Revue de presse n°281




La Revue de Presse (RDP) est publiée quotidiennement sur le site www.reveiltunisien.org.

Aujourd’hui, nous fêtons le 14ème anniversaire de la Proclamation (symbolique) de l’État Palestinien faite par le Conseil National Palestinien à Alger, le 15 novembre 1988. La Palestine est probablement le seul pays au monde à fêter son indépendance, alors qu’il est sous occupation militaire et que la plupart de ses villes sont sous couvre-feu. Joyeux anniversaire…quand même !




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fouednejm@hotmail.com


La revue de presse, ce sont les meilleurs articles des principaux quotidiens européens ainsi que les infos de dernière minute des agences de presse choisis pour vous en toute subjectivité par Ahmed fouednejm. Les URL de quelques articles du site de la télévision qatarie Al Jazeera (en arabe) et d’Al Quds Al Arabi (journal panarabe édité à Londres) seront également donnés.




Sommaire:

Partie arabe: (Al Quds Al Arabi, Al Jazeera) :




  1. « Un complot pour faire cesser l’Intifada ». Edito. de Atwan qui évoque le rôle égyptien. LIRE L’ARTICLE


  2. Les Évêques américains appellent Bush à ne pas frapper l’Irak LIRE L’ARTICLE

 

Partie Française: (Le Monde, AP, Le figaro, TUNeZINE) :

 

Au sommaire aujourd’hui 6 articles et dépèches du Monde (édition du 16 novembre), deTUNeZINE et du Figaro.


  1. Interview de Hans Blix (Le Monde)
  2. L’Argentine au bord de la cessation de paiements (Le Monde)
  3. Annan se mouille (un peu) sur la question palestinienne (AP)

  4. Journalisme espagnol (Le Monde)

  5. Tunisie: État alarmant d’Ettounsi + Visite de Villepin (TUNeZINE + Le Figaro) 

Achevée aujourd’hui à 19 H 15 GMT.

 Bonne lecture !





 

I Irak:

 


 


Hans Blix, chef des inspecteurs en désarmement des Nations unies

« Il y a 700 sites à inspecter en Irak » déclare Hans Blix

New York (Nations unies) de notre correspondante

Hans Blix, 74 ans, suédois, est un spécialiste de droit constitutionnel. Il a été ministre des affaires étrangères en Suède pendant un an (1978-1979), puis a dirigé l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) pendant dix ans. Il dirige depuis 2000 la Commission de contrôle, de vérification et d’inspection des Nations Unies en Irak (Unmovic). Les inspecteurs doivent faire leur retour lundi 18 novembre à Bagdad, sous la forme d’une avant-garde chargée de la logistique, puis le 25 novembre avec une équipe opérationnelle.

Quelle est votre réaction à la lettre irakienne dite d’acceptation de la résolution 1441 ?

Oh, c’est une lettre d’amour, vous ne pensez pas ? Nous considérons que l’Irak est prêt à coopérer selon les termes de la nouvelle résolution. Il est clair qu’ils sont mécontents. Nous enregistrons cela. Mais c’est notre travail d’appliquer la résolution et c’est aussi dans leur intérêt. Le Conseil de sécurité a dit lui-même qu’il s’agit d’une dernière chance pour l’Irak. C’est très sérieux.

La lettre du ministre irakien rappelle que c’est actuellement le ramadan. Cela risque-t-il de ralentir le travail des inspecteurs ?

Le ramadan est une période de jeûne. Les inspecteurs n’interfèrent en aucune manière avec la pratique religieuse. Sans conteste, les inspections sont possibles pendant le ramadan. Cela l’a d’ailleurs été dans le passé.

D’un autre côté, vous êtes mis sous surveillance par les « durs » de l’administration américaine.

Je suis allé à Washington avec le Dr Al-Baradei. Le président Bush nous a assuré que les Etats-Unis avaient une forte préférence pour une solution pacifique si celle-ci était possible et qu’il soutenait pleinement les inspecteurs. Certains, dans l’administration, ne sont peut-être pas satisfaits des décisions qui ont été prises. Mais c’est le président qui décide.

