Revue de presse n°276



Sommaire:

Partie arabe: (Al Quds
Al Arabi) :

"Une position Syrienne surprenante". Éditorial de Atwan
http://www.alquds.co.uk/display.asp?fname=/alquds/articles/data/2002/11/11-09/g29.htm

Discussions au Caire entre le Fatah et le Hamas, pour l’arrêt des
opérations-martyrs
http://www.alquds.co.uk/display.asp?fname=/alquds/articles/data/2002/11/11-09/g28.htm

 
Partie Française: (Le
Monde, AFP, Courrier International) :


 
Au sommaire aujourd’hui 4 articles et dépèches
du Monde (édition du 10 novembre), Courrier International et de
l’AFP.

Tunisie (Courrier International du 6 novembre + Le Monde)

Plus de 400.000 à Florence pour une marche contre la guerre
(AFP)

Primaires du Likoud (Le Monde)

Achevée aujourd’hui à 18 H 15 GMT.

 Bonne lecture !

 
I Tunisie :
 
Courrier Internaitonal ( 6 novembre 2002)
 
TUNISIE: ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE

Candidats, vos papiers!

La nouvelle loi organisant la prochaine élection présidentielle en Tunisie vient, après tant d’autres, fermer davantage la porte à une
alternance politique pacifique.

Al Hayat, Londres

En Tunisie, l’élection présidentielle est soumise, dans le cadre de la Constitution, à des conditions qui rendent pratiquement impossible la candidature de tout responsable politique qui n’est pas issu du parti au pouvoir. C’est la raison pour laquelle une nouvelle loi a été adoptée, permettant de contourner, temporairement, les blocages constitutionnels afin que la prochaine élection présidentielle ne se limite pas à une candidature unique. Néanmoins, cette loi prévoit quels sont ceux qui pourront se présenter à cette élection et surtout celui qui pourra la remporter. En effet, seuls quelques responsables haut placés des partis représentés au Parlement pourront participer à ce scrut in.

La nouvelle loi a éliminé toute concurrence du jeu électoral en raison de l’important déséquilibre qui existe entre l’administration (sur
laquelle s’appuie le parti au pouvoir) et les opposants autorisés à endosser le rôle de "concurrents". Cette nouvelle loi est là pour
empêcher l’éventuelle émergence de candidats reflétant l’éventail politique de la société tunisienne. Dans ce contexte, une alternance politique pacifique devient impossible dans un pays où le monopole du pouvoir est détenu depuis un demi-siècle par le Destour, qui est d’ailleurs le plus vieux parti au pouvoir dans le monde.

En 1994, le pluralisme a été adopté par une décision venue d’en haut. Il se limitait en réalité à la nomination de dix-neuf opposants au sein du Parlement. Une loi taillée sur mesure fut adoptée pour entériner cette "nouvelle donne" et l’opération fut justifiée dès lors
qu’elle était censée être "exceptionnelle", le temps de mettre en place un environnement p ermettant une réelle compétition entre le
parti au pouvoir et ses adversaires politiques. Sauf que l’"exceptionnel" et le "temporaire" sont devenus la norme sur laquelle s’appuie désormais la nouvelle législation spéciale régissant le "pluralisme" de la prochaine élection présidentielle. Cette nouvelle loi arrive en outre en complément de l’importante révision constitutionnelle (adoptée en mai 2002) qui autorise le président Ben Ali à se représenter pour deux nouveaux mandats présidentiels.

Il faut savoir que la Constitution tunisienne a déjà été amendée quatorze fois depuis l’indépendance, en 1956, ce qui est beaucoup pour un texte fondamental censé être à la source du corpus législatif. La Constitution tunisienne a donc été soumise aux ingérences et aux changements politiques, et non l’inverse.

Cette nouvelle loi va donc à contre-courant de l’évolution politique au Maghreb, en Afrique et dans le monde. Elle décrédibilise encore plus les urnes dès lors qu e l’élection présidentielle est circonscrite à un Parlement d’où ont été évincés les représentants des courants de gauche, islamistes et nationalistes qui n’acceptent pas d’entrer dans le moule de l’"opposition loyale".

Rachid Khashana
 
http://www.lemonde.fr/article/0,5987,3210–297543-,00.html
 
Le président Ben Ali offre quelques remises de peine pour célébrer ses 15  ans de pouvoir
L’opposition dénonce un "verrouillage politique".

