tunisiens soifs de liberté.

Le Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou appelle les communautés nationale et internationale à soutenir les avocats dans leur combat pour le règne du Droit et de la Justice. Il y va de l’avenir et de la sécurité d’un peuple où l’arbitraire risque de prendre définitivement le dessus.

Le Comité réclame la libération immédiate et inconditionnelle de Mohamed Abbou et de Faouzi Ben Mrad et la fin de cette campagne grotesque à l’encontre des avocats.

Paris, le 06 mai 2005
Imad Daïmi, Vincent Geisser, Chokri Hamrouni
Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou

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Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou
Appel
mercredi 8 juin 2005.

Quarante huit heures nous séparent du procès en appel de Maître Mohamed Abbou kidnappé et emprisonné depuis le premier mars dernier et condamné à trois ans et demi de prison ferme à la suite d’un scandale judiciaire sans précédent dans les annales de la Justice tunisienne.

Ce procès dont les enjeux sont d’une extrême gravité pour l’avenir d’un pays sous tension, focalise toutes les attentions et ouvre la voie à tous les scénarios : une fuite en avant aux conséquences tragiques, ou une décision sage et responsable permettant tous les espoirs.

Le Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou, conscient de l’importance que recouvre cet évènement pour l’avenir de la Justice tunisienne clouée au pilori depuis la mascarade judiciaire du 28 avril dernier, appelle :

 les autorités tunisiennes à la sagesse et à saisir cette nouvelle chance pour rendre à la Justice sa fierté et sa crédibilité ;

 les avocats tunisiens et étrangers à se présenter en nombre pour défendre leur collègue et au-delà l’honneur de leur profession ;

 les observateurs nationaux et internationaux à venir assister au procès qui doit se dérouler au vu et au su du plus grand nombre ;

 les amis de la Tunisie à maintenir la pression et à rester inflexible quant à l’issue de cette affaire ;

 tous les amis de Mohamed Abbou à poursuivre leur mouvement de solidarité jusqu’à sa libération inconditionnelle ;

 la famille de Mohamed Abbou à rester, comme elle l’a toujours été, digne dans l’épreuve.

Paris, le 08 juin 2005

Imad Daïmi, Vincent Geisser, Chokri Hamrouni

Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou

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Appel international pour la libération de Me Mohamed Abbou
mercredi 23 mars 2005.

Mohamed Abbou : Avocat de la liberté

Maître Mohamed Abbou, avocat au Barreau de Tunis, est encore sous les verrous depuis son arrestation troublante le 1er mars dernier (kidnappé sur la voie publique par des policiers en civil, selon sa famille et ses avocats).

Me Abbou est connu pou être l’un des plus farouches défenseurs des droits de l’Homme et de la liberté d’expression dans un pays où ces mêmes droits sont systématiquement bafoués.

Ancien membre du comité directeur de l’Association Tunisienne des Jeunes Avocats (ATJA), membre du Centre Tunisien pour l’Indépendance de la Justice (CIJ), où il est en charge du dossier « des affaires justes », membre fondateur de l’Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques (AISPP), membre du Conseil National pour les Libertés en Tunisie (CNLT) et membre dirigeant d’un parti politique (le Congrès Pour la République), Mohamed Abbou a été à plusieurs reprises mandaté par des ONG internationales pour plaider la cause de défenseurs de droits de l’Homme devant les tribunaux de leurs pays respectifs.

Ce jeune avocat s’est souvent distingué par ses brillants plaidoyers en faveur des victimes de la répression policière à l’occasion des nombreux procès politiques, dont le régime tunisien est devenu coutumier.

Mais Mohamed Abbou possède aussi une belle plume, ses écrits caustiques pointent du doigt les dérives répressives du régime tunisien. L’un de ses écrits, dans lequel il comparait les geôles tunisiennes à la célèbre prison irakienne de « Abou Gharib », lui a valu d’être arrêté et déféré devant la justice pour répondre de l’accusation de « publication de fausses nouvelles de nature à troubler l’ordre public » en vertu du code pénal et de l’inique code de la presse. Selon ses avocats, il encourt une « lourde peine pouvant aller de 10 à 15 ans de prison ».

L’arrestation de Mohamed Abbou en transgression des règles régissant la profession (toute procédure pénale devant transiter par la section des avocats dont il dépend), l’interdiction – d’une rare violence – (au sein même du Palais de Justice) aux centaines d’avocats, venus de toutes les régions, d’assister leur confrère, son transfert arbitraire à la prison du Kef le privant ainsi de la visite de sa famille et enfreignant son droit à la défense, l’agression et l’humiliation du bâtonnier Abdessattar Ben Moussa par le juge d’instruction Faouzi Sassi le 16 mars dernier, dénotent de la nervosité d’un régime en proie à la montée des contestations d’une rue de plus en plus désenchantée. L’invitation du Premier ministre israélien, Ariel Sharon, par le Président Ben Ali et, la répression policière qui s’en est suivie, n’a fait qu’accélérer la volonté du régime de faire taire Me Abou en procédant à son incarcération.

La Tunisie qui s’apprête à accueillir la deuxième phase du Sommet Mondial sur la Société de l’Information n’avait pas besoin de cette nième dérive autoritaire. Le mouvement de sympathie sans précédent avec Mohamed Abbou (largement soutenu par les magistrats et les avocats en grève générale le 10 mars dernier) atteste de l’impatience palpable de Tunisiens voyant en Mohamed Abbou un porte drapeau de ce combat pour la liberté et la démocratie.

Le « Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou », et les personnes signataires du présent texte réclament l’élargissement immédiat de l’avocat (et par delà la libération de tous les prisonniers d’opinion), ainsi que la fin de toutes les poursuites judiciaires à son encontre.

Paris, le 23 mars 2005

Imad Daïmi, Vincent Geisser, Chokri Hamrouni : Coordinateurs de l’appel.

Liste des premiers signataires : Des amis de la Tunisie : – Michel Camau Professeur des Universités – IEP d’Aix-en-Provence

 Rony Brauman Professeur associé à Sciences Po – Ex président de Médecins Sans Frontières (MSF)

 Najib Nouami Avocat, Ancien ministre de la justice du Qatar

 Jean Baubérot Directeur d’études à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes

 Haytham Mannaa Porte Parole de Arab Commission for Human Rights (ACHR)

 Evelyne Sire-Marin Magistrat, Co-présidente de la fondation Copernic

 Claire Villiers Vice présidente du conseil régional Ile de France, alternative et citoyenne

 Ahmed Mahiou Agrégé des facultés de droit, directeur de recherche émérite au CNRS

 Richard Wagman Président de l’Union juive française pour la paix (UJFP)* (titre pour fins d’identification seulement)

 François Gèze Président-directeur général des Editions de la Découverte

 Abdallah Khalil Avocat, Membre du « Réveil de la société civile en Syrie »

 Haytham Maleh Président de Human Rights Association in Syria (HRAS)

 Lise Garon Politologue, professeure à l’Université Laval – présidente du GEPANC (Groupe d’études politiques sur l’Afrique du Nord contemporaine) – Auteure du livre : « Le silence tunisien »

 François Burgat CNRS IREMAM (Institut de Recherches et d’Etudes sur le Monde Arabe et Musulman)

 Hugues Jallon Editeur, directeur de collection aux éditions La Découverte.

 Violette Daguerre Président de ACHR

 Nasser Ghazali Président du Centre de Damas pour les Etudes théoriques et Droits Civiques.

 Guy Drouot Maître de conférence – Institut d’Etudes Politiques – Aix-en-Provence

 Richard Banegas Maître de conférences en science politique, Université Paris 1 Sorbonne Directeur de Publication : « Politique africaine »

 Isabelle Grangaud Chargée de recherche IREMAM-MMSH

 Gwenola Le Naour ATER en science politique – IEP d’Aix-en-Provence

 Françoise Frugier Employée de banque syndicaliste – Bordeaux

 Patrick Hutchinson Professeur anglais Institut d’Etudes Politiques d’Aix-En-Provence

 Juliette Honvault Chargée de recherches CNRS – IREMAM

 Michèle Sibony Enseignante – Paris

 Mr Armel Mahe Employé de banque – Syndicaliste CGT

 Claudie Hubert Avocate au Barreau d’Aix-en-Provence

 Benoît Hubert Avocat au Barreau d’Aix-en-Provence

 Nicole Kahn (France)

 Dr Messali Mouslim Chercheur à la KUL, Belgique

 Ali Ben Saad Maître de conférences – Université de Provence (Aix-Marseille 1)

 Mahmoudi Naziha Etudiante en psychomotricité – Bruxelles/Belgique

 Serrat lahcen Ecrivain et journaliste marocain

 Florence Bouillon SHADYC- EHESS Marseille

 Fabien Labarthe Université d’Avignon

 Salima Mellah Journaliste, Algérie

 Nidhal Hamadé Observatoire Français des Droits de l’Homme (OFDH) Paris

 Mohamed Soukaria Médecin, Rencontres Culturelles Arabes, Liban

 Salah Eddine Sidhoum Chirurgien, Observatoire des Droits de l’Homme(OADH), Algérie

 Anouar Koutchoukali Justitia Universalis – La Hage

 Janine Borel Militante des D.H. – France

 Abbas Aroua Universitaire, Lausanne, Suisse

 Pr. Werner Ruf Université Kassel, Allemagne

 Philippe de Briey Membre du comité de rédaction de la revue « Espérances des peuples »

 Rachid Mesli Avocat Algérien

 Ahmed Simozrag Avocat, Ouagadougou

 Bernard de Guchteneere Bruxelles – Belgique

 Beddy Ould Ibnou Porte parole Front Populaire Mauritanien

 François Siino CNRS

 Mohamed Taheri Avocat algérien

 Vincent Geisser Chercheur à l’IREMAM

 Carin Atterling-Wedar Ecrivain et journaliste, décorée par le président Bourguiba en 1963

 Mr Peter Lamming Sociologue et chef de service

 Mr Sami Makboul Président de l’Association palestinienne á Stockholm.

 Philippe CORCUFF Maître de conférences de science politique Institut d’Etudes Politiques de Lyon

Personnalités de la société civile tunisienne :

 Samia Hamouda Epouse Abbou

 Ahmed Manaï Institut Tunisien des Relations Internationales (ITRI) – Paris

 Mokhtar Trifi Président de La Ligue Tunisienne de défense des Droits de l’Homme

 Khemais Chammari Ancien vice Président de la FIDH

 Radhia Nasraoui Avocate, Présidente de l’Association Tunisienne Contre la Torture (ATCT)

 Bechir Essid Avocat, Ancien Bâtonnier (Tunisie)

 Ali Ben Salem Président de l’Amicale Nationale des Anciens Résistants

 Mokhtar Yahyaoui Président du Centre Tunisien pour l’Indépendance de la Justice (CIJ)

 Souhair Belhassen Journaliste, Comité directeur de la LTDH

 Mohamed Nouri Avocat, Président de l’Association Internationale de Solidarité avec les Prisonniers Politiques (AISPP)

 Mustapha Ben Jaafar Président du Forum Démocratique Forum Démocratique pour le Travail et les Libertés (FDTL)

 Moncef Marzouki Président du Congrès Pour la République (CPR)

 Ahmed Najib Chebbi Secrétaire général du Parti Populaire Progressiste (PDP)

 Hamma hammami Porte-parole du Parti Communiste des Ouvriers tunisiens (PCOT)

 Rached Ghannouchi Président Mouvement Ennahdha

 Lotfi Hajji Président du Syndicat des journalistes tunisiens (SJN)

 Fathi Chamkhi RAID ATTAC Tunisie

 Mohamed Goumani Membre du bureau politique du PDP, LTDH

 Kamel Jendoubi Militant des droits de l’Homme

 Abdelwahab Matar Avocat, Membre du CPR et du comité de Défense de Me Abbou

 Samir Dilou Avocat, Membre du Comité de Défense de Me Abbou

 Samir Ben Amor Avocat, AISPP, Membre du Comité de Défense de Me Abbou

 Anouar Kanzari Président de l’UGET-France (France)

 Lotfi Hammami Ancien détenu politique, Cadre de l’UGET (France)

 Sami Ben Abdallah (France)

 Abdellatif Bensalem Membre du Conseil National des Libertés en Tunisie (CNLT)

 Dr. Fethi Jerbi Universitaire, Membre du CPR.

