Intervenez pour libérer Zouhair Yahyaoui


Au nom des droits de l’homme,

Au nom de l’ingérence humanitaire,

Intervenez pour libérer Zouhair Yahyaoui

Mesdames, Messieurs, les Députés Européens,

Le groupe « Tunisie, réveille-toi ! » vous interpelle par la présente, au nom des droits de l’homme, au nom de l’ingérence humanitaire, et demande votre intervention pour libérer notre ami, journaliste du Web, webmaître et collègue Zouhair Yahyaoui, qui écrivait sous le pseudonyme d’Ettounsi.

Le groupe « Tunisie, réveille-toi ! » est inquiet du sort qui pourrait être réservé à M. Zouhair Yahyaoui étant donné les informations qui nous parviennent sur les conditions de détention des détenus d’opinion (Pour plus d’informations sur la situation des droits de l’homme en Tunisie, vous pouvez consulter les rapports annuel de l’Organisation Mondiale Contre la Torture, d’Amnesty Internationale, de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme, de Reporter sans Frontière, de l’Observatoire, la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme, etc.…. ).

Zouhair Yahyaoui est le fondateur et le principal animateur du site Internet www.TUNeZINE.com , fondé en juillet 2001 pour diffuser des informations sur la lutte en faveur de la démocratie et des libertés en Tunisie et pour publier en ligne des documents de l’opposition. Le site avait été censuré par les autorités Tunisienne dès sa création, mais les Tunisiens recevaient chaque semaine une liste de « proxy », ou chemins détournés, pour accéder au journal en dépit du blocage.

Lors du référendum constitutionnel du 26 mai dernier, www.TUNeZINE.com avait lancé un référendum sur la nature du régime tunisien: « La Tunisie est-elle une république, un royaume, un zoo ou une prison ? » et organiser du 26 au 28 mai une conférence nationale virtuelle sur le thème du référendum et de l’organisation de l’opposition en Tunisie, qui avait connu une très forte participation.

Zouhair Yahyaoui a été arrêté le mardi 4 juin 2002 vers 19 heures dans un Cybercafé de Ben Arous. Il a ensuite été conduit à son domicile, où sa chambre a été fouillée et son matériel informatique confisqué. Les six policiers en civil qui ont pénétré sa maison n’ont présenté aucun document ni donné le motif de leur intervention, d’autres voitures étaient stationnées à proximité de la maison et ont quitté les lieux après son arrestation.

Zouhair Yahyaoui, âgé de 35 ans, est titulaire d’une maîtrise de gestion, au chômage depuis plusieurs années, n’a aucune appartenance politique ni associative, il est connu pour son engouement à l’informatique et sa permanence au Cybercafé l’a conduit à se familiariser avec toutes ses techniques.

Zouhair Yahyaoui est également le neveu du juge Mokhtar Yahyaoui, radié par le Conseil de discipline de la magistrature en décembre 2001, après avoir dénoncé le manque d’indépendance de la justice tunisienne dans une lettre ouverte adressée au président de la République Zine al-Abidine Ben Ali. Une lettre ouverte, que www.TUNeZINE.com a été l’un des premiers sites à la diffuser.

Quelques heures après l’arrestation de son rédacteur, le www.TUNeZINE.com a totalement disparu du réseau Internet.

Ces faits commis par le régime tunisien s’inscrivent en flagrante violation des dispositions de la Déclaration des droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 9 décembre 1998, notamment ses articles 6.b et 6.c qui stipulent que « conformément aux instruments internationaux relatifs aux droits de l’Homme et autres instruments applicables, chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, de publier, communiquer à autrui ou diffuser librement des idées, informations et connaissances sur tous les droits de l’Homme et toutes les libertés fondamentales », ainsi que » d’étudier, discuter, apprécier et évaluer le respect, tant en droit qu’en pratique, de tous les droits de l’homme et de toutes les libertés fondamentales et, par ces moyens et autres moyens appropriés, d’appeler l’attention du public sur la question ».

Zouhair Yahyaoui est le symbole d’une jeunesse pleine de talent, d’une jeunesse qui rêve d’un lendemain meilleur. Le destin de Zouhair Yahyaoui est dans nos mains à tous, car nous savons. Choisissons d’être tous des Ettounsi.

Dans l’attente de votre intervention rapide pour la libération de Zouhair Yahyaoui, veuillez agréer, Mesdames et Messieurs, nos sincères salutations avec les mots d’Ettounsi, d’après Martin Niemler

« Quand ils sont venus prendre les nationalistes, je n’ai rien dit : je n’étais pas nationaliste
Quand ils sont venus prendre les gauchistes, je n’ai pas bougé le petit doigt : je n’étais pas gauchiste
Quand ils sont venus prendre les islamistes, j’ai laissé faire : je n’étais pas islamiste
Et quand ils sont venus prendre ce qui restait, ils n’ont rien trouvé »

« Tunisie, réveille-toi ! »

Les Habitants de la rue Mansouri