Hommages rendus par les internautes


Je suis avec les manifestants de 1938. Mon hommage à ettounsi !


Oiseau libre

Tres cher petit Zou,

C’etait avec un tres grand plaisir de t’avoir rencontre a Geneve,
C’etait avec un tres grand plaisir d’avoir dine avec toi,
C’etait avec un tres grand plaisir de t’avoir reçu chez moi. Une
rencontre qui restera toujours gravee dans ma memoire.

Je regarde encore le pouf ou tu etais assis et je pleure. J’avais
lu en toi un regard d’un jeune homme malheureux. Tu m’as tellement
fait de la peine ce jour la. Je ne comprenais pas au fond de moi
meme comment pouvait-on dans notre propre pays faire souffrir
autant de gens.

J’espere que de la haut plus haut que de mon arbre sequoia tu pourras
enfin jouir de ta liberte.

Je lirai tout le coran pour toi!
Adieu petit Zou, que Dieu ait ton ame

L’oiseau pour voler, ça lui prend toutes ses plumes mais
toi ça ne t’en prend qu’une.


Mokipasse

A Zouhair ettounsi

Le monde est sombre, ô Dieu ! l’immuable harmonie
Se compose des pleurs aussi bien que des chants ;
L’homme n’est qu’un atome en cette ombre infinie,
Nuit où montent les bons, où tombent les méchants.

Je sais que vous avez bien autre chose à faire
Que de nous plaindre tous,
Et qu’un enfant qui meurt, désespoir de sa mère,
Ne vous fait rien, à vous !

Je sais que le fruit tombe au vent qui le secoue,
Que l’oiseau perd sa plume et la fleur son parfum ;
Que la création est une grande roue
Qui ne peut se mouvoir sans écraser quelqu’un ;

Les mois, les jours, les flots des mers, les yeux qui pleurent,
Passent sous le ciel bleu ;
Il faut que l’herbe pousse et que les enfants meurent ;
Je le sais, ô mon Dieu !

Dans vos cieux, au-delà de la sphère des nues,
Au fond de cet azur immobile et dormant,
Peut-être faites-vous des choses inconnues
Où la douleur de l’homme entre comme élément.

Peut-être est-il utile à vos desseins sans nombre
Que des êtres charmants
S’en aillent, emportés par le tourbillon sombre
Des noirs événements.

Nos destins ténébreux vont sous des lois immenses
Que rien ne déconcerte et que rien n’attendrit.
Vous ne pouvez avoir de subites clémences
Qui dérangent le monde, ô Dieu, tranquille esprit !

Je vous supplie, ô Dieu ! de regarder mon âme,
Et de considérer
Qu’humble comme un enfant et doux comme une femme,
Je viens vous adorer !

Considérez encor que j’avais, dès l’aurore,
Travaillé, combattu, pensé, marché, lutté,
Expliquant la nature à l’homme qui l’ignore,
Eclairant toute chose avec votre clarté ;

Que j’avais, affrontant la haine et la colère,
Fait ma tâche ici-bas,
Que je ne pouvais pas m’attendre à ce salaire,
Que je ne pouvais pas

Prévoir que, vous aussi, sur ma tête qui ploie
Vous appesantiriez votre bras triomphant,
Et que, vous qui voyiez comme j’ai peu de joie,
Vous me reprendriez si vite mon enfant !

Qu’une âme ainsi frappée à se plaindre est sujette,
Que j’ai pu blasphémer,
Et vous jeter mes cris comme un enfant qui jette
Une pierre à la mer !

Considérez qu’on doute, ô mon Dieu ! quand on souffre,
Que l’œil qui pleure trop finit par s’aveugler,
Qu’un être que son deuil plonge au plus noir du gouffre,
Quand il ne vous voit plus, ne peut vous contempler,

Et qu’il ne se peut pas que l’homme, lorsqu’il sombre
Dans les afflictions,
Ait présente à l’esprit la sérénité sombre
Des constellations !

Aujourd’hui, moi qui fus faible comme une mère,
Je me courbe à vos pieds devant vos cieux ouverts.
Je me sens éclairé dans ma douleur amère
Par un meilleur regard jeté sur l’univers.

Seigneur, je reconnais que l’homme est en délire
S’il ose murmurer ;
Je cesse d’accuser, je cesse de maudire,
Mais laissez-moi pleurer !

Hélas ! laissez les pleurs couler de ma paupière,
Puisque vous avez fait les hommes pour cela !
Laissez-moi me pencher sur cette froide pierre
Et dire à mon enfant : Sens-tu que je suis là ?

Laissez-moi lui parler, incliné sur ses restes,
Le soir, quand tout se tait,
Comme si, dans sa nuit rouvrant ses yeux célestes,
Cet ange m’écoutait !

Hélas ! vers le passé tournant un œil d’envie,
Sans que rien ici-bas puisse m’en consoler,
Je regarde toujours ce moment de ma vie
Où je l’ai vue ouvrir son aile et s’envoler !

Je verrai cet instant jusqu’à ce que je meure,
L’instant, pleurs superflus !
Où je criai : L’enfant que j’avais tout à l’heure,
Quoi donc ! je ne l’ai plus !

Ne vous irritez pas que je sois de la sorte,
Ô mon Dieu ! cette plaie a si longtemps saigné !
L’angoisse dans mon âme est toujours la plus forte,
Et mon cœur est soumis, mais n’est pas résigné.

Ne vous irritez pas ! fronts que le deuil réclame,
Mortels sujets aux pleurs,
Il nous est malaisé de retirer notre âme
De ces grandes douleurs.

Extrtait
(Recueil : Les contemplations)
Poème de Victor Hugo découvert sur Poésie française


Mkarriz :

Je ne regrette jamais d’avoir un jour décidé de naviguer sur TUNeZINE, je ne regrette jamais de m’y être inscrit et participé, je ne regrette jamais de t’avoir connu, parlé, critiqué, m’amuser avec toi. Nous nous sommes donné rendez-vous à Tunis l’été prochain, j’y serai c’est une promesse !

Je t’ai connu dans tous tes états et tu m’as mis dans tous mes états, un jour tu me fais rire, d’autres tu m’énerves et m’encourages à continuer le combat contre la dictature et m’y engager pour de bon. Tu as fait de la cyberdissidence tunisienne un symbole de résistance à la dictature, je sais que tu n’aimes pas les éloges et je ne t’en fais pas, puisque je ne t’en ai jamais fait. Ce site me tient à cœur m’a fait apprendre et connaître les vrais Tunisiens et était un autre point de départ pour la prolifération de la résistance sur le net.

Je me rappellerai toujours de ton amitié, ta bravoure, ton engagement. Pour le rien que tu as, pour le tout que tu as donné, pour les bons et les mauvais moments, pour les 24 heures qu’on a passés sur le forum, pour le sérieux, le spamm, les rigolades, les fou-rires, les insultes et la rage contre la dictature de Ben Ali. Pour le prix que tu as payé cher, pour ta vie de combattant, pour ton éternelle mémoire, je resterai fidèle au poste, fidèle au combat, pour une Tunisie libre.

Merci Ezzou !

Je ne te dirais jamais « à dieu ! », malgré mon cœur en larmes et la douleur profonde.

Mkarriz

@ demain l’ami !


Walid [eFighter]

Ce matin tu as pris la diligence pour nous précéder vers l’Eternel, tu marques ainsi la fin d’une longue performance que tu nous jouais sur le théâtre de la vie. Comédie, drame, tragédie,…tous les genres s’y sont mêlés.

Je t’avais offert mon amitié sans savoir si tu l’accepterais, et tu as pris plus que ce que je ne t’avais offert. Dois-je m’excuser de ne pas avoir pu en donner plus ?
Dieu sait si je n’ai ménagé aucune possibilité pour être aux côtés de la cause que tu défendais tout d’abord, mais surtout à côté de toi. Ah si on pouvait dépasser les limites des petits êtres qu’Il a faits.

Mon absence a trop duré, mais rassure-toi, je n’ai jamais omis de penser à toi, à ce que tu faisais, ni à ce que tu attendais. Ma frustration me rongeait, mais c’était le prix à investir pour pouvoir apporter plus que ce que je ne recelais. Je savais que le temps qui passait est impitoyable, et voilà que sa sentence est venue. J’allais dire que désormais je ne pourrai plus te visiter, t’appeler, t’écrire. Mais non, tout cela pourra se poursuivre, jusqu’à ce qu’on se rencontre à nouveau de l’autre côté.

