Libérez Ettounsi!


Les conditions de détention du détenu d’opinion Zouhair Yahyaoui ne cessent de s’aggraver. Nous avons dénoncé dans un premier message à l’opinion publique l’effroyable supplice auquel il a été soumis depuis son transfert dans ce camp de concentration appelé prison de Borj el Amri : restriction d’eau, de nourriture, conditions d’hygiène, manque de soin, agression par les gardiens et refus de reconnaissance des droits les plus élémentaires que lui confère son statut de prisonnier.

Depuis des mois Zouhair Yahyaoui, dont les visites de sa famille se déroulent de façon particulière à l’écart des autres prisonniers et sous la supervision de deux agents de la police politique, notant tous les propos qu’il échange avec ses parents, ne parle plus de sa situation de peur d’être transféré dans une prison à des centaines de kilomètres du domicile de ses parents et de leur causer par là le supplice d’un tel voyage pour venir le visiter, mais les impressions qu’il donne ne laissent aucun doute sur l’aggravation de son état de santé. Ni le télégramme envoyé au directeur des services pénitentiaires ni la plainte déposée auprès du procureur de la République n’ont eu aucune suite ni aucun effet.

Nous attirons l’attention de l’opinion publique nationale et internationale sur la gravité de sa situation et nous mettons les autorités devant leur responsabilités devant les graves conséquences qui s’ensuivront.

Zouhair Yahyaoui n’est pas détenu dans les normes de la loi, c’est un otage soumis à la plus performante sauvagerie d’une machine de torture et de répression directement contrôlée par les plus hautes autorités de l’État. Il est soumis à la vengeance rancunière d’une machine qui n’a d’objectif que de l’exterminer à petit feu.

Le jeudi 7 novembre 2002 Zouhair est juste montré à sa famille sans pouvoir rester pour leur tenir compagnie le temps de leur visite, tellement il était souffrant. Aujourd’hui encore son état s’est de plus en plus aggravé sans qu’aucun soin ne lui soit apporté malgré les demandes répétées et les promesses non tenues.

Il a dit qu’il ne croit plus à la vie et qu’il commencera une grève de la faim continue jusqu’à ce qu’il lui soient reconnus tous ses droits de détenu d’opinion, qu’il soit transféré de cette prison au plus proche du domicile de ses parents, et que son pourvoi en cassation soit traité.

Souffrant des reins et incapable de soutenir physiquement une grève de la faim Zouhair Yahyaoui ne fait que choisir la voie du martyre face à l’humiliation et à la vengeance froide.

Sa famille alertée par des anciens prisonniers qui ont pu vivre avec lui et voir de près le genre de traitement qu’on lui réservait ne peut que soutenir son action et appeler Dieu dans ce mois sacré à l’aider, et demander à tous ses amis et toutes les personnes et les organisations qui l’ont soutenu ainsi qu’à tous les gens épris de justice et d’équité de l’aider en dénonçant l’arbitraire qui s’est déchaîné contre lui.

Mokhtar Yahyaoui, le jeudi 14 novembre 2002