Revue de Presse n°286




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fouednejm@hotmail.com


La revue de presse, ce sont les meilleurs articles des principaux quotidiens européens ainsi que les infos de dernière minute des agences de presse choisis pour vous en toute subjectivité par Ahmed fouednejm. Les URL de quelques articles du site de la télévision qatarie Al Jazeera (en arabe) et d’Al Quds Al Arabi (journal panarabe édité à Londres) seront également donnés.


Sommaire:

Partie arabe: (Al Quds Al Arabi, Al Jazeera) :




  1. L’attentat de Jérusalem est revendiqué par le Hamas. Les FOI arrêtent le frère et le cousin de son auteur http://www.aljazeera.net/news/arabic/2002/11/11-21-14.htm



 

Partie Française: (Le Monde, AFP) :

 

Au sommaire aujourd’hui 4 articles et dépèches du Monde (édition du 22 novembre) et de l’AFP, de presse-palestine et de Ha’aretz.


  1. Palestine: Attentat-suicide à Jérusalem (Le Monde)
  2. Irak: Qu’est-ce qu’un « casus belli » ? (Le Monde)
  3. attaques anti-américaines au Proche-orient (AFP)

  4. José Bové (Le Monde)

 

Achevée aujourd’hui à 18 H 40 GMT.

 Bonne lecture !




 

I Palestine :

 


 


Un nouvel attentat à Jérusalem a fait au moins onze morts

Il s’agit de la première action kamikaze depuis le 31 juillet dans la ville sainte. Des écoliers figurent parmi les victimes.

Jérusalem de notre correspondant

Une nouvelle fois, à la télévision israélienne, les programmes se sont interrompus pour laisser la place à une carte marquée d’une flamme rouge et aux récits des témoins par téléphone.




   
Il était un peu plus de 7 heures du matin, jeudi 21 novembre, lorsqu’un kamikaze a déclanché la bombe qu’il portait sur lui, à bord de l’autobus dans lequel il avait pris place, à la périphérie sud-ouest de Jérusalem. L’avant du véhicule, bondé à cette heure de très forte affluence, a été soufflé par l’explosion. Au moins onze morts, outre l’auteur de l’attentat, et une quarantaine de blessés dont certains dans un état très grave étaient dénombrés par la police jeudi en fin de matinée. Parmi eux figuraient des enfants sur le chemin de l’école.

Il s’agit de la première opération terroriste perpétrée à Jérusalem depuis l’attentat commis le 31 juillet à l’université hébraïque qui a coûté la vie à huit personnes. En juin, un autre attentat sanglant contre un bus assurant la liaison entre le quartier de colonisation de Gilo et le centre ville, avait amené les autorités israéliennes à lancer l’opération « Voie ferme », qui a pris le relais de « Mur de protection », en avril. « Voie ferme », toujours en cours, s’est soldée par la « reconquête » durable des anciennes zones autonomes palestiniennes, qui sont également soumises au couvre-feu. Les principales agglomérations de Cisjordanie ont, par ailleurs, été la cible d’interventions militaires ponctuelles, ces dernières semaines, à la suite d’attentats ou d’attaques palestiniennes perpétrées en Israël et dans les territoires occupés. Dans le cas de Tulkarem, Naplouse et Hébron, ces opérations ne sont pas encore terminées.

A la suite de cette nouvelle action kamikaze, le premier ministre Ariel Sharon s’est entretenu avec le ministre de la défense, Shaoul Mofaz. « Les consignes adéquates ont été données à l’armée, et il n’y a pour l’heure pas lieu de réunir le cabinet de sécurité », a indiqué, à l’AFP, Raanan Gissin, porte-parole du gouvernement sans fournir de précisions sur ces consignes. « Israël doit riposter rapidement afin d’endiguer une nouvelle vague d’attentats terroristes », a-t-il ajouté précisant que l’auteur de l’attentat est venu de Bethléem. « C’est tout à fait symptomatique, car l’armée israélienne a quitté cette ville (en août), et c’est la réponse des Palestiniens au geste d’Israël. C’est aussi ce qui s’est passé à Hébron » où l’armée a quitté fin octobre le secteur autonome.