Tu as pris de l’avance 🙂 mais c’est « normal » tu es plus vieux :)) Va et je te rattrapperai, je continuerai à épuiser le crédit de temps qui me reste à oeuvrer, d’une façon ou d’une autre, comme je l’ai toujours fait, puis nous attendrons ensemble au Barzakh quel sera notre Jugement, le mérite de ce que nous avons fait.

Je pleure souvent la peine des hommes, mais jamais je n’ai pleuré leur mort. Aujourd’hui des larmes m’échappent, mais ce n’est pas sur toi que je les verse, tu ne l’aurais pas toléré. je les verse sur la Tunisie, pour le vide qui lui en sera laissé.

Tu étais devenu indémontable. Il faut dire que tu te défendais remarquablement bien, non pas seulement par tes propres mains, mais surtout par les talents que tu as pu mobiliser autour de toi. Au fait, ton ami Hsouna me manque autant qu’il te manquait.

Ce que tu as fait est énorme, et ce qui était à venir l’était encore plus. Ils étaient affolés par ce navire que tu dirigeait droit vers eux avec une ténacité rarement vue. Permets-moi de le dire, tu es celui duquel ils pouvaient craindre le plus.

T’ont-ils éliminé ? Le bon Dieu a-t-il estimé que tu en a assez fait pour t’appeler au repos forcé ?

Es-tu martyre Zouhair ? Ton coeur s’est-il arrêté à force de trop battre pour la dignité et la liberté, pour la justice ?

D’autres sont sur ton chemin. Tu sais, quand tu étais en prison j’ai toujours pensé que si tu tombes alors je serai le prochain. Tu as surmonté cette épreuve, et j’ai envie de raconter toutes nos entrevues et discussions. J’en garde beaucoup de choses dans le coeur.

Tu t’obstinais à consacrer ta vie contre Ben Ali et sa bande. Aujourd’hui est l’accomplissemnt de ta gloire. Le jour où ils mourront ils ne seront que poussière oubliée, au mieux il restera d’eux quelques lignes dans des ouvrages d’histoire, pour en parler plus en mal qu’en bien. Alors que pour toi, on ne se lassera pas de raconter qui tu étais, et ce que tu as défendu avec toutes tes tripes au sens figuré comme au sens propre. Tu es désormais un symbole de la Tunisie. Par ta mort tu prends l’ascendant sur leur vie.

Tu as enfin gagné Zouhair, tu as gagné !

Je défendrai ta mémoire, je raconterai ta légende partout où j’irai. Je continuerai de pousser le vent dans les voiles de ton navire, jusqu’à l’extinction de mon souffle.

Je n’oublis pas Zouhair ce que tu voulais me dire sans oser le prononcer. Repose en paix. Ta course s’arrête, mais pas celle de tous ceux que tu as entraînés.

A bientôt, l’ami.
Walid


Hannibal :

Zouhair Yahyaoui

Zouhair Yahyaoui écrivait sous le pseudonyme  » Ettounsi  » qui signifie le Tunisien en arabe. Il avait fondé le site TUNeZINE en juillet 2001 pour diffuser des informations sur la lutte en faveur de la démocratie et des libertés en Tunisie, et publiait en ligne des documents de l’opposition. Il avait été le premier à diffuser la lettre dénonçant le système judiciaire du pays adressée au président de la République par le juge Mokhtar Yahyaoui.
Le 10 juillet 2002, Zouhair Yahyaoui a été condamné, par la cour d’appel de Tunis, à deux ans de prison pour  » propagation de fausses nouvelles « . Il avait été arrêté, le 4 juin, par plusieurs policiers en civil dans un cybercafé. Au cours de son interrogatoire, il a été giflé et frappé sur la tête, il avait subi trois séances de  » suspension « , méthode de torture où la personne est suspendue par les bras, avec les pieds touchant à peine le sol. C’est à l’issue de la dernière séance de torture que Zouhair révèle le mot de passe d’accès de son site ce qui a permis aux autorités de le bloquer momentanément. Le site sera rapidement remis en ligne quelques heures après, par des amis de Zouhair, le site ne cessera dès lors son activité militante.

Nourriture souillée par les gardiens, lecture interdite, correspondance volée, promenade quotidienne supprimée, menaces des geôliers, Zouhair Yahyaoui avait déclaré, à plusieurs reprises, à sa famille qu’il ne supporterait plus ses conditions de détention. A trois reprises, depuis le début de l’année 2003, il observera une grève de la faim pour protester contre ce  » traitement inhumain « .
Durant ces grèves Zouhair qui pesait 70 kg en perd près de 25, souffrant conséquemment de multiples troubles médicaux. Malgré son état de santé, Zouhair Yahyaoui fut maintenu, sans soins, dans une cellule surpeuplée, dans des conditions particulièrement dégradantes, subissant le harcèlement et les humiliations continus des gardiens et des prisonniers de droit commun encouragés par une administration pénitentiaire sadique. En dépit de tout le soutien des tunisiens et de l’étranger ne cesse d’affluer. Zouhair a été décerné lauréat du 1er Prix Cyberliberté Reporters s@ns frontières – Globenet 2003 et RSF, le 19 juin 2003 en reconnaissance pour son combat et les valeurs qu’il défend.

Après une campagne de soutien au niveau mondial sans précédent, les autorités tunisiennes obtempèrent et libèrent Zouhair Yahyaoui le 18 novembre 2003 après deux ans d’incarcération.

Zouhair Yahyaoui entre dans la légende des hommes justes et libres, dans la légende avec tous ces grands tunisiens qui ont façonnés l’histoire de la Tunisie.

Zouhair décède prématurément, à la fleur de l’âge le 13 mars 2005, son combat lui survit et continue toujours. Le symbole, l’homme et les idées font leur chemin, le maillon de la chaîne ne sera jamais brisé.

A la mémoire de Zouhair Yahyahoui (1967-2005)


Mokipasse :

Zouhayer : La graine de la liberté

Zouhayer je te vois
Seul dans le sentier
Ouvrant la voie
Et semant le premier
La graine de la liberté
Tu as planté le rosier
Sur le tas de fumier
Ben Ali et ses sbires
T’ont fait souffrir
Parce que tu as dit non
Ils t’ont emprisonné
Espérant te confisquer
La parole.
Leur sombre objectif s’étiole
Ton esprit et ta volonté
S’envolent
Et se répand en Tunisie
L’arbre donne déjà ses fruits
Tu seras à jamais la bougie
Qui éclairera par sa flamme
Ce qui reste des sombres nuits


Nour :

Le dormeur du val

C’est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert ou la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille.
Il a deux trous rouge au côté droit.

Octobre 1870.
Arthur Rimbaud

La dame de fer fut un texte que j’ai vraiment adoré sur le net.

 Salut amitié et passe à l’as, ce qui reste est aussi important que ce qui a été.
Il ne fallait pas d’avantage que cette mort pour que je reconnaisse un très vieil ami, qui en fait, je n’avais pas vraiment connu, tout juste aperçu, mais souvent les choses vraies et leur plasma n’ont pas besoin d’être dites, ou mise au diapason de l’ordinaire. Elles s’inspirent d’un éphéméride sans aucune autre adresse que la mémoire du temps, ou de l’eau peut-être, ou tout simplement de cette garce de mort frangine.
Elles sont comme cela conçues dans l’ordre naturel des mutations et des rencontres. Ma grand-mère avait vraiment raison , mon bébé de quinze jours me donne à chaque seconde la preuve , elle me disait , « il faut souvent aimer ceux qui te font pleurer que ceux qui te font rire » car généralement ceux qui te font pleurer ont aussi pleuré à cause de toi.
Les larmes dans cette belle et chienne , de préférence enragée , toujours , de vie sont le juste tempo de la fièvre et de la révolte.Un flamenco qui donne aux anges 1000 raisons d’exister et aux soumis le tournis.
Il ne fallait pas d’avantage pour que je reconnaisse mon vieil ami BBB.
Ce grand cœur dont la vie toute de dévouement et d’abnégation, avait été vouée, avant ce départ sur la pointe des pieds, à l’art de faire.

 avez-vous des nouvelles de BBB ?

 il est pitaine au long cours.

 marin !impossible…!BBB a toujours eu le mal de mer , les seuls rugissants qu’il a connu dans sa vie ce sont les huiles usées et bouillantes des fritures de beignets , non il a plus d’envergure que cela!..Il ne saurait tomber dans la banalité.

 mais bien sûr, mais qu’est ce que tu imagines ? Que BBB possède un voilier ordinaire ?

 alors qu’est ce qu’il fait sur ce voilier ?

 de l’élevage.

