Communiqué Conjoint/Zouhair Yahyaoui en grève de la faim


Encore une fois, on n’a que sa vie à donner contre l’injustice

Ne supportant plus les douleurs atroces qu’il endure depuis plusieurs jours (reins, dents, migraine), ne supportant plus l’absence de réponse à ses demandes répétées de soin, Zouhair Yahyaoui a déclaré, lors de la visite familiale à la prison, qu’il entamait une grève de la faim pour protester contre les conditions de détention et exiger sa libération.

Zouhair Yahyaoui a été arrêté le 4 juin 2002 au cybercafé où il tenait la permanence et condamné depuis à 24 mois de prison ferme. Incarcéré à la prison de Borj El Amri, à une trentaine de kilomètres de Tunis, aucun de ses droits élémentaires de détenu n’est
respecté. Il ne reçoit ni courrier, ni lecture, et n’a pas accès aux soins. Une centaine de détenus partagent sa cellule, dont certains sont contraints de dormir sur le sol, sur des couvertures prêtées par d’autres détenus.

La situation dans cette prison n’est malheureusement pas unique et un article critique sur « l’enfer des prisons tunisiennes » paru dans le magazine Réalités a valu à son auteur d’être « démissionné ». Alors que 23 détenus sont toujours à l’isolement depuis des années, dans des conditions inhumaines, les grèves de la faim sont devenues en Tunisie la seule voix des prisonniers. Celle entamée ces derniers jours par le journaliste Hamadi Jebali en témoigne.

Zouhair Yahyaoui, comme beaucoup d’autres, au risque d’aggraver son état de santé, fragilisé par l’arrestation, la torture et les conditions de détention, n’a plus que ce moyen pour protester contre l’arbitraire et réclamer sa libération et sa liberté de journaliste et de webmaster de l’Internet.

Zouhair doit être libéré, sain et sauf.

Signataire du Communiqué : ATF, ATMF, CISZY, CRLDHT, FTCR, REMDH, Tunisie Réveille-toi !, UGET-France, Les Verts