Revue de presse n°282


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La revue de presse, ce sont les meilleurs articles des principaux quotidiens européens ainsi que les infos de dernière minute des agences de presse choisis pour vous en toute subjectivité par Ahmed fouednejm. Les URL de quelques articles du site de la télévision qatarie Al Jazeera (en arabe) et d’Al Quds Al Arabi (journal panarabe édité à Londres) seront également donnés.




Sommaire:

Partie arabe: (Al Quds Al Arabi, Al Jazeera) :




  1. Le dernier enregistrement e Ben Laden confirme son image de héros populaire dans les cafés et les rues arabes LIRE L’ARTICLE

Partie Française: (Le Monde, AFP, TUNeZINE) :

 

Au sommaire aujourd’hui 4 articles et dépèches du Monde (édition du 17 novembre), de l’AFP et de TUNeZINE.


  1. Hébron: Opération de la résistance palestinienne (Le Monde)
  2. La CNSDH critique le texte de Sarkozy (Le Monde)
  3. Tunisie: « Le Chant des sirènes » (TUNeZINE)
  4. Iran : Bien fait pour le macho 🙂 (AFP)

Achevée aujourd’hui à 17 H 35 GMT.

 Bonne lecture !





 

I Palestine:

 


 


Embuscade à Hébron  : douze Israéliens tués dont neuf militaires

Cette attaque sanglante revendiquée par le Djihad islamique survient cinq jours après l’assassinat de cinq civils dans un kibboutz au nord de la Cisjordanie. Elle se produit alors que le Fatah et le Hamas tentent de conclure un trêve avant les élections israéliennes du 28 janvier.

Jérusalem de notre correspondant

L’embuscade avait été soigneusement préparée. Il était un peu plus de 19 h 30, vendredi 15 novembre, lorsqu’un groupe d’Israéliens escortés par des soldats a été pris sous le feu d’activistes palestiniens dans la ville d’Hébron. En ce début de sabbat, le repos hebdomadaire juif, ces fidèles venaient de prier au caveau des Patriarches, un lieu saint à la fois juif et musulman, et ils regagnaient à pied la colonie de Kiryat Arba qui jouxte la grande agglomération palestinienne. Aussitôt alertés, des renforts stationnés dans la colonie ont accouru pour tenter de les dégager, mais ils sont tombés à leur tour sous le feu de ces activistes qui avaient anticipé leur arrivée.

UNE HEURE ET DEMIE DE COMBAT

Les combats à l’arme automatique et à la grenade côté palestinien ont duré plus d’une heure et demie, selon la radio militaire israélienne, empêchant pendant de longues minutes les ambulances israéliennes de venir sur place porter secours aux blessés, qui ont été par la suite évacués vers Jérusalem.

Le bilan provisoire de cette embuscade, dressé samedi matin, était très lourd : douze Israéliens ont été tués et une quinzaine d’autres, blessés. Selon un porte-parole de l’armée, il s’agit d’un colonel, d’un officier, de cinq garde-frontière, de deux soldats et de trois civils. Les corps de trois assaillants palestiniens tués au cours des échanges de tirs ont été par ailleurs découverts par l’armée israélienne, qui a poursuivi ses recherches pendant une bonne partie de la nuit.

L’attaque a été revendiquée par l’aile militaire du Djihad islamique en représailles à la mort de l’un de ses chefs militaires, Iyad Saoualha, à l’origine, selon les Israéliens, d’une série d’opérations terroristes perpétrées en Israël. Ce responsable avait trouvé la mort le 9 novembre dans l’assaut donné par des soldats israéliens à la maison où il avait trouvé refuge près de Jénine. Les Brigades des martyrs d’Al-Aqsa (groupe armé lié au Fatah) avaient déjà invoqué cet argument pour justifier l’attentat du lundi 11 novembre, contre le kibboutz Metzer, où cinq Israéliens dont deux enfants ont trouvé la mort.