 Bin voyons!! Mais de l’élevage de quoi?

 De l’élevage d’étoiles.

 oh alors là je m’incline.

 il était temps

 c’est très vrai, c’est une race qui s’éteint, il n’y a que quand on se trouve en face des réalités qu’on se rend compte des choses.

 Mais oui pensez-y , que deviendrait la Tunisie, du jour au lendemain, s’il n’y avait plus d’étoiles ?

 oh c’est effrayant d’y songer, les ZABASCLONES seront là pour toute notre éternité.

 c’est toujours la même histoire, toujours la même cause : carence de la dictature.
Enfin, est ce que depuis longtemps les généraux sans armée et sans étoile qui font face à Zinétron, n’auraient pas d’y penser et prendre des mesures aussi énergiques, produire à grande échelle des étoiles ,pour enrayer la disparition du cheptel et des éleveurs d’étoiles?

 c’est exact c’est pour cela que de temps en temps des éleveurs d’étoiles comme BBB consentent à s’isoler , à s’isoler tout seul, pour conserver à la Tunisie cette industrie d’étoiles dont le renom n’est plus à faire.c’est le destin de l’homme de faire.

Nour.


Janine :

Bagnard, au bagne de Vauban
Dans l’îl’ de Ré
J’mang’ du pain noir et des murs blancs
Dans l’îl’ de Ré
A la vill’ m’attend ma mignonn’
Mais dans vingt ans
Pour ell’ je n’serai plus personn’
Merde à Vauban

Bagnard, je suis, chaîne et boulet
Tout ça pour rien,
Ils m’ont serré dans l’îl’ de Ré
C’est pour mon bien
On y voit passer les nuages
Qui vont crevant
Moi j’vois s’faner la fleur de l’âge
Merde à Vauvan

Bagnard, ici les demoiselles
Dans l’îl’ de Ré
S’approch’nt pour voir rogner nos ailes
Dans l’îl’ de Ré
Ah ! Que jamais ne vienne celle
Que j’aimais tant
Pour elle j’ai manqué la belle
Merde à Vauban

Bagnard, la belle elle est là-haut
Dans le ciel gris
Ell’ s’en va derrière les barreaux
Jusqu’à Paris
Moi j’suis au mitard avec elle
Tout en rêvant
A mon amour qu’est la plus belle
Merde à Vauban

Bagnard, le temps qui tant s’allonge
Dans l’îl’ de Ré
Avec ses poux le temps te ronge
Dans l’îl’ de Ré
Où sont ses yeux où est sa bouche
Avec le vent
On dirait parfois que j’les touche
Merde à Vauban

C’est un p’tit corbillard tout noir
Etroit et vieux
Qui m’sortira d’ici un soir
Et ce s’ra mieux
Je reverrai la route blanche
Les pieds devant
Mais je chant’rai d’en d’ssous mes planch’s
Merde à Vauban


N.A.

Vole, vole, petit frère
Va t’en loin, va t’en serein
Qu’ici rien ne te retient
Rejoins le ciel et l’éther
Laisse-nous laisse la terre
Quitte manteau de misère
Change d’univers

Vole vole petit frère
Quitte ton corps et nous laisse
Qu’enfin ta souffrance cesse
Va rejoindre l’autre rive
Celle des fleurs et des rires
Celle que tu voulais tant
Ta vie d’enfant

Vole vole mon petit frère
Puisque le nôtre est trop lourd
Puisque rien ne te soulage
Vole à ton dernier voyage
Lâche tes heures épuisées
Vole, tu l’as pas volé
Deviens souffle, sois colombe
Pour t’envoler

Vole, vole toi la flamme
Vole notre ange, notre âme
Quitte ta peau de misère
Va retrouver la lumière


Elyssa :

Décès du « cyber-dissident » Zouhair Yahyaoui :
symbole d’une jeunesse tunisienne libre

Le cyber-dissident tunisien, Zouhair Yahyaoui, est décédé aujourd’hui dimanche 13 mars 2005 à 9h du matin d’une crise cardiaque à l’âge de 36 ans.

Trop jeune pour mourir. Zouhair Yahyaoui qui fût maintenu illégalement en prison pendant près de deux ans, a subi les pires tortures et humiliations au nom de la liberté de penser et d’expression.
Il symbolise une jeunesse tunisienne courageuse qui a soif de vivre et de crier son dégoût pour le régime policier et dictatorial qu’endurent les Tunisiens. Il a ouvert les portes d’un lieu où tout citoyen avide d’information et de liberté peut s’exprimer et pour cette « faute » le gouvernement lui fera payer cher. Pour notre liberté, Zouhair a souffert dans son corps. Grève de la faim, maladie, violences physiques et morale en prison, tel sera son lot pour sa lutte pour une vie digne libérée des humiliations que supporte le peuple tunisien.

La dernière en date est l’invitation de Sharon en Tunisie au Sommet Mondial de l’Information en novembre 2005.
Un Sommet qui se tient dans un pays où l’information est inexistante ! Où la presse est le porte parole du régime ! Où sont nés les concepts de « cyber-dissidence » et « cyber-police » !

Zouhair Yahyaoui connu sous le pseudonyme de « Ettounsi » (le « Tunisien » en arabe) a crée en juillet 2001 un journal en ligne satirique anti-Ben Ali du nom de « www.TUNeZINE.com ». Il fit ainsi preuve d’un rare héroïsme en revendiquant la liberté de penser et du droit à manifester nos opinions. Il y diffusait des informations sur les atteintes aux droits fondamentaux du peuple tunisien faites par le régime policier de Ben Ali et celles relatives aux actions de l’opposition tunisienne.
Il militait pour une véritable démocratie et pour une alternative au pouvoir dictatorial en place depuis 1987. Par le biais de son site, il est entré lui-même dans l’opposition alors qu’il était totalement inconnu. C’est en diffusant la lettre de son oncle, le juge Mokhtar Yahyaoui, surnommé le « juge rebelle », dénonçant le système judiciaire du pays pour absence d’indépendance, adressée au président de la République que les ennuis commencent.

Arrêté par des policiers en civils, ces derniers lui infligent les tortures que subissent les opposants tunisiens à travers des méthodes que Zouhair Yahyaoui dénonçait lui-même dans son site web. Après lui avoir extorqué le mot de passe du site, la cyber-police tente de le bloquer, mais Sophie sa compagne le remet en ligne à partir de Paris. Le 10 juillet 2002, après un simulacre de procès sans plaidoiries où ses avocats n’ont pu ni consulter son dossier ni assurer sa défense, la cour d’appel de Tunis, des juges à la solde du régime, le condamne à deux ans de prison pour le prétendu délit de « propagation de fausses nouvelles ». Après une mobilisation internationale sans précédent organisé par ses amis de Tunezine.com, l’opposition tunisienne et des ONG il sera libéré le 18 novembre 2003 : deux années d’incarcération arbitraire pour avoir dénoncé un régime autoritaire où la seule voix admise est celle de l’ignorance et de la soumission.

Il a été lauréat du premier Prix « Cyberliberté » de Reporters s@ns frontières, Globenet et RSF attribué le 19 juin 2003 pour sa lutte pour les principes de liberté, de partage du pouvoir, de vérité et de dignité.

Nous sommes tous des « Ettounsi » !
Ces valeurs le peuple tunisien va continuer à les défendre en dépit des menaces du régime de Ben Ali contre toutes formes de revendication de liberté d’expression ! Le symbole de la jeunesse tunisienne libre reste vivant dans nos cœurs et nous continuerons la lutte.

Allah Yarhmou (Que Dieu ait son âme).


Mkarriz :

Cher(e)s ami(e)s

En ce jour de deuil et de tristesse, encore une fois un ami, un symbole et un militant nous quitte, ça nous a tous abattus et attristés. Ezzou restera dans nos coeurs comme tous les autres braves qui ont combattu la barbarie du régime de Ben Ali. Je vous appelle tous de ne pas lâcher, de nous resserrer les coudes, pour que nous honorions leur combat, notre combat.