A l’occasion du quinzième anniversaire de son arrivée au pouvoir, jeudi 7 novembre, le président Zine El Abidine Ben Ali a annoncé une série de mesures destinées à permettre à la Tunisie de "consolider ses acquis sur la voie de la démocratie et du développement". Sont concernées la réforme du code électoral, la vie des partis, l’information, l’éducation, ou encore les infrastructures économiques pour poursuivre "la construction de la République tunisienne de demain". D’autre part, il a préconisé la tenue d’une conférence internationale sur le terrorisme et l’élaboration d’un code de conduite dans ce domaine, engageant les pays signataires.

Cette célébration du "changement" – mot employé par le pouvoir pour évoquer l’éviction, pour sénilité, le 7 novembre 1987, du président Bourguiba par Ben Ali lui-même, alors premier ministre – a été l’occasion de nombreuses festivités dans toute la Tunisie, ainsi que de plusieurs remises de peine. Six opposants ont en effet bénéficié de libérations conditionnelles : quatre membres du parti islamiste Ennahda (interdit) et deux membres du Parti communiste des ouvriers de Tunisie (PCOT, interdit), qui étaient en grève de la faim depuis le 16 octobre. Le chef de file du PCOT, Hamma Hammami, avait, quant à lui, été libéré en septembre, officiellement pour "raisons de santé", après une grève de la faim de cinq semaines de son épouse, l’avocate Radhia Nasraoui.

Ces gestes sont venus s’ajouter à une autre concession faite par le Palais de Carthage, le 25 octobre : la légalisation du Forum démocratique pour le travail et les libertés (FDTL), parti d’opposition du docteur Mustapha Ben Jaafar, qui attendait son agrément depuis huit ans.

"JUSTICE AUX ORDRES"

En dépit de ces mesures de clémence, l’opposition se dit déçue. Pour elle, cinq mois après la réforme constitutionnelle – adoptée par référendum à près de 100 % selon les chiffres officiels – qui permet au président Ben Ali de briguer encore un ou deux nouveaux mandats de cinq ans, le système politique reste inchangé en Tunisie. S’il se félicite de la légalisation de son parti, Mustapha Ben Jaafar dénonce un "pluralisme taillé sur mesure" et le "verrouillage politique" qui continuent de prévaloir dans le pays. Pour cette figure de l’opposition modérée, une "grave crise de confiance" affecte la Tunisie, et la situation économique devrait être "la préoccupation majeure" des dirigeants qui préfèrent pourtant s’en tenir à la version du "miracle économique tunisien."

Pour sa part, l’avocat Mokhtar Trifi, président de la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH), fait remarquer que "les petits gestes consentis par le pouvoir, aussi importants soient-ils pour les personnes concernées, sont totalement insuffisants". Aucune des principales revendications de la société civile n’a été prise en compte, en particulier la libéralisation de la vie politique et associative, et une amnistie générale. "Quant à la justice, résume Me Trifi, elle reste aux ordres."

APRÈS L’ATTENTAT DE DJERBA

Pour exemple, le président de la LTDH cite le cas du jeune cyber-dissident Zouhair Yahiaoui, condamné en juin à deux ans de prison. Ou encore le refoulement, le 26 octobre, pour la deuxième fois en un an, d’une délégation d’experts de la Commission internationale de juristes. La CIJ venait enquêter en Tunisie sur les allégations de harcèlement et de persécutions des magistrats et des avocats par le pouvoir, notamment sur la destitution du "juge rebelle", Mokhtar Yahiaoui (l’oncle de l’internaute).

Six mois après l’attentat contre la synagogue de l’île de Djerba, dans lequel dix-neuf touristes allemands ont péri, et qui a été revendiqué par le réseau Al-Qaida, le régime tunisien a beau jeu de rappeler sa lutte de longue date contre l’intégrisme.

"En matière de droits de l’homme, le Palais de Carthage lâche du lest sur des choses ponctuelles et continue de faire miroiter une possible ouverture à laquelle il n’a pas, en réalité, la moindre intention de procéder, souligne l’ancien député exilé en France et défenseur des libertés, Khemmais Chammari. Ben Ali a tiré profit de la situation internationale, avec la complicité active et passive de ses partenaires européens. Au point que la date-clé du régime tunisien ne sera bientôt plus le 7 novembre, mais… le 11 septembre !"