RIPOSTE

Compte tenu du sabbat, les autorités israéliennes n’ont pas immédiatement réagi à l’attaque d’Hébron. Un atelier de métallurgie a été détruit dans la nuit de vendredi à samedi, à Gaza, au cours d’un raid d’hélicoptères, et un barrage a été installé devant le quartier général du chef de l’Autorité palestinienne, Yasser Arafat, à Ramallah. Mais il faut attendre la réunion probable du cabinet de sécurité israélien, samedi soir ou dimanche, pour pouvoir mesurer quelle sera l’ampleur de la riposte. L’attaque de Hébron intervient alors que l’armée israélienne est déjà déployée dans l’autre grande ville palestinienne de Cisjordanie, Naplouse, à la suite de l’attaque meurtrière du kibboutz Metzer.

La ville d’Hébron constitue un point de friction du fait de la présence de colons israéliens radicaux installés au cœur de la vieille ville, à proximité du caveau des Patriarches, ainsi que dans la colonie de Kiryat Arba. En janvier 1997, la ville, qui compte plus de 130 000 habitants, avait d’ailleurs été divisée en deux zones, l’une sous contrôle palestinien, la plus importante, l’autre sous contrôle israélien, où résident officiellement plus de 500 colons radicaux mais dans laquelle vit également une majorité de Palestiniens. Depuis le début des grandes opérations israéliennes en Cisjordanie, en mars, l’armée a réoccupé, à de nombreuses reprises, l’ancienne zone autonome palestinienne. Tsahal s’était déployée le 25 octobre à l’extérieur des quartiers réoccupés à partir de la fin juin, tout en conservant le contrôle de deux collines surplombant la vieille ville et qui avaient été utilisées par le passé par les activistes palestiniens pour tirer sur les colons.

L’attitude des colons d’Hébron, qualifiés le 25 septembre par le chef de l’opposition israélienne, Yossi Sarid, chef du parti Meretz, de « tache la plus laide du sionisme », est à l’origine de tensions permanentes avec les Palestiniens mais également avec l’armée israélienne qui assure leur protection.

Le 22 octobre, cependant, les colons d’Hébron avaient été officiellement autorisés par les dirigeants israéliens à achever la construction de seize unités supplémentaires de logements dans l’une de leurs enclaves du centre-ville, à Tel Roumeida, ce qui devrait permettre de doubler sa population.

Gilles Paris

Tsahal contre l’expulsion de Yasser Arafat

La présence du dirigeant palestinien, Yasser Arafat, à Ramallah en Cisjordanie est préférable pour Israël à son expulsion des territoires autonomes, a affirmé, vendredi 15 novembre, un haut responsable militaire israélien. « Quel que soit l’endroit du globe où il se trouve, il bloquera le processus » de réforme de l’Autorité palestinienne. « Par conséquent, l’endroit où il se trouve actuellement est un assez bon endroit », a-t-il affirmé, prenant ainsi le contre-pied de l’extrême-droite et d’une partie de la droite israéliennes, qui ne cessent d’appeler à l’expulsion du leader palestinien, à commencer par le nouveau ministre des affaires étrangères, Benyamin Nétanyahou.

Parlant sous le couvert de l’anonymat à un groupe de journalistes dont le correspondant du Monde, ce haut responsable militaire a illustré l’embarras des autorités israéliennes en soulignant que le siège de M. Arafat par l’armée en septembre dans son QG de Ramallah, « en fin de compte l’a renforcé ». Il a aussi assuré que l’armée avait décidé d’éviter autant que possible les opérations de liquidation de militants palestiniens et préférait désormais les arrêter. – (Corresp.)


 



II France :

http://www.lemonde.fr/article/0,5987,3226–298455-,00.html

La Commission des droits de l’homme juge le projet Sarkozy sur la sécurité dangereux pour les libertés


« L’action à mener contre l’insécurité ne légitime pas certaines mesures de répression d’ordre moral », estime la Commission des droits de l’homme dans un avis rendu public vendredi.

Le projet de loi pour la sécurité intérieure de Nicolas Sarkozy, dont le Sénat a achevé vendredi l’examen en procédure d’urgence, est un texte dangereux pour les libertés publiques, porteur d’un ordre moral dirigé contre une partie de la population au mépris de certains principes de droit.



   C’est du moins ce qu’il ressort de l’avis rendu public, vendredi 15 novembre, par la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH).

Le projet défendu par le ministre de l’intérieur prévoit de créer de nouveaux délits sur la prostitution, la mendicité et l’occupation sauvage de terrains par les gens du voyage. Il élargit aussi les compétences et les moyens de la police par le biais notamment des fichiers d’informations et d’empreintes génétiques. Malgré la nomination récente de personnalités considérées comme proches de la droite, la CNCDH s’est autosaisie du texte en restant fidèle à l’esprit critique qu’elle avait manifesté, en juillet, à l’égard de la réforme sur la justice de Dominique Perben.