 Abderraouf Ayadi Vice-président du CPR, Membre du comité de défense de Me Abbou

 Salim Ben Hamidane Juriste, Forum International Pour la Démocratie et le Développement

 Naziha Rjiba (Om Ziad) Secrétaire générale du Congrès Pour la République (CPR)

 Najib Hosni Avocat, Ancien Porte-parole du CNLT

 Abdo Maalaoui Prof & industriel – Montréal, Canada

 Noureddine Chatti Président de l’Association Suédo-Tunisienne, Stockholm

 Nawel Gafsia Juriste

 Sami Belhadj Dahmane Ingénieur, Paris, Ancien prisonnier politique

 Mohamed Souihi Citoyen tunisien à Stockholm – Suède

 Ali Souihi Citoyen tunisien à Stockholm – Suède

 Imed Ben Mohamed Membre du CPR

 Mokhtar Ben Hafsa RAID – Tunisie

 Ali Nefzi Citoyen tunisien à Stockholm – Suède

 Abbas Hannachi RAID – Tunisie

 Soufiène Chourabi RAID – Tunisie

 Mohamed Chourabi RAID – Tunisie

 Majda Chafra RAID – Tunisie

 Kamal Braïk Militant Mouvement estudiantin – Tunisie

 Aymen Jomni Membre du Comité national de la solidarité avec les victimes des Lois anti-terroristes en Tunisie (CNSVLAT)

 Wissam Othmane Membre du CNSVLAT

 Inès Harrath Membre du CNSVLAT

 Ziad Rajhi Membre du CNSVLAT

 Khalil Zaouia Médecin, FDTL, LTDH

 Mohamed Ben Salem Ennahdha

 Kamel Labidi Journaliste tunisien, Egypte

 Ahmed Smiai AISPP

 Ayachi Hammami Avocat, Membre de la commission nationale de l’Initiative Démocratique

 Khadija Chérif Universitaire

 Anouar Kousri Avocat, Vice-président de la LTDH

 Sami Ben Gharbia Co-animateur du site Nawaat.org

 Taeïb Moalla Journaliste tunisien (Québec)

 Imed Abidi Comité Aix-Marseille Pour les Libertés en Tunisie

 Mehdi Zougah Comité Aix-Marseille Pour les Libertés en Tunisie

 Chokri Yacoub Amnesty International Groupe 18 / Lausanne – Suisse

 Fethi Touzri Membre du Bureau politique du PDP

 Tarek Ben Hiba Conseiller régional Ile-De-France « ALTERNATIVE CITOYENNE »

 Hicham Bouattar Membre du Bureau politique du PDP

 Maya Jribi Membre du Bureau politique du PDP

 Abdelaziz Temimi Membre du Comité central du PDP

 Ghassane Ben Khalifa Jeunesse Démocratique du PDP

 Jalel Matri Union des Tunisiens de Suisse

 Larbi Chouikha Universitaire – Tunisie

 Myriam Marzouki Professeur de philosophie

 Malek Kefif Comité directeur de la LTDH

 Abderrahmane El-Hedhili Comité directeur de la LTDH

 Ahmed Galaï Comité directeur de la LTDH

 Monia Garsi Pharmacienne, PDP

 Mounir Boughattas Enseignant, France

 Mohamed Lamari ITRI- Syndicaliste

 Brahim Belkilani ITRI- Journaliste, Norvège

 Abroud Matri Architecte, Norvège

 Tawfik Al Madini Ecrivain, Damas

 Nizar Châari Ingénieur agronome

 Sahbi El Amri Médecin, Tunisie

 Safwa Aïssa Journaliste-Suisse

 Ridha Driss Ennahdha

 Mohamed Nouri Ennahdha, Paris

 Equipe du site reveiltunisien.org (Hasni & angélica Diamantis)

 UGET France

 Vérité-Action Suisse

 Equipe de Tunisnews

 Mohamed Bouriga Traducteur, Edmonton, Canada.

 Mansour Ben Yahya Membre du bureau de Vérité-Action

 Ameur Larayedh Bureau politique d’Ennahdha

 Omar S’habou Directeur du « Maghreb »

 Omar Mestiri FDTL

 Hachemi Jegham Avocat, Vice-président du Centre pour l’Indépendance de la Justice

 Saïda Akremi Avocate, Membre de l’AISPP

 Houcine Jaziri Ennahdha

 Neji Jemal Docteur, Lyon

 Mohamed Bouanane Cadre dirigeant – France

 Sadri Khiari RAID ATTAC

 Khaled Ben Mbarek Centre d’Information et de Documentation sur la Torture en Tunisie (CIDT)

 Abdelwahab Heni Directeur du Journal « Le Tunisien »

 Khémaïs Ksilla Secrétaire général de la LTDH

 Ahmed Maalej Avocat, Barreau de Paris

 Fethi Ennaes Secrétaire général Solidarité Tunisienne

 Nejib Baccouchi Ancien prisonnier politique.

 Ahmed Amri Voix Libre

 Imad Daimi Ingénieur, Responsable du site du CPR

 Chokri Hamrouni Responsable de la Coordination du CPR

 Nour Elhoda Derbali Rassemblement des Tunisiens Libres

 Adel Thabet Parti communiste des ouvriers de Tunisie (PCOT), Paris

 Abdelfettah Mourou Avocat, Tunis

 Mongi KHALFET Membre du Conseil National de l’UDU.

 Fethi Abdelbaki Paris

 Mourad Dridi Docteur es sciences économiques, ingénieur logiciel, essayiste, Paris

 Luiza Toscane France

 Ahmed Gaaloul Editor director Aqlam online

 Derbali Nour- El Houda (Chabbi Meriem) médecin

 Derbali ouvrier-syndicaliste

 El hanni néjib inspecteur des impôts

 Pacaud mireille ingénieur

 El hanni nabiha styliste

 El hanni bilel enseignant

 Derbali sonia sciences-po -ena

 Trabelsi chihab commerçant

 Berrachid mongi dentiste

 Slama siham photographe

 Nebli marouan étudiant

 Slama choukri étudiant

 Traouli frej libraire

 Fahem mongi ouvrier

 Noubli meher « lecteur » -enseignant

 Mansouri amel étudiante

 Henni assia

 Chabbi lazhar enseignant

 Chabbi moktar ouvrier

 Temmam Asbai Sweden

 Jelloul Ben Hamida Secrétaire Général de la Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives ( FTCR)

 Samir Jemaa Chef service , Montréal

 Hamdouni Mohamed France

 Mondher Sfar, Président du Comité d’Appel à la Démission du Président Ben Ali (créé en janvier 1993)

 Oussama Lamouchi Canada

 Marguerite Rollinde Chercheure, Université Paris 8

 Equipe TUNISMINBAR.NET

 Ziad Elheni Membre du Bureau de l’Association des Journalistes Tunisiens

 Mohamed-Lakhdat ELLALA, Membre de la Commission ETTAJDID – Tunisie

 Khaled Traouli Rédacteur en chef de la revue MARAYA

 Abdelhamid El-Addassi Europe.

 JRIBI Mohamed Economiste et informaticien Lausanne – Suisse

 Nait-Liman Abdennacer AVTT, GENEVE, SUISSE

 GHARBI Anouar Forum des Tunisiens de Genève

 Raja Chamekh militante de gauche – France

 Mohamed Ben Henda – Comité Tunisie En Suisse

(Liste mise à jour jeudi 24/03/2005 à 14h00)

Pour signer l’appel envoyer un mail à abboulibre@yahoo.fr

Pour signer le livre d’or de Me Mohamed Abbou : http://w2.webreseau.com/fr/services/guestbook/messages.asp ?id=617160

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Au palais de « Justice »
mercredi 16 mars 2005.

Des nouvelles du front !
13H50

Des heurts ont eu lieu ce midi devant les entrées du Palais de « Justice » à Tunis entre plusieurs dizaines d’avocats venant assister leur collègue Mohamd Abbou devant le juge d’instruction et l’impressionnant nombre de policiers qui ont encerclé tout le quartier.

Plusieurs avocats ont pu finalement accéder au palais ainsi que certains amis du Maître incarcéré. Les avocats ont scandé plusieurs slogans assez virulents contre le régime, pour la défense de l’honneur bafoué de leur métier et surtout pour exiger la libération immédiate de leur collègue.

Nous vous tiendrons au courant de la suite des évènements.

Autre chose, un « Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou » est en cours de constitution pour piloter les actions de solidarité tant en Tunisie qu’à l’étranger avec notre honorable maître arrêté.

Nous invitons tous nos compatriotes et amis de se mobiliser avec ce comité afin d’obtenir la libération immédiate de Me Mohamed Abbou.
16H00

Mr Abderraouf Ayadi (présent dans le palais de « justice » de Tunis) vient d’informer notre ami Dr. Fathi Jerbi à 15h 50 que le juge d’instruction (Faouzi Sassi) vient d’agresser le bâtonnier physiquement et verbalement et de refuser de recevoir les avocats, les membres du comité et les 200 avocats présents au palais.

Tous les avocats se sont retirés et sont actuellement en réunion.
16H50

Selon le témoignage de Om Ziad (Naziha Rjiba) présente actuellement dans le palais de « justice » de Tunis, l’interrogatoire de Me Mohamed Abbou n’a pas eu lieu aujourd’hui. Personne ne sait si notre ami a été ramené au tribunal ou non ..

Elle a confirmé les nouvelles parlant d’une agression physique et verbale contre monsieur le Batônnier de la part du sinistre Faouzi Sassi « juge d’instruction ».

Les avocats sont toujours en réunion et leur grogne suite aux graves atteintes, sans précédent, contre leur dignité, leurs droits et l’honneur de leur métier est sans limites.

Imad Daimi
Responsable du site du CPR

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Comité international Pour la Libération de Mohamed Abbou
Avocats tunisiens : une journée décisive !
vendredi 13 mai 2005.

L’assemblée générale exceptionnelle des avocats qui aura lieu demain revêt une importance capitale pour la survie d’une profession qui subit depuis quelques mois une campagne de dénigrement sans précédent.

Placée sous le signe de la défense de la profession face aux agressions systématiques des dernières semaines, cette réunion devra confirmer l’unité d’un corps qui a su retrouver ses valeurs dans l’une des périodes les plus graves de son histoire.

Projetés au devant de la scène après l’arrestation de leur collègue Mohamed Abbou dans des conditions qui font fi de l’honneur de la profession, atterrés par l’agression de leur bâtonnier et de nombre de leurs consoeurs et confrères, scandalisés par l’emprisonnement de Me Faouzi Ben Mrad et l’harcèlement de Me Sonia ben Amor, offusqués par un scandale judiciaire passé sous haute observation, menacés de voir leur conseil de l’ordre dissout et nombre de leurs collègues radiés (Abderraouf Ayadi notamment) ; les avocats tunisiens s’apprêtent à vivre une journée historique.

Bien que nous nous sentions fortement impliqués dans la grande épopée de ces avocats tunisiens qui nous ont fait vibrer ces derniers temps, et qui ont redonné à leur profession sa dignité et à la Tunisie sa fierté…Nous devons nous garder de nous immiscer dans leurs affaires internes…Eux qui ont su sauvegarder leur indépendance malgré toute les tentatives d’aliénation.

Toutefois, il nous est permis de leur souhaiter un avenir plus radieux, et une souveraineté affirmée ! Qu’ils soient nombreux demain à le vouloir !