Florence Beaugé

M. de Villepin à Tunis jeudi 14 novembre

Le chef de la diplomatie française effectuera, jeudi 14 novembre, une visite à Tunis, a annoncé, vendredi, le Quai d’Orsay. Dominique de Villepin doit y évoquer, avec son homologue, Habib Ben Yahia, les relations bilatérales, les relations euro-méditerranéennes, la préparation de la prochaine visite du président Jacques Chirac et la lutte antiterroriste. Le ministre français de l’intérieur, Nicolas Sarkozy, s’était rendu fin octobre à Tunis, où il avait discuté avec le président Ben Ali de la lutte antiterroriste.

Le chef de l’Etat doit se rendre en 2003 en Algérie, au Maroc et en Tunisie pour resserrer "les liens privilégiés" de la France avec ces trois pays du Maghreb. – (AFP.)

II Florence :

http://www.lemonde.fr/dh/0,5987,3210–10950737,00.html
Marche contre la guerre: entre 400.000 et un million de personnes
Entre 400.000 et un million de personnes, selon la police ou les organisateurs, ont participé samedi à Florence à une marche contre la guerre, point culminant du premier Forum social européen.Partis en milieu de journée, les premiers pacifistes sont arrivés vers 14h30 GMT au stade de Florence sans que la queue du cortège ait encore démarré à cinq kilomètres de là.Les participants, des jeunes pour la grande majorité, étaient venus manifester leur opposition à la politique américaine et à la globalisation sans qu’aucun incident n’ait été signalé en milieu d’après-midi.Un concert doit clore à partir de 18H00 locales (17Hh00 GMT) une marche "surveillée" discrètement tout au long de son parcours par plus de 4.000 policiers.Les organisateurs s’attendaient à une affluence record de 300.000 personnes d’autant que la manifestation intervient au lendemain de l’adoption par l’ONU de la résolution 1441 sur l’Irak.En plein coeur historique de la ville, aux abords de la cathédrale, rares sont les commerçants qui ont fait samedi le pari de rester ouverts, en raison des "risques" évoqués à plusieurs reprises par le gouvernement."Je ne sais pas si c’est de l’inconscience, mais on est en démocratie et je crois qu’il faut un peu de courage et c’est un signal de paix", explique Antonella, 39 ans, gérante d’une parfumerie-bijouterie qui compte sept boutiques en ville, toutes ouvertes.La police, qui assure une surveillance discrète, a pris son numéro de téléphone pour la prévenir "en cas de débordements".La ville a maintenu l’ouverture de musées et la cathédrale reçoit ses premiers visiteurs à partir de 10h00 locales. La communication passe entre manifestants et policiers contrairement à ce qui s’était déroulé à Gênes (nord) en juillet 2001, lorsque des affrontements avec les forces de l’ordre en marge d’un sommet du G8 avaient fait un mort parmi les manifestants.On peut voir ainsi des jeunes en grande conversation avec des policiers anti-émeute s prenant leur café matinal. Les premiers en profitent pour vider leur sac et raconter comment ils avaient été chargés par les forces de l’ordre à Gênes.

III Likoud : 

http://www.lemonde.fr/article/0,5987,3210–297542-,00.html
Une impitoyable bataille est engagée entre M.  Sharon et M.  Nétanyahou pour diriger le Likoud
Les deux hommes incarnent, à droite, deux conceptions d’Israël. De l’issue de leur combat émergera, dans les jours qui viennent, le prochain chef du gouvernement

Jérusalem de notre correspondant

La droite israélienne en est convaincue : le nom du futur premier ministre ne sera pas connu au soir des élections anticipées prévues à la fin du mois de janvier 2003, mais dans quelques jours, lorsque les militants du Likoud auront départagé Ariel Sharon de Benyamin Nétanyahou. Cette assurance que la victoire sur la gauche est une formalité, alors que ni la date de cette primaire ni celle des élections n’ont encore été fixées, a précipité les deux camps dans une féroce bataille de rumeurs et d’insinuations. Car la course semble ouverte et les sondages publiés jusqu’à présent contradictoires.