Dans son avis, la commission estime que « les nouvelles dispositions de la loi risquent d’accroître inutilement les contrôles sur le plus grand nombre, sans faire progresser pour autant la sécurité et sans, à tout le moins, donner aux individus les garanties qui leur sont dues ». Se posant en garant des libertés publiques, l’organe consultatif rappelle que « la sécurité ne s’oppose pas aux libertés, notamment le respect de la dignité humaine, la liberté d’aller et venir, les droits de la défense, sans lesquelles il n’est pas de véritable sécurité ». Il demande notamment que l’inscription de données dans les fichiers de police informatisés soit soumise au contrôle du juge des libertés et pas seulement à celui du procureur de la République.

La CNCDH relaie les critiques émises par plusieurs syndicats, associations et partis de gauche reprochant au projet de loi de prendre pour cible les catégories les plus défavorisées de la population ou celles en marge de la norme sociale comme les mendiants, les prostituées et les gens du voyage. « L’action à mener contre l’insécurité ne légitime pas certaines mesures de répression d’ordre moral », estime la commission. Elle s’inquiète, en particulier, d’une série de mesures qu’elle juge dirigées contre les jeunes, comme le délit d’entrave dans les parties communes d’immeubles.

Introduit par la loi sur la sécurité quotidienne votée par la gauche, ce délit fait l’objet d’une peine plus lourde dans le projet défendu par M. Sarkozy : deux mois de prison et 3 750 euros d’amende. Selon la CNCDH, cette peine est disproportionnée et « ce délit concerne essentiellement la réunion de mineurs et de jeunes au pied d’un immeuble, qui ne peut être considérée comme nuisible en elle-même ». La commission s’inquiète aussi « de la multiplication possible des contrôles d’identité » et prévient : « Des sentiments de révolte envers des contrôles systématiques ou des interventions multiples pourraient naître chez certains jeunes se considérant comme spécialement visés. » La CNCDH estime que cette volonté ciblée de lutter contre l’insécurité est mise en œuvre en prenant des libertés avec certains principes de droit. L’article du projet de loi réprimant la mendicité faite « de manière agressive » lui « paraît trop vague » et « demande à être précisé afin d’être compatible avec le principe de légalité ».

Selon la commission, le retrait de la carte de séjour temporaire à un étranger qui se serait rendu coupable de racolage ou de proxénétisme serait contraire à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme. « Ce retrait, dans le cas où l’étranger aurait commis des faits justiciables de poursuite pénales appréciés par la seule autorité administrative et en dehors de toute appréciation par l’autorité judiciaire, n’est pas admissible », affirme-t-elle. A propos des campements illégaux de gens du voyage, la CNCDH rappelle que des procédures judiciaires d’expulsion en urgence existent déjà et que leur application ne dépend que de « la volonté des autorités administratives d’exécuter des décisions de justice ». A partir de là, elle juge « inopérantes et préoccupantes » les nouvelles dispositions.

Frédéric Chambon

Une instance renouvelée

La nouvelle composition de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), instance placée auprès du premier ministre, comporte plusieurs personnalités proches de la droite. Par un arrêté du 27 septembre, le premier ministre a confié la présidence de la commission au préfet Joël Thoraval, président du Secours catholique et ancien directeur de cabinet de Charles Pasqua. Il remplace le magistrat Alain Bacquet, appelé en juin à siéger au Conseil supérieur de la magistrature (CSM). L’une des deux vice-présidences de la CNCDH est désormais occupée par Francis Szpiner, conseiller officieux du président Jacques Chirac sur le front des « affaires » et défenseur d’Alain Juppé dans le dossier du financement du RPR.

La commission comprend aussi Jean-Claude Antonetti, président de chambre à la cour d’appel de Paris et ex-conseiller pour la justice de M. Chirac. Parmi les 130 membres figurent également des représentants de syndicats et d’associations comme Marc Blondel, secrétaire général de FO, Henri Leclerc, président d’honneur de la Ligue des droits de l’homme, et Malek Boutih, président de SOS-Racisme.