Nous sommes dans l’obligation de résister par les écrits, les paroles et les actions. Soyons un seul Homme, nous serons efficaces et nous vaincrons ! Tous les textes que vous avez postés pour Ettounsi sont touchants et portent dans leurs mots une solidarité inébranlable. Le malheur, cette fois, nous renforce et nous rassemble pour nous rappeler notre devoir envers notre chère patrie.

Vive la Tunisie !


Chokri YACOUB

Quand mon ami Abdelwaheb el Heni m’a annoncé la triste nouvelle en début d’après-midi avec une voix cassée je ne voulais pas croire, je n’ai pas arrêté de répéter non ce n’est pas possible… mais hélas ils ont réussi (…)

J’ai rencontré Zouhaier à Genève pour la 1 ère et dernière fois il y’a 2 semaines et j’ai senti en lui une détermination et un courage inégalables pour continuer la lutte contre la dictature du tortionnaire Zebla Ben Ali, je n’oublierai jamais ce petit moment passé ensemble lors de la conférence organisée par RSF, en présence des barbouzes du plus grand prédateur de la presse le dictateur général Ben Ali.

Merci Zouhaier pour tous ce que tu as fait pour nous donner l’envie de nous battre contre l’injustice et pour un monde meilleur pour notre jeunesse.

Que le tout puisant t’accordera sa miséricorde, repose en paix mon ami et veille sur nous depuis la haut.


mounirdabbour

Tu ne peux pas nous faire ça !!!

Mon frère,
Comment tu as pu me faire ça, tu te rappelles, un jour nous nous sommes rencontrés, tu m’as parlé, tu m’as permis de nouveau et me retrouver moi même, de retrouver notre pays, notre quartier que nous aimons tant, tu m’as donner de nouveau le courage, je t’ai écouter, je me suis fais une cause, ton amour de la Tunisie débordait de par dessus tout.
Il n’y avait qu’une chose, pouvoir se retrouver un soir libre dans un lieu qui tu aimes tant, dans les banlieues de Tunis, boire un verre ensemble, acheter des livres et les offrir aux autres, tu te rappelles de ça, non tu ne peux pas partir ainsi.
Zouhair tu es l’âme de mon peuple, tu la flamme de cet amour pure et simple, ni les idées des autres ni la dureté du régime ont pu te plier.
Avec mes larmes, je t’écris ces mots, ma tristesse et tout le chagrins qui remplissent mon coeur.
Dis moi Zouhair, tu n’es pas parti, dis moi, tu vas m’attendre cet été, comme promis à la goulette, je vais venir avec Inès, oui Inès ma fille, elle veut te donner les dessins que tu as oublié de prendre la dernière fois quand tu es venu à la maison.
Zouhair, ma douleur est grande, ce soir je me sens si seul, les murs de ma maison m’écrasent, je n’arrive pas à me retrouver.
Tu es un ami, un frère et plus, je suis mal, ton rire est encore là, il raisonne dans ma maison, je regarde encore tes photos, celle de la dernière sortie, tu sais, les bronzés qui font du Ski, tu ne les as pas encore vus, je les mettrais toutes sur le site.
Zouhair, simplement tu es le frère que je n’ai plus
Je t’aime Zouhair
Zouhair tu est avec moi à jamais.
www.dabbour.net


Maja :

Perdue.

Un adjectif qui pourrait bien qualifier mon etat actuel, mais voila ca aussi c’est difficile a savoir.
Je suis simplement capable de dire qu’il est mort. Mon cousin est mort.
Je suis aussi capable de dire que si je ne sais pas comment reagir c’est parce que c’est mon premier deuil d’adulte, mais surtout qu’avec l’eloignement, les kilometres qui refusent de disparaitre, je ne sais pas ce que je devrai faire, je ne sais meme pas vraiment ce que je ressens ou ce que je voudrai faire.
Je vis dans un brouillard froid.
Je ne peux pas m’engloutir dans les bras protecteur de ma mere, tante, pere ou autre, je ne peux pas me fondre dans la masse des visages attristes.
Je ne suis meme pas sure que les gens qui m’entourent ici sont au courant, je ne sais pas comment leur dire
oui leur dire qu’il est mort, et qu’il compte et comptera toujours beaucoup a mes yeux.
Je ne suis capable d’ailleurs une fois confontree a la voix de mes cousines ou de ma tante que de dire que je suis desolee.

Je peux juste dire que celui que j’appelais Zou [surnom que je lui donne etant enfant] est mort et que cela me chagrine profondemment.
Et ce chagrin la, on n’y echappe pas.

il me restera toujours les aventures de Singra et Hallouf zou .. et ils me feront toujours rire ..

ne l’oubliez pas .. par pitié..

Amira Yahyaoui


Astrubal :

Vers 13h le téléphone sonne, Chams, la voix tremblante, hésitante, m’annonce sèchement

 J’ai une terrible nouvelle !

Rien qu’au timbre de la voix, mon sang fut glacé !

 Quoi… quoi… quoi encore ! Qu’est-ce qu’il y a encore, qu’est-il arrivé !?

La même voix poursuit

 Je viens de recevoir un E-mail m’annonçant le décès de Zouhair Yahyaoui !

Je songe d’abord à une mauvaise blague. Puis après l’effrois, tant mon interlocuteur que moi-même, sous le choc, on discute pendant plusieurs minutes de la crédibilité de la source de l’information, y compris de la possibilité d’une farce répugnante diffusée sous le nom des parents de Zouhair. Je suggère même à chams de ne pas diffuser l’information tant qu’il n’y a pas de confirmation de vive-voix d’un parent. On se quitte tous les deux pour essayer d’en savoir plus puis de se rappeler dès que l’un d’entre-nous a du nouveau.

A peine le téléphone raccroché, j’appelle Angélica. Je n’ai pas osé appeler Sophie, ni des parents à Zouhair avant d’en savoir plus.

Lorsque Angélica décroche, dans mon impatience tout ce que je trouve à lui dire « STP dis-moi que c’est une vilaine blague, c’est une blague n’est-ce pas… ! ». Angélica ne comprend pas. « Une blague !? » mais de quoi tu parles me dit-elle !?

A ce moment là, je n’ai pas eu la force lui dire ce que je venais d’apprendre. Seigneur ! C’est tellement énorme ! Il s’agissait de la vie de l’un des nôtre. Tout ce que j’ai trouvé à lui dire c’est que j’ai eu une mauvaise nouvelle. Mais … peut-être que c’est une vilaine blague et que pour en savoir plus elle devait consulter sa boîte à mails. Et que de toute façon on se rappelle pour voir plus clair.

Devant partir en déplacement de 400 km, je prends ma voiture et mon satané portable. Durant le trajet de nombreux coups de fils vont s’échanger. Je rappelle Chams, puis Angélica me rappelle, puis Chams à son tour me rappelle, puis Louisa m’appelle, puis encore d’autres coups de fils et la nouvelle ne cesse de se confirmer. Je persiste à chaque fois pour dire à mes interlocuteurs « mais peut-être… peut-être que… » je songe à tous les scénarios et mon raisonnement devient presque irrationnel… Partir ainsi à 37 ans… c’est incroyable. Je cherche à m’accrocher à la moindre lueur d’espoir. Durant le trajet, je perds la couverture réseau. J’envisage de retourner en arrière. Puis je décide d’accélérer pour retrouver rapidement une zone de couverture. Et à chaque contact la nouvelle devenait une certitude.

Tout se bouscule dans ma tête ; les images de Zouhair son calvaire, les dernières années qu’il a vécues sous la répression, je pense à sa mère qui a récemment perdu son époux et puis à présent Zouhair. Je songe à ses frères et sœurs, à son oncle Mokhtar… à Sophie…

Mes larmes jaillissent, la route défile. Je pense à Zouhair, je pense au drame Yahyoui qui se noue depuis quelques années, je pense à la dictature. Je suis en deuil. J’éprouve une haine incommensurable à l’égard de la dictature. Et quelles qu’en soient les raisons médicales du décès de Zouhair, la dictature tunisienne a une grande part de responsabilité.