Ne subsiste-t-il pas certaines divergences ?

Pour nous, l’unanimité du Conseil de sécurité est extrêmement importante. Mais le fait que nous ayons ce soutien fondamental ne signifie pas qu’il n’y a pas de problèmes. Il y a beaucoup de formulations sur lesquelles les interprétations ne sont pas exactement identiques. Sur la question des « violations patentes » (« material breach« ), il peut y avoir des vues différentes parmi les Etats-membres.

L’un des « faucons » de l’administration américaine, Paul Wolfowitz, a insisté, dit-on, pour que les inspecteurs soient tenus de conduire des interrogatoires de scientifiques irakiens hors du pays. Vous vous y êtes opposé ?

Les interviews sont très importantes dans le désarmement. Cependant, l’Irak n’est pas un pays où s’exerce facilement la liberté de parole. Dans le passé, beaucoup d’interviews se sont déroulées tout à fait normalement. Il y a eu aussi des cas dans lesquels les inspecteurs se sont aperçus que les témoins avaient peur.

Il est clair que nous avons le droit de demander à voir des personnes sans témoin. Mais nous ne pouvons les forcer à parler. C’est ici qu’intervient la clause de la résolution qui nous autorise, je dis bien nous autorise et non nous ordonne, de « faciliter » le voyage hors d’Irak de témoins et de leurs familles. J’ai dit que je voyais des difficultés d’ordre pratique. Par-dessus tout, je ne voudrais pas suggérer d’action qui entraînerait des risques, voire menacerait, la vie des personnes concernées.

Je pense que le travail des inspecteurs est de mener des inspections. Il n’est pas d’être une agence de défections. Est-ce que c’est assez clair ?

Si une inspection est retardée ou bloquée quelques heures par les Irakiens, est-ce une violation patente ?

Cela touche au principe central de l’accès immédiat, sans restriction et sans conditions. S’il y a un délai de deux heures, dépendant du motif avancé, deux heures pourraient être un délai grave, oui. Je dirais même qu’un délai d’une demi-heure peut être grave.

Tout va dépendre du jugement des inspecteurs sur le terrain. Vous, serez-vous sur place ?

Il y a une chaîne très rapide de comptes rendus pour les inspecteurs sur le terrain. Mais ce n’est pas à nous de décider s’il y a « violation patente ». C’est au Conseil [de sécurité]. Nous dirons : ici il y avait un obstacle. Là, une interférence dans nos activités. Le Conseil jugera.

Avez-vous reçu des listes d’objectifs à inspecter de la part des gouvernements ?

Non. Nous avons une bonne idée des endroits où nous voulons aller. Il y a au total environ 700 sites à inspecter. Certains ont été détruits en 1998 et nous avons vu des reconstructions grâce aux images satellites. Nous essaierons de garder le secret, nous travaillerons sans préavis. C’est pourquoi même une demi-heure de délai a son importance. Vous ne pouvez pas cacher une arme volumineuse en une demi-heure ou une grosse machine, mais des documents ou des éprouvettes de biologie.

Les inspecteurs disposent-ils de moyens nouveaux de vérification ?

Oui, les instruments ont été améliorés. Regardez cette image satellite de Bagdad. Quand l’Unscom a commencé à travailler, ces images avaient une résolution de 10 mètres. Maintenant, c’est descendu à 65 cm. Et on peut les acheter sur le marché. La technique d’échantillonnage s’est également développée. Sur des échantillons de terre, d’air, de feuilles, de sable, des analyses, y compris de quantités infimes, peuvent révéler la présence de substances chimiques.

Qu’attendez-vous le 8 décembre ?

