Communiqué n°4 – Participation du comité national pour la libération de Zouhayr Yahyaoui à la journée mondiale de solidarité en sa faveur / CLY


cliquer pour agrandir

Le comité pour la libération de Zouhayr Yahyaoui a tenu jeudi 7 février, une conférence de presse au siège du « Forum Démocratique pour le Travail et les Libertés » (FDTL), à laquelle, des représentants des partis politiques et des institutions nationales et internationales étaient conviés ; parmi lesquels, Monseigneur Gaillot, président du Comité international pour la libération de Zouhayr Yahyaoui, et le représentant de l’Union des jeunes maghrébins de France.
Sihem Bensedrine, membre du Comité Tunisien pour la Libération de Zouhayr Yahyaoui, a donné un aperçu sur les manifestations de la campagne nationale et internationale organisées en sa faveur. Cette campagne a mobilisé plusieurs organisations de défense des droits de l’homme et de la libre expression de par le monde. Elle porte essentiellement sur la nécessité d’exiger la libération de Zouhaïr Yahyaoui considérant qu’il n’a commis aucun crime qui justifie son incarcération, et qu’il n’a fait qu’exercer son droit légitime d’utiliser Internet pour émettre et recevoir en toute liberté.
Souhayr Belhassen membre du comité, a informé l’assistance sur le rassemblement qui avait eu lieu la veille devant la prison de Borj El Amri dans laquelle est détenu Zouhayr Yahyaoui. Une cinquantaine de personnes représentant des organisations de la société civile en Tunisie qui avait participé à ce rassemblement, a été encerclée par les forces de police politique ainsi que celles de la garde nationale. Celles-ci s’étaient non seulement employées à séparer les participants mais en plus, quelques un d’entre eux ont été fouillés et même humiliés, y compris le journaliste allemand de la WDR qui couvrait ce rassemblement.
Le Dr Mustapha Ben Jaafar, secrétaire général du FDTL a ouvert cette conférence de presse en insistant sur la nécessité impérieuse d’exiger la libération immédiate de Zouhayr Yahyaoui, affirmant qu’il est inadmissible aujourd’hui, à l’orée du 21è siècle, qu’un citoyen tunisien soit emprisonné sous « l’accusation » d’avoir créé un site sur Internet et exercer son droit à la libre expression.
Monseigneur Gaillot a pris la parole par la suite, pour faire écho de la campagne internationale en faveur de Zouhayr Yahyaoui. Il considère Zouhayr Yahyaoui comme un citoyen libre qui est arrivé à se libérer de la peur et qui n’a fait qu’exercer sa liberté selon sa conscience de citoyen et d’être humain. Il a dit tout son émerveillement face à cette assistance composée de militants et de citoyens libres, tout en insistant sur l’idée que la liberté ne peut éclore que si l’individu arrive à se débarrasser de la peur qui l’habite.
Dans ce cadre et l’après-midi du même jour, le « Parti Démocrate Progressiste » en collaboration avec le Comité pour la Libération de Zouhayr Yahyaoui, a organisé une conférence débat autour du thème d’Internet en Tunisie et les obstacles juridiques et pratiques relatifs à son usage. Les intervenants ont dénoncé avec vigueur tous les obstacles dressés par le pouvoir pour bloquer les sites, contrôler les correspondances privées… Ils ont insisté sur le fait que tous ces investissements en énergies humaines représentées par la police d’Internet, mais aussi, en équipements et moyens et toutes ces dépenses consacrées à la surveillance et à la censure sur Internet, auraient dû être employés en faveur du développement national et de la création d’emplois pour les jeunes qui souffrent du chômage endémique.
Le débat avait aussi porté sur l’expérience du journal électronique « Kalima » – qui avait dédié son dernier numéro à Zouhayr Yahyaoui à l’initiative du Comité pour sa libération -.
« Kalima » qui est à son dixième numéro, est arrivé à s’imposer en échappant au contrôle des censeurs.
Le Comité poursuivra ses actions en vue de sensibiliser davantage l’opinion sur les conditions déplorables d’incarcération de Zouhayr Yahyaoui, et de réclamer sa libération immédiate ainsi que celle de tous les prisonniers d’opinion.
Rappelons que Zouhayr Yahyaoui a été condamné à deux ans de prison pour avoir créé et animé un site d’Internet, du nom de « Tunezine ». Il rentre dans son neuvième mois de détention à la prison de Borj El Amri (banlieue nord de Tunis) dans des conditions carcérales contraires aux principes élémentaires de la législation qui réglemente les droits des détenus.