Qu’ils soient récompensés de leur courage et de leur dignité.

Que leurs collègues soient libérés et que leur profession soit émancipée.

Paris, le 13 mai 2005

Chokri Hamrouni.

Comité international Pour la Libération de Mohamed Abbou

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Campagne auprès des partis politiques français
mercredi 20 avril 2005.

Le Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou continue sa campagne d’information et de sensibilisation auprès des partis politiques français. Un représentant du Comité a été reçu par Bruno Erhard, responsable des relations internationales et attaché au cabinet de François Bayrou au sein de l’UDF.

Un dossier complet sur cette affaire a été remis au responsable français qui avait eu déjà des échos sur la forte mobilisation des avocats et des représentants de la société civile tunisienne. Outre le dossier Abbou, il s’est agi dans cet entretien de la forte dégradation de la situation des droits de l’Homme en Tunisie. Des démarches sont d’ores et déjà entreprises auprès de Pierre-Christophe Baguet vice-président de l’UDF et vice président du groupe d’amitié franco-tunisien à l’assemblée nationale afin de trouver une issue heureuse à cette triste affaire.

Par ailleurs, le Secrétariat national aux droits de l’Homme du PS (parti socialiste français) a manifesté un intérêt particulier à cette affaire et a promis par la voie de Nicolas Morandon une action rapide avant le début du procès prévu pour le 28 avril prochain.

Un dossier a été remis à Pascal Trouhaud responsable des affaires internationales de l’UMP en vue d’une action en faveur de l’avocat tunisien kidnappé et incarcéré depuis le premier mars dernier. En dépit de la campagne référendaire sur la Constitution européenne, Mr Trouhaud suit avec attention l’évolution de cette affaire et recevra un représentant du Comité pour évoquer le cas Abbou en particulier et la situation politique et des droits de l’Homme en général. Des démarches auprès de Philippe Briand, député UMP et président du groupe d’amitié franco-tunisien, sont également en cours, Il a été question avec les collaborateurs de Mr Briand de donner une autre version de « la Tunisie des droits de l’Homme » que celle véhiculée par les officiels tunisiens.

Le parti communiste français (PCF) a vite réagi et répondu favorablement à l’appel du Comité. Henri Malberg, responsable de la commission justice et Catherine Vieu-Charier, élue communiste de Paris ont d’ores et déjà signé l’appel. D’autres actions sont prévues dans les jours à venir.

Sami Naïr, député européen et leader au sein du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) de Jean -Pierre Chevènement a reçu le dossier et s’entretiendra avec un représentant du Comité.

Le responsable des relations internationales des verts Patrick Farbiaz a reçu également le dossier Abbou et une rencontre aura lieu avec ses collaborateurs en vue d’une action à la faveur de Mohamed Abbou.

Un entretien a eu lieu également avec le député PRG (Parti Radical de Gauche) et membre du groupe d’amitié France/Tunisie qui a reçu également le dossier Abbou. Un rendez-vous a été pris avec le député français par un représentant du Comité.

Le Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou appelle tous les amis de Mohamed à accentuer la pression afin d’obtenir sa libération immédiate et inconditionnelle.

Paris, le 20 avril 2005
Imad Daïmi, Vincent Geisser, Chokri Hamrouni
Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou

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CILMA : Mohamed Abbou au mémorial de Caen
jeudi 26 janvier 2006.

L’affaire Mohamed Abbou, avocat de la liberté injustement emprisonné depuis presque onze mois continue à mobiliser plusieurs de ses confrères avocats et nombre de défenseurs des droits de l’Homme partout dans le monde.

Ainsi, Maître Eric Rocheblave, jeune avocat au barreau de Montpellier, a décidé de faire entendre la voix de Me Abbou ce dimanche 29 janvier 2006 au mémorial de Caen, à l’occasion du 17ème Concours International de Plaidoiries des Avocats pour les Droits de l’Homme (). Le Comité de sélection de ce concours a retenu son plaidoyer intitulé « Mohamed ABBOU : la censure jusqu’au bout des lèvres » parmi les plaidoiries sélectionnées.

Ce concours est un évènement international, médiatique et mobilisateur. Il attire chaque année plusieurs centaines de personnalités du monde politique, juridique, artistique et d’associations pour la défense des Droits de l’Homme. Il se déroulera cette année sous la présidence de Madame Barbara Hendricks Cantatrice, ambassadrice de bonne volonté pour le Haut Commissariat aux réfugiés (Jury).

Maître Rocheblave, entend utiliser cette formidable tribune internationale pour « exposer la situation intolérable des avocats et citoyens tunisiens » et pour « faire avancer la cause des Droits de l’Homme en Tunisie en dénonçant les violations qui y sont perpétrées ».

Cette sélection est très importante pour la suite du combat que nous menons tous pour la libération de Mohamed. En effet, et comme le souligne Me Rocheblave, un Comité de suivi en faveur des causes retenues est mis en place chaque année. Ces comités ont par le passé déjà permis la résolution satisfaisante de nombreuses causes exposées au Mémorial (exemples : la libération de l’américain Michael Pardue en 2001, le cas de Rami, collégienne du Niger victime d’un mariage forcé en 2002, l’acquittement d’Amina Lawal en 2003 et la libération récente de Raoul Rivero et de N’Guyen Dan Que).

Le Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou (CILMA) remercie Me Eric Rocheblave pour ses efforts louables en vue de la libération de Me Abbou, et lui souhaite un grand succès dans ce concours. et appelle tous amis de Mohamed Abbou, ses avocats et tous les tunisiens libres à soutenir cette démarche en diffusant l’information, en envoyant des messages de soutien à Me Rocheblave (cabinet@rocheblave.com ) et surtout en se rendant massivement ce dimanche au Mémorial de Caen (Normandie) pour que la cause de notre ami Mohamed Abbou aura la chance d’être entendue et soutenue .

Comité International pour la Libération de Me Mohamed Abbou

Imad Daïmi, Chokri Hamrouni et Vincent Geisser

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CILMA : Plaidoyer pour Mohamed Abbou
samedi 28 janvier 2006.

Très soulagé dès qu’il a su que sa cause sera entendue au mémorial de Caen à l’occasion du 17ème Concours International de Plaidoiries des Avocats pour les Droits de l’Homme , l’avocat Mohamed Abbou a exprimé, depuis sa cellule à la prison du Kef où il croupit injustement depuis près de onze mois maintenant, sa gratitude au jeune avocat français Eric Rocheblave dont le plaidoyer « Mohamed ABBOU : la censure jusqu’au bout des lèvres » a été retenu parmi les plaidoiries sélectionnées.

Sa femme qui lui a rendu visite aujourd’hui, devrait appuyer le plaidoyer de Me Rocheblave par un témoignage chargé d’émotion. Elle souhaite que cette nouvelle étape dans l’épisode tragique de son mari et de toute sa famille permettrait d’espérer une issue heureuse à une tragédie qui n’a que trop duré.

A l’occasion de ce grand évènement international, le Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou (CILMA) organise une caravane de soutien au départ de Paris. Il appelle tous ceux qui se sont mobilisés en faveur de cet avocat de la liberté à venir nombreux défendre sa cause et par delà la cause de la liberté en Tunisie.

Le CILMA rappelle à ceux qui ne pourront pas se déplacer qu’une diffusion directe du plaidoyer sera assurée par le site du Concours à l’adresse suivante : http://www.memorial-caen.fr/portail/concours/index.asp

Soyons toujours nombreux et déterminés à militer pour la libération de Mohamed Abbou.

Paris, le 27 janvier 2006
Imad Daïmi, Chokri Hamrouni, Vincent Geisser
Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou
Contact : abboulibre@yahoo.fr
Tél : 06.14.68.52.03

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Le Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou
Et la campagne continue…
lundi 9 mai 2005.

Le CILMA reçu au siège de l’UMP

Le Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou continue sa campagne pour la libération de l’avocat kidnappé et arbitrairement emprisonné depuis le premier mars dernier, mais également de son collègue Faouzi Ben Mrad condamné pour avoir rempli comme il se doit son devoir d’avocat.

Un représentant du Comité a été reçu aujourd’hui par Monsieur Pascal Drouhaud, Directeur des Relations Internationales et des Affaires Européennes au sein de l’UMP (Union pour un Mouvement Populaire), parti du Président français Jacques Chirac et au pouvoir depuis le printemps 2002.

Mr Drouhaud, ancien journaliste et homme influent, qui connaît bien la Tunisie pour avoir conduit une délégation de son parti au Congrès de « l’ambition » du RCD en 2003, s’est longuement entretenu avec le représentant du Comité qui lui a rappelé que l’UMP devrait être l’ami de la Tunisie et non d’un régime qui prive son peuple de ses droits à la liberté et à la démocratie. Il était question notamment dans cet entretien de l’affaire Mohamed Abbou depuis son kidnapping, mais aussi de l’emprisonnement de Faouzi Ben Mrad et des inquiétudes quant aux menaces qui pèsent sur l’avocate Sonia ben Amor.

Mais il était question aussi de la grave détérioration de la situation des libertés et des droits de l’Homme et de la campagne de répression à l’encontre des représentants de la société civile tunisienne et en particulier des avocats et des journalistes. Un dossier complet sur l’affaire Abbou et les évènements récents a été remis au responsable français.

En dépit de l’emploi du temps chargé de son parti à cause de la campagne du référendum sur la Constitution européenne, Pascal Drouhaud a promis de faire suivre le dossier notamment auprès du Groupe d’amitié France Tunisie et de l’Instance en charge de la francophonie. Un autre rendez-vous est prévu juste après le référendum du 29 mai.

Le représentant du Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou a eu l’occasion de parler (en le croisant dans les couloirs) au président du parti Nicolas Sarkozy sur la situation en Tunisie et notamment de la répression des avocats tunisiens. Ce dernier lui a promis de s’occuper personnellement du dossier.

Par ailleurs, Vincent Geisser n’a pas manqué de mentionner l’affaire Abbou et la répression des avocats à l’occasion de l’entretien qu’il a accordé à RFI au sujet des élections municipales de ce dimanche.

Le Comité continuera sa campagne auprès des responsables français. Il sera reçu ce jeudi par le PS (parti socialiste).

Paris, le 09 mai 2005
Imad Daïmi, Vincent Geisser, Chokri Hamrouni
Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou

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Et Mohamed Abbou continue…
jeudi 31 mars 2005.

Du fond de sa prison, Mohamed Abbou continue à crier haro sur la dictature.

Depuis sa geôle, cet avocat qui a donné, par son verbe et son franc parler, du tournis aux ennemis de la liberté et de la démocratie, ne recule devant rien pour mettre à nu les invraisemblables atteintes aux droits humains et le désarroi d’un régime aux abois.

L’avocat kidnappé et incarcéré depuis le 01 mars dernier, proteste énergiquement contre sa situation carcérale. Il accuse les autorités tunisiennes de préparer un coup qui mettrait sa santé et sa vie en danger.

La cellule dans laquelle il croupit depuis son transfert arbitraire et illégal à la prison du Kef a été vidée de ses co-détenus (une trentaine environ). Seul avec quatre barbouzes venus l’épier, le provoquer et le menacer, Mohamed Abbou a toutes les raisons de penser que ces personnes sont là pour mettre à exécution un plan de déstabilisation et de destruction fomenté par les hautes sphères du pouvoir.

L’interdiction qui est faite à tous les détenus de lui adresser la parole confirme les pressentiments de Mohamed : l’isoler pour mieux l’agresser.

Mais Maître Abbou ne veut pas donner l’impression de s’indigner uniquement contre le sort que lui a réservé la dictature, il dénonce à sa manière la situation inhumaine de ses co-détenus entassés dans leurs cellules pour permettre à ses bourreaux de préparer leur crime dans la discrétion et le silence.