TSAHAL À BETHLÉEM

Dès jeudi matin, sans que cela soit une réplique à l’attentat, l’armée a pénétré à Bethléem et procédé à plusieurs arrestations de Palestiniens. Toutefois en réaction à cette attaque meurtière, le gouvernement a exclu toute discussion sur le plan de paix élaboré par le quartette (Etats-Unis, ONU, Russie, Union européenne). « C’est bien joli de parler de feuille de route, mais les feuilles de route ne vont aller nulle part tant que les citoyens israéliens ne seront pas capables de conduire en sécurité sur leurs propres routes pour aller à l’école, sur leur lieu de travail ou chez eux », a déclaré à l’AFP, Ron Prosor, porte-parole du minsitère des affaires étrangères. Il se référait ainsi au document adopté dans ses grandes lignes le 17 septembre à New York qui prévoit notamment la création par étapes d’un Etat palestinien d’ici à 2005. Son détail devrait être rendu public le 20 décembre. Mais, d’ores et déja, le gouvernement d’Ariel Sharon avait exprimé des réserves sur ce plan.

L’Autorité palestinienne a immédiatement condamné « le meurtre d’innocents conformément à sa politique opposée à toute attaque contre des civils, qu’ils soient Palestiniens ou Israéliens ». De Prague, George W. Bush s’est déclaré « profondément perturbé ». Si aucun groupuscule militaire israélien n’avait encore revendiqué l’attentat, jeudi matin, un responsable du Mouvement de la résistance islamique (Hamas), Abdel Aziz al-Rantissi, a estimé dans un entretien à la chaîne d’information qatarie Al-Jazira, que « de telles opérations doivent se poursuivre (..) il n’y a pas de raison qu’elles s’arrêtent. Le peuple palestinien n’est pas le seul à être assassiné, il faut tuer tout criminel sioniste ». La semaine dernière, au Caire, des délégations du Hamas et du Fatah, le parti du chef de l’Autorité palestinienne, Yasser Arafat, s’étaient rencontrées pour dresser un bilan des deux ans écoulés. Le Fatah, soutenu par l’Egypte et l’Arabie saoudite et des représentants de l’Union européenne, avait plaidé en faveur d’un cessez-le feu. Le Hamas, en dépit des pressions, avait refusé de s’engager publiquement tout en se félicitant d’un dialogue qui l’avait, à cette occasion, posé, au grand déplaisir de M. Arafat, comme le pendant du Fatah.

Plusieurs proches du chef de l’Autorité palestinienne se sont récemment exprimés en faveur d’une trêve. Ils redoutent en effet que la poursuite des attentats ne renforce encore le camp du premier ministre, Ariel Sharon, donné grand favori pour les prochaines élections générales fixées au 28 janvier. Car la campagne électorale est d’ores et déjà lancée en Israël. Sur les flancs de l’autobus ravagé par l’attentat de jeudi matin figurait d’ailleurs une publicité en faveur du parti ultra-orthodoxe Shass.

Gilles Paris

Sept Palestiniens tués à Tulkarem, mardi

Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a « déploré », mercredi 20 novembre, les violences qui ont coûté la vie mardi à Tulkarem (Cisjordanie) à « au moins sept Palestiniens dont trois adolescents ». Dans un message, il « presse une nouvelle fois le gouvernement israélien de cesser de faire un usage excessif de la force dans les secteurs civils ». «  Six des morts sont le résultat d’un raid militaire », déclare également M. Annan. Une douzaine de personnes ont été blessées.

D’autre part, deux Palestiniens armés ont été ensevelis, mercredi matin, sous les décombres de deux maisons abandonnées détruites par des obus de chars et des bulldozers près de la colonie de Kfar Darom dans le sud de la bande de Gaza.

Enfin, plusieurs dizaines de blindés israéliens ont opéré durant plusieurs heures au cours de la nuit de mercredi à jeudi dans quatre localités de la bande de Gaza, faisant trois blessés dont un chauffeur d’ambulance et un adolescent de quinze ans. – (AFP.)




II Irak :

http://www.lemonde.fr/article/0,5987,3210–299065-,00.html


Irak : la définition du « casus belli » divise la communauté internationale

Les tirs de la défense anti aérienne de Bagdad sont mis en cause.

