Lettre au secrétaire général du SMSI


Comité international de soutien aux internautes de Zarzis

Présidente : Hélène Flautre, Parlementaire européen

Porte Parole : Térésa Chopin, mère d’Omar Chlendi

Lettre ouverte

A Monsieur Yoshio Utsumi, Secrétaire général de l’Union internationale des télécommunications (UIT) Et du Sommet mondial de la société de l’information (SMSI) Place des Nations. 1211. Genève 20. Suisse Email : [->wsis.csd@ties.itu.int]

Monsieur le Secrétaire général,

Alors que vous vous apprêtez à tenir à Tunis la deuxième phase d’un Sommet Mondial de la Société de l’Information, vous n’êtes pas sans savoir que ce pays refuse à sa société l’accès à l’information.

Au plan international, les Nations Unies par la voix de Mr Ambeyi Ligabo, rapporteur spécial de la Commission des droits de l’Homme ont invité Tunis à « libérer sans condition tous les détenus d’opinion et de la presse et permettre le plein exercice de la liberté d’opinion et d’expression dans le pays » (Genève, 17 Octobre 2005 – AFP) ; par ailleurs, dans une déclaration lue le 30 Septembre 2005 par le Canada lors d’une réunion préparatoire du Sommet, l’Union Européenne, les Etats Unis et une dizaine de pays occidentaux ont appelé la Tunisie à « démontrer qu’elle défend fermement et promeut » la liberté d’opinion et d’expression et le droit de recevoir et de diffuser de l’information par quelque média que ce soit.

En Tunisie même huit responsables politiques et associatifs en grève de la faim illimitée depuis le 18 octobre revendiquent entre autres « le respect du droit de réunion et d’association, la reconnaissance de tous les partis politiques, le respect des droits d’opinion, d’information, de communication et le libre accès à l’internet » et demandent « la libération de tous les prisonniers politiques » (communiqué FIDH/OMCT – 21 octobre 2005). Dans le même temps, un large mouvement de grèves de la faim se développe dans les prisons et ces actions sont relayées par les familles et par la société civile tunisienne dans son ensemble.

C’est dans ce cadre que nous vous interpellons sur les cas de MAHROUG Hamza, BEL HAJJ IBRAHIM Ridha, GUIZA Abdelghaffar, RACHED Omar, MCHAREK Aymen, CHLENDI Omar, originaires de Zarzis, en Tunisie. Ils ont été arrêtés par les autorités tunisiennes entre janvier et mars 2003, détenus arbitrairement et torturés pendant leurs interrogatoires. Privés de procès équitable, ils ont été inculpés pour « utilisation d’Internet à des fins d’activités terroristes », et condamnés, sans preuve, le 6 juillet 2004, à 13 ans de prison. Emprisonnés dans des conditions inhumaines, leur état de santé physique et psychologique ne cesse de se dégrader.

Le comité réuni autour de la mère de l’un d’entre eux (Omar Chlendi) lance une campagne pour leur libération, notamment sous forme de cartes adressées d’une part au Président Zine el Abidine Ben Ali, d’autre part au Président de la République française Jacques Chirac (cf.www.zarzis.org).

La Déclaration de principe de la première phase du sommet réunie à Genève en décembre 2003 affirme que « comme l’énonce l’article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme […] toute personne, où que ce soit dans le monde, devrait avoir la possibilité de participer à la société de l’information et nul ne devrait être privé de l’avantage qu’elle offre ».

Il est donc de la responsabilité des organisateurs du SMSI d’exiger du Président Ben Ali, hôte du Sommet, la libération immédiate de ces jeunes internautes dont le seul « crime » est d’avoir usé de leur droit à l’information en naviguant sur le web.

Pour le Comité international de soutien aux internautes de ZARZIS

Hélène FLAUTRE, Député européen Présidente du Comité