L’épouse de Abbou qui nous a transmis ces messages et prié de les faire connaître au plus grand nombre, dénonce pour sa part l’arbitraire des autorités carcérales écourtant scandaleusement le temps de visite provoquant la frustration et la colère de leurs enfants qui ne supportent plus la pression et la maltraitance qu’on leur inflige tous les jours. Elle demande à ce que son époux puisse subir, même après sa libération, un examen médical approfondi afin de détecter d’éventuels introductions d’éléments nuisibles à sa santé.

Le Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou, dénonce cet acharnement abject à l’encontre de « l’avocat de la liberté » et réclame haut et fort sa libération immédiate.

Paris, le 31 mars 2005

Chokri Hamrouni

Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou

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Comité international pour la Libération de Mohamed Abbou
Incorruptible : Mohmamed Abbou refuse le marché
vendredi 17 juin 2005.

Décidément Mohmed Abbou continue à créer l’évènement et à faire parler de lui bien qu’il soit arbitrairement et illégalement derrière les barreaux depuis plus de cent jours maintenant.

En effet, nous venons de savoir de source familiale que Maître Abbou a refusé un marché qui lui a été proposé par le régime et ce par le biais d’un juge corrompu et aux ordres.

Les termes du marché qui avait été notifié à la famille Abbou des jours avant le procès en appel consistaient à faire signer une lettre de pardon par Mohamed Abbou à l’adresse du président Ben Ali et s’excuser auprès de lui des propos parus dans l’article publié à Tunisnews le comparant à Sharon. A la suite de laquelle Mohamed pourrait avoir droit à une grâce présidentielle (s’excuser de propos sur lesquels il n’a pas été jugé !!)

Bien évidemment « l’avocat de la liberté » a refusé avec fermeté cette intrigue et ce « marché des dupes » rappelant que rien ne le fera changer d’avis et renoncer à son droit de dénoncer les agissements de la dictature.

Mais le plus beau dans cette tentative de déstabilisation et de décrédibilisation est la position ô combien honorable de Samia Abbou, l’épouse de Mohamed Abbou. En effet cette femme courage, digne dans l’épreuve, a refusé le marché allant même jusqu’à brandir la menace de l’implosion du couple si le marché trouverait écho auprès de son mari ou de son entourage !

Rappelant que Dalila Ben Mrad l’avocate prétendument « agressée » avait proposé auparavant à l’un des avocats de Mohamed Abbou que ce dernier lui présente ses excuses en contre partie du retrait de sa plainte. Mohamed Abbou et ses avocats ont refusé ce troc qui visait à souiller la réputation de Maître Abbou et briser le mouvement de sympathie et de solidarité que son kidnapping et son arrestation arbitraire ont déclenché en Tunisie et à l’étranger.

Le régime tunisien le sait d’ores et déjà. Ni Mohamed, ni sa famille, ni ses avocats, ni ses amis ne sont corruptibles. Ils continueront ensemble le combat contre l’arbitraire et l’injustice.

La réponse de Mohamed Abbou est plus qu’éloquente : il vient d’entamer une

grève de la faim contre les conditions de son incarcération et l’interdiction qui lui est faite de voir ses avocats

Le Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou salue l’intégrité et la détermination de Mohamed Abbou et de son épouse et réclame sa libération inconditionnelle et immédiate.

Paris, le 17 juin 2005

Imad Daïmi, Vincent Geisser, Chokri Hamrouni

Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou

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La solidarité avec Mohamed Abbou s’affirme et s’amplifie
jeudi 7 avril 2005.

Le sit-in organisé par le « Comité de Défense de Mohamed Abbou » a donné une nouvelle tournure au mouvement de solidarité avec l’avocat kidnappé et incarcéré depuis le premier mars dernier.

Partis politiques, organisations de la société civile, syndicalistes, étudiants, journalistes, confrères et consoeurs, anciens prisonniers politiques (message de solidarité émouvant de Abdallah Zouari) se sont rendus à « la Maison de l’Avocat » pour apporter leur soutien à Mohamed Abbou et à l’ensemble des avocats intimidés et systématiquement agressés depuis le début de cette affaire.

Bien que toujours isolé dans sa cellule à la prison du Kef, Maître Abbou jouit incontestablement du respect, de l’affection et de la sympathie de ses geôliers mêmes. Me Abbou l’a bien confirmé à sa famille qui lui a rendu visite hier.

Mais le plus frappant dans ce mouvement de solidarité, est sans doute le geste de solidarité des prisonniers politiques de la « Prison de 9 avril » qui ont décidé de rejoindre Mohamed Abbou dans sa grève de la faim annoncée pour les 8 et 9 avril ! Des prisonniers d’opinion de longue date qui appellent à la libération d’un détenu d’opinion fraîchement incarcéré…C’est l’image d’une Tunisie digne et solidaire.

Le « Comité International pour la libération de Mohamed Abbou » remercie tous ceux qui se sont mobilisés pour obtenir la libération de Maître Abbou ; il appelle à poursuivre ce mouvement de solidarité jusqu’à ce qu’il soit mis fin à cette arrestation arbitraire et illégale.

Paris, le 07 avril 2005
Imad Daïmi, Vincent Geisser, Chokri Hamrouni
Le Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou.

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Comité international Pour la Libération de Mohamed Abbou
Le CILMA chez les Socialistes
vendredi 13 mai 2005.

Le comité International pour la Libération de Mohamed Abbou continue sa campagne pour la libération de l’avocat kidnappé et incarcéré depuis le premier mars dernier.

Après l’UMP, c’est autour du Parti Socialiste par le biais de Nicolas Marandon Chargé d’études au Secrétariat aux Droits de l’Homme et aux Liberté, de recevoir un représentant du Comité.

Le responsable socialiste, en charge du dossier tunisien, très au courant de ce qui se passe en Tunisie a rappelé au représentant du Comité l’attachement des socialistes français au respect des Droits de l’Homme et de la liberté d’_expression en Tunisie.

Il a rappelé par ailleurs que depuis la publication de leur communiqué du 27 avril 2005 (Respect de la liberté d’_expression en Tunisie), les socialistes suivent avec attention l’évolution de la situation tunisienne, notamment après la condamnation de l’avocat Faouzi Ben Mrad.

Il a également confirmé que son parti était préoccupé par le cas de l’avocate Sonia Ben Amor qui risque de connaître le triste sort de ses collègues. Il a promis une action en cas d’arrestation.

Il était question également dans cet entretien de la répression des journalistes tunisiens indépendants à l’occasion de « la journée internationale de la liberté de la presse !!! » Triste célébration !!!

Nicolas Marandon a confirmé par ailleurs l’intention des socialistes de saisir l’occasion, qu’offre l’organisation de la deuxième phase du Sommet Mondial sur la Société de l’Information en Tunisie au mois de novembre prochain, pour rappeler aux autorités tunisiennes la nécessité de faire évoluer la liberté d’_expression.

Paris, le 13 mai 2004

Imad Daïmi, Vincent Geisser, Chokri Hamrouni

Comité international Pour la Libération de Mohamed Abbou

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Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou
Le mouvement de solidarité internationale avec Mohamed Abbou s’élargit
jeudi 2 juin 2005.

Le mouvement de solidarité internationale avec Mohamed Abbou, « l’avocat de la liberté » kidnappé et emprisonné depuis le premier mars dernier, ne connaît pas de répit et ne donne aucun signe d’essoufflement.

Si plusieurs personnalités et responsables internationaux ont manifesté très récemment leur solidarité et promis des actions dans les jours qui viennent, l’ancien Président américain Jimmy Carter a déjà réagi. Selon des sources sûres, il a écrit au président tunisien Ben Ali pour demander la libération immédiate de Maître Abbou.

C’est le cas aussi de Bertrand Delanoë, le Maire de Paris, qui vient d’intervenir auprès des autorités tunisiennes en faveur de Mohamed Abbou.

D’un autre côté, une délégation de la Conférence Nationale des Barreaux (France) vient d’achever une mission d’enquête en Tunisie. Elle doit rédiger un rapport détaillé sur le procès Abbou. Plusieurs entretiens et rencontres ont eu lieu à Tunis, notamment avec le Comité de Défense de Mohamed Abbou, afin de mieux cerner les questions de droit se rapportant à cette affaire.

Par ailleurs, le régime tunisien continue de priver Mohamed Abbou de voir ses avocats. Aujourd’hui, Leila Ben Mahmoud et Larbi Abid, avocats au Barreau de Tunis, se sont vus arbitrairement refuser la visite de leur collègue.

Le Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou rappelle que le maintien en détention de Mohamed Abbou nuit gravement à l’image du pays, il réclame encore une fois sa libération immédiate et inconditionnelle ainsi que la fin de la répression des avocats.

Paris, le 02 juin 2005

Imad Daïmi, Vincent Geisser, Chokri Hamrouni

Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou

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Le procès de tous les dangers
samedi 16 avril 2005.

Les autorités tunisiennes viennent de désigner enfin la date du procès de Mohamed Abbou kidnappé et arrêté illégalement depuis un mois et demi.

Après plusieurs tergiversations et des versions aussi contradictoires que grotesques au sujet des motifs de son arrestation, le régime tunisien pressé par une contestation intérieure et extérieure inflexible, a décidé de renvoyer l’avocat tunisien devant le tribunal de première instance de Tunis le 28 avril prochain.

Les avocats solidaires de leur collègue et mobilisés comme ils ne l’ont jamais été dans la dignité et la détermination, ont déposé une demande de mise en liberté sans obtenir de réponse jusqu’à présent. Ils continuent leur sit-in commencé il y a 12 jours dans la maison de l’avocat pour réclamer la libération immédiate et inconditionnelle de leur confrère.

Le Comité international Pour la Libération de Mohamed Abbou, tout en saluant la détermination des avocats tunisiens dont près de 800 se sont portés volontaires pour défendre l’avocat arbitrairement emprisonné, met en garde le régime tunisien contre toute fuite en avant dans une affaire qui risque de déstabiliser le pays.

Le Comité appelle tous les amis de Mohamed Abbou à maintenir la pression jusqu’à sa libération.

Paris, le 16 avril 2005

Imad Daïmi, Vincent Geisser, Chokri Hamrouni
Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou

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Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou
Les avocats ne sont plus seuls
samedi 7 mai 2005.

La résistance héroïque des avocats est en train de faire école.

Les journalistes indépendants viennent d’emboîter le pas à leurs concitoyens.

Lotfi Hajji président du syndicat des journalistes tunisiens est en butte à un harcèlement de tous les instants, et ce depuis la publication d’un communiqué puis d’un rapport cinglant sur la situation alarmante de la presse tunisienne présenté au siège de la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme ce vendredi 6 mai.

Aujourd’hui encore, il a été à nouveau convoqué (par téléphone) par les policiers zélés de la Sécurité de l’Etat qui lui ont proféré comme à l’accoutumée des menaces et des propos orduriers.

D’autre part Naji Bghouri, l’un des trois journalistes (Mohsen Abderrahmane et Ziad Heni) de la très officielle Association des Journalistes Tunisiens qui viennent de rompre le silence, a été arrêté pendant de longues heures aujourd’hui et interrogé sur le rapport édifiant qu’ils viennent de rendre public et dans lequel ils épinglent le manque d’indépendance et de professionnalisme de la presse tunisienne.

Naji Bghouri a été remis en liberté après qu’on lui ait notifié des charges qui ressemblent à l’épée de Damoclès : diffamation d’instances publiques et judicaires, incitation des citoyens à la rébellion…

Les journalistes sont montés au créneau et font preuve d’un courage et d’une dignité qui forcent le respect et appellent le soutien.

La bravoure des avocats est en train de faire tâche d’huile auprès de Tunisiens plus que déterminés à sortir de leur léthargie et défendre leur droit à la liberté et à la démocratie.

Il est à remarquer que toutes ces manifestations de résistance à l’arbitraire sont suivies de près et avec attention (selon nos amis à Tunis) par les chancelleries occidentales qui s’intéressent de plus en plus à ce sursaut de dignité.