Les tirs de la défense anti-aérienne irakienne contre les avions américains et britanniques qui survolent le nord et le sud de l’Irak constituent-ils des « violations patentes » de la résolution 1441 du Conseil de sécurité de l’ONU ? Oui, répond Washington. Non, disent de façon plus ou moins claire d’autres gouvernements. Une polémique à fleurets mouchetés et à distance a opposé, à ce sujet, mardi 19 novembre, le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, au porte-parole du département d’Etat, Scott McClellan et au secrétaire américain à la défense, Donald Rumsfeld. « Je ne pense pas que le Conseil de sécurité dira qu’il s’agit d’une violation de la résolution 1441 », a déclaré M. Annan lors d’une visite à Pristina, au Kosovo. Washington pense le contraire et la résolution 1441 autorise les Etats-Unis « s’ils le veulent, à la soumettre au Conseil de sécurité » de l’ONU, a déclaré M. McClellan. « Je ne sais pas s’il [M. Annan] reflète le point de vue des Nations unies. Le centre de gravité c’est le Conseil de sécurité », a renchéri M. Rumsfeld. « Il serait imprudent d’attendre de l’ONU une continuité, étant donné ses zigzags (…) sa passivité »et le fait qu’elle a laissé l’Irak « violer une quinzaine de résolutions ». Et d’ajouter : « nous ne permettrons certainement pas que l’Irak continue à tirer sur nos avions impunément. »

A l’ONU, on observe la polémique avec un certain flegme en faisant remarquer que les Etats-Unis, tout en parlant beaucoup de ces violations insupportables, se sont gardés de les porter devant le conseil de sécurité.

L’ambassadeur chinois, Wan Yingfan, qui préside le Conseil pour le mois de novembre, a affirmé que la résolution 1441 ne portait aucunement sur les zones d’exclusion aérienne. Le représentant adjoint de la Russie, Guennadi Gatilov, a précisé de son côté que des assurances formelles avaient été données par les Britanniques pendant les négociations sur la résolution 1441 sur le fait que le paragraphe 8 ne faisait pas référence aux patrouilles dans les zones d’exclusion. Ce paragraphe, qui est l’objet des divergences actuelles, précise que l’Irak ne devra pas manifester d’hostilité envers des représentants de l’ONU, de l’AIEA (Agence internationale pour l’énergie atomique) ou de « tout Etat membre agissant en vue de faire respecter toute résolution du Conseil ». Une formulation suffisamment ambiguë pour que les Etats-Unis puissent s’en prévaloir, alors que les autres nations estiment qu’elle fait référence à la sécurité de personnels chargés d’accompagner les inspecteurs dans telle ou telle mission.

Prenant une certaine distance avec Washington, le ministre britannique de la défense, Geoff Hoon s’est borné à déclarer mercredi que Londres a « toujours pris ces tirs avec le plus grand sérieux. Nos avions ont le droit, conformément au droit international d’y répondre ». Et « ce sera au Conseil de sécurité d’en discuter une fois que toutes les preuves auront été rassemblées ». La veille, la France s’était réfugiée dans une circonlocution qui la distancie elle aussi des Etats-Unis. « Nous sommes aujourd’hui dans une séquence où l’essentiel consiste à mettre en œuvre la résolution 1441 (…) Il appartient à MM. Hans Blix et Mohammaed Al-Baradei [les chefs des missions d’inspection de l’ONU] de saisir le Conseil de sécurité en cas d’éventuels manquements de l’Irak à ses obligations en matière de désarmement et de non prolifération », a estimé le Quai d’Orsay..

Depuis la fin de l’opération « Renard du désert », menée en décembre 1998 par les Etats-Unis et le Royaume uni contre l’Irak, les avions des deux pays qui survolent le nord et le sud du territoire irakien, bombardent quasi quotidiennement des cibles en Irak. Ces bombardements sont consécutifs à des tirs de la DCA irakienne, assurent les Américains et les Britanniques. Les Irakiens disent l’inverse.

Les régions survolées sont celles qui ont été décrétées « zones d’exclusion » de l’aviation irakienne, après que Bagdad eut écrasé dans le sang les révoltes chiite et kurde au printemps 1991. Elles se situent au nord du 36e parallèle (dans une partie du Kurdistan) et au sud du 33e, et ont pour objectif d’assurer la protection des populations de ces deux régions. Elles ne sont explicitement prévues par aucune des résolutions du Conseil de sécurité relatives à l’Irak et correspondent à une interprétation américano-franco-britannique de la résolution 688 du Conseil, qui exige de l’Irak le respect des droits de l’homme. Les diplomates à l’ONU font remarquer que la résolution 688 est l’une des rares concernant l’Irak qui ne soit pas placée sous le Chapitre VII de la Charte, qui autorise la communauté internationale au recours à la force. L’Irak considère pour sa part que ces « zones d’exclusion » sont des violations de sa souveraineté.