M. Nétanyahou a tiré le premier. A peine installé dans ses nouvelles fonctions de ministre des affaires étrangères, il a donné le 7 novembre un long entretien au quotidien anglophone Jerusalem Post, dans lequel il a "exécuté" en quelques mots le bilan de son supérieur hiérarchique, M. Sharon, tout en célébrant les résultats obtenus pendant sa propre première expérience du pouvoir, de 1996 à 1999. "L’opinion publique cherche une manière de s’extirper de ce bourbier, ainsi que l’homme pour l’en sortir", a ajouté M. Nétanyahou lors d’un entretien à la radio publique. "J’ai la conviction d’avoir la manière et les solutions. Et cela, la majorité de l’opinion publique le sait aussi. En conséquence, mon analyse est que je serai capable de diriger le pays à l’avenir."

Si M. Sharon pensait que l’entrée de ce rival dans son gouvernement l’obligerait au moins à une solidarité de façade, il a dû déchanter et se lancer aussitôt dans la bataille. Au slogan que semble retenir pour l’instant M. Nétanyahou ("J’ai les solutions"), le premier ministre compte opposer une popularité d’airain. Ses équipes affichent déjà sa réponse dans tout le pays : "Israël veut Sharon". La presse israélienne, pour sa part, s’attend à un échange dans lequel les paquets de boue devraient assez vite tenir lieu d’arguments.

La haine recuite qui oppose "Arik" à "Bibi" ne pouvait trouver meilleur théâtre que cette élection interne au Likoud, qui devrait être jouée à guichets fermés. C’est une vieille querelle qui sera alors vidée, dans un grand fracas de discours.

Difficile d’imaginer des hommes aussi opposés que l’actuel et l’ancien premier ministre. Plus que l’homme du passif, M. Nétanyahou exècre en M. Sharon l’homme du passé, le pionnier mi-spadassin, mi-fermier, alors que le pays a, selon lui, tourné depuis longtemps les pages de sa construction et qu’il faut désormais écrire celles de son développement. Pour M. Sharon, M. Nétanyahou incarne la politique sans les convictions. Il n’éprouve que mépris envers un homme qui envisagea un jour de faire sa vie dans un autre pays qu’Israël, les Etats-Unis, quitte à changer son nom, jugé alors imprononçable. Il n’a que faire de son aisance face aux médias, lui dont la politique de communication, au cours de ses vingt mois à la tête du gouvernement, s’est réduite au strict nécessaire.

Cette rivalité caricaturale entre le sionisme de la terre et celui de la high-tech et du libéralisme économique s’est déjà manifestée à plusieurs reprises au cours des derniers mois, notamment lorsque M. Sharon a été mis en minorité par son adversaire sur la question de l’Etat palestinien. C’était devant le comité central du Likoud, dont M. Nétanyahou s’était assuré le contrôle lorsqu’il cumulait, comme M. Sharon aujourd’hui, les fonctions de chef de parti et de chef du gouvernement. Les élections qui ont eu lieu en octobre pour renouveler ce comité ont donné un aperçu des arguments qui devraient être échangés dans les prochains jours.

M. Nétanyahou compte déborder M. Sharon sur sa droite, en dénonçant son acceptation de principe d’un Etat palestinien et les "compromis douloureux" évasivement évoqués par le premier ministre ces derniers mois. Mais le quinquagénaire "Bibi" ne devrait pas épargner l’âge de son septuagénaire de rival. Il a déjà précisé qu’il vaudrait mieux élire un homme capable d’aller au bout du mandat de quatre ans qui lui sera confié. Pour sa part, le camp de M. Sharon assure avoir l’embarras du choix pour raviver les souvenirs des Israéliens sur un mandat émaillé de scandales, qui s’était achevé sur une défaite en rase campagne contre le candidat travailliste d’alors, Ehoud Barak, et un effondrement sans précédent du parti.

Les supporters d’ "Arik" attendent de pied ferme "Bibi" au chapitre des concessions territoriales : "c’est lui qui a donné Hébron à [Yasser] Arafat", en vertu d’un accord conclu sous son autorité, rappellent-ils. La bataille d’images ne semble pas non plus les effrayer : les poignées de mains abondamment filmées, de 1996 à 1999, entre le chef de l’Autorité palestinienne et M. Nétanyahou, alors que M. Sharon s’y était toujours refusé, risquent rapidement d’être sorties de leurs cartons.

Gilles Paris

A lundi