Le Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou exprime son soutien indéfectible aux journalistes dans leur quête de liberté et appelle à maintenir la pression jusqu’à la libération de Mohamed Abbou et Faouzi Ben Mrad.

Paris, le 07 mai 2005
Imad Daïmi, Vincent Geisser, Chokri Hamrouni
Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou

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Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou
Les avocats suspendent le sit-in, mais continuent le combat
vendredi 27 mai 2005.

Lors d’une conférence de presse qui a eu lieu aujourd’hui dans la Maison de l’avocat, les avocats ont décidé de suspendre leur sit-in commencé le 5 avril dernier et poursuivi sans interruption jusqu’à ce jeudi 26 mai.

Cette décision fait suite aux recommandations de l’Assemblée Générale extraordinaire du 14 mai dernier qui appellent les avocats à continuer leur mobilisation en épousant d’autres formes de contestation.

Le sit-in ayant atteint ses objectifs (un texte sous forme de bilan de l’action a été rendu public aujourd’hui par le Comité de Défense de Mohamed Abbou), les avocats libres, forts de la réussite de leur mouvement et du soutien de leur Conseil de l’Ordre et de l’ensemble de la société civile tunisienne, ont décidé à l’unanimité de suspendre le sit-in et de se préparer à d’autres actions visant à défendre l’honneur de la profession et à proclamer la libération de Mohamed Abbou et l’arrêt de toutes les formes de persécution à l’encontre des avocats.

Le Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou, salue les avocats pour leurs actions dignes et méritoires et leur souhaite un dénouement heureux à ce triste épisode.

Le CILMA, réaffirme pour sa part la poursuite de ses actions jusqu’à la libération immédiate et inconditionnelle de Mohamed Abbou.

Paris, le 26 mai 2004

Imad Daïmi, Vincent Geisser, Chokri Hamrouni

Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou

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Lettre ouverte à M. Philippe Douste-Blazy ministre des affaires étrangères de la France
vendredi 23 septembre 2005.

Monsieur le Ministre,

Dans quelques jours, vous vous rendrez en Tunisie pour une visite de travail.

La Tunisie vous accueillera alors qu’elle traverse l’une des périodes les plus difficiles de son histoire moderne.

Vos représentants en Tunisie ne manqueront sûrement pas de vous dresser un tableau sombre d’une situation politique fatalement marquée par la fermeture et l’étouffement de toute voix discordante. Une situation des droits de l’Homme en détérioration permanente tant la répression est devenue la règle et les procès politiques, montés de toutes pièces, la seule réponse aux revendications légitimes des Tunisiens à la liberté et à la démocratie.

La situation économique n’est pas en reste. La fameuse et pompeuse notion de « stabilité » cyniquement utilisée comme impératif/alibi de développement pour imposer à la Tunisie une dictature des plus redoutables, a laissé fleurir les phénomènes de corruption et de népotisme qui sont en train de gangrener une économie au plus mal.

Monsieur le ministre, les Tunisiens ne comprendront pas l’obstination des responsables étrangers

 parfaitement informés de leur situation- à vouloir continuer à vanter les mérites d’un régime qui est en train de dilapider leurs acquis et hypothéquer leur avenir.

La dictature ne devrait pas être le seul porte-parole des Tunisiens au risque de voir le fossé entre « la Tunisie libre » et « la France officielle » se creuser.

Le Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou, cet « avocat de la liberté » injustement emprisonné depuis 200 jours pour avoir exercé son droit à la libre expression, vous invite à aller à la rencontre des représentants de la société civile, à être à l’écoute des Tunisiens qui souffrent de la dictature (la famille Abbou par exemple) et à évoquer auprès des officiels tunisiens l’indispensable libération immédiate et inconditionnelle de Maître Abbou et au-delà de tous les prisonniers politiques.

Paris, le 22 septembre 2005

Imad Daïmi, Vincent Geisser, Chokri Hamrouni

Comité International Pour la Libération de Mohamed Abbou

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Me Mohamed Abbou arrêté
mercredi 2 mars 2005.

L’avocat Mohamed Abbou, membre de l’instance dirigeante du CPR et président du Comité des affaires justes du Centre Tunisien pour l’Indépendance de la Justice, a été arrêté hier en début de soirée et conduit vers une destination encore inconnue, apprend-on de source familiale.

La famille et tous les amis de l’ancien membre du Comité directeur de l’Association Tunisienne des Jeunes Avocats, qui restent sans nouvelles de lui, ont des raisons sérieuses de craindre pour sa vie.

Connu pour son intégrité, son franc-parler et son grand activisme pour la défense des droits humains, Me Abbou s’est élevé récemment -comme la majorité des Tunisiens- contre l’invitation faite au premier ministre israélien, Ariel Sharon, de venir assister à la deuxième phase du Sommet Mondial de la Société de l’Information qui se tiendra à Tunis du 16 au 18 novembre prochain.

Il faut souligner que les ennuis de notre avocat avec les autorités tunisiennes ne datent pas d’aujourd’hui. Agressions, filatures, procès montés de toutes pièces étaient le lot quotidien de Me Abbou, avant l’arrestation survenue hier. Cette escalade grave de la répression des opposants tunisiens sonne comme une déclaration de guerre à tous ceux qui oseront manifester une quelconque opposition à un régime qui ne sait plus comment gérer son impopularité croissante.

A Mohamed Abbou l’ami et le compagnon de route, nous voulons apporter notre soutien et notre solidarité. Que le régime tunisien sache que ce nième acte abominable ne ferait que précipiter sa chute inéluctable.

Paris, le 2 mars 2005

Salim Ben Hamidane,
Imed Ben Mohamed,
Imed Daimi,
Chokri Hamrouni

Amis de Me Abbou et Membres fondateurs du CPR

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Comité international Pour la Libération de Mohamed Abbou
Mobilisation des avocats : l’Europe met la pression !
lundi 16 mai 2005.

Une certitude ! La Tunisie avant et après l’arrestation de Mohamed Abbou et la forte mobilisation des avocats qui s’en est suivie, n’est plus la même.

La campagne très active en faveur de la libération de cet avocat kidnappé et emprisonné depuis le premier mars dernier, a radicalement transformé la donne en Tunisie, et donné un deuxième souffle au combat pour la démocratie et les libertés.

Le scandale judiciaire du 28 avril n’était pas un choc seulement pour des avocats pourtant habitués aux parodies de justice, mais aussi pour des observateurs étrangers venus en nombre prendre note de l’état de délabrement de la « Justice » et du « Droit » en Tunisie.

C’est dans ce contexte de tension palpable, que l’Union européenne avait décidé pour la première fois de dépêcher une mission commune d’observateurs.

Après le procès, la tension est montée d’un cran et le régime s’est lancé dans une fuite en avant sans précédent (emprisonnement de Me Faouzi Ben Mrad, menaces d’arrestation de Me Sonia Ben Amor et de radiation de quatre avocats, intervention des Institutions de l’Etat dans le cadre d’une campagne de dénigrement abjecte à l’encontre des avocats libres, répression des journalistes, scandale électoral du huit mai dernier…)

Pour les européens, premiers partenaires de la Tunisie, la coupe est désormais pleine ! Faut-il attendre que le régime ne mette le pays à feu et à sang ?

« L’Europe officielle » qui a souvent déçu les Tunisiens par son silence sur les méthodes musclées du régime tunisien, a décidé de réagir fermement à l’escalade dangereuse des semaines dernières.

Pour la première fois, une délégation d’ambassadeurs de pays de l’Union européenne, s’est entretenue près de deux heures avec le ministre tunisien de la Justice Béchir Tekkari (ministre de tutelle directement impliqué dans la gestion de l’affaire Abbou et de la fronde des avocats) et Hatem Ben Salem Secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères chargé des Affaires européennes (vis-à-vis et premier interlocuteur des européens.)

Au cours de cette rencontre qui a eu lieu à Tunis, dans la matinée du 11 mai, il était question notamment de la répression des avocats et des évolutions inquiétantes de la situation des libertés.

La présence de deux ministres tunisiens et le ton ferme des européens confirment l’embarras du régime tunisien qui semble vouloir chercher « une sortie honorable ». L’avocat Ibrahim Bouderbala a proposé à l’occasion de la réunion extraordinaire des avocats (samedi 14 mai) de libérer Faouzi Ben Mrad et de transférer Mohamed Abbou de la prison du Kef à une prison de Tunis et de rapprocher la date de son procès en appel en échange de l’arrêt du sit-in et de la mobilisation des avocats.

En même temps, une grande rumeur circule à Tunis sur l’éventuelle démission du ministre de la Justice (les noms de Abdelwahab Béhi et de Abdelfattah Omar ont été évoqués) et sur des tractations en vue de décrisper la situation.

Paris, le 16 mai 2005

Imad Daïmi, Vincent Geisser, Chokri Hamrouni

Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou

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MOHAMED ABBOU : LA CENSURE JUSQU’AU BOUT DES LEVRES
Maître Eric ROCHEBLAVE
jeudi 26 janvier 2006.

Résumé du Plaidoyer de Maître Eric ROCHEBLAVE, Avocat au Barreau de Montpellier en faveur de Maître Mohamed ABBOU, Avocat au Barreau de Tunis

Mon épitoge comme bâillon…

Quel dérisoire symbole pour plaider contre les atteintes portées aux avocats tunisiens bâillonnées par une Justice discréditée et gangrenée par son allégeance au pouvoir exécutif.

Pour plaider contre les atteintes à la liberté d’expression dans son pays, l’Avocat Mohamed ABBOU, lui, s’est… cousu les lèvres !

« La voix d’un condamné peut se faire entendre, mais ses paroles son vaines »(1)

Alors Mohamed ABBOU s’est imposé une censure plus forte encore que celle qui l’enferme aujourd’hui entre les quatre murs de sa prison, pour ses écrits, diffusés sur Internet, sur les conditions d’emprisonnement inhumaines en Tunisie.

De quatre points de suture, Mohamed ABBOU a muselé sa propre bouche. Se défigurer pour s’élever contre l’Index du censeur.

C’est justement pour ne pas « l’avoir fermée » que Mohamed ABBOU a été condamné à trois ans et demi d’une geôle du fond de laquelle il clame son indignation pour attirer l’attention des opinions publiques internationales sur :

 la privation de sa liberté d’opinion et d’expression

 son arrestation et sa détention arbitraire

 la violation de son droit à un procès équitable présidé par un tribunal impartial et indépendant

 ses conditions de détentions inhumaines

 la situation des avocats tunisiens et des défenseurs des droits de l’homme dans le pays

« Au commencement était le Verbe »(2) Puis vint certainement la censure…

« La censure à l’haleine immonde, aux ongles noirs Cette chienne au front bas qui suit tous les pouvoirs… »(3)

Dans un passé pas si lointain, les censeurs de tous poils brûlaient les livres.

Aujourd’hui, ils tentent de brûler Internet.

Mais, « tout écrit brûlé illumine le monde » (4)

Alors, permettez-moi de vous éclairer sur la situation de l’Avocat Mohamed ABBOU.

A travers mes mots, vous entendrez sa voix par delà sa bouche cousue…

Eric ROCHEBLAVE
Avocat au Barreau de Montpellier
1 Publilius Syrus, Sentences Ier s. av. JC 2 Evangile selon Jean, 1 3 Victor Hugo, « Les chants du crépuscule » 4 RW Emerson, Compensation [1841]

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Mohamed Abbou : opération bouche cousue
vendredi 7 octobre 2005.

L’avocat de la liberté Mohamed Abbou, kidnappé puis emprisonné illégalement depuis le premier mars dernier pour avoir écrit un article sur Internet, a observé une grève de la faim de quatre jours (de samedi premier octobre à mardi quatre octobre) pour protester contre son incarcération et surtout contre les agissements d’une dictature qui est en train ni plus ni moins de mettre le pays à feu et à sang.