En arrivant enfin à la maison, je m’aperçois que, des centaines de kilomètres que j’ai parcourues, je n’en garde aucun souvenir.

Passé la porte de la maison, je pose mes clés ; je me dirige vers mon ordinateur que j’allume, puis, effondré, je vais m’asseoir sur le canapé. Maintenant que l’annonce du décès de Zouhair est une certitude j’éprouve du mal, je dirais presque une impossibilité physique pendant les premières minutes à me déplacer pour me mettre devant l’ordinateur. Au fond de moi, je voulais garder encore cet infime espoir durant quelques minutes encore que tout cela n’est qu’une fumisterie dégoûtante. Je refusais l’idée de me connecter sur Tunezine, tant je redoutais de découvrir les messages de condoléances, de peines et de deuil de ceux qui, hier encore, lisaient les messages d’Ettounsi. Pourtant c’est ce que je viens de faire. Je découvre ces messages et j’ai comme une impression d’être dans l’irréel. Je vois le message de Mkarriz suppliant Zouhair :

« Ettounsi réponds s’il te plaît ».

Les larmes m’envahissent à nouveau. Non il ne répondra pas. Non il ne répondra plus. Zouhair a posté son dernier message hier, il ne reviendra plus…

Zouhair n’a jamais cessé de nous surprendre et il nous aura surpris même jusqu’à son dernier souffle.

Je n’ai jamais rencontré Zouhair. Nous avons eu des échanges au téléphone et j’en garde le souvenir d’une voix timide mais déterminée et audacieuse. La voix d’un être frêle qui ne demandait rien de plus que de vivre libre. Cet être frêle et si timide en a surpris plus d’un. Il était littéralement indomptable. Il comptera désormais parmi les figures qui auront consacré une partie de leur vie à se battre pour leur pays et sa liberté. Et indiscutablement, il est le premier militant du net tunisien. Un espace qui ne serait pas ce qu’il est sans la marque profonde de Zouhair.

Son engagement si désintéressé, ses attitudes qui n’obéissaient à aucune quête des honneurs et des considérations ont fait de lui un résistant et un agitateur public unique en son genre, car si redoutable. N’aspirant à aucune charge politique, il ne craignait personne et encore moins l’exécutif tunisien qu’il haïssait tant.

Oui il avait ses humeurs…, mais lui au moins, contrairement à d’autres, ses humeurs il les revendiquait et ses défauts les assumait.

Aujourd’hui, il nous a fait une « queue de poisson » inimaginable. Il est certes parti en homme libre sans jamais plier, mais il nous a laissé dans un deuil terrible.

A bientôt Zouhair. On t’aime quand même et saches que tu nous manques déjà.

A madame Yahyoui, à toute la famille Yahyoui, à son oncle MY, à Sophie et à tous les proches de Zouhair, je vous exprime mes condoléances les plus sincères.

Astrubal@tunezine.com


hiz rassik

Consoler la liberté

Consolez mon peuple
Zouhair Yahyaoui n’est plus
Dans mon pays et ailleurs la
douleur s’est répandue

Consolez mon peuple
Le rebelle a disparu
Consolez la liberté et consolez
tous ceux qui l’ont connu

Consolez mon peuple
C’est un rêve de dignité qu’il a perdu
Un dictateur voulait le mettre à
genoux mais il n’a pas pu

Consolez mon peuple
C’est un homme libre qu’il perdu
Dans mon pays aussi des hommes
libres ont vécu

Consolez mon peuple
C’est contre la tyrannie que
Zouhair Yahyaoui s’est battu
Dans mon pays aussi des hommes
ont résisté au despote absolu

Farhat


3achi9 7orriya

zouheir est mort..vive la liberté!
Je ne l’ai rencontré qu’une seule fois suite à sa sortie de prison..au siège de LTDDH, on a bavardé un peu, je lui ai proposé l’idée de participer comme invité/témoin à une conférence sur la liberté d’expression ur internet qu’on comptait organiser dans la branche jeunesse du PDP..il a tout de suite accepté.., sans hésitation aucune.., on a échangé les Nr de tél..mais on s’est plus revu..cette scène peut à elle seule résumer..la grande opinion que je me suis constitué sur lui aprés en lisant ses articles sur tunisnews..
et en survolant quand les moyens techniques le permettaient ce forum…il était toujours là pour encourager les autres, pour les soutenir, pour leur montrer le chemin à suivre.., pour leur servir d’exemple voire d’idole sans qu’il ne soit pour autant un homme exceptionellement éloquent.., il ne parlait pas beaucoup..mais sa plume était inépuisable quand il s’agissait de défendre les autres, de défendre leur liberté à s’exprimer, à etre différents..à etre ce qu’ils sont tout simplement…

dernièrement.., il m’a fait l’honneur de parler de moi sur ce forum, de m’appeler lors de mon arrêstation pour s’assurer de ma libération..et pour me soutenir , la communication était coupée au bout de quelques minutes.., il m’envoie un mail pour s’en excuser!!! et pour me souhaiter bon courage.., je n’en revenais pas..je savais déja qu’il était quelqu’un de trés aimable , de trés serviable..de trés modeste..mais son enthousiasme n’a pas manqué de m’émouvoir…

je comptais renouer le contact direct avec lui..mais allah ghaleb la mort était plus rapide.., une chose est certaine pour moi ce soir..je porterai cet honneur durant le restant de ma vie.., je garderai en mémoire son sourire confiant, ses yeux pétillants..et ses mots au téléphone « rabbi m3ak »..et bon courage

que dieu soit avec nous tous , et qu’il nous donne la force, autant de courage, de détermination et d’audace que tu en avais.. pour continuer sur la voie que tu nous as tracée..la voie de la liberté.

Merci pour tout Zouheir..je ne t’oubilierai jamais.. frère!


Ghassen Ben khlifa

idha al cha3bou yawman arada al 7ayét falébodda an yastajiba al 9adar


Mokipasse

Le vol de la Colombe
Ce jour où il fait nuit
Ce jour où il fait sombre
Les sbires de Ben Ali
Ricanent à l’ombre.
Leurs gueule d’hyène
Dont les crocs acérés
Laisse déverser leur haine
Contre l’amour et la liberté
Ce jour où il fait nuit
Ce jour où il fait sombre.
Une colombe, sans bruit,
A volé pour se fondre
Avec l‘air et le soleil
Pour que nos âmes flétries
De la liberté s’émerveillent.
Pour que nos cœurs et notre esprit
Palpitent et encore s’éveillent
Pour dire toujours NON
Refuser, encore, les dictats
Et ensemble nous allons
Vaincre et défaire l’apostat
De la liberté et l’amour,
En Tunisie, pour toujours.

Zouhayer je te vois
Seul dans le sentier
Ouvrant la voie
Et semant le premier
La graine de la liberté
Tu as planté le rosier
Sur le tas de fumier
Ben Ali et ses sbires
T’ont fait souffrir
Parce que tu as dit non
Ils t’ont emprisonné
Espérant te confisquer
La parole.
Leur sombre objectif s’étiole
Ton esprit et ta volonté
S’envolent
Et se répand en Tunisie
L’arbre donne déjà ses fruits
Tu seras à jamais la bougie
Qui éclairera par sa flamme
Ce qui reste des sombres nuits


hannibal

Pour Zouhair, toi l’inconnu, le fils du peuple
Qui un jour a choisi de dire non, non à l’oppression,
Non à tout forme de soumission, non aux restrictions
et à toutes les interdictions.
Seul, avec pour seuls armes son courage et de son abnégation
Il a défié la dictature et la censure.
Faisans fi de la répression et des contritions.

Avec sa plume, il a fait vacillé et chanceler le régime mécréant.
Cet homme, tout seul a fait mobiliser des mois durant des centaines d’agents,
La peur qu’il a semé dans le cœur des tyrans, leur a fait perdre la raison.
Ils ont fermé les réseaux, filtré les canaux, ficher les IP, couper Internet et fait museler les publinets.

Contrôlant le http et le FTP, l’information pourtant passait.
La liberté ne pouvait être brimé car elle trouvait toujours des relais.
La menace du cyberdissident devenait plus grave que celle d’un bataillon.
On a recruté des dizaines de techniciens, d’ingénieurs et d’informaticiens.
Dépenser de faramineux budgets, acheter des serveurs et de multiples routeurs, on s’est équipé des meilleures connexions, tout cela à ton attention.