Les Irakiens sont tenus de déclarer leurs programmes ou leurs armes de destruction massive, et les programmes qu’ils disent à usage civil mais qui concernent les secteurs de la biologie, de la chimie et du nucléaire. Pour ce qui concerne les armes de destruction massive, j’espère que les Irakiens vont regarder dans les entrepôts, les stocks et décider, s’ils ont quelque chose qui appartient à ces programmes, de le déclarer. Ils ont dit qu’ils n’avaient pas d’armes de destruction massive. Des sources du renseignement, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France, je pense, sont convaincus qu’il y a quelque chose. Les Irakiens devraient regarder très profondément et déclarer quoi que ce soit qu’ils ont… Nous examinerons leur déclaration, de même que beaucoup d’autres. A ce jour, nous n’avons pas de preuve solide qu’ils possèdent des armes de destruction massive. Mais de nombreux éléments nous amènent à ne pas pouvoir exclure qu’ils aient des missiles Scud, de l’anthrax ou encore d’autres choses.

Propos recueillis par Corine Lesnes


Pas une « troisième guerre mondiale »

Le secrétaire américain à la défense, Donald Rumsfeld, a expliqué, jeudi 14 novembre, qu’une éventuelle action militaire américaine contre l’Irak « ne sera certainement pas une troisième guerre mondiale ». « Je ne peux pas vous dire si l’usage de la force durerait cinq jours, cinq semaines ou cinq mois, mais cela ne durera certainement pas plus que cela », a-t-il ajouté.

A Paris, le président Jacques Chirac a déclaré, jeudi, que l’Irak devait désormais « démontrer sa pleine et entière coopération avec l’ONU ». « Ce qui compte maintenant, c’est que les inspecteurs puissent mener à bien leur travail rapidement et sans entraves », a ajouté le président français. – (AFP.)






II Argentine :

http://www.lemonde.fr/article/0,5987,3210–298322-,00.html

L’Argentine face aux institutions financières internationales


Buenos Aires de notre correspondante

L’Argentine se trouve au bord de la cessation de paiements vis-à-vis des institutions financières internationales après avoir refusé, jeudi 14 novembre, d’honorer une échéance de 805 millions de dollars à la Banque mondiale. Elle n’a versé que 79,5 millions de dollars, soit les intérêts dus à cette échéance. La Banque mondiale a aussitôt annoncé qu’elle cessait l’octroi de nouveaux prêts à l’Argentine.

« Nous ne payerons pas cette dette sans un accord préalable avec le Fonds monétaire international », a précisé le président argentin Eduardo Duhalde (péroniste), alors que son ministre de l’économie, Roberto Lavagna, à Washington, tentait désespérément de débloquer les négociations en cours depuis dix mois avec le FMI. Après son spectaculaire effondrement financier, en décembre dernier, l’Argentine risque désormais d’être mise au ban de la communauté financière internationale, le FMI ne prêtant pas aux pays qui sont en cessation de paiement avec la Banque mondiale.

Le gouvernement a refusé de puiser dans les réserves de la banque centrale (BCRA) pour faire face à l’échéance du 14 novembre. « Si l’Argentine avait payé la Banque mondiale, les réserves seraient passées sous les 9 milliards de dollars, un chiffre recommandé par le FMI pour maintenir la solidité du programme monétaire », a fait valoir le chef de cabinet argentin, qui a rang de ministre, Alfredo Atanasof. Les réserves de la BCRA sont de 9,8 milliards de dollars, soit un tiers de leur montant d’il y a un an et demi. Elles étaient passées sous les 9 milliards de dollars en juillet à cause des injections permanentes de la banque centrale pour freiner la dépréciation du peso face au dollar (75 % depuis le début de l’année).

CONVALESCENCE

Ce nouveau bras de fer avec les institutions financières internationales intervient au moment où une brise d’optimisme souffle à Buenos Aires, avec un léger redressement de l’économie. En octobre, les rentrées fiscales ont augmenté de 35 % par rapport à la même période de l’an dernier, l’inflation a été ramenée à 2 %, la production industrielle reprend peu à peu et les exportations ont augmenté. Le puissant secteur agricole est particulièrement favorisé par la dévaluation du peso avec une main-d’œuvre devenue bon marché, des prix plus compétitifs et des exportations qui se font en dollars. Les récoltes ont atteint des niveaux records et notamment celles de soja, qui devraient rapporter quelque 500 millions de dollars de plus que l’an dernier. Après avoir touché le fond après quatre ans de récession, certains analystes estiment que l’Argentine est en convalescence. Face aux nouveaux réajustements exigés par le FMI, le gouvernement refuse de prendre le risque de mettre en péril les quelques acquis économiques mais aussi une fragile trêve sociale dans un pays où plus de la moitié des 37 millions d’habitants est tombée dans la pauvreté et a des problèmes d’emploi.