Derrière les barreaux, Maître Abbou continue à défier l’arsenal policier et judiciaire mis en place par le régime tunisien pour le faire taire et lui faire payer son audace et son amour de la liberté.

En effet, tout le long de ses quatre jours de grève de la faim, l’avocat de la liberté s’est cousu la bouche avec quatre « points de suture », ce qui a provoqué son évanouissement pendant l’accomplissement de ce geste hautement symbolique mais ô combien dangereux.

Dans une lettre adressée à ses amis et ses avocats, Mohamed Abbou expliquait son recours à ce type d’action périlleuse par sa volonté d’attirer l’attention des opinions publiques nationales et internationales au triste sort d’un peuple obligé de « la fermer » pour pouvoir manger et pour éviter les représailles d’une dictature des plus dangereuses.

A la vue de son mari aux lèvres tuméfiées et au visage défiguré, Samia Abbou s’est effondrée fondue en pleurs.

Atterré par la situation de cet « avocat de la liberté », le Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou tient le régime tunisien pour responsable de toute atteinte à l’intégrité physique et morale du plus médiatique des prisonniers d’opinion qui se comptent par centaines.

Le CILMA exige la libération immédiate et inconditionnelle de Me Mohamed Abbou et appelle tous les amoureux de la liberté à se mobiliser pour vider les prisons tunisiennes de ceux qui ont réclamé la fin de la dictature et l’avènement d’une démocratie digne de la Tunisie.

Paris, le 07 octobre 2005
Imad Daïmi, Vincent Geisser, Chokri Hamrouni
Comité International Pour la Libération de Mohamed Abbou

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Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou
Mohamed Abbou : un an déjà !
vendredi 3 mars 2006.

L’avocat de la liberté Mohamed Abbou vient de boucler une année d’injuste et infâme incarcération. Kidnappé depuis le premier mars 2005, il purge une peine de trois ans et demi de prison ferme suite à un procès inique qui restera dans les tristes annales de la justice tunisienne comme le plus grand scandale judiciaire de l’ère Ben Ali.

« L’avocat de la liberté » comme se plaisent à le qualifier ses collègues et tous ceux qui l’ont connu ou adopté sa cause, doit payer le lourd tribut de son engagement en faveur de la liberté et de la démocratie en Tunisie. Ses écrits caustiques et ses actions intrépides avaient donné le tournis à une dictature aux abois.

D’une simple affaire d’écrit sur Internet, les Tunisiens se sont retrouvés face à une affaire d’Etat, certains diront de « président », avec un déploiement sans précédent des appareils de l’Etat (Police, Justice, presse, diplomatie…) pour régler son compte à cet avocat qui a osé franchir le Rubicon en pointant du doigt les dérives présidentielles.

Premier mars 2005/premier mars 2006 : Un an de privation et de supplice pour Mohamed ! Un an de souffrance pour sa famille digne dans l’épreuve ! Un an de colère et de frustration pour des amis à qui cet Homme de valeur manque terriblement !

Un an également d’arbitraire et de violence d’Etat pour gérer un dossier qui pèse comme un fardeau pour une dictature qui en a fait vraisemblablement un point d’honneur.

Aujourd’hui encore, l’arbitraire d’Etat a atteint son paroxysme. Débordé par la détermination des consoeurs et confrères de Mohamed ainsi que plusieurs représentants de la société civile qui ont décidé de tenir un rassemblement de protestation devant la prison du kef à l’occasion du 1er triste anniversaire de son arrestation, le régime tunisien a envoyé en nombre ses barbouzes pour intercepter les manifestants avant leur arrivée à cette ville du nord ouest de la Tunisie. Violences, confiscations de papiers et de véhicules, injures et insultes ont marqué une journée de répression devenue « ordinaire » en Tunisie. L’avocat Tunisien Abderraouf Ayadi accompagné de Omar Mestiri et Ali Ben Salem ont été bloqués et interdit de circulation jusqu’à une heure tardive.

Pendant que la dictature continue à souiller la Tunisie par sa médiocrité et ses vices, Mohamed depuis sa prison l’honore avec sa dignité et sa grande générosité. En apprenant la libération des jeunes de Zarzis qu’il a défendus devant les tribunaux de « l’injustice » avant qu’il ne passe derrière les barreaux, Mohamed a fondu en larmes !!!

Quant aux avocats, ils poursuivent leur épopée et la reconquête de l’honneur de leur profession en organisant dans la maison de l’avocat le procès de Mohamed Abbou…le procès de l’arbitraire !!!

Le Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou (CILMA) appelle au maintien de la mobilisation jusqu’à sa libération inconditionnelle et le recouvrement de tous ses droits.

Paris, le 02 mars 2006

Imad Daïmi, Vincent Geisser, Chokri Hamrouni

Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou

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Mohamed Abbou en danger !
jeudi 24 novembre 2005.

Mohamed Abbou, « l’avocat de la liberté », arrêté arbitrairement puis emprisonné injustement par le régime tunisien depuis presque neuf mois dans des conditions effarante, est à sa troisième semaine de grève de la faim.

Contre le gré de ses geôliers, Maître Abbou refuse de s’alimenter pour protester contre son incarcération et les conditions de sa détention.

Il est à rappeler que M.Abbou n’est pas à sa première grève de la faim. Il a eu recours systématiquement à ce mode d’action périlleux pour son intégrité physique afin d’aviser les opinions nationales et internationales sur le triste sort que lui a réservé la dictature tout simplement pour avoir osé exprimer ses opinions par le biais d’un moyen de communication (Internet) paradoxalement célébré par la Tunisie à l’occasion du Sommet Mondial sur la Société de l’Information !

Samia Abbou « femme courage », épouse de ce grand amoureux de la liberté, est vivement inquiète pour son mari. Elle vient de vérifier par elle-même la détérioration inquiétante de Mohamed après ces interminables journées d’abstention. Elle vient de lancer un cri d’alarme afin de sauver son mari d’une mort lente et tragique.

Le Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou s’indigne contre le silence criminel des autorités tunisiennes. Il rappelle au régime qu’il serait tenu pour responsable pour toute atteinte à la santé et à la vie de Maître Abbou.

Le CILMA réclame encore une fois la libération inconditionnelle et immédiate de Mohamed Abbou ainsi que tous les prisonniers politiques.

Paris, le 24 novembre 2005

Imad Daïmi, Vincent Geisser, Chokri Hamrouni

Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou (CILMA)

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Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou
Mohamed Abbou en grève de la faim illimitée
mercredi 4 mai 2005.

A la suite de sa condamnation à trois ans et demi de prison ferme par le juge aux ordres Mahrez Hammami, et ce à la suite d’une parodie de justice sans précédent dans l’histoire de la justice tunisienne : Un scandale judiciaire qui laisse pantois !

« L’avocat de la liberté » Mohamed Abbou a décidé d’entrer en grève de la faim illimitée à partir de ce mardi 03 mai 2005 pour protester contre son kidnapping, sa détention illégale à la prison du Kef, son procès inique et sa condamnation scandaleuse.

Les avocats, organisés en sit-in ininterrompu depuis le 5 avril dernier, sont également en grève de la faim aujourd’hui pour réclamer la fin de la campagne de dénigrement qui vise à les discréditer aux yeux de l’opinion publique nationale et internationale, et pour exiger la libération de leurs deux collègues Mohamed Abbou et Faouzi Ben Mrad illégalement et arbitrairement emprisonnés.

Pour sa part, le Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou, tout en condamnant fermement la fuite en avant dangereuse du régime, renouvelle son soutien indéfectible aux avocats dont la Tunisie devra être fière pour leur courage et leur probité.

Le Comité promet d’accentuer ses actions jusqu’à la libération de Mohamed Abbou et tous ceux qui l’ont défendu avec vaillance et dignité.

Paris, le 04 mai 2005
Imed Daîmi, Vincent Geisser, Chokri Hamrouni
Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou

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Mohamed Abbou ou l’arbitraire qui ne finit pas
vendredi 16 décembre 2005.

Depuis son kidnapping spectaculaire et son arrestation injuste le premier mars dernier pour avoir dénoncé les dérives sécuritaires d’une dictature des plus redoutables, maître Mohamed Abbou, subit un arbitraire systématique organisé et diligenté par les plus hauts responsables carcéraux et en premier lieu le directeur de la prison du Kef : une terrible prison où les jours deviennent de plus en plus longs et insupportables tant le supplice est devenu méthodique et pesant.

La dernière invention des « tortionnaires psychologiques » consiste à faire répandre au sein de la prison même des rumeurs désagréables sur la situation de la famille (femme et enfants) de cet avocat de la liberté. Sans aucune autre source d’information, Mohamed Abbou se plonge dès lors dans l’inquiétude et le désarroi.

En se rendant aujourd’hui à la prison du Kef, son épouse Samia Abbou (après avoir échappé à ses deux poursuiveurs) a pu constater de près l’état alarmant de son mari coupé du monde et anxieux de ne pas avoir des informations rassurantes sur sa famille.

Me Abbou se plaint également de la fin de non recevoir que lui ont notifiée les autorités carcérales au sujet de son courrier dont il reste dramatiquement et abjectement privé.

Privé également de livres et journaux, indisposé et harcelé lors des visites de sa femme, Mohamed Abbou fait l’objet d’un acharnement organisé visant à briser son courage et l’atteindre dans sa dignité.

Le Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou s’indigne contre ses méthodes primitives et scandaleuses et ce traitement inhumain réservé à un homme de valeur qui devrait être la fierté de son pays.

Il met en garde le régime contre toute atteinte à l’intégrité psychologique et physique de Me Abbou.

Il réclame la libération immédiate et inconditionnelle de Mohamed Abbou ainsi que celle de tous les prisonniers politiques.

Le CILMA appelle enfin tous ceux qui se sont mobilisés pour Mohamed par le passé à multiplier les efforts afin qu’il soit mis fin à son calvaire.

Paris, le 15 décembre 2005
Imad Daïmi, Vincent Geisser, Chokri Hamrouni
Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou

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Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou
Monde judiciaire en ébullition
dimanche 12 juin 2005.

Le monde de la justice en Tunisie est en train de traverser la crise la plus grave de toute son histoire .

Après les avocats, c’est au tour des magistrats de connaître les remous de l’offensive d’un régime déchaîné, qui à travers ses agents, entend faire main basse sur le corps des magistrats après son échec cuisant dans sa tentative d’inféodation du corps des avocats.

Aujourd’hui, à l’occasion de la tenue du Conseil National de l’Association des Magistrats Tunisiens (AMT), qui devait discuter de « la situation interne de l’Association et de son Bureau Exécutif, mais aussi des relations avec le corps des avocats », des magistrats RCD (parti au pouvoir sans partage depuis un demi siècle maintenant) et apparentés, ont envahi le lieu de la réunion et ont empêché le déroulement de la rencontre.

Parmi les fauteurs de trouble, des magistrats corrompus et spécialistes notoires des sales besognes. On pouvait reconnaître facilement le fameux Mahrez Hammami (alias Bouga) bourreau de Mohmed Abbou en première instance, Ali Chourabi exécuteur de Naziha Rjiba (affaire des 170 euros) et Fathi ben Youssef réputé pour ses frasques dans les palais de justice…

Défait et malmené dans toutes les élections de certains corps indépendants, et incapable de les faire rentrer dans son giron, le régime tunisien a de plus en plus recours aux instances parallèles montées par ses barbouzes marginalisés dans leur corps d’appartenance et dépréciés par leurs pairs.

Les magistrats aux ordres veulent forcer le coup et appeler à des élections anticipées et dissoudre l’actuel Bureau Exécutif peu enclin à la soumission et faisant face avec véhémence aux menaces systématiques du pouvoir tunisien.

De toute évidence, le régime tunisien vit très mal la volonté de plus en plus manifeste de certaines organisations syndicale et professionnelle d’exercer pleinement leur doit à l’indépendance. Il a décidé de déployer sa machine répressive pour mater toute velléité « souverainiste ».