Finalement, un jour à force de te harceler et de te pister, ils t’ont attrapé. Sans jamais réussir à te briser, ils t’ont ligoté, frappé et torturé et pourtant tu résistais. À la cruauté tu répondais par l’espoir de liberté.
Ils t’ont enfermé pour ensuite te condamner. Dans un semblant de procès, ils ont sorti les thèses les plus injustifiées.
Une justice factice au service de la police s’est faite complice, s’est déshonoré, avant de se décrédibiliser.

Ils t’ont embastillé, pour encore t’harceler, mais Zouhair tu étais fait d’acier et tu n’es pas de ceux qui ravalent leur fierté.
Ils ont voulu t’écraser mais tu t’es toujours relevé. Les tiens ne t’ont pas oublié, dehors les pétitions ont circulé.
Par dizaines de milliers les gens se sont solidarisés, des sites, des articles t’ont été dédiés. On a voulu te faire taire mais c’est tout le contraire qui s’est passé. Une voix isolée est devenu le symbole de tous les révoltés.

Ils ont été obliger de te relâcher mais cette fois ton combat pour la liberté a été gagné. Derrière toi on est des milliers, chaque jour plus de gens sont sensibilisés, le peuple tunisien est en train de se réveiller. Les lycées et les universités sont en train de bouger, la critique devient incontrôlée. Attention, l’heure des comptes va bientôt arriver !!!


Mokipasse

Donne moi la clé

de la liberté

Pour qu’elle puisse m’emporter

Je veux rêver

Je veux voir

et toucher

Le Ciel, les oiseaux, la mer

Sentir et m’envoler

l’air, les fleurs

Caresser un visage

Une fleur

Plus jamais être enfermé

Je veux bouger

avancer, vivre

Chanter et rire

Non, je refuse

même si mon corps était enchainé

Je l’affirme haut et fort

Mon esprit sera libre à jamais.


Gitane :

Bonjour à tous,

Je suis d’une tristesse sans limite mais je suis fière d’avoir pu rencontrer Ettounsi.
Ami, tu es LIBRE
Ami, tu es là et pour toujours.
Mes condoléances à sa famille, à Sophie, à tous ceux qui ont fait en sorte que Tunezine soit Tunezine.
Allah yârahmik wa inââmik ya Zou.

REVEILLONS LE ZOUHAIR YAHYAOUI QUI SOMMEILLE EN NOUS

Du monde virtuel, le voilà en face de moi, bonnet vissé sur la tête, boucles noires sur la nuque, un regard tenace, franc, déterminé, juste.

D’aucune obédience, il se définit comme un simple citoyen. Le ton est donné. La simplicité, la clarté, la constance de ses propos nous laisse sans voix.

Cet homme n’use d’aucun artifice, ne tire sur aucune corde sensible, pas d’esprit revanchard ni agressif, l’amertume que son histoire aurait pu lui inspirer est absente.

Rien ni personne ne pourra ébranler sa DIGNITE.

Les conditions de détention ?
Zouhair Yahyaoui les décrit calmement et précisément :

 Une pièce de 15 mètres sur 5, soit 75 mètres carrés pour 130 personnes . 52 lits pour 130 personnes. Zouhair a pu obtenir un lit au bout de 4 mois de détention. Il y avait des lits superposés collés aux murs ou « camions » pour les initiés, des lits à trois places où la personne occupant celle du milieu doit s’y glisser en suspension comme une « cassette » et pour ceux qui n’avaient pas de lit, ils dormaient à même le sol, tête-bêche au milieu de la pièce, la moitié du corps sous les lits superposés comme des « mécaniciens ».

 Hygiène : Pour 130 personnes dans un espace de 75m2 , 4 cabinets de toilette au fond de cette pièce, dont un était condamné pour y entasser les ordures, ordures pouvant atteindre aisément un mètre de haut, ordures attirant des nuées de mouches et des hordes d’insectes. De jour, les insectes pullulent et infectent nourriture et breuvage, de nuit ils envahissent les lits.

 Eau : Pas d’eau courante, une vingtaine de minutes par jour entre deux heures et trois heures du matin. Ces précieuses minutes étaient employées à remplir des seaux d’eau.

 Nourriture ou « soubba », constituée d’un pain « taliéni » quotidien, le soir un bol de soupe d’herbes sauvages bouillies dans une eau marâtre salée, à midi une gamelle de lentilles le jeudi, de couscous le dimanche et de pâtes liquides les autres jours de la semaine.

 Distraction : une télévision est présente dans la pièce. Le télé journal de 20h doit être suivi dans un silence de mort sous peine de subir un isolement de 10 jours.

 Parloir : interdiction de parler des conditions de détention à ses proches sous peine de représailles musclées. Tous les propos échangés entre famille et détenu sont immédiatement et fidèlement retranscris par 3, voire 5 personnes présentes à chaque séance.

 Mise à l’écart : toute personne adressant la parole ou s’approchant de Zouhair recevait une bastonnade immédiate dissuasive. Et c’est la gorge nouée qu’il parle de ceux qui y sont encore, de ceux qui ne sont plus de ce monde, emportés par l’hépatite ou la tuberculose. La gorge serrée il se souvient de ceux qui au comble du désespoir se mutilent au plus profond de leur corps pour essayer de faire taire la douleur de leur âme.

Cette description des conditions de détention est loin d’être exhaustive et n’évoque pas les séances sordides d’interrogation ni de torture.

Rien ni personne ne pourra ébranler sa DETERMINATION.

Les intimidations ?

 la spoliation de l’ensemble des biens de la famille dont un petit hôtel à son heure très rentable, recommandé par le Guide des Routards, situé au centre-ville, le « Royal ».

 la pression sur l’ensemble de sa famille, ses frères et sœurs, rendant ainsi la possibilité de travailler quasi nulle.

Non, messieurs, el TOUNSI, en tant que TOUNSI vous dit qu’il n’est pas intimidé.

Rien ni personne ne pourra ébranler son COURAGE.

Zouhair Yahyaoui ne savait pas qu’en entrant en prison, il en ressortirait orphelin, son père, qu’il repose en Paix, a disparu dans l’attente de son fils.

Rien ni personne ne pourra ébranler EL TOUNSI.

En chacun de nous sommeille un Zouhair Yahyaoui, droit, juste, vrai, prêt à tapir ses peurs, prêt à abandonner messes basses, petitesses, lâchetés, pour s’affranchir et devenir un citoyen LIBRE, libre de ses mouvements, libre de s’exprimer, libre de rire.

A tous les tunisiens, réveillons le Zouhair Yahyaoui qui sommeille en nous !


Ivan (Mourad) Le terrible

A toi l’ami

A toi l’ami que je n’ai jamais connu
A toi l’homme avec qui j’avais souvent des malentendus
A toi l’e-ami que les tortionnaires voulait t’extorquer mon identité
Je m’excuse pour ces quelques gifles et coups que je t’avais causés
A toi qui avais obligé tes amis à se démêler pour te libérer
Voilà qu’à peine un an et demi que t’es sorti
Te voile encore reparti
Sacré farceur !
Adieu l’ami,
Adieu l’e-ami,
Adieu l’internaute
Adieu l’homme,
Adieu l’artiste
Adieu, Adieu, Adieu
Pour ce qui est du pot qu’on devrait prendre ensemble
On le prendra ensemble lorsque je te rejoindrais la haut

Promis-juré

Je te dédie cette chanson de Michel Berger

Diego

Derrière des barreaux
Pour quelques mots
Qu’il pensait si fort.

Dehors, dehors il fait chaud,
Des milliers d’oiseaux
S’envolent sans effort.

Mais quel
Quel est ce pays ?
Où frappe la nuit
La loi du plus fort.

Diego, libre dans sa tête
Derrière sa fenêtre,
S’endort peut être.

Et moi,
Qui danse ma vie,
Qui chante et qui rit,
Je pense à lui.

Diego, libre dans sa tête
Derrière sa fenêtre,
Déjà mort peut être…


enormecrie

Non, ni mon frere, ni mon pere!