Dès 1996, la France s’est retirée du dispositif d’observation du nord (dit Northern Watch) et en 1998, Paris a refusé de suivre ses partenaires lorsque, après l’opération « Renard du désert », ils ont décidé de porter du 32e au 33e parallèle la « zone d’exclusion » dans le sud (Southern Watch). Les appareils français ne se sont jamais joints depuis 1998 à la mini-guerre menée par les Britanniques et les Américains.

Corine Lesnes, à New York et Mouna Naïm



III Attaques anti-US :

http://fr.news.yahoo.com/021121/202/2uz9g.html

jeudi 21 novembre 2002, 16h26

Multiplication des attaques anti-américaines au Proche-Orient

DUBAI (AFP) – Les attaques anti-américaines se sont multipliées au Proche-Orient, faisant en deux jours un mort au Liban et deux blessés parmi les militaires au Koweit, et dévastant un restaurant McDonald’s en Arabie saoudite.

Ces attaques interviennent dans un contexte de ressentiment contre la politique américaine dans la région, jugée pro-israélienne et hostile aux Arabes et aux musulmans.

Elles coïncident également avec les menaces d’attaque américaine contre l’Irak, accusé de mentir sur ses armes de destruction massive.

Les dernières attaques font suite à une série d’attentats contre des intérêts américains au Koweit, à Bahrein, au Liban, au Yémen et en Jordanie.

Jeudi, le corps d’une Américaine tuée par balles a été découvert à Saïda, chef-lieu du Liban sud. La victime, Bonnie Witherall, 31 ans, travaillait depuis huit ans pour la mission de l’Eglise évangélique dans cette ville et la police a indiqué privilégier la thèse de l’attentat.

Au Koweit, un sous-officier de la police a tiré sur deux soldats américains, les blessant sérieusement, avant de s’enfuir en Arabie. Il s’agit de la cinquième attaque anti-américaine au Koweit en six semaines, dont l’une a coûté la vie à un Marine.

Mercredi, un restaurant de la chaîne américaine McDonald’s à Kharj, au sud-est de Ryad, où se trouve une base aérienne américaine, a été incendié par un homme armé qui a fui.

Le Koweit et l’Arabie sont deux des plus proches alliés des Etats-Unis dans la région depuis la guerre du Golfe, en 1991, même si des critiques ont été formulées à Washington contre Ryad, dont la lutte contre le terrorisme ne semble pas satisfaire les Américains.

L’Arabie avait été la principale base arrière de la coalition internationale qui avait libéré, en février 1991, le Koweit de sept mois d’occupation irakienne.

La présence des troupes américaines dans ce pays conservateur a alimenté les sentiments anti-américains de nombreux Saoudiens, dont quinze ont participé aux attaques du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, aux côtés de quatre autres kamikazes.

Une vingtaine d’Américains ont été tués en Arabie dans des attentats entre 1995 et 1999.

L’Intifada palestinienne est une autre cause de la colère des Arabes et des musulmans contre les Etats-Unis auxquels ils reprochent leur soutien à Israël et leur peu d’empressement à relancer les négociations de paix.

Aux débuts de l’Intifada, les manifestations avec leur rituel de drapeaux américains et israéliens brûlés s’étaient multipliées dans les pays arabes et, fait nouveau, dans des pays du Golfe comme Bahrein.

Les attaques armées n’ont cessé d’augmenter avec l’escalade dans la confrontation entre Israéliens et Palestiniens, la guerre américaine en Afghanistan, les arrestations d’islamistes accusés de terrorisme à travers le monde et les menaces de guerre en Irak.

Les ambassades des Etats-Unis ont pris l’habitude de mettre les ressortissants américains en garde contre les risques d’attaques, leur demandant parfois d’éviter certains pays jugés dangereux.

En Jordanie, autre allié des Etats-Unis, un diplomate américain a été tué par balle le 29 octobre. Le 15 mars, un Yéménite a jeté deux grenades contre l’ambassade américaine à Sanaa.