L’Association des Magistrats Tunisiens est en danger. La société civile tunisienne, les amis de la Tunisie et les organisations internationales relevant du domaine de la Justice doivent se mobiliser afin d’empêcher le régime tunisien de donner le coup de grâce à une justice au plus mal.

Paris, le 12 juin 2005

Imad Daïmi, Vincent Geisser, Chokri Hamrouni

Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou

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Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou
Procès Abbou : la justice tunisienne en deuil
vendredi 29 avril 2005.

De toute évidence, le procès Abbou restera dans les annales de la justice tunisienne. Les irrégularités et les manquements graves aux notions élémentaires du Droit ont provoqué l’ire d’avocats et d’observateurs, pourtant habitués aux procès iniques montés de toutes pièces, mais qui ne s’attendaient pas à un spectacle aussi affligeant orchestré par un certain Mahrez Hammami, juge aux ordres « chargé d’une mission de représailles » commanditée par les plus hautes sphères du pouvoir.

Malmenant les avocats, bafouant les droits de la défense, levant les séances à sa convenance, Mahrez hammami a déshonoré la justice et rabaissé le Droit pour en faire un piètre outil de règlement de compte.

Jamais un procès n’avait connu une telle tension. Un juge obstiné dans le délire hué à chaque intervention, des policiers assiégeant le palais de justice, des observateurs atterrés par le spectacle, des tergiversations et des incertitudes pesantes et faisant craindre le pire, un jugement prononcé à la hâte dans l’obscurité d’une longue et interminable nuit…Le 28 avril, les Tunisiens ont fait le deuil d’une justice déjà malade mais dont le coup de grâce est venu du désormais « célèbre » Mahrez Hammami.

Le Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou, qui promet de revenir sur cette triste journée avec plus de détails (rapports d’observateurs), estime que cette fuite en avant trahit l’incapacité du régime à répondre aux aspirations des Tunisiens à la liberté et la démocratie autrement que par l’arbitraire et les solutions sécuritaires.

Le Comité salue le courage et l’habileté des avocats qui ont poussé ce régime jusqu’à ses deniers retranchements. Il les invite à ne pas céder aux sirènes du fatalisme et à continuer leur combat digne et méritoire.

Le Comité appelle les observateurs internationaux et notamment les diplomates à tirer les leçons de cette mascarade judiciaire dont ils ont été les témoins.

Le Comité réitère sa sympathie et sa solidarité avec le vaillant Mohamed Abbou et son épouse digne dans l’épreuve, il promet une mobilisation sans répit jusqu’à sa libération.

Paris, le 29 avril 2005
Imed Daîmi, Vincent Geisser, Chokri Hamrouni
Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou

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Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou
Procès en appel de Mohamed Abbou : le quitte ou double !
mardi 7 juin 2005.

La Cour d’appel de Tunis vient de décider de la date du recours dans l’affaire de Maître Mohamed Abbou.

En effet, « l’avocat de la liberté » comparaîtra devant la seizième chambre d’appel le vendredi 10 juin conjointement dans les deux affaires enregistrées sous les n° : 10931 et 10932, et ce, dans la séance qui sera présidée par la Juge Faïza Snoussi.

Cette décision à la va-vite qui prive les avocats du délai indispensable pour préparer leurs plaidoiries en concertation avec leur collègue incarcéré à la prison du Kef, mais qui en même temps, entend prendre au dépourvu des observateurs nationaux et internationaux qui doivent venir en nombre pour assister à une nouvelle mascarade judiciaire.

Ce deuxième procès, qui survient dans un climat de tension et de morosité, peut offrir à ceux qui ont envenimé les relations avec les avocats une nouvelle chance de se racheter et de laver l’affront du scandale judiciaire du 28 avril dernier, et redonner par conséquent de la considération à un avocat qui doit être la fierté de son pays.

Mais ce procès peut aussi confirmer les craintes d’avocats et d’observateurs qui ne voient aucun élément rassurant ni signe d’ouverture de la part d’un régime dont la fuite en avant se confirme de jour en jour. Deux avocats (Kawthar Sghaïr et Samir Dilou) ont été encore une fois privés de visite hier.

Le Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou met en garde le régime contre les conséquences irréversibles sur l’image et la sérénité du pays d’un nouveau scandale judiciaire.

Il appelle tous ceux qui ont apporté leur soutien à Maître Abbou à maintenir la pression jusqu’à sa libération.

Paris, le 07 juin 2005

Imad Daïmi, Vincent Geisser, Chokri Hamrouni

Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou


Réaction à la mise au point de l’Ambassade tunisienne à Paris (*)
vendredi 3 juin 2005.

En guise de droit de réponse, l’Ambassade de Tunisie à Paris a signé un texte par le biais de son attaché de presse Fethi Belhadj Ahmed dans le dernier numéro de Jeune Afrique l’Intelligent (n° 2316, du 28 mai au 5 juin 2005).

Cette « mise au point » de l’ambassade tunisienne survient à la suite d’un article de Samy Ghorbal paru le 22 mai dernier et dans lequel, il décrivait « le malaise des avocats » depuis l’arrestation de Maître Mohamed Abbou le premier mars dernier.

Le texte de Mr Belhadj Ahmed traduit incontestablement un autre malaise, celui d’un régime aux abois, qui à la suite de sa gestion calamiteuse d’une banale affaire d’article sur Internet, se voit acculé à justifier l’injustifiable et défendre l’indéfendable.

Monsieur l’attaché de presse, vous n’êtes pas censé ignorer, les raisons réelles qui ont conduit au kidnapping puis à l’emprisonnement de Me Abbou. Il n’a jamais été question de « délit de violence » au début. Cette accusation grotesque est venue dans un deuxième temps pour discréditer celui qui est devenu en l’espace de quelques jours un héros national, mais aussi pour introduire une diversion qui vise à refroidir le mouvement de sympathie et de solidarité national et international avec cet « avocat de la liberté ».

Quant à « l’incapacité permanente » de l’avocate agressée…Il s’agit encore une fois d’un faux dont on n’a pas voulu vérifier l’authenticité…Ensuite, ne trouvez-vous pas, Mr l’attaché de presse, étrange que cette « incapacité » apparaisse trois ans après les faits reprochés à Mohamed Abbou.

D’un autre côté, vous avez raison de refuser les violences commises à cause de « l’adhésion à un parti politique, plutôt qu’un autre ». Mais le problème c’est qu’il ne s’est jamais agit de violences commises à l’encontre des « encartés du RCD » qui sont protégés et par la loi et par la police, mais plutôt de membres de la société civile souvent « roués de coups » en toute impunité (Radhia Nasraoui, Saïda Akremi, Sihem Ben Sedrine, Naziha Rjiba, Khedija Cherif, Ali Ben Salem, Lassad Jouhri, Abdelmoumen Belanes…)

Vous affirmez ensuite Monsieur l’attaché de presse, que le président tunisien, en dépit de ses prérogatives institutionnelles, « n’a pas présidé la réunion du Haut Conseil de la Magistrature » qui a donné lieu à un communiqué qui ressemble à une fatwa appelant à l’extrême sévérité à l’encontre des avocats.

Convenez vous que vous venez de présenter le chef de l’Etat tunisien sous un visage humain pour la première fois depuis son accession au pouvoir. Tout le monde sait qu’il n’a pas assisté à la dite réunion, mais tout le monde sait en Tunisie que rien ne se fait sans son aval…Samy Ghorbal n’a pas dit le contraire.

Quel spectacle affligeant ! Le président tunisien, qui par le biais de ses représentants en France, se dérobe de « ses responsabilités institutionnelles »…Le malaise est vraiment profond !

Enfin Monsieur l’attaché de presse, Jeune Afrique l’Intelligent vient de faire preuve d’un grand sens du professionnalisme en vous publiant votre « mise au point » bien que « la mise en vente du journal où figure l’article incriminé n’était pas autorisée »…Pendant ce temps en Tunisie, la presse de caniveaux continue sa campagne de dénigrement abjecte et nauséabonde à l’encontre de ceux qui doivent être la fierté de leur pays, et ce, en toute impunité et en l’absence du droit de réponse qui vous a permis de vous exprimer.

Une dernière remarque, l’auteur de l’article Samy Ghorbal, pour l’avoir connu et pour lui avoir fourni un certain nombre d’informations sur cette affaire en ma qualité de Coordinateur du Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou, je peux témoigner de ses grandes qualités intellectuelles et éthiques…C’est un professionnel au-dessus de vos soupçons…C’est un Tunisien qui fait honneur à son pays !

Paris, le 02 juin 2005

Chokri Hamrouni

Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou

TUNISIE – 29 juin 2005- par FETHI BELHAJ AHMED, ATTACHÉ DE PRESSE AMBASSADE DE TUNISIE À PARIS

L’article de Samy Ghorbal « Avocats : le grand malaise » (Jeune Afrique/l’intelligent du 22 mai 2005) comporte plusieurs allégations infondées. Ainsi, M. Ghorbal affirme que le Conseil supérieur de la magistrature « présidé par le Chef de l’État » avait adressé une « remontrance publique » aux avocats. Or le président de la République tunisienne, bien qu’institutionnellement président de ce Conseil, n’assiste effectivement aux travaux de cette institution qu’une fois par an et plus exactement à la clôture de l’année judiciaire. Contrairement à ce que laisse entendre M. Ghorbal, le président Ben Ali n’a pas présidé la réunion mentionnée dans l’article.

En outre, votre revue omet de préciser aux lecteurs que le délit principal pour lequel M. Mohamed Abbou a été condamné concerne l’agression physique commise par ce dernier contre une consoeur et ayant abouti à une incapacité permanente de cette dernière. Les violences caractérisées commises par M. Abbou ont, en fait, nécessité l’admission de sa consoeur aux urgences médicales et un arrêt de travail d’un mois. Une expertise médicale diligentée par un médecin légiste a révélé chez la victime une incapacité permanente de 10 %.

Plus grave encore est le fait de minimiser cette agression caractérisée, sinon de la justifier implicitement. L’auteur affirme, en effet, qu’il s’agit d’une simple « altercation » avec une « consoeur encartée du RCD ». Doit-on comprendre que l’adhésion supposée de la victime à un parti politique, plutôt qu’à un autre, justifierait le fait qu’elle soit rouée de coups par un confrère ?

L’auteur affirme aussi que l’avocat Faouzi Ben Mrad fut condamné pour avoir « simplement coupé la parole au juge qui présidait les débats ». En plaidant devant le Tribunal de première instance de Grombalia dans une simple affaire immobilière, l’avocat Ben Mrad s’était adressé au président de l’audience à haute voix, en disant : « Lorsque je parle, tous les autres doivent se taire. Vous aussi ! » M. Ben Mrad a été jugé conformément aux dispositions de l’article 46 de la loi organisant la profession d’avocat. Il a comparu à l’audience et a reconnu avoir proféré les propos incriminés. En appel, il a réitéré ses précisions, s’excusant des propos qu’il a tenus à l’égard du tribunal.

Par ses affirmations infondées, et son refus de citer la moindre source officielle ou même neutre, M. Ghorbal a préféré présenter aux lecteurs des partis pris subjectifs, des idées préconçues et des convictions personnelles.

La Rédaction : Nous publions cette mise au point quand bien même, au moment où nous mettions sous presse, la mise en vente du journal où figure l’article incriminé n’était pas autorisée.

Article incriminé !!

Avocats le grand malaise

TUNISIE – 22 mai 2005- par SAMY GHORBAL

La mobilisation des « robes noires » pour la libération de deux de leurs confrères a tourné au bras de fer avec le pouvoir. Cette fronde, nourrie par des revendications corporatistes, revêt aussi une dimension politique évidente.