En voyant mes larmes qui n’arretaient pas de couler à chaque fois que je lise et relise les messages d’hier soir, mon ami me disait naivement pour me consoler ce n’est ni ton frere ni ton pere… oui, ni mon frere, ni mon pere..
j’ai connu Zouhair à travers les medias comme plusieurs d’entre nous, je suivais à distance « son » combat, comme plusieurs d’entre nous, fascinée par le courage et la determination de la personne, comme nous tous…dire que je m’interessais tres peu à la politique…
jusqu’au jour où je me suis senti enfin prête à avancer, … la première personne à laquelle je me suis adressé c’est lui…
j’ai commencé mon mail timidement par M. Yahyaoui, j’avais tellement de respect et de reconnaissance que je n’osais meme pas le tutoyer…
et au bout de quelques secondes, il me repond spontanement et amicalement avec humour, courtoisie et bon sens, voici quelques extraits de nos premiers et derniers mails entre le 11 et 12 mars

ettounsi wrote:
> Tous les tuneziens sont MOUCH NOURMAL hatta tarf :))))
> Toi aussi d’ailleurs 😉
On redeviendra normaux prochainement 🙂
Ciao

c’était ses derniers propos, « On redeviendra normaux prochainement », depuis hier je n’ai pas arreté de repeter,repenser à cette phrase…
il sousentendait que la liberté nous rendra « normaux »..
aujourd »hui, tu es libre cher Zouhair, tu l’as souhaité, tu es redevenu « normal »…plus tot que prevue…
je tiens à m’exuser aupres de ses amis les plus proches qui l’ont connu depuis longtemps, je pense à Sophie, à Mercure, à Mkarriz et tous les autres que je n’ai pas eu encore l’occasion d’échanger avec… hier j’ai été là mais je n’ai pas osé ecrire un mot..que dire pour vous consoler… ma peine n’est que des miettes par rapport à la votre… que dire à part, courage, patience, liberté, en poursuivant le meme combat que votre cher ami.. notre combat à nous tous, je vous admire tous…
Non, il n’est ni mon frere ni mon pere, on a echangé à peine quelque email… mais depuis hier je n’ai pas arreté de penser à lui, tristesse et revolte me rongent à l’interieur de moi…
Zouhair Yayaoui est ni mon frere, ni mon pere, Zouhair Yahyaoui est …et restera notre espoir
Rabbi Yarahmou.
Zou, on t’oublira jamais!

coup de gueule… coup de coeur… je pousse un crie


La Colombe

Hommage a Zouhaier Yahyaoui

La disparition de Zouhaier Yahyaoui a choque tous internautes du monde qui l’ont soutenu dans son combat pour la democratie en Tunisie et contre le regime dictatoriale de Tunis…
Si a travers cette tragedie la dictature tunisienne penserait avoir gagne, elle se tromperait….
La dictature porte la plus grande responsabilite car, au dela des soupcons directs portes contre elle, elle assume la pleine responsabilite de ne pas apporter les soins necessaires et urgents a un de ses citoyens surout que ZY aurait rendu l’ame apres des heures….
Cela a mon sens serait un indicateur que la dictature est une partie prenante dans sa mort….
Sachant bien qu’en Tunisie, la dictature a le controle sur tout ce qui pourrait aller a l’encontre de sa politique dictatoriale….
Ca serait bien sur a l’enquete INDEPENDANTE sur la cause de la mort de ZY de montrer la verite sur les circonstances entourant le deces de ZY…
Bien sur les efforts de ZY de lutte contre la dictature resteront graves dans la memoire des internates tunisiens…
Il a ete un jeune courageux, motive et determine pour aller jusqu’au bout dans son combat pacifique pour la democratie en Tunisie. Meme si la dictaure tunisienne a oeuvrer systematiquement pour l’isoler, l’affamer et le priver de ses droits de citoyens, Zouhaier Yahyaoui n’a jamais ete decourage. Lors de sa rencontre, j’ai garde de lui l’image d’un jeune homme integre, sincere et sans rancune et qui croit a la cause pour laquelle il luttait fermement…
Il a ete touche par l’injustice que la dictaure tunisienne lui a infligee….

Le chemin de lutte qu’il a choisi ne devrait pas etre abandonne…
Il faudrait continuer avec le meme elan pour liberer la Tunisie du joug de la dictature du 7 Novembre noir 1987….
Et pour memoriser le combat juste et noble de Zouhaier Yahyaoui pour la lutte contre la dictature. je propose a tous ceux qui lui etaient assez proches de:

 Creer le Fonds Zouhaier Yahyaoui des Internautes Contre la Dictature. Ce fonds aurait pour mission d’encourager la lutte pacifique contre la dictature tunisienne, de decerner des prix aux jeunes etudiants tunisiens dans les Instituts de Journalisme et de Presse qui se distingueront par leurs ecrits critiques envers la dictature tunisienne…

 D’inviter les journaux et les magazines dans le monde a consacrer une page qu’elle soit de couverture ou autre en memoire a Zouhayer Yahyaoui.

(Et aussi …)

Ecrire au President Chirac pour lui dire que soutenir la dictature tunisienne ne serait-ce que lui donner un cheque a blanc pour tuer la jeunesse tunisienne. Si en France, le citoyen a le droit de lui prodiguer les soins d’urgence au besoin parce que les medias sont a temps pour relayer l’information et compter les minutes de retard d’intervention pour venir en aide aux patients. En Tunisie, par contre, la dictature tunisienne tue en douceur et continue d’inventer les arguments mensongers pour en creer un volcan de mensonges et presneter sa tyrannie comme un paradis….
Je crois que c’est le minimum de lui demander de prendre l’initiative et de presenter ses condoleances a Sophie qui est citoyenne francaise dont le fiance etait un symbole de lutte pour la democratie en Tunisie via Internet et dont les oeuvres sont reconnues mondialement..

La Colombe


Libre

Adieu Zouhair

Je viens de me connecter à Tunezine il y a plus d’une heure…..
je ne me suis pas connecté depuis plus de trois jours…..
je viens de savoir ta mort…….
je voulais dire ta naissance….. ta renaissance…..
dans un endroit libre…..
dans un endroit réservé aux braves…..
aux amoureux de la liberté…..
aux amoureux de la justice…..
au amoureux de la tolérance……
aux amoureux de l’amour……….. .

Paradoxalement quand je me suis connecté j’ écoutais un album d’un groupe hispno-argentin dénommé « Almagato »…..
l’ album s’intiutle « Para volver a nacer » (tr. Pour naître encore une fois) et croie moi Zouhair au moment où j’ai appris la nouvelle de ta renaissance……
j’écoutais une chanson que ce groupe dédie à Victor Jara…..
chanteur et poète chilien…..
mort assasiné par l’armée fasciste du dictateur Pinochet quelques jours après le coup d’état du 11 septembre 1973 au Chilie…..
Ils l’ont tué parcequ’il chantait la liberté……
parcequ’il était un homme libre…….
toi aussi…..
ils t’ont sauvagement tué……
parcequ’il ne pouvait pas t’emprisonner……
ni emprisonner ta pensée……
ni tes rèves…. ni tes idéaux…..
ni tes principes…..
ni ta voix………..

Juste je te dédie quelques paroles de cette chanson…..

« Tanta noche trago tu pueblo que es un deber recordarle » …… »
ton peuple a souffert tant de nuits qu’il est un devoir nous rappeler de toi »……..
« pero hay gente es que no te olvidan porque no quieren »….. »
mais il y a des gens qui ne t’oublient pas perce qu’ils ne veulent pas »……
« por una puerta sele el miedo por la otra entra la libertad »…..

la peur sors part une porte et par une autre porte rentre la liberte »……
« hay un canto enfrentado al miedo reclamando vivir en paz »….
il y a une chanson qui s’oppose à la peur et réclamant vivre en paix »…..
« tambièn hay un canto enfrentado al miedo por el derecho de vivir en paz » …..
il y a aussi une chanson qui s’oppose à la peur pour le droit de vivre en paix »…….

Hasta pronto……..

Vive Zouhair et vive les tunisiens libres……..


Osmanli

Sois sage ô ma Douleur…

Les mots me manquent….
exprimer ma compassion à la famille, dire toute mon affection et ma sympathie à Sophie et à tous ceux qui connaissent et pleurent Zou…
Mais est-ce assez ?
Je ne connaissais pas Zou, sinon par ses écrits..
mais j’ai l’impression de l’avoir toujours connu..
Lorsqu’il deperissait dans sa sinistre geole un sentiment de rage, d’impuissance et de révolte m’avait envahi; cela m’avait secoué, noué les tripes, fait monter une boule de feu de l’estomac à la gorge…
alors je crois que j’avais laissé parler un poete maudit à ma place..
Aujourd’hui les mots me manquent encore et c’est à Baudelaire puis à Brassens que je fais appel pour te dire: Reposes en Paix Zou, tu seras toujours présent dans nos coeurs.

Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille.
Tu réclamais le Soir; il descend; le voici:

Une atmosphère obscure enveloppe la ville,
Aux uns portant la paix, aux autres le souci.

Pendant que des mortels la multitude vile,
Sous le fouet du Plaisir, ce bourreau sans merci,
Va cueillir des remords dans la fête servile,
Ma Douleur, donne-moi la main;
viens par ici,

Loin d’eux.
Vois se pencher les défuntes Années,
Sur les balcons du ciel, en robes surannées;
Surgir du fond des eaux le Regret souriant;

Le Soleil moribond s’endormir sous une arche,
Et, comme un long linceul traînant à l’Orient,
Entends, ma chère, entends la douce Nuit qui marche.


Oiseau libre

Bonjour Zou

Je viens de me reveiller et je tiens a te dire bonjour! comme
d’habitude a cette heure ci tu es la en train de faire la java
sur le forum.

Tu vois la vie finalement ne tient qu’a un fil. Tes jours etaient comptes
et tu ne le savais point. Je me demande si tu l’avais su a l’avance qu’aurait ete tes mots de la fin a tes amis les forumiers: Continuez le combat sans moi, je vous protegerai de la haut.

Ce soir ou ce matin, je me pose la question: Comment a ete ta
soiree la ou tu reposes en paix? mais nul ne connaitra la reponse!

D’habitude il y a une dizaine de personnes qui participent, mais
ton depart sur terre a tellement touche des coeurs qu’il a fait
rejaillir des etincelles de courage aux visiteurs du forum pour
t’ecrire quelques mots. Eh oui! il a fallu ce moment precis pour que
les visiteurs s’exteriorisent enfin et te dire combien ils t’aimaient et admiraient ta lutte. D’autres sont sortis de l’anonymat pour t’offrir
en cadeau leur courage et leur amour pour toi.

A++Zou fait nous signe de la haut! Nous t’aimons tous!


Mkarriz

Mon coup de cœur de mon minuit à moi, pour toi Zouhair
Dédicace spéciale à mon ami Ettounsi de TUNeZINE
Zou ! Maintenant, je ne vais plus me taire !

Asphodèle

Je t’ai supplié de répondre Zou, je t’ai supplié !
J’ai supplié la lune,
j’ai supplié la nuit étoilée,
J’ai prié Dieu et les Saints,
j’ai prié le ciel voilé.
J’ai imploré la Terre,
j’ai conjuré le monde entier,
J’ai demandé aux océans à la mer pure et agitée.

Tu m’as ignoré, mais tu m’as fait un clin d’œil,
Ils m’ont ignoré, puisque rien ne sera pareil.
Nés, sur TUNeZINE, notre terre et notre foi,
Je t’en veux, nous sommes orphelins,
à cause de toi,
Je t’aime, nous sommes dignes et forts grâce à toi.

Enfant terrible du net tunisien censuré et libre,
Tu m’as versé une goutte de liberté, je suis ivre.
D’être ton ami, mon bonheur est sans mesure,
Contaminé par to courage, je suis à mon état pur.
Je les ai à l’œil nos ennemis, je te promets, je le jure.

Egoïste et moqueur le ciel grand, t’a enlevé.
Egoïste et possessive la Tunisie, t’a emporté.
T’as consacré ta vie et ton amour pour elle,
Elle t’a fait et défait, mais reste toujours belle.
Tu es libre ! Vole et plane comme une hirondelle !

Témoigne et garde notre printemps de Jasmin !


Adnane

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LE POEME ET LA CHIMERE

Mes funérailles ont lieu dans la nouvelle chambre
où j’ai pris mes quartiers.
Un long cri est lancé :
 » Ecris le poème! « 
J’écris
ce que charrie mon sang,
je barre, je rature,
jusqu’à ce que l’idée têtue
acquière enfin
la souplesse voulue.

Badr Chakir Al-Sayyab
( 1926 – 1964)

Pour Zouhair qui a toujour écrit ce qu’il avait dans le sang

Adnane Ben Youssef


mizaanoun

C’était trop tôt Zouheir

J’ai beaucoup de peines à croire ce que je lis. Une dose de tristesse supplémentaire nous assaille. Car la tristesse en ces temps difficiles par lesquels passent nos peuples nous est devenue bien douloureusement, hélas, familière. Mais au-delà de la douleur et de la tristesse que la mort de Zouheir Yahyaoui, accentue en nos cœurs, le souvenir qu’il nous lègue ne fera que renforcer la détermination de tous ceux qui combattent la dictature à aller de l’avant afin que la vie cesse de n’être qu’une succession de souffrances, de privations, de tortures et enfin une vie sans horizon aucun.

C’est à la fleur de l’âge pratiquement qu’un homme s’en va. Mais il a lutté suffisamment, il a connu la détention et par delà la privation de liberté, même celle surveillée dans le pays. Il a subi la torture dans les geôles de la dictature. Il a subi dans ces lieux sordides les affres dans son âme et dans son corps. Mais il a fini par gagner, car les bourreaux sont toujours perdants. Son nom retentit dans les quatre coins de la planète et continuera à le faire pour l’éternité. Son nom brillera dans l’espace telle une de ces étoiles qui ont toujours marqué le ciel de l’histoire. Des étoiles qui représentent les pages les plus belles, les plus passionnantes et les plus fascinantes dans la vie des peuples. Il n’a pas eu le temps d’être plus longtemps parmi nous mais il a tout donné et d’un seul coup.

Même si durant sa courte vie parmi nous, il a su lui donner un large contenu en intelligence, en courage, en solidarité, en action et en combat, qui perdurent à jamais, il ne reste pas moins que son brusque « départ » nous est tombé dessus comme un coup de foudre. Car tous ceux, les plus nombreux, au sein de notre peuple et d’ailleurs qui se sont mobilisés par tous les moyens pour le libérer des griffes de la dictature ne se sont jamais attendus à cette fin aussi brusque.

Ceci dit avec les sentiments certes agités, mais avec la pleine conscience que la perte en est bien une.

Si nous nous plions devant la volonté du Tout Puissant, il ne reste pas moins que derrière les causes, il y a bien des coupables qui auront des comptes à donner.
C’était trop tôt Zouheir de nous quitter.

Mes condoléances à mon pays …


Omar s’habou

Je me sens très triste.

J’ai eu le net et violent sentiment , quand le militant Imed Ben Mohamed (CPR) m’a appris le décès de Zouhayr Yahyaoui, que mon pays venait de perdre un de ses plus lumineux symboles.

Il avait insufflé au corps politique national un souffle d’intrépidité, d’anti-conformisme et d’insolence salutaire, parce que régénérateur.

Le langage trivial que certains lui reprochait n’était, comme l’a analysé « Alternatives Citoyennes » qu’ « une espièglerie qui décapait la bêtise ». La bêtise de ceux qui, en croyant le détruire, en ont fait un immortel exemple autant agissant et irradiant mort que vivant.

Déjà – et quel majestueux, signifiant et beau geste !- ses co-animateurs du site Tunezine ont décidé de sortir de l’anonymat pour prendre, dans la clarté du jour, le relais de Zouhayr.

Taieb Moalla, (lecteur assidu) Mourad Dridi (Ivan le terrible) Mohamed Bouriga (Omar khayyam) et Ridha Smiri (Mercure) ont déjà repris le flambeau avec, dans le cœur, une charge de défi qui parait inépuisable…

Ainsi, un jour seulement après son départ il aura métamorphosé quatre représentants de la nouvelle génération politique tunisienne en acteurs résolus, de la même veine que lui. Il a en quelque sorte ressuscité à la puissance quatre ! Et la reproduction des Zouhyar a toutes les chances d’être exponentielle !

Puisse-t-il continuer à irradier de cette sphère de lumières, dans laquelle il se trouve désormais, sa foi, son opiniâtreté, son inflexibilité. Et son insolence. Nous en manquons.

Aux siens et à mon pays je présente les plus fortes condoléances que je puis formuler.