Participation du 17 et 18 février 2005


En collaboration avec nos amis tunisiens de Suisse, je me suis rendue à Genève les 17 et 18 février 2005, où j’ai assisté à la conférence de presse avec la délégation présentée par Reporters sans frontières, afin de témoigner des atteintes à la liberté d’expression sur Internet.

Les cinq recommandations de Reporters sans Frontières concernant la liberté d’expression sur Internet :

www.radionongrata.org

Julien Pain et Zouhair yahyaoui ont témoigné du cas des internautes de zarzis «en Tunisie, Internet mène tout droit en prison» et j’ai pu également témoigner de leur situation en expliquant que, au pays où va avoir lieu le sommet mondial de l’information, ces jeunes ont été condamnés uniquement pour avoir consulté internet et vont mourir à cause de leurs conditions de détention s’il n’y a pas une mobilisation internationale pour exiger leur libération.

www.liberation.fr

Une nouvelle mesure de répression s’est abattue sur eux : la privation des moyens de base de survie : la nourriture qui était fournie par leurs parents.

Suite à cette mesure, les parents se sont mis en grève de la faim pour contester cette punition infligée à leurs enfants.
J’ai fourni aux journalistes présents toutes les informations nécessaires pour mieux comprendre la situation des internautes de zarzis.

www.lemonde.fr

J’ai assisté également à la conférence organisée par la Société Civile Tunisienne concernant les droits humains en Tunisie, où j’ai pu également témoigner du cas de mon fils et de ses camarades. Lors de cette conférence, Maître MOKHTAR TRIFI, Président de la Ligue des Droits de L’Homme et avocat de la défense des Internautes de Zarzis, a clairement spécifié que rien dans le dossier des Internautes de Zarzis ne justifiait leur condamnation.

La Société Civile demande la libération immédiate des jeunes internautes de Zarzis et de l’Ariana.

Après mon intervention, et comme à l’habitude, étaient là aussi les partisans du pouvoir Tunisien et notamment HABIB HACHOUR et toute une délégation qui ont dit haut et fort, lors de cette conférence, que les Internautes de Zarzis étaient des terroristes et que les avocats qui les ont défendus n’ont pas appliqué la loi tunisienne.

Je n’ai pas pu reprendre la parole pour répondre à ce Monsieur mais Radhia Nassraoui, qui a été également avocate de la défense, lui a répondu qu’il était mal informé et qu’à aucun moment il n’a daigné prendre connaissance de cette affaire, même en tant qu’observateur lors des procès «car ce Monsieur est avocat» et que ces jeunes ont été torturés et qu’elle a pu constater les tortures infligées et confirme qu’il est intolérable qu’on laisse des innocents en prison sans aucun motif.

D’autres témoignages disaient «c’est une honte pour la Tunisie d’avoir torturé et condamné des innocents » !

A la sortie de cette conférence, l’équipe des partisans du pouvoir tunisien m’ont dit «qu’il valait mieux que
mon fils soit en prison plutôt que mort par les bombes qu’il aurait fabriquées» ! Quelle belle preuve d’humanité et de connaissance de cette affaire ! !

Des remarques m’ont été également faites sur le fait que j’ai dit que les internautes de zarzis étaient des otages pour servir d’exemple et pour servir à un dictateur : que l’on comprenait ma démarche sur le plan humain, mais qu’il ne fallait pas dire ce genre de choses

Pourtant la réalité est là !

Ces enfants sont privés de vie pour servir d’exemple, c’est une répression contre la jeunesse de ce pays, contre le droit d’expression sous toutes ses formes et les libertés humaines.

Durant toute la phase du SMSI, et pour sensibiliser les délégations internationales, RSF ainsi que toutes les ONG vont continuer à témoigner sur l’inexistence des droits humains en Tunisie, les internautes de zarzis et de l’Ariana seront à l’ordre du jour .