Depuis plusieurs semaines, le palais de justice de Tunis et ses abords sont le théâtre d’une agitation inhabituelle. Échauffourées dans les couloirs, manifestations dans le hall, dispersées sans ménagement par les forces de l’ordre, sit-in permanent d’avocats à l’intérieur de la Maison du barreau, située en face du tribunal, au coeur de la Casbah… L’annonce, début mars, de l’interpellation et de l’incarcération d’un de leurs collègues, Me Mohamed Abbou, puis, le 27 avril 2005, de sa condamnation à trois ans et demi de prison ferme pour « publication d’écrits de nature à troubler l’ordre public », « outrage à l’institution judiciaire » et « violences » a mis en émoi le petit monde des avocats tunisiens. La campagne lancée pour réclamer sa libération a tourné au bras de fer avec les autorités après l’arrestation et la condamnation à quatre mois de prison, le 3 mai, d’un second des leurs, Me Faouzi Ben Mrad. Ben Mrad, qui avait participé une semaine plus tôt à la défense de son collègue devant le tribunal de Tunis, était venu plaider dans une affaire ordinaire à Grombalia, ville située à une quarantaine de kilomètres au sud de la capitale. Il a été arrêté et jugé séance tenante pour « outrage à magistrat », après avoir simplement coupé la parole au juge qui présidait les débats. La veille au soir, le Conseil supérieur de la magistrature – présidé par le chef de l’État, qui en désigne la moitié des membres – avait adressé une remontrance publique aux robes noires, fustigeant leurs « manquements aux devoirs et à la déontologie du métier », ainsi que leurs « entraves répétées à la bonne marche de la justice ». Quatre autres avocats, qui s’étaient rangés aux côtés de Me Abbou, sont par ailleurs sous le coup de poursuites disciplinaires à l’instigation du parquet et risquent la radiation.

La mobilisation des avocats a franchi un nouveau palier le samedi 14 mai avec la réunion, dans un grand hôtel de la banlieue Nord, d’une assemblée générale extraordinaire du Conseil de l’ordre. Mille huit cents avocats – sur les 4 500 que compte la profession – ont répondu présent et décidé de la poursuite du mouvement. La fronde des robes noires est suivie de très près par les chancelleries étrangères. Et notamment par les Américains. Interrogé à ce sujet le 5 mai, le porte-parole du département d’État, Richard Boucher, a exprimé sa préoccupation et indiqué que les États-Unis avaient fait part de leur inquiétude au gouvernement tunisien. Les Européens sont également montés au créneau : au cours d’une rencontre, le 11 mai, avec Béchir Tekkari, le ministre de la Justice, les ambassadeurs des pays de l’Union ont regretté la « crispation » des autorités dans ce dossier. À quelques mois de la tenue, à Tunis, du Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI) – environ quantre-vingts chefs d’État et de gouvernement sont attendus en novembre 2005 -, ces affaires font désordre.

Jeune avocat de 37 ans, marié et père de trois enfants, Me Mohamed Abbou était pratiquement inconnu du grand public avant son arrestation. Scandalisé par l’annonce, fin février, de l’invitation à Tunis du Premier ministre israélien Ariel Sharon pour le SMSI, il avait publié une lettre au vitriol pour s’indigner de cette venue. Et s’en prendre, en des termes très durs, au président Zine el-Abidine Ben Ali. Mis en ligne sur le forum Internet dissident Tunisnews – accessible seulement depuis l’étranger -, ce texte est-il à l’origine de son interpellation ? Les autorités le nient et affirment que l’avocat était sous le coup de poursuites pour un premier texte, diffusé en ligne quelques mois auparavant, qui établissait un parallèle entre les prisons tunisiennes et la prison irakienne d’Abou Ghraib, ainsi que pour une altercation avec une de ses consoeurs encartée au Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), le parti au pouvoir.

Les conditions de son arrestation nocturne, sans qu’elle ait été précédée d’une notification au barreau des charges retenues contre lui, son dépaysement à la prison du Kef, à 170 km au nord-ouest de la capitale, et enfin le déroulement de son procès, ont provoqué une vive réaction dans les rangs des avocats. Huit cents de ses confrères se sont constitués en collectif de défense. Deux cents d’entre eux se sont présentés à l’audience le 27 avril, le jour de son jugement. Ils ont, pour la plupart, été empêchés de s’exprimer. « On peut ne pas être d’accord avec les écrits de Mohamed Abbou, note un de ses confrères, et les juger diffamatoires. Mais alors il fallait le poursuivre pour cette raison et ne pas monter une affaire de toutes pièces. Le cas Abbou est devenu le symbole des atteintes aux droits et à la dignité des avocats tunisiens. Un avocat ne peut être arrêté sans mandat et sans que le Conseil de l’ordre ne soit avisé. Et il a droit, comme tout citoyen, à un jugement équitable. Or son procès a été une farce. »

Les démêlés judiciaires de Faouzi Ben Mrad ont achevé de monter les avocats contre le pouvoir. Ben Mrad était une des étoiles montantes de la profession. Excellent orateur, très engagé, lui aussi, dans le mouvement associatif, et membre du comité international de défense de Saddam Hussein, il avait pris une part active à la mobilisation en faveur de son collègue Mohamed Abbou. Sa condamnation a été vécue comme le signe d’une volonté de mise au pas de la profession. Et a provoqué l’effet inverse : une dissidence ouverte. Le bâtonnier, Me Abdessatar Ben Moussa, étiqueté comme un modéré, et soucieux, jusque-là, de maintenir le dialogue avec les autorités, est depuis sorti de sa réserve (voir ci-dessous).

Traditionnellement contestataires, les avocats sont jalousement attachés à leur indépendance et à leurs prérogatives. Le ministère de la Justice dispose d’assez peu de moyens de pression sur eux, car ils forment une corporation, à l’instar des médecins, et ne peuvent être jugés et sanctionnés que par leurs pairs. Mais, par comparaison avec ces derniers, ils sont mieux structurés et plus mobilisables, car ils se croisent tous les jours au prétoire. En juin 2001, contre toute attente, Me Béchir Essid, opposant notoire et ancien détenu d’opinion sous Bourguiba et Ben Ali, avait été porté à la tête du Conseil de l’ordre. Cette élection (à bulletins secrets) avait révélé un malaise latent, qui n’a pas disparu, et qui ne trouve d’ailleurs pas uniquement ses origines dans ce que l’on pourrait pudiquement appeler l’état des libertés en Tunisie. Le métier, dévalorisé, attire moins, la profession connaît un début de paupérisation, et les jeunes ont de plus en plus de mal à se faire une place au soleil

Pourtant la fronde actuelle revêt aussi une dimension politique évidente. Abreuvée d’images venant d’ailleurs, insérée de plain-pied dans la mondialisation, la société civile tente de gagner des espaces de liberté. L’union sacrée autour du chef de l’État, au nom de la lutte contre l’intégrisme islamique, l’indiscutable réussite économique et son corollaire, l’élévation du niveau de vie, ont longtemps masqué cette évolution.

Mais toute une série de frémissements témoigne de l’émergence de la revendication d’une « mise à niveau démocratique ». On peut citer pêle-mêle la création du Conseil national des libertés en Tunisie (CNLT), d’une Association de soutien aux prisonniers politiques (AISPP), de nouveaux partis, d’obédience libérale ou écologiste ; le réveil de la LTDH (Ligue tunisienne des droits de l’homme) ; le glissement dans l’opposition réelle d’Ettajdid, le parti communiste tunisien ; la mise sur pied de l’Initiative démocratique, qui a présenté, pour la première fois dans l’histoire de la Tunisie, un candidat antisystème à une élection présidentielle, en octobre 2004 ; la constitution, enfin, d’une alliance de cinq formations de l’opposition aux municipales de mai 2005.

Cette « bulle » contestataire, contrainte d’exister aux frontières de la légalité, car privée d’existence juridique, n’a pas réussi jusqu’à présent à peser significativement sur l’évolution du régime. Faute de réelle perspective politique, la dissidence a trouvé un palliatif dans les mobilisations autour de cas individuels, fortement médiatisés, et emblématiques de son combat pour les libertés. « Toutes ces mobilisations obéissent à un schéma immuable, explique Vincent Geisser, politologue, chercheur au CNRS, et président du comité international de soutien à Mohamed Abbou. Elles partent, à chaque fois, d’un individu en butte à l’arbitraire, qui se révolte, et ce faisant entraîne une surréaction d’autorités peu habituées à composer. Grâce à leurs relais auprès des ONG internationales et des médias étrangers, ces individus parviennent à cristalliser un mouvement de solidarité autour de leur cause. Leur engagement est jusqu’au-boutiste, il comporte une dimension sacrificielle (grève de la faim, emprisonnement), mais cette forme d’action est la seule à payer dans le contexte actuel, qui ne laisse aucune place à la négociation. Le régime commence par se braquer, puis lâche du lest et fait machine arrière, car l’agitation finit par porter préjudice à son image. Mais les gains, au final, restent assez limités pour la dissidence. »

Le mouvement des avocats a-t-il une chance de déroger à la règle ? Peut-il constituer le point de départ d’une contestation plus large ? Même s’il ne faut jurer de rien, c’est peu probable. En dépit d’une mobilisation plus pugnace que prévu, il n’a pas véritablement fait tache d’huile au-delà des cercles étroits de l’intelligentsia libérale : quelques milliers de personnes au maximum. La majorité silencieuse, elle, est toujours aussi réticente à toute forme d’engagement. Et les Tunisiens de la rue se contentent, quand ils sont informés, de hausser les épaules devant ce qu’ils analysent comme un face-à-face entre un pouvoir qu’ils jugent trop rigide et une dissidence trop « radicale »…


Semaine d’action en faveur de Mohamed Abbou
lundi 11 avril 2005.

Le Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou

qui suit avec attention et admiration la mobilisation sans précédent des avocats pour réclamer la libération de leur confrère kidnappé et incarcéré depuis le premier mars dernier, a décidé d’organiser un certain nombre d’actions tout le long de cette semaine afin de sensibiliser des acteurs médiatiques, politiques et syndicaux français sur l’affaire Abbou et au-delà la grave détérioration de la situation des droits de l’Homme et la fuite en avant du régime dans sa campagne de répression contre toute voix discordante.

Huit partis politiques des plus en vue ont été avisés et des rencontres avec des délégations du Comité sont en vue (PS, Les Verts, UDF, UMP, MPF, PCF, PRG, MRC). Un dossier sur l’affaire Abbou serait fourni à ces interlocuteurs (le plus souvent responsables des affaires internationales dans leur propre parti) dont certains ont d’ores et déjà promis des actions dans les jours à venir.

D’autres délégations du Comité rendront visite aux journaux et médias de France ainsi qu’à un certain nombre d’Universités et de syndicats.

Des informations sur l’évolution de ces contacts seront publiées en temps voulu.

Nous appelons tous les amis de Mohamed Abbou à maintenir la pression jusqu’à sa libération.

Paris, le 11 avril 2005
Imad Daïmi, Vincent Geisser, Chokri Hamrouni
Le Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou.

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Soutenons Mohamed Abbou et les prisonniers politiques
jeudi 7 avril 2005.

L’avocat Mohamed Abbou otage du régime tunisien depuis début mars a annoncé son intention d’entamer une grève de la faim de 2 jours à partir du vendredi 8 avril pour exiger sa libération.

Les prisonniers politiques incarcérés dans la prison « 9 avril » ont aussitôt décidé de rejoindre Me Abbou dans sa grève, dans un geste fort de solidarité et de bravoure.

Le « Comité International pour la libération de Mohamed Abbou » appelle tous les tunisiens libres ainsi que tous les amis de la Tunisie sympathisants de la cause de Me Abbou et de tous les prisonniers politiques à rejoindre ce mouvement hautement symbolique.

(Pour ajouter votre nom à la liste des participants à la grève de la faim, veuillez envoyer un message à l’adresse : abboulibre@yahoo.fr).

Comité International pour la libération de Mohamed Abbou