Début novembre, cette ambassade a fermé pendant plusieurs jours après une attaque au missile, attribuée à la CIA, qui a tué six Yéménites présentés comme des membres du réseau terroriste Al-Qaïda.

L’un de ces tués, Ali Qaëd Sunian Al-Harthi, est considéré comme le cerveau de l’attaque contre le destroyer USS Cole qui avait tué 17 soldats américains en octobre 2000, dans le port yéménite d’Aden.

Dans un attaque semblable, un pétrolier français, le Limburg, a été éventré par une embarcation piégée au large du Yémen le 6 octobre. Un marin bulgare a été tué dans l’attaque.

En mai, deux militaires américains et la femme de l’un d’eux ont été blessés par une bombe à Bahrein, qui accueille la Vème flotte américaine.


IV Bové :

 


 


Le recours à M. Chirac, crève-coeur des partisans de José Bové

Après de vifs débats, la Confédération paysanne assume la demande de grâce.

Faut-il demander une grâce présidentielle pour José Bové ? A la Confédération paysanne, le débat a été vif. Parce que ses partisans ne se faisaient aucune illusion sur l’issue du pourvoi en cassation et parce qu’ils savaient que la menace de l’exécution d’une peine de quatorze mois de prison arriverait très rapidement.

«  Cela a été assez difficile en interne de conclure sur cette question. Il y a les grands principes, les grandes idées : Chirac c’est pas ma tasse de thé, le droit de grâce, résidu d’un privilège monarchique, non plus. Et puis, à côté, il y a le copain qui doit aller en prison pour quatorze mois, qui n’en a pas envie et nous non plus », raconte Bernard Moser, éleveur de moutons dans la Drôme.

L’intéressé a beaucoup hésité.  » On en a beaucoup parlé avec José. A la ferme, ma femme et moi sommes famille d’accueil pour les enfants de détenus. Souvent, nous accompagnons les gamins voir leur père ou leur mère incarcéré. Tous disent : « ce que je vis là, c’est au-delà de la peine qui m’a été infligée ». » Et de conclure :  » On ne peut pas faire la fine bouche. C’est désormais le seul recours. » Pour Bernard, cette demande de grâce fera sûrement  » moins mal au ventre » s’il y a « une mobilisation de l’opinion, si les cartes-pétitions adressées au président de la République marchent bien et arrivent par centaines de milliers, si on n’est pas les seuls à trouver cela totalement injuste ».

Pour Christian Roqueirol qui élève des brebis et des vaches sur la même exploitation que le porte-parole de la Confédération paysanne, dans le Larzac : « C’est vrai : une grâce, ce n’est pas la justice. Mais, on n’a pas le choix. Ce n’est pas José qui la demande, mais nous. On ne peut accepter cet acharnement judiciaire contre une seule personne. On ne peut pas accepter qu’un individu soit condamné pour l’exemple alors que toutes les actions qu’il a menées étaient collectives. Derrière sa condamnation, c’est nous tous qui sommes touchés. »

« RÉVOLTANT »

Les opérations d’arrachage d’OGM étaient  » plus que nécessaires », poursuit-il.  » Si on n’était pas passé à l’action à l’époque, la France entière en serait couverte aujourd’hui. Il faut bien le dire : on est passé à l’acte, en raison de l’incurie des politiques, de leur inaction devant les multinationales agrochimiques », s’énerve ce paysan. Et d’ajouter : « Avant de prendre sa décision, Chirac devrait se rappeler dans quelles conditions il a été élu. La Confédération paysanne avait appelé à voter pour lui au second tour. »

Léon Maillé vient de quitter ses brebis laitières bio. Et de se caler devant le journal télévisé. Bien sûr que la grâce, ce n’est pas politiquement « le top », reconnaît-il. Mais comment faire ? « De toute façon, Bové a toujours été un sacré révélateur », grogne-t-il. « Là, il est révélateur du fait que la justice déconne ». « Vous savez, poursuit-il, les compagnies d’assurance refusent aujourd’hui d’assurer le risque OGM. Alors qu’est ce qu’on lui reproche à José ? Comment peut-on l’envoyer en prison alors qu’il n’a jamais mis un centime dans sa poche et au même moment mettre du sursis à Roland Dumas et aux autres qui ont tripatouillé des millions ? C’est révoltant. »

Caroline Monnot


A demain