De nombreux économistes à Buenos Aires estiment que l’intransigeance des institutions financières internationales fait apparaître l’Argentine comme une victime des propres erreurs du FMI, dont elle fut le meilleur élève dans les années 1990, et que, tout compte fait, l’isolement financier international pourrait ne pas être aussi sévère. Le 5 novembre, la Banque interaméricaine de développement (BID) a octroyé à l’Argentine un prêt de 200 millions de dollars pour le financement d’œuvres publiques. Outre les immenses richesses naturelles du pays, « l’appareil productif n’a pas été détruit, avec d’excellentes capacités humaines et une bonne infrastructure », a souligné Bernardo Kosacoff, économiste de la Commission des Nations unies pour l’Amérique latine (Cepal), dans un récent entretien au quotidien La Nacion.

Le FMI critique le manque de consensus politique en Argentine. « Nous avons besoin d’être sûrs que ce que nous décidons avec Duhalde sera mis en pratique », aime Ã  répéter Horst Kölher, le directeur général du FMI. Jeudi, M. Duhalde a convoqué, pour le 18 novembre, une réunion avec tous les gouverneurs de province et les responsables des groupes parlementaires pour débattre des mesures que le pays doit adopter. A Buenos Aires, les institutions, fortement ébranlées depuis des mois par la colère populaire, ont du mal à retrouver leur crédibilité aux yeux des citoyens.

Le futur politique reste incertain. Eduardo Duhalde, désigné en catastrophe et pour un mandat provisoire, le 1er janvier, a promis de quitter le pouvoir le 25 mai prochain. Mais après avoir annoncé l’élection présidentielle pour le 30 mars 2003, le gouvernement évoque désormais la possibilité de la repousser. Cet éventuel report s’explique par les luttes féroces qui déchirent le mouvement péroniste, qui reste, et de loin, la principale force politique du pays.

Christine Legrand

Le ministre de l’économie, M. Lavagna, dénonce les « erreurs » du FMI

Le moratoire : l’Argentine observe depuis décembre un moratoire avec ses créanciers privés auxquels elle doit près de 50 milliards de dollars. Sa dette publique était estimée au 30 juin à 141 milliards de dollars. Cette année, l’Argentine a remboursé 3,4 milliards de dollars d’échéances de sa dette avec les organismes financiers multilatéraux.

Rééchelonnement de la dette : Buenos Aires n’espère pas d’argent frais du FMI, qui a suspendu son aide depuis décembre 2001, mais un rééchelonnement de sa dette, qui est estimée à 14 milliards de dollars d’ici à la fin de l’année.

La directrice générale adjointe du Fonds, Anne Krueger, a annoncé, jeudi 14 novembre, que celui-ci s’apprêtait à approuver un délai pour une tranche de 140 millions de dollars dont l’échéance était fixée au 22 novembre.

Les responsables de la crise : tout en admettant que la responsabilité de la crise incombe en premier lieu aux Argentins, le ministre de l’économie, Roberto Lavagna, mentionne régulièrement les « graves erreurs » commises par le FMI. « Les déséquilibres étaient visibles dès 1994 », a récemment souligné M. Lavagna devant la presse étrangère, à Buenos Aires, ajoutant que malgré cela les organismes financiers internationaux avaient continué à aider l’Argentine « de façon aveugle », soutenant ainsi « un modèle qui engendrait la faim et la pauvreté ». En 2001, le dernier prêt de 9 millions de dollars du FMI a servi « Ã  financer la fuite de capitaux et à précipiter l’écroulement du système financier », a-t-il précisé. Concluant que si les négociations avec le FMI échouent, « chacun devra assumer ses responsabilités ».